18 juin 2008
ISBN : 978-0-662-04268-6 (978-0-662-04269-3)
Nº de cat. : H113-27/2008-22F (H113-27/2008-22F-PDF)
(PRVD2008-22)
Le texte affiché sur cette page ne représente que le corps du rapport. Pour obtenir une copie électronique du document intégral, y compris les annexes (PRVD2008-22, Document de consultation sur Trifluraline, veuillez communiquer avec notre bureau des publications.
Si vous avez besoin de renseignements supplémentaires, n'hésitez pas à communiquer avec le Service de renseignements sur la lutte antiparasitaire.
À la suite de la réévaluation de l'herbicide trifluraline, l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada propose, en vertu de la
Loi sur les produits antiparasitaires (LPA) et de ses règlements, de maintenir l'homologation des produits contenant de la trifluraline à des fins de vente et d'utilisation au Canada.
L'évaluation des renseignements scientifiques disponibles a révélé que les produits contenant de la trifluraline ne posent pas de risques inacceptables pour la santé humaine ni pour l'environnement lorsqu'ils sont utilisés conformément au mode d'emploi figurant sur l'étiquette. L'ARLA propose de maintenir l'homologation des utilisations de trifluraline à condition que de nouvelles mesures de réduction des risques soient incluses sur l'étiquette de tous les produits contenant ce composé.
L'ARLA n'a pas encore déterminé de manière définitive le statut de la trifluraline relativement à la Politique de gestion des substances toxiques (PGST). Des données de terrain supplémentaires au sujet de la bioaccumulation doivent lui être fournies afin qu'elle puisse terminer son évaluation.
Le présent projet de décision vise toutes les préparations commerciales (PC) contenant de la trifluraline homologuées au Canada. Lorsque l'ARLA aura arrêté sa décision de réévaluation, elle indiquera aux titulaires ce qu'ils doivent faire pour se conformer aux nouvelles exigences.
Le présent projet de décision de réévaluation est un document de consultation1 qui résume l'évaluation scientifique de la trifluraline et les raisons à la base de la décision proposée. Il présente en outre des mesures complémentaires de réduction des risques pour mieux protéger la santé humaine et l'environnement.
Le document comprend deux parties : l'Aperçu, qui décrit le processus réglementaire et les principaux points de l'évaluation, et l'Évaluation scientifique, qui donne des renseignements techniques détaillés sur l'évaluation de la trifluraline.
Dans le cadre de son programme de réévaluation des pesticides, l'ARLA évalue les risques que peuvent présenter les pesticides ainsi que leur valeur afin de s'assurer qu'ils sont conformes aux normes en vigueur établies dans le but de protéger la santé humaine et l'environnement. La directive d'homologation DIR2001-03, Programme de réévaluation de l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, décrit en détail les activités de réévaluation et la structure du programme.
La trifluraline, une des matières actives (m.a.) visées par le cycle de réévaluation en cours, a été réévaluée dans le cadre du Programme 1. Dans le cadre de ce programme, l'ARLA se fie le plus possible aux examens effectués à l'étranger, généralement ceux publiés dans les documents d'admissibilité à la réhomologation intitulés Reregistration Eligibility Decision (RED) publiés par la United States Environmental Protection Agency (EPA), pour procéder à l'évaluation des produits antiparasitaires utilisés au Canada. Pour être admissible au Programme 1, le produit doit faire l'objet d'un examen acceptable à l'étranger satisfaisant aux trois conditions suivantes :
À la lumière des résultats des examens effectués à l'étranger et de l'évaluation des propriétés chimiques des produits homologués au Canada, l'ARLA prend une décision de réévaluation et exige des mesures d'atténuation des risques adaptées aux utilisations de la trifluraline au Canada. La décision de l'ARLA tient compte du profil d'emploi au Canada et des éléments propres au contexte canadien (par exemple la PGST).
L'EPA a procédé à une réévaluation de la trifluraline et a publié les résulats de cet exercice dans une RED en 1996 et dans un document de la série Tolerance Reassessment Eligibility Decision (TRED) en 2004. D'après les évaluations des risques pour la santé et l'environnement, l'EPA a conclu que la trifluraline était admissible à la réhomologation à condition que des mesures de réduction des risques soient mises en oeuvre. L'ARLA a comparé les profils d'emploi aux États-Unis et au Canada et a jugé que les évaluations de l'EPA décrites constituent un fondement adéquat au projet de décision de réévaluation en ce qui concerne les aspects touchant la santé humaine. L'ARLA a réalisé une évaluation environnementale sur laquelle elle a fondé ses conclusions concernant l'environnement et les questions propres au Canada (PGST).
Pour obtenir des précisions sur les renseignements exposés dans cet Aperçu, veuillez consulter la section Évaluation scientifique du présent document de consultation.
La trifluraline est un herbicide de prélevée appliqué au sol afin de lutter contre les graminées indésirables et les mauvaises herbes à feuilles larges annuelles. Elle est homologuée au Canada pour utilisation sur les plantes ornementales, les brise-vent, les cultures terrestres destinées à la consommation humaine ou animale, les cultures d'oléagineux et les cultures de plantes à fibres. La trifluraline est formulée en granulés ou en liquide, et elle est aussi utilisée en imprégnation des géotextiles d'aménagement paysager. La trifluraline peut être appliquée par les agriculteurs et par les spécialistes de la lutte antiparasitaire à l'aide d'équipement pneumatique pour les granulés seulement (appliqués sous forme sèche), d'équipement au sol, ou sous forme de géotextile d'aménagement paysager placé juste sous la surface du sol. Les particuliers peuvent appliquer la trifluraline à la main, à l'aide du saupoudroir fourni.
On peut être exposé à la trifluraline en consommant des aliments ou de l'eau contaminés par ce produit, en travaillant au mélange, au chargement ou à l'application du produit ou en pénétrant dans un site traité. Lorsqu'elle évalue les risques pour la santé, l'ARLA prend en considération deux facteurs importants : la dose n'ayant aucun effet sur la santé et la dose à laquelle les gens peuvent être exposés. Les doses utilisées pour évaluer les risques sont déterminées de façon à protéger les populations humaines les plus sensibles (par exemple les enfants et les mères qui allaitent). Seules les utilisations entraînant une exposition à des doses bien inférieures à celles qui ne produisent aucun effet chez les animaux soumis aux essais sont jugées admissibles au maintien de l'homologation.
L'EPA a conclu qu'il était peu probable que la trifluraline affecte la santé humaine à la condition que des mesures additionnelles de réduction des risques soient mises en oeuvre. Ces conclusions étant considérées comme applicables à la situation canadienne, des mesures de réduction des risques équivalentes sont exigées.
La Loi sur les aliments et drogues (LAD) interdit la vente d'aliments qui contiennent des concentrations résiduelles de pesticide supérieures à la limite maximale de résidus (LMR). Les LMR de pesticides sont fixées, aux fins de la LAD, à la suite de l'évaluation des données scientifiques requises en vertu de la LPA. Chaque LMR définit la concentration maximale en parties par million (ppm) d'un pesticide permise sur ou dans certains aliments. Les aliments contenant des résidus de pesticide en concentrations inférieures à la LMR fixée ne posent pas de risque inacceptable pour la santé.
