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Note de réévaluation REV2016-05, Réévaluation de l'imidaclopride - Évaluation préliminaire de ses effets sur les insectes pollinisateurs

Avertissement Ce contenu a été archivé le 18 mars 2016.

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Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire
Le 18 janvier 2016
ISSN : 1925-0665 (version PDF)
Numéro de catalogue : H113-5/2016-5F-PDF (version PDF)

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Si vous avez besoin de renseignements supplémentaires, n'hésitez pas à communiquer avec le Service de renseignements sur la lutte antiparasitaire.

Résumé

Table des matières

Introduction

Au cours des dernières années, un nombre croissant de recherches scientifiques ont démontré que l'exposition à l'imidaclopride pourrait avoir des effets potentiels à court et à long termes sur les pollinisateurs. Les effets constatés se présentaient, entre autres, sous forme de changements dans le comportement et la mortalité des abeilles, et d'effets nocifs sur les reines et les abeilles en développement. Ces études étaient généralement réalisées dans des conditions de laboratoire ou sur le terrain, et les abeilles étaient exposées à des doses d'imidaclopride supérieures à celles que l'on rencontre normalement dans l'environnement.

En 2012, l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada a annoncé la réévaluation des insecticides de la classe des néonicotinoïdes, y compris l'imidaclopride. Cet exercice de réévaluation a été entrepris afin d'évaluer leur risque potentiel pour les insectes pollinisateurs, compte tenu des mises à jour faites à l'étranger du cadre d'évaluation des risques pour les insectes pollinisateurs. Cette réévaluation tient compte de toutes les utilisations agricoles et extérieures de l'imidaclopride qui pourraient causer l'exposition des abeilles, y compris les applications foliaires, les applications au sol, le traitement des semences, les applications en serre et l'injection dans les arbres.

Dans le but de répondre à certaines de ces questions en suspens, l'ARLA de Santé Canada a entrepris d'examiner le nouvel ensemble de données scientifiques et de surveillance pour déterminer si les risques que présente l'imidaclopride pour les insectes pollinisateurs, aux concentrations prévues dans l'environnement du Canada, continuent d'être acceptables. Ce travail implique une collaboration avec des scientifiques de partout dans le monde.

L'ARLA a demandé aux titulaires d'homologation de l'imidaclopride des données additionnelles, lesquelles doivent être présentées d'ici décembre 2016. Entre-temps, l'ARLA a réalisé une évaluation préliminaire des risques que représentent pour les insectes pollinisateurs l'application foliaire, l'application au sol et le traitement des semences, d'après les données actuellement disponibles. L'évaluation finale des risques pour les pollinisateurs évaluera toutes les utilisations et toutes les méthodes d'application de l'imidaclopride.

Qu'est-ce que l'imidaclopride?

L'imidaclopride est un insecticide néonicotinoïde utilisé pour supprimer un large spectre d'insectes nuisibles, sur une grande diversité de sites. Cette réévaluation porte seulement sur les cultures qui requièrent une évaluation environnementale des risques pour les insectes pollinisateurs, y compris les céréales, les fruits, les plantes vivrières et les plantes ornementales cultivées en serre, les épices et fines herbes, les légumineuses, les oléagineux, les légumes, les arbres de Noël, les plantes ornementales d'extérieur et le gazon. Les produits à usage commercial contenant de l'imidaclopride sont appliqués au moyen de divers équipements : équipement au sol classique (p. ex., pulvérisateurs pneumatiques, pulvérisateurs à rampe, pulvérisateurs à réservoir dorsal et pulvérisateurs à main), équipement aérien classique (p. ex., aéronefs à voilure fixe et à voilure tournante), équipement pour injection dans les arbres, épandeurs de granulés, équipement de chimigation, équipement de traitement des semences (installations commerciales ou à la ferme de traitement en systèmes ouverts ou fermés), équipement de traitement des plantons de pomme de terre par l'agriculteur, les travailleurs agricoles et les spécialistes de la lutte antiparasitaire. Les produits à usage domestique contenant de l'imidaclopride sont appliqués par des particuliers qui utilisent des épandeurs de granulés sur le gazon.

Que se passe-t-il lorsque l'imidaclopride pénètre dans l'environnement?

L'imidaclopride est un insecticide systémique qui est absorbé et transporté dans toute la plante, et qui assure ainsi la protection de l'ensemble de la plante. L'imidaclopride est rapidement absorbé par les plantes par l'entremise des feuilles traitées, des semences traitées ou des racines qui poussent dans un sol traité. L'imidaclopride se déplace vers le haut à l'intérieur de la plante. Le pollen et le nectar peuvent donc contenir de l'imidaclopride en raison de ce mouvement ascendant.

