Allocution de l'honorable Leona Aglukkaq
Ministre de la Santé
Comparution devant le Comité permanent de la santé au sujet du Budget supplémentaire des dépenses (B)
Le 10 février 2009
Ottawa (Ontario)
Seul le texte prononcé fait foi.
Bonjour mesdames et messieurs du Comité.
Je suis ici aujourd'hui en compagnie de Morris Rosenberg, sous ministre de Santé Canada et du contrôleur ministériel, Alfed Tsang.
Et, de l'Agence de la santé publique du Canada, l'administrateur en chef de la santé publique, David Butler Jones, et le directeur financier, James Libbey.
Je tiens tout d'abord à vous féliciter, madame la présidente, de votre réélection.
Être élue à la présidence d'un comité signifie qu'on a le respect de ses pairs.
Et avoir le respect de membres dévoués comme vous, c'est un grand honneur.
Bien que j'aie rencontré un à un les porte-parole de l'opposition en matière de santé, c'est aujourd'hui ma première apparition devant vous.
Laissez-moi vous dire qu'il est beaucoup plus agréable d'être avec vous autour d'une table que d'être assis face à face et séparés par une allée.
En des temps comme aujourd'hui, les Canadiens s'attendent à de la collaboration de la part de leurs représentants élus, plutôt qu'à de la dissension.
Et laissez-moi vous dire qu'en tant que ministre de la Santé, j'ai l'intention d'être ouverte et attentive, de tisser des liens efficaces avec nos intervenants et collègues, de même qu'avec les critiques.
Même si ce rôle est nouveau pour moi à l'échelon fédéral, j'ai acquis une bonne expérience de la santé au gouvernement du Nunavut.
En tant que ministre responsable du Nord, je peux offrir une expertise unique à cette table de réunion et à cette Chambre.
Je suis d'avis que les stratégies nationales doivent avoir une portée nationale réelle. Notre vision doit s'étendre au nord du 60e parallèle si nous tenons à ce qu'elle soit vraiment nationale.
Pendant ces années, en tant que ministre de la santé du Nunavut, j'ai été fière de travailler aux dossiers suivants :
Compte tenu de cette expérience, je sais que travailler pour améliorer la santé de la population exige la convergence de nombreux efforts - entre tous les échelons administratifs, avec les Premières nations et les Inuits, avec la communauté médicale et les chercheurs.
Je suis fière de me présenter devant vous aujourd'hui, quelques semaines à peine après que notre gouvernement a consenti d'importants investissements dans le budget de 2009.
Comme ministre de la Santé, je me réjouis des nouveaux investissements qui seront faits dans les services de santé à la grandeur du pays.
Par exemple, un montant additionnel de 1,4 milliard de dollars sera affecté au Transfert canadien en matière de santé, totalisant 24 milliards de dollars. Ce montant permet de remplir notre engagement visant à accroître le transfert de 6 % par année, et ce, jusqu'en 2013 2014.
En outre, un montant de 440 millions de dollars a été annoncé pour améliorer la prestation et l'infrastructure des soins de santé offerts aux Premières nations et aux Inuits.
Une somme de 500 millions de dollars a été annoncée dans le but de stimuler l'offre de services de santé universels plus sûrs, efficaces et abordables, grâce à l'utilisation accrue de l'électronique dans la gestion des dossiers médicaux.
Dans ces deux cas, je suis consciente que l'argent investi est le combustible essentiel, mais que la création de partenariats avec les intervenants demeure l'élément clé qui nous permettra d'atteindre nos objectifs en matière de santé.
Bien sûr, à titre de ministre de la Santé, auparavant au niveau provincial, puis maintenant au fédéral, je sais pertinemment que santé ne rime pas simplement avec services de santé.
Depuis trop longtemps, on met au premier plan le traitement de la maladie et sur l'augmentation constante des dépenses liées aux soins de santé.
Au lieu de tant nous concentrer sur les soins offerts au malade, nous devons mettre davantage au premier plan la bonne santé des personnes.
Il ne fait aucun doute que le traitement peut, doit et va être toujours présent pour soigner les personnes atteintes d'une maladie.
Mais, imaginez ce que serait notre pays si les personnes cherchaient davantage à avoir une meilleure santé.
Cela signifie des personnes qui conservent leur santé en vivant un style de vie plus sain et que des professionnels de la santé mieux au courant de la façon de leur venir en aide dans ce but.
S'il est vrai que le gouvernement ne peut pas choisir pour les Canadiens, il peut néanmoins les informer et encourager des conditions qui favorisent des choix santé.
C'est d'ailleurs pour cette raison que le gouvernement a mis à jour le document Bien manger avec le Guide alimentaire canadien.
C'est aussi pour cette raison que le gouvernement publie le Guide d'activité physique, qu'il finance le crédit d'impôt pour la condition physique des enfants et qu'il s'efforce, avec ses partenaires, d'abolir les obstacles à l'adoption de modes de vie sains.
Par ailleurs, le gouvernement s'efforce constamment de restreindre les pratiques de commercialisation des produits du tabac et de resserrer les autres pratiques incitatives axées sur les jeunes, afin de réduire davantage les taux de tabagisme pour les ramener à un niveau plus bas que les taux actuels.
Comme ministre de la Santé et comme parent, je désire sincèrement travailler avec vous, avec les autres gouvernements, les Premières nations et les Inuits, et tous les intervenants, afin de faire en sorte que les Canadiens de la prochaine génération forment une société plus en santé que celle de leurs parents.