La trifluraline est actuellement homologuée au Canada pour utilisation sur diverses cultures. Elle pourrait aussi être employée sur des produits cultivés dans d'autres pays et ensuite importés au Canada. Le paragraphe B.15.002(1) s'applique lorsqu'aucune LMR n'a été fixée pour un produit antiparasitaire dans le Règlement sur les aliments et drogues (RAD). Aux termes de ce paragraphe, les résidus ne doivent pas dépasser 0,1 ppm (LMR générale aux fins de l'application de la loi). La LMR de trifluraline dans les carottes a été fixée à 0,5 ppm. À l'heure actuelle, les résidus de trifluraline présents dans toutes les denrées agricoles, y compris celles dont le traitement est approuvé au Canada, sont régis par ce paragraphe. Cependant, il se peut que des changements soient apportés à cette LMR générale, comme on l'indique dans le document de travail DIS2006-01, intitulé Abrogation de la norme générale relative à la limite maximale de résidus de 0,1 ppm pour les résidus de pesticides dans les aliments [Règlement B.15.002(1)]. Si la LMR générale est abrogée, une stratégie de transition sera mise en place afin de permettre l'établissement de LMR permanentes.
Lorsque la trifluraline est rejetée dans l'environnement, elle a tendance à se sorber sur le sol et sur la matière particulaire présente dans les eaux de surface. Elle se volatilise aussi dans l'atmosphère, et peut être transportée sur de grandes distances puisqu'elle a été détectée dans des régions éloignées du Canada, notamment dans l'Arctique. La trifluraline est modérément persistante à persistante en milieu terrestre, mais elle n'est persistante ni dans l'eau ni dans l'air. La trifluraline n'est pas mobile dans le sol et demeure principalement dans les couches supérieures de celui-ci.
Selon les résultats d'une évaluation approfondie des risques, la trifluraline ne poserait pas de risque pour le biote en milieu terrestre. Toutefois, elle en pose effectivement un pour les organismes aquatiques tels que les invertébrés, les poissons, les plantes, les algues et les amphibiens. Afin de réduire les effets de la trifluraline sur l'environnement, des énoncés relatifs aux zones tampons ainsi que des mises en garde doivent figurer sur l'étiquette.
La trifluraline répond à trois des quatre critères définissant les substances de la voie 1 de la PGST (substance persistante, anthropique et toxique aux termes de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement [LCPE]). Cependant, l'ARLA n'a pas encore déterminé de manière définitive le statut de la trifluraline relativement à la PGST en raison d'incertitudes touchant le quatrième critère, soit la bioaccumulation. Des données de terrain additionnelles sur la bioaccumulation, en particulier la bioaccumulation dans les niveaux trophiques supérieurs, sont nécessaires pour que l'ARLA termine son évaluation.
L'étiquette apposée sur le contenant de tout pesticide homologué fournit le mode d'emploi du produit, qui précise notamment quelles mesures de réduction des risques doivent être prises pour protéger la santé humaine et l'environnement. Les utilisateurs sont tenus par la loi de s'y conformer. Au terme de la réévaluation de la trifluraline, l'ARLA propose l'ajout de nouvelles mesures de réduction des risques sur l'étiquette des produits.
Le maintien de l'homologation est conditionnel à la présentation de données, conformément à l'article 12 de la LPA. Les titulaires doivent fournir les données suivantes afin de permettre à l'ARLA de déterminer de manière définitive le statut de la trifluraline relativement à la PGST :
Avant de rendre une décision de réévaluation finale au sujet de la trifluraline, l'ARLA examinera tous les commentaires formulés par le public en réaction au présent document de consultation. Elle publiera ensuite un document sur la décision de réévaluation2, dans lequel seront exposés sa décision, les motifs qui la fondent, un résumé des commentaires reçus au sujet de la décision de réévaluation proposée ainsi que ses réponses à ceux-ci.
La trifluraline, un herbicide de traitement du sol, peut être appliquée par les travailleurs agricoles une fois par année, du début du printemps à la fin de l'automne, à l'aide d'équipement au sol ou par voie aérienne. Elle est ensuite mécaniquement incorporée au sol. En milieu résidentiel, la trifluraline peut être appliquée par les particuliers dans les jardins d'ornement.
Après l'annonce de la réévaluation de la trifluraline, les titulaires de la matière active de qualité technique (MAQT) au Canada ont indiqué leur intention de continuer à soutenir toutes les utilisations incluses sur l'étiquette des PC à usage commercial et à usage domestique au Canada.
L'ARLA a eu recours à des évaluations récentes de la trifluraline réalisées par l'EPA. La RED sur la trifluraline publiée en 1996, la TRED, publiée en 2004 ainsi que d'autres renseignements sur la réglementation de la trifluraline aux États-Unis sont affichés dans
le site Web de l'EPA (en anglais seulement) sur la réhomologation des pesticides. La liste des autres renseignements examinés dans l'évaluation des risques environnementaux de la trifluraline est donnée à la section des références.
Nom commun Trifluraline
Utilité Herbicide
Famille chimique Herbicides contenant de la dinitroaniline
Nom chimique
1 Union internationale de chimie pure et appliquée
α,α,α-trifluoro-2,6-dinitro-N,N-di-n-propyl-p-toluidine
2 Chemical Abstracts Service (CAS)
2,6-dinitro-N,N-di-n-propyl-4- (trifluorométhyl)benzènamine
Numéro de registre CAS 578034
Formule moléculaire C13H16F3N3O4
Formule développée

Masse moléculaire 3 353
Pureté nominale de la MAQT
96,6 %
(limites : 95 à 98 %)
98,0 %
(limites : 95 à 99,9 %)
96,3 %
(limites : 93,49 à 99 %)
Numéro d'homologation
18602
18608
20434
D'après le procédé de fabrication, on s'attend à ce que de la N-nitroso-di-n-propylamine (NDPA) soit présente dans tous les produits contenant de la trifluraline, mais en concentrations ne dépassant pas la limite réglementaire de 1,0 ppm. Aucune autre impureté préoccupante sur le plan toxicologique parmi celles figurant à la section 2.13.4 de la directive d'homologation DIR98-04, Renseignements exigés sur les caractéristiques chimiques pour l'homologation d'une matière active de qualité technique ou d'un produit du système intégré, ni de substance de la voie 1 de la PGST (annexe II de la DIR99-03, Stratégie de l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire concernant la mise en oeuvre de la politique de gestion des substances toxiques) ne devrait être présente dans les produits de départ utilisés pour fabriquer le composé ou se former au cours du procédé de fabrication.
Propriété Résultat
Pression de vapeur 6,1 mPa (25 °C)
Constante de la loi d'Henry 15 Pa·m3·mol-1
Spectre d'absorption ultraviolet-visible Maximum d'absorption à 400 nanomètres
Solubilité dans l'eau
pH
5
7
9
Solubilité (mg/L)
0,184
0,221
0,189
Coefficient de partage n-octanol-eau log Koe = 4,83 (20 °C)
La trifluraline est un herbicide de prélevée appliqué au sol afin de lutter contre les graminées indésirables et les mauvaises herbes à feuilles larges annuelles. Elle agit en inhibant le développement racinaire. La trifluraline est formulée en granulés ou en liquide, et elle est aussi utilisée en imprégnation des géotextiles d'aménagement paysager. Au Canada, les utilisations suivantes de la trifluraline sont actuellement homologuées :
Des restrictions relatives aux régions de culture s'appliquent à certaines de ces utilisations au Canada.
La comparaison des types de formulation, des catégories d'utilisation, des concentrations garanties, des méthodes et des doses d'application de trifluraline ont fait ressortir les éléments qui suivent :
D'après cette comparaison des profils d'emploi aux États-Unis et au Canada, on a conclu que la RED de l'EPA et les documents connexes sur la trifluraline constituent un fondement adéquat à la réévaluation des utilisations de la trifluraline au Canada du point de vue de la santé humaine.
L'ARLA a mené une évaluation distincte de la trifluraline en ce qui concerne l'environnement et les questions propres au Canada (PGST).