Une fois à l'intérieur de la plante, l'imidaclopride devient le principal résidu, bien que de nombreux composés soient formés en raison du métabolisme de la plante. Parmi ceux-ci, le 5-hydroxy-imidaclopride et l'imidaclopride-oléfine sont jugés les plus pertinents dans l'évaluation des risques pour les insectes pollinisateurs, en raison de leur grande toxicité pour les abeilles.

L'imidaclopride est persistant dans l'environnement. Dans les champs traités, on a constaté que l'imidaclopride subsiste d'une saison de croissance à la suivante. Lorsque l'on utilise l'imidaclopride pendant plusieurs années successives, les concentrations dans le sol augmentent initialement, puis se stabilisent après environ trois ans.

L'imidaclopride est hydrosoluble et mobile dans l'environnement. L'imidaclopride peut se lessiver dans le profil pédologique, et on l'a détecté dans les eaux souterraines. On trouve couramment de l'imidaclopride dans les eaux de surface, y compris les mares qui sont une source d'eau potable pour les insectes pollinisateurs.

Quels éléments a-t-on pris en compte dans l'évaluation préliminaire?

Certains hyperliens donnent accès à des sites d'organismes qui ne sont pas assujettis à la  Loi sur les langues officielles. L'information qui s'y trouve est donc dans la langue du site.

L'examen était basé sur les données soumises à l'ARLA par les titulaires et sur les renseignements disponibles dans la littérature scientifique accessible. L'évaluation a été réalisée selon le document intitulé Guidance for Assessing Pesticide Risks to Bees. Ces lignes directrices ont été élaborées conjointement par l'ARLA, la United States Environmental Protection Agency (EPA) et le California Department of Pesticide Regulation.

L'évaluation des risques consiste à caractériser l'exposition et les effets de l'imidaclopride sur les abeilles, et à déterminer si l'exposition associée à son utilisation pourrait présenter un risque préoccupant pour les abeilles. Une démarche à plusieurs niveaux est utilisée pour caractériser le risque, allant d'une démarche très prudente (et qui surestime probablement les concentrations) au niveau inférieur (niveau I) à une démarche plus réaliste aux niveaux supérieurs (niveaux II et III). Les critères d'effet pour les abeilles individuelles, les colonies et les espèces d'abeilles autres que les abeilles domestiques sont pris en compte dans la caractérisation des risques.

Au niveau I, on utilise pour les abeilles individuelles les critères d'effet établis en laboratoire, ainsi que des estimations prudentes (probablement surestimées) de l'exposition. On approfondit ensuite les valeurs obtenues au niveau I et aux niveaux supérieurs, en tenant compte des concentrations de résidus mesurées dans le pollen et le nectar, et des critères d'effet au niveau de la colonie provenant d'études en conditions semi-naturelles (études sous tunnels ou études d'alimentation des colonies) et des études sur le terrain. Dans les études sous tunnels en conditions semi-naturelles, les colonies d'abeilles sont confinées dans des tentes ou des tunnels, et les cultures sont traitées selon des méthodes d'application précises. Dans les études d'alimentation en conditions semi-naturelles, on alimente les ruches à l'aide de quantités connues de la substance chimique à l'essai soit en solution de sucre, en substitut pollen/pollen ou les deux. Dans les études sur le terrain, qui visent à représenter le scénario d'exposition le plus réaliste, les colonies non confinées sont placées dans des champs dont les cultures ont été traitées selon des méthodes d'application précises.

Aux fins de l'évaluation des risques, les essais ont été effectués sur l'abeille domestique qui est censée représenter tous les types d'abeilles et autres insectes pollinisateurs. On tient compte également des renseignements disponibles sur les autres types d'abeilles, comme les bourdons. Pour caractériser le risque, on tient compte des renseignements provenant de tous les niveaux d'évaluation des risques, ainsi que des atouts et des faiblesses connexes.

L'attrait d'une culture est pris en compte lorsque l'on détermine les risques potentiels pour les abeilles. Les abeilles peuvent être exposées aux pesticides lorsqu'elles butinent le pollen ou le nectar. Si les cultures sont récoltées avant la floraison, il n'y aura pas d'exposition au nectar ou au pollen de la culture. Certaines cultures n'ont pas de source de pollen ou de nectar. D'autres cultures attirent peu les abeilles. Par conséquent, lorsque le nectar ou le pollen de la culture est absent ou n'attire pas les abeilles, l'exposition par consommation du nectar ou du pollen de la culture est minime, tout comme le risque.

