Allocution de l'honorable Leona Aglukkaq
Ministre de la Santé
Le 14 mai 2009
Ottawa, Ontario
Introduction
Bonjour, madame la Présidente , membres du Comité.
C'est avec plaisir que je comparais de nouveau devant vous.
À mes côtés, de Santé Canada, le sous-ministre, Morris Rosenberg, et le contrôleur ministériel, Alfred Tsang.
Et de l'Agence de la santé publique du Canada, l'administrateur en chef de la santé publique, David Butler-Jones, ainsi que le dirigeant principal des finances, James Libbey.
Je suis ici pour vous parler du budget principal des dépenses du portefeuille de la santé pour l'exercice en cours, lequel représente une augmentation de l'ordre de 236 millions de dollars.
Je vous parlerai également de la manière dont nos dépenses et nos priorités législatives favorisent une importance accrue du rôle du gouvernement fédéral au chapitre de la santé et du mieux-être des Canadiens et des Canadiennes.
En particulier, le budget principal des dépenses pour l'année en cours comprend des investissements à l'appui des objectifs suivants :
Virus H1NI
Avant d'aller plus loin, permettez-moi de vous parler de notre réaction au virus H1N1.
Depuis près d'un mois, les responsables de la santé publique au Canada et dans le monde suivent l'évolution de ce virus et réagissent en fonction du niveau de risque.
Heureusement, les répercussions au Canada sont relativement négligeables à ce jour.
Mais soyons clairs : nous ne pouvons pas baisser la garde.
Le virus H1N1 est une nouvelle souche de la grippe.
Nous ne pouvons donc pas prédire comment il évoluera.
Nous demeurons vigilants et prêts à intervenir au besoin. Il est rassurant pour les Canadiennes et les Canadiens de savoir que nous disposons d'un plan bien établi, documenté et doté des ressources nécessaires.
Nous continuons de collaborer avec les provinces, les territoires et nos partenaires à l'échelle internationale, de tirer des enseignements des données que nous recueillons et de la recherche que nous menons au Laboratoire national de microbiologie.
À titre préventif, nous avons :
Je tiens également à souligner l'exploit des chercheurs du Laboratoire national de microbiologie qui sont parvenus, la semaine dernière, à séquencer le génome d'échantillons mexicains et canadiens du virus - en d'autres termes, ils ont décodé la carte génétique du virus.
Cette découverte sera des plus utiles aux chercheurs du monde entier.
Grâce à cette découverte, nous avons pu écarter la thèse de la mutation génétique pour expliquer pourquoi le Mexique est plus gravement touché que le Canada.
Le fait d'avoir pu identifier la nature et la composition du virus favorisera par ailleurs la mise au point d'un vaccin.
Les spécialistes de Santé Canada travaillent de concert avec un fabricant de vaccins pour entreprendre les premières étapes en vue de la mise au point d'un vaccin.
Cependant, la communauté internationale s'accorde pour dire que la production d'un vaccin sûr et efficace pourrait prendre jusqu'à six mois.
Il est impératif de ne pas sacrifier la qualité et la sécurité au profit de la rapidité.
Entretemps, si la situation l'exige, nous pouvons recourir à nos réserves d'agents antiviraux sûrs et efficaces.
Madame la présidente, je tiens à souligner que, tant et aussi longtemps que la situation perdurera, nous demeurerons vigilants.
Comme nous le faisons depuis le début, nous tiendrons les Canadiens et les Canadiennes bien informés, à mesure que la situation se précisera.
Nous évaluons constamment l'efficacité de tout ce que nous entreprenons afin de pouvoir apporter des rectifications au besoin.
Et nous continuerons d'exercer le leadership que les Canadiens et les Canadiennes exigent et méritent.
Exercé le leadership nécessaire pour protéger la santé de tous les Canadiens contre les maladies infectieuses est une responsabilité fondamentale de notre gouvernement.
C'est une responsabilité que nous entendons assumer.
Modernisation de notre filet de sécurité entourant les produits
Comme vous le savez, le gouvernement a promis d'améliorer son aptitude à exercer une autre responsabilité fondamentale en matière de santé, je parle ici de l'engagement à moderniser le filet de sécurité entourant les produits alimentaires, les produits de consommation et les produits de santé.
Certains des changements essentiels que nous voulons apporter sont énoncés dans le projet de loi C-6, la Loi canadienne sur la sécurité des produits de consommation .
Il s'agit de mesures législatives importantes qui harmoniseront notre filet de sécurité entourant les produits de consommation à la réalité de l'économie mondiale actuelle.
Bien sûr, des modifications à la Loi sur les aliments et drogues sont toujours prévues dans notre Plan d'action pour assurer la sécurité des produits alimentaires et de consommation .
Avant de déposer ce projet de loi, nous attendrons de voir les recommandations qui pourrait émaner du sous-comité parlementaire sur la salubrité des aliments ou de l'enquête indépendante sur l'éclosion de listériose.
Mais pour l'instant, je tiens à vous remercier de l'examen attentif que vous avez fait du projet de loi C-6.
Je vous remercie également de vos excellentes observations au sujet du projet de loi C-11, la Loi sur les agents pathogènes humains et les toxines . Votre travail a permis de bonifier ce projet de loi.
La nouvelle loi renforcera la sûreté biologique et la sécurité dans les laboratoires canadiens qui manipulent des agents pathogènes humains et des toxines.
Permettez-moi de vous remercier tous de vos efforts pour proposer des changements importants à ce projet de loi lors des travaux du Comité.
J'espère, comme vous, l'adoption rapide par le sénat de ces deux projets de loi, C-6 et C-11, en vue de leur sanction royale.