Toutes les utilisations actuelles sont soutenues par les titulaires et ont donc été prises en compte dans la réévaluation de la trifluraline. L'annexe II dresse une liste de tous les produits contenant de la trifluraline homologués par l'ARLA en vertu de la LPA en date du 1er décembre 2007.
Dans sa RED de 1996, l'EPA a conclu que l'utilisation des produits contenant de la trifluraline ne poserait pas de risques inacceptables pour les humains et l'environnement, et n'entraînerait pas d'effets nocifs sur ces derniers à condition que cette utilisation soit conforme à l'étiquette révisée des produits. Après la RED, l'EPA a publié une TRED en 2004, qui comprenait une évaluation des risques globaux répondant aux exigences fixées par la Food Quality Protection Act. Bien que fondée sur la même base de données toxicologiques que la RED, cette évaluation ne retenait pas le même critère d'effet toxicologique pour ce qui est du risque de cancer et pour ce qui est de certaines voies et durées d'exposition. Dans l'ensemble, on prévoyait que l'exposition globale aux résidus de trifluraline ne causerait aucun tort à la population générale aux États-Unis, y compris les nourrissons et les enfants.
Les études toxicologiques réalisées sur des animaux de laboratoire décrivent les effets possibles de divers degrés d'exposition à une substance chimique donnée sur la santé et déterminent la dose à laquelle aucun effet n'est observé. À moins de preuve du contraire, les effets observés chez les animaux sont réputés être extrapolables aux humains, et les humains sont réputés être plus sensibles aux effets d'un produit chimique donné que l'espèce animale la plus sensible.
Au Canada, on peut être exposé à la trifluraline en consommant des aliments ou de l'eau contaminés, en travaillant au mélange, au chargement ou à l'application du produit ou en pénétrant dans des sites traités. Lorsqu'elle évalue les risques pour la santé, l'ARLA prend en considération deux facteurs importants : la dose n'ayant aucun effet sur la santé et la dose à laquelle les gens peuvent être exposés. Les doses utilisées pour évaluer les risques sont déterminées de façon à protéger les populations humaines les plus sensibles (par exemple les enfants et les mères qui allaitent).
On estime les risques professionnels en comparant l'exposition potentielle et le critère le plus approprié parmi ceux tirés des études toxicologiques afin de calculer une marge d'exposition (ME). Celle-ci est ensuite comparée à une ME cible qui intègre des facteurs de sécurité (FS) destinés à protéger les sous-populations les plus sensibles. Si la ME calculée est inférieure à la ME cible, cela ne signifie pas nécessairement que l'exposition causera des effets nocifs, mais des mesures d'atténuation seraient requises pour réduire les risques.
Lorsque des signes de cancérogénicité sont décelés pour une m.a., l'excès de risque unitaire (ERU) est calculé et utilisé pour estimer le risque de cancer. Le produit de l'exposition prévue par l'ERU permet d'estimer le risque de cancer sur l'ensemble de la durée de vie sous forme de probabilité. Un risque de cancer sur l'ensemble de la durée de vie se situant entre 1 × 105 et 1 × 106 dans les populations de travailleurs est généralement considéré comme acceptable. Les critères d'effet toxicologique établis par l'EPA pour évaluer les risques associés à l'exposition professionnelle sont présentés à l'annexe II.
Les travailleurs peuvent être exposés à la trifluraline en mélangeant, en chargeant ou en appliquant le pesticide, ou encore en retournant sur les sites traités pour y effectuer diverses tâches, par exemple dépister les organismes nuisibles ou manipuler les cultures traitées.
Dans sa RED, l'EPA a évalué l'exposition professionnelle à la trifluraline selon les scénarios suivants, lesquels s'appliquent au contexte canadien :
L'EPA a considéré que les travailleurs subiraient une exposition à court terme (1 jour [j]), et que les spécialistes de la lutte antiparasitaire subiraient une exposition à moyen terme (10 j). Le risque de cancer associé à l'exposition par voie cutanée et par inhalation a été évalué pour les travailleurs agricoles et les spécialistes de la lutte antiparasitaire en se fondant sur des doses d'application de 2,24 g m.a./hectare (ha), et une superficie maximale traitée par jour de 325 ha par voie aérienne et de 32,5 ha pour le traitement au sol.
L'exposition subie par les personnes manipulant le produit a été estimée à l'aide de la Pesticide Handlers Exposure Database, en supposant que les travailleurs agricoles porteraient un pantalon long, des chaussures et des chaussettes, une chemise à manches longues et des gants. L'exposition subie par les travailleurs utilisant un semoir en ligne à six ou huit rangs a été estimée d'après les résultats d'une étude sur des personnes se livrant à l'application dans une cabine fermée, et portant pendant cette opération une combinaison de travail par-dessus une chemise à manches longues et un pantalon long ainsi que des gants résistant aux produits chimiques.
Le risque de cancer se situait entre 1,2 × 10-5 pour les spécialistes de la lutte antiparasitaire mélangeant et chargeant des liquides, et 5,0 × 10-8 pour ceux qui appliquent des granulés à l'aide d'un cultivateur-épandeur porté. Le risque pour les travailleurs agricoles correspondait à un dixième du risque pour les spécialistes de la lutte antiparasitaire. L'EPA a conclu que le risque de cancer n'était pas préoccupant, quel que soit le scénario d'exposition professionnelle.
La RED traitait adéquatement des scénarios d'exposition associés aux utilisations de produits contenant de la trifluraline au Canada, et les conclusions qui en découlent s'appliquent au contexte canadien.
L'EPA a mené d'autres évaluations des risques en 2004 afin de réévaluer les tolérances (appelées limites maximales de résidus au Canada). Ces évaluations étaient fondées sur la même base de données toxicologiques que la RED, mais avec les révisions suivantes aux critères d'effet :
Les ME associées à l'exposition professionnelle à court ou moyen terme se situaient entre 208 et 135 000, d'après les critères d'effet choisis par l'EPA en 2004 (exposition par inhalation et par voie cutanée) ainsi que les estimations de l'exposition quotidienne par inhalation et par voie cutanée dérivées de la PHED. Toutes les ME sont acceptables. À la demande de l'ARLA, l'étiquette de tous les produits de catégorie à usage commercial devra préciser que les travailleurs sont tenus de porter une chemise à manches longues, un pantalon long, des chaussures et des gants résistant aux produits chimiques pendant le mélange et le chargement afin d'accroître leur protection. Les personnes procédant au mélange ou au chargement en vue de l'application par voie aérienne doivent en outre porter une combinaison.
La RED ne contient aucune évaluation quantitative de l'exposition après le traitement. Cependant, l'EPA prévoyait que ce scénario d'exposition ne constituerait pas une source de préoccupation compte tenu du faible risque associé à l'exposition subie par les personnes manipulant le produit, de la faible absorption cutanée et du fait que l'exposition par inhalation après le traitement ne serait pas significative à l'extérieur. Un délai de sécurité de 12 heures (h) a été fixé selon la United States Worker Protection Standard (norme relative à la protection des travailleurs).
La RED traitait adéquatement des scénarios d'exposition professionnelle après le traitement pouvant être associés aux utilisations de trifluraline au Canada; les PC contenant de la trifluraline y sont appliquées une fois par saison de croissance, habituellement au printemps, en traitement de prélevée contre les mauvaises herbes, trois semaines avant l'ensemencement ou la transplantation des cultures. La première tâche pour laquelle les travailleurs sont susceptibles de retourner dans les champs traités sera l'ensemencement ou la transplantation. Par la suite, les travailleurs pourraient se rendre dans les champs traités pour se livrer au dépistage des organismes nuisibles ou à la récolte. L'application dans les champs requiert l'incorporation au sol et, d'après le profil d'emploi, les pratiques culturales ne devraient pas être un motif de retour sur les lieux peu après le traitement. L'exposition aux résidus de trifluraline après le traitement serait donc probablement attribuable au contact avec le sol traité.