Les mises en garde figurant sur les étiquettes peuvent également avoir un effet sur l'exposition des pollinisateurs et sont prises en compte lorsque l'on détermine les risques potentiels pour les abeilles. Par exemple, pour les applications foliaires de l'imidaclopride, les étiquettes comportent des restrictions touchant l'application pendant la floraison, ce qui réduit l'exposition des pollinisateurs. Pour certaines cultures, seule l'application de postfloraison est autorisée. En outre, les étiquettes canadiennes ne permettent pas plusieurs applications des insecticides du groupe 4 (ce qui comprend l'imidaclopride) sur la même culture au cours de la même saison.

Les utilisations approuvées de l'imidaclopride peuvent-elles affecter les insectes pollinisateurs?

Les diverses caractérisations des risques sont présentées par méthode d'application sur les cultures (p. ex., application foliaire, application au sol et traitement des semences). Comme il est mentionné ci-dessus, on compare les effets au niveau des abeilles individuelles et de la colonie aux résidus dans le pollen et le nectar pour déterminer les risques potentiels. En outre, les études disponibles sous tunnels et les études sur le terrain associées à des doses d'application précises sont prises en compte. Dans la caractérisation des risques, on tient compte également du mode d'emploi et des indications figurant sur les étiquettes actuelles des produits contenant de l'imidaclopride, ainsi que de l'attrait des cultures pour les insectes pollinisateurs. Cette caractérisation des risques pour les insectes pollinisateurs est basée sur les renseignements disponibles à ce jour et provenant des titulaires et de la littérature publiée. L'Agence prévoit avoir des données additionnelles pour terminer l'évaluation des risques pour les insectes pollinisateurs, et elle les prendra en compte.

Application foliaire

Le risque potentiel lié à l'application foliaire varie selon le moment de l'application. Les restrictions actuelles sur les étiquettes contribuent à minimiser le risque.

Dans le cas des applications foliaires, des renseignements sur les résidus dans le pollen et le nectar étaient disponibles, bien que les études sur les résidus aient été habituellement réalisées à des doses plus élevées que les doses d'application canadiennes et/ou sur des cultures qui ne poussent pas au Canada. On a utilisé autant que possible les données disponibles sur les résidus afin de comparer les renseignements sur les effets au niveau individuel et au niveau de la colonie, dans le but de caractériser les risques associés aux utilisations foliaires au Canada.

Un risque potentiel pour les abeilles a été constaté pour les cultures qui attirent les abeilles  lors des applications de préfloraison, pendant la floraison et parfois après la floraison. Cependant, les restrictions figurant sur les étiquettes actuelles minimisent le risque potentiel. Selon une étude pertinente sous tunnels de niveau II et portant sur les risques potentiels pour les abeilles dus à l'application foliaire sur le gazon, les mesures d'atténuation figurant sur les étiquettes canadiennes contribuent à minimiser le risque associé à cette utilisation.

Dans le cas de l'application foliaire, les cultures de rotation plantées la saison suivante ne devraient pas présenter un risque pour les abeilles.

L'application foliaire pendant la floraison devrait présenter un faible risque pour les abeilles, d'après les restrictions figurant sur les étiquettes actuelles.

Comme l'application foliaire pendant la floraison devrait présenter un risque pour les abeilles, les étiquettes actuelles interdisent ou réduisent l'application pendant la floraison pour la plupart des cultures qui attirent les abeilles.

D'autres renseignements sur les résidus dans les cultures agricoles qui poussent au Canada permettraient d'approfondir l'évaluation des risques associés à l'application foliaire de préfloraison.

L'application foliaire de préfloraison peut présenter un risque pour les abeilles. Cependant, les renseignements sur les résidus dus à l'application de préfloraison étaient disponibles seulement pour des cultures qui ne poussent pas au Canada. L'application de préfloraison est actuellement interdite pour certaines utilisations, y compris sur les vergers (fruits à noyau et fruits à pépins), lesquels attirent fortement les abeilles.

L'application de postfloraison sur les vergers, les cultures arbustives et les cultures agricoles ne devrait pas présenter de risque pour les abeilles.