Aux Canadiens qui désirent vivre de façon plus saine, je dis que le gouvernement est là pour les aider.
Aux Canadiens qui s'inquiètent au sujet de l'innocuité des produits qui se trouvent sur les étagères des épiceries, dans leur armoire à pharmacie ou dans leur cuisine, je dis que le gouvernement est là pour les protéger.
Nous demeurons engagés envers une approche où nous apportons des changements législatifs en fonction d'une prévention active, d'une surveillance ciblée et d'une intervention rapide.
Par exemple, le 29 janvier, j'ai déposé le projet de loi C-6, intitulé Loi canadienne sur la sécurité des produits de consommation.
Avec cette loi, nous proposons des changements à une loi actuelle qui est désuète et déphasée par rapport aux temps modernes.
Le gouvernement entend assurer un meilleur contrôle des produits de consommation qui circulent au Canada, notamment les jouets et les berceaux.
Nous voulons être en mesure de réagir avec plus de rapidité et d'ordonner le rappel de certains produits, au besoin, afin de protéger les Canadiens de produits potentiellement dangereux pouvant causer des blessures.
Nous voulons encourager le respect de la loi par l'imposition d'amendes et de peines plus sévères aux contrevenants. Par exemple, le projet de loi propose de faire passer l'amende maximale de un à cinq millions de dollars.
En outre, afin de mieux contrôler la mise en application de la loi, le gouvernement entend doubler au cours des cinq prochaines années l'effectif des inspecteurs affectés à l'inspection des produits de consommation.
En proposant ces améliorations, nous tenons compte des points de vue exprimés par les intervenants, car nous voulons nous assurer que notre approche est claire, équilibrée, efficace et équitable.
Le gouvernement ne se limite pas aux produits de consommation. Il prend également des mesures pour protéger l'approvisionnement alimentaire.
Le portefeuille de la santé est, avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments, prêt à soutenir l'enquêteur indépendant nommé pour enquêter sur l'éclosion de listériose survenue l'été dernier.
Nous sommes impatients de recevoir le rapport de l'enquêteur. Nous comptons mettre à profit, s'il y a lieu, tout nouveau renseignement qui pourrait ressortir de cette enquête afin de mieux protéger la santé de la population canadienne.
D'autre part, les progrès que nous avons accomplis avec le Plan de gestion des produits chimiques montrent bien que le gouvernement tient ses engagements.
À ce jour, les chercheurs ont passé en revue 70 substances chimiques qui étaient en usage bien avant que notre réglementation moderne ne soit instituée.
Nous avons mis les entreprises au défi de démontrer que les produits chimiques qu'elles utilisent ne posent aucun danger pour la santé de la population et qu'ils sont bien gérés.
À la suite de ces examens, nous avons proposé plusieurs nouvelles mesures pour mieux protéger la santé des familles et de l'environnement.
À ce sujet, permettez-moi d'ouvrir une parenthèse afin de remercier mon prédécesseur, l'honorable Tony Clement, pour le leadership dont il a fait preuve dans la mise au point de ce plan de gestion.
Comment ne pas mentionner notre intention d'interdire la vente, l'importation et la publicité des biberons en polycarbonate contenant du bisphénol A.
Cette interdiction confirme que notre gouvernement place les familles au premier rang de ses priorités. Cette première mondiale montre clairement comment le Plan de gestion des produits chimiques fait du Canada un chef de file mondial dans la gestion sécuritaire des substances chimiques.
Par notre action, nous protégeons la santé des Canadiens et des Canadiennes.
C'est précisément cet objectif que nous poursuivons avec la mise en place du Réseau de surveillance de l'innocuité et de l'efficacité des médicaments, financé à hauteur de 32 millions de dollars, comme je l'ai annoncé en janvier.
Ce réseau permettra d'inciter les chercheurs canadiens à conjuguer leurs efforts afin d'évaluer l'innocuité et l'efficacité des médicaments que consomment les Canadiens.
Le bureau de coordination du Réseau sera situé dans les locaux des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).
Par l'intermédiaire de ces instituts, le portefeuille de la santé contribue de manière importante au parti pris du gouvernement pour la science.
Les décideurs misent sur la science pour élaborer des politiques et établir les grandes priorités pour l'avenir.
À ce sujet, je suis heureuse de mentionner que le budget de 2009 prévoit un montant additionnel de 35 millions de dollars pour le programme de Bourses d'études supérieures du Canada que gèrent les IRSC.
Ce montant s'ajoute aux sommes nouvelles prévues dans le budget pour la recherche de pointe sur l'hépatite C et la prévention de l'obésité infantile - un dossier qui a, je le sais, monopolisé l'attention de bon nombre d'entre vous récemment.
En fait, ce budget est le reflet de ce que le gouvernement cherche à réaliser par le biais des activités du portefeuille de la santé :
des produits plus sûrs pour les Canadiens ;
de meilleures pratiques de recherche en vue d'une politique plus efficace;
un soutien accru pour des services de santé améliorés et des choix propices à la santé.
Tous ces efforts visent à améliorer la santé de la population canadienne aujourd'hui et à produire pour demain une génération de gens encore plus sains.
À titre de ministre de la Santé, c'est l'objectif que je m'engage à poursuivre, avec votre collaboration.
Merci de m'avoir écoutée - et maintenant, je suis prête à répondre à vos questions.