Un délai de sécurité de 12 h est jugé applicable au contexte canadien pour tous les produits à usage agricole contenant de la trifluraline. Les modifications proposées à l'étiquette sont énumérées à l'annexe XIII.
Dans la TRED de 2004, les sources d'exposition à la trifluraline autres que professionnelles ainsi que l'exposition par voie alimentaire ont été prises en compte dans la réévaluation des tolérances.
Les risques associés à l'exposition en milieu résidentiel sont estimés d'après la méthode des ME décrite à la section 3.1.1 ci-dessus. Les critères d'effet toxicologique sélectionnés par l'EPA aux fins de l'évaluation des risques liés à l'exposition résidentielle sont résumés à l'annexe II.
Aux États-Unis, la trifluraline est homologuée pour utilisation dans les jardins potagers et les jardins d'ornement, sur le gazon en plaques et sur les pelouses. Les risques pour les adultes manipulant le produit et les risques associés à l'exposition après le traitement pour les adultes et les enfants (y compris l'ingestion accidentelle par les tout-petits) ont été évalués dans la TRED de 2004.
Les deux scénarios qui suivent ont été évalués par l'EPA et sont pertinents au contexte canadien :
Aucun critère d'effet correspondant à l'exposition à court terme par voie cutanée n'a été identifié pour la trifluraline. Une DSENO de 81 mg/kg p.c./j tirée d'une étude de 30 j sur l'exposition par inhalation chez le rat a été employée aux fins de l'évaluation des risques autres que cancérogènes associés à l'exposition par inhalation. Les risques cancérogènes ont été estimés sur la base de l'exposition à la trifluraline par voie cutanée et par inhalation.
Les procédures normalisées d'exploitation de l'EPA pour les évaluations de l'exposition en milieu résidentiel (Standard Operating Procedures [SOPs] for Residential Exposure Assessments, 1997) ont été utilisées, en combinaison avec les valeurs de l'exposition unitaire fondées sur des données de substitution, pour estimer l'exposition potentielle.
Les ME associées à l'inhalation à court terme allaient de 2,7 × 105 à 1,4 × 107 (ME cible = 100) pour les particuliers appliquant des granulés à l'aide d'un saupoudroir, ce qui est considéré comme acceptable.
Aux États-Unis, un particulier pourrait appliquer de la trifluraline dans un jardin et sur une pelouse, et le risque de cancer combiné pour ces deux scénarios a donc été calculé. Le risque de cancer total pour une personne appliquant à la main de la trifluraline en milieu résidentiel, dans un jardin d'ornement ou un jardin potager et sur du gazon en plaques, s'élevait à 1,68 × 10-8, valeur se situant sous le niveau préoccupant (NP) établi par l'EPA. Aucune mesure additionnelle de réduction des risques n'a donc été exigée pour les personnes manipulant le produit en milieu résidentiel.
La TRED traitait adéquatement des scénarios d'exposition pouvant être associés aux utilisations de produits contenant de la trifluraline en milieu résidentiel, dans les jardins d'ornement, au Canada. La dose, la méthode d'application et la formulation du produit à usage domestique au Canada étaient comprises dans l'évaluation menée aux États-Unis. Par conséquent, les conclusions qui en découlent s'appliquent au contexte canadien.
Aux États-Unis, la trifluraline est homologuée pour utilisation sur le gazon en plaques, les pelouses, les jardins potagers et les jardins d'ornement. Le risque de cancer associé à l'exposition des adultes par voie cutanée après le traitement et le risque autre que cancérogène, pour les tout-petits, associé à l'exposition accidentelle par voie orale, à l'ingestion accidentelle de sol et aux contacts main-bouche ont été évalués.
D'après le profil d'emploi aux États-Unis, les scénarios d'exposition possibles après le traitement suivants ont été évalués pour les adultes et les enfants en milieu résidentiel :
Le risque associé à l'exposition par inhalation après le traitement à l'extérieur de trifluraline en granulés a été jugé négligeable et non préoccupant.
Des données propres au produit chimique ont été utilisées pour l'évaluation du risque de cancer pour les adultes exposés par voie cutanée et pour l'évaluation du risque autre que cancérogène pour les tout-petits subissant une exposition accidentelle par voie orale, une exposition par ingestion accidentelle de sol et une exposition par contact main-bouche. Les hypothèses formulées dans les procédures normalisées d'exploitation de l'EPA pour les évaluations de l'exposition en milieu résidentiel (1997) ont également été utilisées.
Un critère d'effet de 10 mg/kg p.c./j correspondant à l'exposition accidentelle à court terme par voie orale a été employé afin d'estimer les risques potentiels pour les tout-petits subissant une exposition par contact main-bouche, une exposition par contact objet-bouche et une exposition par ingestion de sol. Les ME associées à l'exposition des tout-petits étaient supérieures à 110 000 et n'étaient pas préoccupantes.
D'après une étude sur les résidus transférables propre au produit chimique, l'EPA a conclu que, un jour après le traitement, il n'y avait pas de résidus détectables de trifluraline. Le risque de cancer pour les adultes après le traitement était inférieurs à 1 × 10-6 et, par conséquent, n'était pas préoccupant.
La TRED traitait adéquatement des scénarios d'exposition pouvant être associés aux utilisations de produits contenant de la trifluraline en milieu résidentiel, dans les jardins d'ornement, au Canada. Par conséquent, les conclusions qui en découlent s'appliquent au contexte canadien
Les critères d'effet toxicologique et les FS utilisés par l'EPA dans le cadre de son évaluation des risques alimentaires (consommation de nourriture et d'eau) sont présentés à l'annexe II.
Les risques associés à l'exposition aiguë par voie alimentaire sont calculés à partir de la quantité maximale de trifluraline susceptible d'être ingérée en une journée donnée selon la consommation d'aliments et la teneur en résidus des aliments. Une analyse statistique permet de combiner toutes les associations possibles de consommation d'aliments et de quantités de résidus afin d'estimer la distribution des quantités résiduelles de trifluraline susceptibles d'être ingérées en une journée. Une valeur représentant la tranche supérieure (99,9e centile) des valeurs de cette distribution est ensuite comparée à la dose aiguë de référence (DARf), soit la dose à laquelle un individu peut être exposé un jour donné sans craindre d'effets nocifs sur sa santé. Si l'ingestion prévue de résidus est inférieure à la DARf, l'exposition aiguë par voie alimentaire est jugée acceptable. Lorsque des effets préoccupants sont décelés pour une sous-population en particulier, la valeur est exprimée par l'EPA comme l'acute population adjusted dose (aPAD : dose aiguë ajustée en fonction de la population).
Les estimations du risque aigu par voie alimentaire se situaient sous le NP de l'EPA au 99,9e centile des valeurs d'exposition pour les femmes de 13 à 49 ans (inférieures à 1% de l'aPAD), soit la sous-population préoccupante.
Pour estimer le risque alimentaire chronique (consommation de nourriture et d'eau), on détermine la quantité de résidus d'un pesticide donné qui peut être ingérée dans le régime alimentaire quotidien et on compare cette exposition potentielle à la dose journalière acceptable (DJA), soit la dose à laquelle une personne pourrait être exposée tout au long de sa vie sans craindre d'effets nocifs sur sa santé. La DJA correspond à la chronic population adjusted dose (cPAD : dose chronique ajustée en fonction de la population) mentionnée dans la RED. La DJA est fondée sur un critère d'effet pertinent tiré des études toxicologiques et sur des FS assurant la protection de la sous-population la plus sensible.