L'application de postfloraison sur les cultures agricoles qui sont récoltées à la fin de la saison ne devrait pas présenter de risque pour les abeilles, car il n'y a plus de pollen et de nectar que les abeilles pourraient butiner. Dans le cas des vergers et des cultures arbustives, le moment de l'application de postfloraison peut influer sur les concentrations de résidus présentes dans le pollen et le nectar la saison suivante. Des concentrations de résidus plus faibles ont été observées lorsque l'intervalle entre l'application et la floraison de la saison suivante était plus long, ce qui influait sur le risque potentiel pour les abeilles. D'après les renseignements disponibles, aucun risque potentiel n'a été relevé lorsque les applications de postfloraison avant la récolte.

Application au sol

Un risque potentiel pour les abeilles a été constaté pour certains traitements du sol.

L'ensemble de données disponible pour évaluer les risques associés aux applications au sol comprenait des renseignements sur les résidus dans le pollen, le nectar ou les fleurs pour une variété de cultures et de doses d'application pertinentes pour le Canada. Le risque potentiel variait selon la culture, le type de sol, le moment de l'application par rapport à la période de floraison et la date d'échantillonnage des résidus par rapport au moment de l'application. L'ensemble de données comprenait également une étude pertinente sous tunnels de niveau II pour évaluer le risque potentiel pour les abeilles dû à l'application au sol sur le gazon. D'après ces données, les mesures d'atténuation figurant actuellement sur les étiquettes au Canada minimisent adéquatement le risque associé à l'utilisation sur le gazon. Des études sur le terrain pour les doses de traitement du sol sont prévues en 2016, et elles aideront à mieux évaluer les risques pour les insectes pollinisateurs.

Des doses d'application plus élevées et des moments d'application plus près de la floraison de la plante semblent produire des concentrations de résidus plus élevées. Le type de sol semble également influer sur les concentrations de résidus. Les cultures cultivées dans les sols grossiers (sols sableux, à faible teneur en matières organiques) avaient tendance à présenter des concentrations de résidus plus élevées que les cultures cultivées dans des sols moyens ou fins (teneur élevée en matières organiques).

Aucun risque potentiel n'a été relevé sur des cultures comme le melon, la citrouille et le bleuet. On prévoit un risque minime pour les cultures qui attirent les abeilles sur d'autres groupes de cultures homologués (p. ex., légumineuses, épices et fines herbes).

Un risque potentiel a été relevé pour les tomates et les fraises à certaines doses d'application et pour certains types de sol.

Aucun risque potentiel n'a été constaté pour les cultures de rotation ou pour les plantes fourragères hors champ qui attirent les abeilles et qui pourraient être exposées au ruissellement.

Traitement des semences

Aucun risque potentiel pour les abeilles n'a été relevé lorsque la substance est employée pour le traitement des semences.

L'ensemble de données disponible pour évaluer les risques associés aux semences traitées comprenait des renseignements sur les résidus dans le pollen, le nectar ou les fleurs des cultures pertinentes pour le Canada, des études sous tunnels de niveau II et des études sur le terrain de niveau III spécifiques au traitement des semences. Les études sous tunnels de niveau supérieur et les études sur le terrain portant sur le traitement des semences n'ont pas indiqué d'effets notables sur les abeilles.

Les concentrations de résidus dans le nectar ou le pollen des cultures dues au traitement des semences sont habituellement inférieures aux concentrations qui devraient présenter un risque pour les abeilles individuelles et au niveau de la colonie.

On a également tenu compte de la voie d'exposition associée à la poussière produite pendant la plantation des semences traitées. La poussière produite par la plantation des semences de soja et de maïs traitées avec des néonicotinoïdes avait été précédemment jugée préoccupante au Canada, et des mesures de réduction des risques avaient été mises en place en 2014 afin de réduire l'exposition à la poussière pendant la plantation des semences de soja et de maïs traitées. La production de poussière est due à de nombreux facteurs, notamment l'équipement de plantation et les types de semences. Actuellement, la plantation d'autres types de semences au Canada ne produit pas de poussière ni n'a d'effet nocif pour les insectes pollinisateurs.

Risque pour les abeilles indigènes

Les renseignements sur les abeilles indigènes (autres que du genre Apis) ont été pris en considération et incorporés dans l'évaluation des risques pour les insectes pollinisateurs. Les abeilles autres que du genre Apis (c'est-à-dire les abeilles domestiques) comprennent les bourdons ou encore les abeilles solitaires comme la découpeuse de la luzerne. On compte quelque 1 000 espèces d'abeilles autres que du genre Apis au Canada et qui ont des traits biologiques et écologiques diversifiés. Tout comme les abeilles domestiques, les bourdons vivent en colonie. Cependant, leurs colonies sont beaucoup plus petites que celles des abeilles domestiques, et seules les reines survivent pour établir une nouvelle colonie chaque saison. À la différence des abeilles domestiques et des bourdons, la plupart des abeilles autres que du genre Apis sont solitaires et nichent dans le sol ou dans les tiges creuses des plantes.