Le plus tôt ce sera, le plus tôt nous serons en mesure de mieux protéger la santé de la population canadienne.
Recrutement des chercheurs talentueux de demain
La recherche est essentielle à la découverte de nouvelles façons de protéger et d'améliorer la santé des Canadiens et des Canadiennes.
C'est pour cette raison que le gouvernement accentue l'aide qu'il destine aux Instituts de recherche en santé du Canada.
Le gouvernement ejtend favoriser l'innovation et la recherche.
Le budget de 2009, ou plan d'action économique du Canada, prévoit des investissements de l'ordre de 5,1 milliards de dollars dans les sciences.
Au chapitre de la recherche en santé, les IRSC ont reçu, depuis 2006, des augmentations budgétaires permanentes représentant 117,2 millions de dollars, ainsi qu'un autre montant de 154,6 millions de dollars en financement ciblé à durée limitée pour financer des priorités comme les préparatifs en vue d'une éventuelle pandémie.
Par ailleurs, je me réjouis de voir que le budget principal des dépenses pour l'année en cours prévoit une intensification de l'investissement dans les programmes de bourses d'études destinés au recrutement et au perfectionnement des élites de demain dans la recherche en santé.
Et le budget de 2009 est encore plus généreux à ce chapitre.
Au cours des dernières années, les travaux de recherche financés par les IRSC ont donné lieu à des améliorations notables dans le traitement des cancers, les soins cardiaques et la sécurité des patients.
Je suis convaincue que les investissements que nous faisons aujourd'hui pour attirer de nouveaux talents susciteront d'importantes améliorations au chapitre de la santé.
Nouveaux investissements dans la santé des Premières nations et des Inuits
Le budget principal des dépenses pour l'exercice en cours comprend en outre de nouveaux investissements en vue d'améliorer la santé des Premières nations et des Inuits - et ce, dès à présent.
Comme je l'ai mentionné au début de mon allocution, nous entendons nous recentrer sur les responsabilités fédérales.
Assurer l'accès aux services de santé pour les Premières nations et des Inuits figure parmi les responsabilités les plus importantes de mon portefeuille.
Aujourd'hui, les inégalités en matière de santé entre les collectivités autochtones et le reste de la population sont évidentes et notre objectif est de les réduire.
Le budget principal des dépenses prévoit donc des investissements de plus de 200 millions de dollars dans des programmes, services et infrastructures de base pour les Premières nations et les Inuits afin de mieux répondre aux besoins de première ligne.
Examen stratégique
Madame la Présidente , ces investissements confirment notre volonté de mettre clairement l'accent sur les responsabilités fédérales - un des principaux objectifs de mon portefeuille depuis 2006. À l'avenir, nos décisions continueront d'être prises dans cette optique.
C'est d'ailleurs cette même approche que nous avons adoptée lors du processus d'examen stratégique du portefeuille de la Santé.
En février, je sais que certains d'entre vous ont posé des questions à ce sujet, et mes représentants et moi-même avons pris l'engagement d'examiner avec vous aujourd'hui les particularités de ce processus.
Dans l'ensemble du portefeuille, Santé Canada, l'Agence de la santé publique du Canada et les IRSC ont examiné avec soin leurs programmes pour s'assure qu'ils sont efficaces et efficients.
L'objectif consistait à réaffecter le financement afin de mieux répondre aux besoins de la population canadienne.
Dans le cadre de cet exercice, les hauts fonctionnaires avaient pour mandat :
Les résultats parlent d'eux-mêmes, car le portefeuille réalisera les économies suivantes : 44,6 millions de dollars en 2009-2010, 61,7 millions de dollars en 2010-2011 et 108,4 millions en 2011-2012.
De plus, en février, certains d'entre vous ont dit craindre des réductions dans d'importants programmes de santé destinés aux Autochtones et aux femmes.
Je puis vous assurer que ces craintes n'étaient pas fondées.
En fait, les changements que nous avons apportés et les réinvestissements que cela nous a permis de faire nous permettront d'améliorer notre capacité de protéger la santé et la sécurité de la population canadienne.
Par exemple, le budget de 2009 prévoit les investissements suivants :
Madame la Présidente , ce sont là d'importants investissements, qui correspondent aux priorités des Canadiens et des Canadiennes.
Conclusion
En terminant, je m'en voudrais de ne pas saluer mes représentants et tous les employés qui ont travaillé sans relâche pour relever les défis que pose le virus H1N1.
Je remercie également nos partenaires, au Canada comme ailleurs, pour leur collaboration assidue.
Je vous remercie également, pour votre travail, passé, présent et à venir.
Il me tarde de prendre connaissance des observations qui émaneront de votre étude sur les ressources humaines en santé ainsi que de celles du nouveau sous-comité chargé d'examiner l'incidence des maladies neurologiques.
Alors que nous nous efforçons de redéfinir le rôle du gouvernement fédéral en santé, c'est avec un vif intérêt que j'accueille vos idées sur ce chapitre.
Enfin, merci à tous d'accepter mon invitation à venir au Nunavut dans le courant du mois.
Lors de ma comparution devant vous en février, j'ai soutenu que notre vision devait s'étendre au nord du 60 e parallèle si nous tenons à ce qu'elle soit vraiment nationale.
Ce sera la première fois dans l'histoire que le comité de la santé se rend chez moi, dans le territoire du Nunavut.
Merci, donc, d'accepter mon invitation à élargir nos horizons pour tenir compte de l'immensité de ce pays que nous aimons tous tellement.
Merci encore. Si vous désirez me poser des questions, je me ferai un plaisir d'y répondre.