Lorsque des signes de cancérogénicité sont décelés pour une m.a., l'ERU est calculé et utilisé pour estimer le risque de cancer. Le produit de l'exposition prévue par l'ERU permet d'estimer le risque de cancer sur l'ensemble de la durée de vie sous forme de probabilité. On considère habituellement qu'un risque de cancer sur l'ensemble de la durée de vie inférieur à 1 × 106 ne constitue pas un risque inacceptable pour la population générale lorsque l'exposition est attribuable aux résidus de pesticides dans ou sur les aliments et touche des personnes autrement exposées de manière accidentelle.
L'exposition aux pesticides attribuable à la consommation d'eau potable peut se produire par suite de la contamination des eaux souterraines et des eaux de surface. L'EPA a fait la somme de l'exposition prévisible par l'eau potable et de l'exposition estimée par les aliments; elle a rapporté que le risque alimentaire chronique (nourriture et eau) était sous le NP pour toutes les populations (inférieur à 1 % de la cPAD).
En combinant l'ERU de 5,79 × 10-3 (mg/kg p.c./j)-1 aux valeurs de l'exposition attribuable à la consommation de nourriture et d'eau contaminés, l'EPA a obtenu des risques de cancer estimés de 1,64 × 10-7 (d'après le modèle Dietary Exposure Evaluation Model -- Food Commodity Intake Database) et de 1,13 × 10-7 (d'après le modèle Lifeline), qui sont inférieurs au NP.
L'évaluation des risques alimentaires effectuée par l'EPA est jugée pertinente au contexte canadien. En ce qui concerne les utilisations homologuées au Canada, mais pas aux États-Unis, on a jugé que la marge était suffisante pour absorber tout risque alimentaire additionnel par rapport au profil d'emploi aux États-Unis et, que, par conséquent, ces utilisations ne posaient pas de risque pour la population canadienne.
Les risques globaux associés à la trifluraline regroupent l'exposition attribuable aux différentes sources d'exposition (c'est-à-dire les expositions par consommation de nourriture et d'eau contaminés et l'exposition en milieu résidentiel).
L'évaluation des risques globaux aigu et chronique se fonde habituellement sur les données traduisant l'exposition par la consommation de nourriture et d'eau potable contaminés. Les évaluations du risque global à court terme tiennent compte des expositions occasionnelles (voie cutanée, inhalation) et de l'exposition par la nourriture et l'eau potable.
L'utilisation de la trifluraline par les particuliers est très saisonnière (elle a principalement lieu au début du printemps), et l'exposition est susceptible d'être aiguë (une journée de golf) ou à court terme (applications multiples en milieu résidentiel).
Risque global à court terme : L'estimation de l'exposition accidentelle globale par voie orale aux résidus sur le gazon en plaques pour les enfants a été combinée à l'estimation de l'exposition chronique par voie alimentaire pour les enfants de 1 à 2 ans. La ME globale à court terme était considérablement plus grande que la ME cible de 100, et le risque n'est donc pas préoccupant.
Risque de cancer global : Dans le cas de la trifluraline, l'exposition chronique par voie alimentaire a été combinée à l'exposition attribuable à la consommation d'eau potable et à l'estimation de l'exposition associée à l'utilisation en milieu résidentiel. La dose quotidienne moyenne pendant l'ensemble de la durée de vie attribuable à l'utilisation en milieu résidentiel était négligeable; sa combinaison avec l'exposition chronique par voie alimentaire (nourriture et eau) a donné un risque de cancer global non préoccupant.
Dans l'ensemble, les scénarios d'exposition au Canada ont adéquatement été pris en compte dans l'évaluation des risques globaux menée par l'EPA. Les conclusions de l'EPA quant aux risques globaux sont donc jugées applicables aux utilisations de la trifluraline au Canada.
L'EPA n'a pas déterminé si la trifluraline a le même mécanisme de toxicité que d'autres substances, ni si elle produit un métabolite toxique également produit par une autre substance. L'ARLA a donc supposé que la trifluraline n'a pas de mécanisme de toxicité commun à d'autres substances, et une évaluation des risques cumulatifs n'était pas nécessaire.
Les propriétés physiques et chimiques de la trifluraline indiquent que le produit est à peine soluble dans l'eau. D'après sa pression de vapeur, la trifluraline est volatile, et sa constante de la loi d'Henry indique qu'elle se volatilise rapidement à partir de la surface des sols humides et de l'eau. La trifluraline résiste à l'hydrolyse aux pH enregistrés dans l'environnement. Par contre, elle se phototransforme très facilement dans l'air et dans l'eau (mais pas dans le sol). Un sommaire des données sur le devenir de la trifluraline dans l'environnement est présenté à l'annexe III.
Les études en laboratoire sur la biotransformation aérobie montrent que la trifluraline est modérément persistante à persistante dans le sol; en conditions anaérobies, la biotransformation de la trifluraline est plus rapide, et cette dernière est légèrement à modérément persistante dans de telles conditions. Les études de terrain menées au Canada sur la dissipation révèlent que la trifluraline est modérément persistante à persistante dans les conditions naturelles. Dans les cas où la trifluraline s'est montrée persistante, une certaine rémanence des résidus dans le sol jusqu'à la saison suivante a été observée. La trifluraline est classée parmi les composés non persistants selon les études de laboratoire sur la biotransformation aérobie en milieu aquatique. Plusieurs produits de transformation, pour la plupart mineurs, ont été générés dans le sol et dans les systèmes aquatiques; cependant, le fait qu'ils ne s'accumulent pas au fil des ans indique qu'ils ne sont pas persistants. Les principaux produits de transformation sont énumérés à l'annexe III.
Les études sur l'adsorption et la désorption ainsi que le lessivage montrent que la trifluraline est fortement adsorbée sur la plupart des sols; elle ne répond pas aux critères définissant les produits lessivables. Selon les données de surveillance de l'eau en provenance des États-Unis et les données de ce type recueillies au Canada par les autorités fédérales et provinciales, de la trifluraline a été détectée dans les eaux de surface, mais pas dans les eaux souterraines.
La trifluraline est très volatile, même après son incorporation dans le sol. La volatilité est en fait l'une des principales voies de dissipation de la trifluraline. La volatilisation s'intensifie avec la hausse de la teneur en eau des sols, de la température et de la quantité de précipitations, mais diminue avec l'augmentation de la teneur en matières organiques des sols.
De la trifluraline a été détectée dans l'air et dans l'eau de pluie dans des zones agricoles et des zones non agricoles, ce qui confirme que ce produit est transporté hors des sites d'application. Même si la phototransformation de la trifluraline dans l'air et dans l'eau est rapide, des résidus ont été décelés dans l'air, dans les précipitations (pluie et neige) et dans le brouillard dans les régions éloignées comme l'Arctique canadien, le Groenland et la mer de Béring. La détection de trifluraline dans des régions éloignées pourrait indiquer que la trifluraline, lorsque sorbée sur les particules en suspension dans l'air, résiste davantage à la phototransformation, ce qui permet son transport sur de grandes distances. Il y a ensuite dépôt sec ou dépôt humide de la trifluraline dans les régions éloignées.
La valeur du log Koe indique que la trifluraline est susceptible de se bioaccumuler. Les données issues d'études de laboratoire et de terrain sur des poissons et des invertébrés aquatiques confirment cette capacité de bioaccumulation. Cependant, les poissons élimineraient rapidement la trifluraline présente dans leurs tissus.