Selon les renseignements disponibles sur les effets sur les abeilles individuelles, la toxicité de l'imidaclopride pour les abeilles autres que du genre Apis est similaire à celle des abeilles domestiques. Des renseignements de niveau I sur les effets aigus chez les adultes étaient disponibles pour les bourdons, les abeilles maçonnes, les découpeuses et les méliponides. Les renseignements disponibles de niveau I sur les effets justifient l'utilisation de l'abeille domestique comme espèce substitutive pour les abeilles autres que du genre Apis.

Les études sous tunnels de niveau II et les études sur le terrain de niveau III qui étaient disponibles ont corroboré les résultats des études sous tunnels et sur le terrain réalisées sur les abeilles domestiques, et ont été utilisées pour étayer les conclusions relatives au risque global pour les pollinisateurs. Des études de niveau II et III ont été réalisées surtout sur les bourdons, et en général, elles ont démontré qu'il n'y avait pas d'effet notable avec les profils d'emploi pertinents pour le Canada.

Selon les résultats des études d'alimentation disponibles de niveau II sur les effets sur les abeilles autres que du genre Apis au plan de la colonie, il semble que les bourdons soient plus sensibles à l'exposition à l'imidaclopride que les abeilles domestiques. Les concentrations de résidus mesurées dans le pollen et le nectar étaient souvent supérieures à la plus faible dose à laquelle des effets sur les colonies étaient observés dans les études d'alimentation des bourdons, ce qui soulève un risque potentiel. Pour le moment, il subsiste une incertitude quant à savoir si les effets observés sur le plan de la colonie dans les essais d'alimentation auraient des incidences sur les colonies de bourdons retrouvées dans la nature. Les résultats récemment accessibles d'une recherche menée sur des abeilles autres que du genre Apis doivent encore êtreincorporés à l'évaluation; cependant, il est possible qu'ils ne soient que de nature informative. De plus, il subsiste une incertitude quant à savoir si l'information sur les effets chez les bourdons s'applique aux abeilles autres que du genre Apis, comme les abeilles solitaires.

Une recherche additionnelle a récemment été publiée sur les abeilles autres que du genre Apis, et elle sera examinée et prise en compte dans l'évaluation finale des risques pour les pollinisateurs. L'ARLA estime que les assises scientifiques de l'évaluation des risques et des essais pour déterminer les effets sur les espèces autres qu'Apis continueront de s'améliorer, et que tout nouveau progrès sera également pris en compte dans l'évaluation finale des risques pour les pollinisateurs.

Mesures d'atténuation des risques

Les étiquettes des produits pesticides homologués fournissent un mode d'emploi qui comprend notamment des mesures de réduction des risques afin de protéger l'environnement, y compris les insectes pollinisateurs. Les étiquettes actuelles pour l'imidaclopride comportent des restrictions visant à protéger les insectes pollinisateurs contre l'exposition aux pesticides. Si des mesures d'atténuation additionnelles sont requises pour protéger les insectes pollinisateurs, elles seront élaborées d'après les résultats de l'évaluation des insectes pollinisateurs. Toute autre donnée qui sera disponible avant l'évaluation finale des risques pour les insectes pollinisateurs sera également prise en compte lorsque l'on proposera des mesures d'atténuation des risques.

Prochaines étapes

Afin d'informer rapidement le grand public, l'ARLA a publié une version préalable à la publication de la REV2016-05 intitulée Réévaluation de l'imidaclopride - Évaluation préliminaire de ses effets sur les insectes pollinisateurs le 6 janvier 2016. Ce document préalable à la publication renfermait l’Aperçu et l’Évaluation scientifique, sans les annexes.

La version complète de l’évaluation préliminaire, incluant les annexes, est maintenant disponible. L’ARLA recueillera les commentaires écrits durant une période de 60 jours commençant à la date de publication du présent document.

L’ARLA examinera tous les commentaires reçus du public en réponse au présent document de consultation. Elle publiera ensuite un projet de décision de réévaluation qui comportera une évaluation finale et actualisée des risques pour les insectes pollinisateurs et les projets réglementaires connexes.