Dans l'évaluation des risques pour l'environnement, on utilise des données sur l'exposition et des données écotoxicologiques pour estimer le potentiel d'effets nocifs sur l'écosystème. L'exposition est prise en compte par le calcul des concentrations estimatives initiales et cumulatives dans l'environnement, soit dans le sol, dans l'eau et dans les sources de nourriture exploitées par les animaux sauvages. Ces calculs sont effectués à partir de la gamme des doses d'application associées aux utilisations appuyées.
Une évaluation préliminaire est d'abord effectuée à l'aide des concentrations estimatives dans l'environnement (CEE) pour un scénario de pulvérisation directe. Le risque pour l'environnement est caractérisé à l'aide de la méthode du quotient. On calcule un quotient de risque (QR), qui est le rapport entre la concentration prévue dans l'environnement (CPE) et le critère d'effet traduisant la plus grande sensibilité. Un QR de 1 correspond au NP. Si l'évaluation préliminaire révèle un risque négligeable (QR inférieur à 1), alors aucune autre évaluation n'est requise. Toutefois, si l'évaluation préliminaire indique un risque potentiel (QR égal ou supérieur à 1), il faut alors procéder à une évaluation approfondie dans le cas des organismes pour lesquels les risques sont préoccupants. Les évaluations approfondies du risque reposent sur des scénarios d'exposition plus réalistes (par exemple la dérive du produit vers des habitats non ciblés, et son ruissellement vers les plans d'eau), et peuvent prendre en compte divers critères d'effet toxicologique. Les données tirées d'études de surveillance peuvent également servir à améliorer l'évaluation des risques (annexe IV).
Les risques que présente la trifluraline pour les organismes terrestres ont été évalués à partir des données sur la toxicité de ce produit pour les lombrics (toxicité aiguë par contact, toxicité sur le plan de la reproduction), pour les abeilles (toxicité aiguë et chronique par voie orale), pour deux espèces d'oiseaux (toxicité aiguë par voie orale, toxicité par voie alimentaire et toxicité chronique), pour les mammifères (toxicité aiguë par voie orale, toxicité par voie alimentaire et toxicité chronique) et pour les plantes terrestres (vigueur végétative). Le sommaire des données sur la toxicité de la trifluraline pour les organismes terrestres est présenté à l'annexe V. Aux fins de l'évaluation des risques, les critères d'effet toxicologique établis pour l'espèce la plus sensible ont servi de données de substitution pour l'ensemble des espèces susceptibles d'être exposées après le traitement à la trifluraline.
La trifluraline n'a eu aucun effet nocif visible sur les invertébrés terrestres. Aucun effet nocif n'a été enregistré dans la plupart des études sur les oiseaux, à l'exception d'une étude sur la toxicité chronique par voie alimentaire, dans laquelle on a observé des oeufs fêlés. À première vue, la plupart des études sur les mammifères n'ont révélé aucun effet nocif; par contre, certains effets non létaux ont été notés, des paramètres tels que le p.c. des foetus, le p.c. des parents et le poids des organes ayant été affectés. Comme la trifluraline est un herbicide, on s'attend à ce qu'elle ait des effets nocifs sur les végétaux terrestres non ciblés. Les études sur la vigueur végétative de certaines plantes ont montré que le concombre est l'espèce végétale la plus sensible du point de vue de l'effet sur le poids frais (p.f.) et sur la hauteur des pousses.
L'évaluation préliminaire des risques a montré que la trifluraline ne pose pas de risque pour les invertébrés terrestres. On a décelé un risque pour les oiseaux exposés par voie alimentaire sur une base aiguë (NP excédé par un facteur 3) et sur une base chronique (NP excédé par un facteur 2) à la dose maximale d'application, soit 4 532 g m.a./ha. On a décelé un risque pour les mammifères subissant une exposition chronique à toutes les doses d'application (NP excédé par un facteur de 2 à 11), mais pas pour les mammifères subissant une exposition aiguë par voie alimentaire. On a jugé que l'inhalation de trifluraline n'était pas une source de risque pour les oiseaux ou les mammifères. Comme on pouvait le prévoir, la trifluraline, étant un herbicide, pose un risque pour les végétaux terrestres non ciblés, et ce, à la plupart des doses d'application (1 152 à 4 532 g m.a./ha). À 4 532 g m.a./ha, le NP a été dépassé par un facteur de 5. Le sommaire de l'évaluation des risques que pose la trifluraline pour les organismes terrestres se trouve à l'annexe VI.
L'évaluation des risques est prudente puisqu'elle repose sur l'hypothèse que les oiseaux et les petits mammifères sauvages se nourrissent exclusivement dans le site traité, et consomment seulement des aliments contaminés. Elle est également fondée sur des estimations prudentes (c'est-à-dire les valeurs maximales) des concentrations dans les aliments, sans prendre en compte les préférences alimentaires ou le comportement d'évitement à l'égard de la nourriture contaminée car, à l'heure actuelle, on ne dispose pas de données à ce chapitre. Il est peu probable que les oiseaux et les petits mammifères sauvages soient exposés de manière chronique à la trifluraline puisque celle-ci n'est appliquée qu'une fois l'an comme traitement herbicide de prélevée, avant la plantation. Le profil d'emploi engendrera une exposition limitée; en outre, vu la volatilité élevée et la phototransformation rapide de la trifluraline non absorbée, il est peu probable que les résidus de ce produit subsistent dans les sources de nourriture. Quoi qu'il en soit, compte tenu des résultats de l'évaluation préliminaire, on a approfondi l'évaluation afin de définir les risques associés à la dérive de trifluraline. L'évaluation approfondie visait également les végétaux terrestres non ciblés.
On a procédé à une évaluation approfondie du risque en prenant en considération les concentrations de trifluraline susceptibles d'être présentes dans un habitat terrestre directement adjacent au champ traité à cause de la dérive de pulvérisation. Les données sur la dérive de pulvérisation applicables à des gouttelettes de taille moyenne selon la classification de l'American Society of Agricultural Engineers (ASAE)3, taille habituelle pour les applications d'herbicide au moyen d'une rampe de pulvérisation, indiquent que la proportion maximale de la pulvérisation qui dérivera de 1 mètre (m) sous le vent par rapport au point d'application lors de la pulvérisation est de 6 %. On a calculé les CPE hors site pour la trifluraline en fonction de ce taux de dérive. Cette valeur a été utilisée pour définir le risque associé à la dérive. Les critères d'effet toxicologique utilisés pour calculer les QR étaient les mêmes que ceux ayant servi aux fins de l'évaluation préliminaire. En précisant ainsi l'évaluation des risques, on a obtenu des QR inférieurs au NP pour les végétaux terrestres non ciblés, les oiseaux et les mammifères se trouvant dans un habitat terrestre directement adjacent au champ traité, et ce, à toutes les doses d'application. Le sommaire de l'évaluation approfondie des risques que pose la trifluraline pour les végétaux terrestres non ciblés, les oiseaux et les petits mammifères se trouve à l'annexe VII.
Les risques pour les organismes aquatiques ont été établis à partir des données sur la toxicité de la trifluraline pour les invertébrés d'eau douce, les poissons d'eau douce, les plantes vasculaires et les algues d'eau douce, les amphibiens ainsi que les invertébrés, les poissons et les diatomées estuariens ou marins. Le sommaire des données sur la toxicité de la trifluraline pour les organismes aquatiques est présenté à l'annexe V. Aux fins de l'évaluation des risques, les critères d'effet toxicologique établis pour l'espèce la plus sensible ont servi de données de substitution pour l'ensemble des espèces susceptibles d'être exposées après le traitement à la trifluraline.
La trifluraline est toxique pour les invertébrés et les poissons d'eau douce soumis aux essais, tant sur une base chronique que sur une base aiguë. Comme on pouvait le prévoir, l'exposition aiguë à la trifluraline a causé des effets chez les algues et les plantes d'eau douce. Deux essais de toxicité sur les amphibiens ont révélé des effets de toxicité de divers degrés, l'une des espèces s'étant montrée hautement sensible, et l'autre légèrement sensible. La trifluraline est toxique en doses aiguës pour les invertébrés estuariens ou marins ainsi que pour l'espèce de poisson soumis aux essais; chez cette dernière, on a en outre enregistré des effets chroniques. On ne disposait d'aucun résultat d'essais de toxicité chronique chez les invertébrés estuariens ou marins. Les diatomées marines étaient également sensibles aux doses aiguës de trifluraline.
L'évaluation initiale visant le milieu aquatique était une évaluation préliminaire du risque de type déterministe. Cette méthode prudente vise principalement à répertorier les groupes taxonomiques qui ne sont pas exposés à un risque ou les scénarios d'utilisation qui ne posent aucun risque inacceptable, ou les deux. Les CPE établies à l'étape de l'évaluation préliminaire constituent une estimation prudente de l'exposition calculée en fonction de la concentration produite par une application directe sur un plan d'eau d'une profondeur de 15 ou 80 centimètres (cm). Le critère d'effet utilisé pour définir la toxicité aiguë est la moitié de la concentration létale à 50 % (CL50) enregistrée pour les invertébrés, et un dixième de la CL50 établie pour les poissons. La concentration sans effet observé (CSEO) est employée pour évaluer la toxicité chronique chez les invertébrés aquatiques et les poissons. Si on ne dispose d'aucune CSEO, on utilise une valeur correspondant à un dixième de la CL50. Si le QR obtenu est inférieur à 1, on peut en déduire que le risque est négligeable, et il n'est alors pas nécessaire d'approfondir l'analyse. L'évaluation préliminaire des risques a montré que les QR étaient supérieurs à 1 pour toutes les espèces d'eau douce, estuariennes ou marines, et ce, à toutes les doses d'application de la trifluraline (annexe VIII); il devenait donc nécessaire d'approfondir l'évaluation des risques. Par conséquent, une évaluation approfondie des risques a été effectuée pour caractériser le risque associé à la dérive et au ruissellement du produit.
Comme dans le cas de l'évaluation des risques pour les organismes terrestres, pour recalculer les CPE hors site, on a utilisé une valeur de 6 % en ce qui touche la proportion maximale de la pulvérisation qui dérivera de 1 m sous le vent par rapport au point d'application. Cette donnée a permis de déterminer l'exposition attribuable à la dérive de pulvérisation dans un plan d'eau d'une profondeur de 15 ou 80 cm adjacent à un site traité avec de la trifluraline au moyen d'une rampe de pulvérisation. Les critères d'effet toxicologique utilisés pour calculer les QR étaient les mêmes que ceux ayant servi aux fins de l'évaluation préliminaire. Le sommaire de l'évaluation approfondie des risques associés aux concentrations de trifluraline prévues dans la dérive de pulvérisation se trouve à l'annexe IX.
Le risque que la dérive de trifluraline appliquée en dose inférieure ou égale à 2 016 g m.a./ha entraîne des effets aigus chez les invertébrés d'eau douce est négligeable mais, à des doses d'application de 4 500 et 4 532 g m.a./ha, il existe un risque pour ces organismes. Le NP a été dépassé pour les invertébrés d'eau douce exposés de manière chronique, et ce, à toutes les doses d'application, ce qui indique l'existence d'un risque, quoique moindre que dans l'évaluation préliminaire, associé à la dérive.
L'exposition chronique ou aiguë à la trifluraline continue de poser un risque pour les poissons d'eau douce et les amphibiens se trouvant dans un habitat adjacent au site d'application de la trifluraline, même si ce risque est moindre que dans l'évaluation préliminaire; le risque existe pour toutes les doses d'application.
La dérive demeure un risque pour les algues d'eau douce à toutes les doses d'application. Cependant, ce risque est moindre que dans l'évaluation préliminaire. Les plantes vasculaires d'eau douce continuent d'être à risque seulement aux doses d'application supérieures ou égales à 2 016 g m.a./ha.
Le risque pour les invertébrés estuariens ou marins a été ramené à un niveau négligeable pour toutes les doses d'application.
Les risques d'effets aigus demeurent pour les poissons estuariens ou marins, mais seulement aux doses d'application supérieures ou égales à 4 500 g m.a./ha. Le NP a été dépassé pour les poissons estuariens ou marins exposés de manière chronique, et ce, à toutes les doses d'application, ce qui indique l'existence d'un risque, quoique moindre que dans l'évaluation préliminaire, associé à la dérive.
Il a été déterminé que les diatomées estuariennes ou marines étaient à risque seulement aux doses d'application supérieures ou égales à 2 016 g m.a./ha (annexe IX).
Les organismes aquatiques peuvent également être exposés à la trifluraline provenant des applications foliaires à la suite du ruissellement dans les plans d'eau. Les modèles connexes PRZM (Pesticide Root Zone Model) et EXAMS (Exposure Analysis Modeling System) ont permis de prédire les CPE attribuables au ruissellement de la trifluraline après le traitement.
On a fourni comme données d'entrée à ces modèles les doses d'application utilisées sur le canola, les asperges et le soja. Les moyennes des CPE pour les périodes pertinentes ont permis de calculer les QR, par exemple 96 h pour les critères d'effet traduisant la toxicité aiguë, et 21 j pour les critères d'effet traduisant la toxicité chronique. Les critères d'effet toxicologique utilisés pour calculer les QR étaient les mêmes que ceux ayant servi pour l'évaluation préliminaire et l'évaluation approfondie des risques associés à la dérive de pulvérisation. Le sommaire de l'évaluation approfondie des risques associés à l'exposition aux concentrations de trifluraline prévues dans les eaux de ruissellement se trouve à l'annexe X.
L'évaluation a montré que le risque d'effets aigus ou chroniques pour les invertébrés d'eau douce exposés aux concentrations de trifluraline présentes dans les eaux de ruissellement après toutes les applications modélisées est négligeable.
Il existe un risque d'effets aigus ou chroniques pour les poissons d'eau douce exposés aux concentrations de trifluraline présentes dans les eaux de ruissellement après toutes les applications modélisées.
Le risque d'effets aigus pour les amphibiens exposés aux concentrations de trifluraline présentes dans les eaux de ruissellement après toutes les applications modélisées en Colombie- Britannique, dans les Prairies, en Ontario et au Québec est négligeable. Le risque d'effets aigus pour les amphibiens exposés aux concentrations de trifluraline présentes dans les eaux de ruissellement selon le scénario d'application dans la région de l'Atlantique est faible (NP dépassé par un facteur 1,2). Sur une base chronique, il existe un risque d'effets négligeable pour les amphibiens exposés aux concentrations de trifluraline présentes dans les eaux de ruissellement selon tous les scénarios modélisés. Le NP a été dépassé par un facteur de plus de 15.
Le risque d'effets aigus pour les algues d'eau douce exposées aux concentrations de trifluraline présentes dans les eaux de ruissellement après toutes les applications modélisées en Colombie-Britannique, dans les Prairies, en Ontario et au Québec est négligeable. Par contre, le NP a été dépassé dans le cas du scénario d'application dans la région de l'Atlantique (NP dépassé par un facteur de 1,3), ce qui indique l'existence d'un risque potentiel. Pour les plantes vasculaires d'eau douce, le risque associé à l'exposition à la trifluraline est négligeable pour toutes les applications modélisées.
Le risque d'effets aigus pour les poissons et les invertébrés estuariens ou marins exposés aux concentrations de trifluraline présentes dans les eaux de ruissellement après toutes les applications modélisées est négligeable. Le risque d'effets chroniques pour les invertébrés et les poissons estuariens ou marins exposés aux concentrations de trifluraline présentes dans les eaux de ruissellement après toutes les applications modélisées en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec est négligeable. Par contre, le NP a été dépassé dans le cas du scénario d'application dans la région de l'Atlantique (NP dépassé par un facteur de 1,4), ce qui indique l'existence d'un risque potentiel.
Le risque d'effets aigus pour les diatomées estuariennes ou marines exposées aux concentrations de trifluraline présentes dans les eaux de ruissellement après toutes les applications modélisées est négligeable.
Une évaluation approfondie des risques a également été effectuée à partir des concentrations aiguës et chroniques établies par surveillance des concentrations de trifluraline dans les systèmes d'eau douce. Les QR ne dépassaient pas le NP pour les poissons d'eau douce exposés sur une base chronique, ni pour les invertébrés aquatiques et les amphibiens exposés sur une base aiguë ou chronique. Le NP a été dépassé par un facteur de 1,5 dans le cas des poissons d'eau douce exposés sur une base aiguë; les concentrations de trifluraline détectées dans les eaux au Canada pourraient donc constituer un certain risque pour les poissons d'eau douce.
La prédiction des risques que posent les concentrations de trifluraline présentes dans les eaux de surface au Canada pour le biote est entachée d'un certain degré d'incertitude. Il se peut que les risques découlant des concentrations de trifluraline dans les eaux de surface au Canada soient sous-estimés pour les raisons suivantes :
Bien qu'un certain nombre d'organismes de réglementation aient placé la trifluraline sur la liste des substances soupçonnées d'être des perturbateurs endocriniens, on recense très peu d'éléments indiquant que la trifluraline serait un perturbateur endocrinien. L'Autorité européenne de sécurité des aliments, la Convention d'Oslo et de Paris pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du nord-est ainsi que l'EPA s'entendent pour dire que, à la lumière des données dont on dispose actuellement, la trifluraline ne répond pas aux critères définissant les perturbateurs endocriniens. L'EPA concluait en 2004 que :
[Traduction]
« D'après les données actuelles, la trifluraline ne semble pas être un pertubateur endocrinien. Cependant, lorsque des protocoles adéquats de dépistage ou d'essai, parmi ceux considérés dans le cadre du programme de dépistage des perturbateurs endocriniens de l'EPA, auront été mis au point, la trifluraline pourrait être soumises à d'autres procédures de dépistage ou d'essai afin de mieux en caractériser les effets au chapitre de la perturbation du système endocrinien (EPA, 2004). »
L'évaluation des risques associés à la trifluraline indique l'existence de risques d'effets nocifs pour les plantes aquatiques non ciblées, les algues, les amphibiens, les poissons et les invertébrés aquatiques. La pulvérisation directe de trifluraline sur les sources de nourriture des oiseaux et des mammifères pose également un risque pour ces organismes. Afin d'atténuer les effets de la trifluraline sur l'environnement, l'ARLA exige l'imposition de zones tampons et l'ajout de mises en garde sur l'étiquette des produits concernés. Les données d'entrée du modèle utilisées pour le calcul des zones tampons sont présentées à l'annexe XII. On trouve les modifications proposées aux étiquettes, y compris aux zones tampons, à l'annexe XIII.
On sait que la trifluraline se volatilise, et sa présence a été détectée dans l'air, l'eau de pluie et les dépôts secs dans les provinces des Prairies ainsi que dans les régions nordiques éloignées. Le degré de volatilisation de la trifluraline dépend de la température du sol, de la teneur en eau du sol et de l'incorporation de la trifluraline à celui-ci. Afin de réduire la quantité de trifluraline contaminant l'atmosphère à la suite de la volatilisation, on recommande d'éviter l'application par temps très chaud en été, et de procéder à l'incorporation dans le sol tout de suite après le traitement.
Dans le cadre de l'examen de la trifluraline, l'ARLA a tenu compte de sa directive d'homologation DIR99-03, intitulée Stratégie de l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire concernant la mise en oeuvre de la politique de gestion des substances toxiques. Cette politique repose sur des principes de prévention et de prudence pour gérer les substances qui pénètrent dans l'environnement et qui pourraient nuire à l'environnement ou à la santé humaine. Afin que les programmes fédéraux soient conformes aux objectifs de la Politique, celle-ci fournit une orientation aux décideurs et établit un cadre scientifique de gestion. L'un des principaux objectifs de gestion est d'éliminer quasi totalement de l'environnement les substances toxiques qui sont générées surtout par l'activité humaine et qui sont persistantes et bioaccumulables. La Politique désigne ces substances sous le nom de substances de la voie 1. Les substances associées à l'utilisation de la trifluraline ont également été prises en compte, y compris les microcontaminants présents dans le produit de qualité technique ainsi que les produits de formulation entrant dans la composition des PC.
La trifluraline a été évaluée par rapport à quatre critères : bioaccumulation, persistance, toxicité aux termes de la LCPE ou d'une loi équivalente à la LCPE, et caractère principalement anthropique des sources.
Le Canada fait partie des 30 pays membres qui débattent, élaborent et améliorent les politiques économiques et sociales au sein de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ces gouvernements comparent leurs expériences, mettent en commun leurs informations et leurs analyses, cherchent des solutions à des problèmes communs et s'efforcent de coordonner leurs politiques nationales et internationales afin d'uniformiser leurs pratiques.
L'ARLA a déterminé qu'il est acceptable de maintenir l'homologation de la trifluraline, à la condition que les mesures proposées de réduction des risques soient mises en oeuvre. Ces mesures sont nécessaires pour mieux protéger la santé humaine et l'environnement. L'étiquette des PC vendues au Canada devront être modifiées de façon à inclure les énoncés énumérés à l'annexe XIII. Une demande d'application des révisions aux étiquettes devra être présentée dans les 90 jours suivant la décision finale de réévaluation.
Le maintien de l'homologation de la trifluraline est conditionnel à la présentation des données qui suivent, conformément à l'article 12 de la LPA. Les titulaires de cette m.a. doivent fournir ces données avant l'expiration du délai précisé dans la lettre de décision qui sera envoyée par l'ARLA aux titulaires de la MAQT.
Ces données serviront à déterminer de manière définitive le statut de la trifluraline relativement à la PGST.
Les documents de l'ARLA, comme la directive d'homologation DIR2001-03 et les CODO, sont affichés dans son Pesticides et lutte antiparasitaire . On peut aussi se les procurer auprès du Service de renseignements sur la lutte antiparasitaire par téléphone au 1-800-267-6315 au Canada ou 613-736-3799 à l'extérieur du Canada (frais d'interurbain),
par télécopieur : 613-736-3798
par courriel : pmra_infoserv@hc-sc.gc.ca.
La PGST du gouvernement fédéral peut être consultée dans
le site Web d'Environnement Canada.
On peut trouver les documents de l'EPA sur la trifluraline dans
le site Web consacré par cette dernière au statut de réhomologation des pesticides (en anglais seulement).
On trouve
des renseignements sur la réglementation de la trifluraline en Suède, au Danemark et en Norvège (en anglais seulement)(format - pdf).
Les documents de l'Union européenne sur la réglementation de la trifluraline (format - xls).
1 « Énoncé de consultation » tel que prescrit au paragraphe 28(2) de la LPA.
2 « Énoncé de décision » tel que prescrit au paragraphe 28(5) de la LPA.
3 Maintenant dénommée American Society of Agricultural and Biological Engineers (ASABE).