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Récemment, l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) a reçu des déclarations d'incident suggérant que l'utilisation de produits antipuces et antitiques à appliquer sur la peau peut présenter des effets nocifs chez les chats et les chiens. La plupart des incidents déclarés touchent des produits destinés à un traitement localisé. Par conséquent, on a entrepris l'analyse de ces produits afin d'enquêter sur cette question. Dans le cadre de cette analyse complexe, on a évalué les tendances observées dans les déclarations d'incident et noté les corrélations possibles avec les renseignements toxicologiques sur les pesticides homologués au Canada. L'ARLA a rencontré les titulaires canadiens de produits antipuces et antitiques et a invité la United States Environmental Protection Agency (EPA) et les vétérinaires à collaborer tout au long de cette analyse.
Les données sur les ventes suggèrent que les ventes canadiennes de pesticides destinés à un traitement localisé sont de l'ordre de 3 millions d'unités par année. Entre avril 2007 et mai 2009, l'ARLA a reçu 708 déclarations d'incident relatifs à des animaux de compagnie (453 incidents canadiens, 255 incidents américains) concernant des produits antipuces et antitiques appliqués par traitement localisé. Il y a eu un total de 821 animaux touchés. Le degré de gravité de l'effet de la plupart des incidents canadiens déclarés était mineur ou modéré, malgré 14 animaux affichant un effet majeur et 15 autres animaux morts. Il est possible d'obtenir plus de détails concernant le classement de la gravité de l'incident en consultant le site Web de Santé Canada. Les incidents liés à un traitement localisé sur des chats étaient plus fréquents que ceux impliquant un chien. On a traité 12 % des animaux avec des produits non désignés pour leur âge, leur poids ou leur espèce (par exemple, des produits pour les chiens utilisés sur un chat).
En général, la fréquence des types de symptômes déclarés est à l'image de la plupart des produits destinés à un traitement localisé. On a observé plus souvent des effets sur la peau, puis des effets neuromusculaires, des effets généraux et des effets gastro-intestinaux. On a observé presque deux fois plus d'effets cutanés que d'effets neuromusculaires. Le poids des chats et des chiens morts était en général inférieur à ceux qui ont connu des effets mineurs ou modérés. Les chiens morts étaient plus jeunes que ceux qui ont vécu. Les déclarations d'incident touchaient davantage d'espèces petites de chiens que de grandes espèces, ces dernières étant les plus populaires. Puisque la dose de la majorité des produits destinés à un traitement localisé est fixée en fonction d'une gamme de poids d'animaux de compagnie, les plus petits animaux (tant chez les chats que chez les chiens) ont reçu une dose plus forte de produit par kilogramme de poids corporel que les plus grands. En général, les animaux ayant reçu ces doses plus élevées ont subi des effets plus graves que les grands animaux ayant reçu une dose plus petite. Ces observations ne portent pas sur les incidents résultant de la mauvaise utilisation d'un produit pour les chiens sur un chat. L'ARLA a consulté des vétérinaires spécialisés en petits animaux par le biais d'un sondage administré par l'Association canadienne des médecins vétérinaires. Les résultats de ce sondage font écho aux résultats des déclarations d'incident.
On a examiné des données toxicologiques sur la matière active, les produits de formulation, les effets irritants et sensibilisants des préparations commerciales ainsi que les études sur la sécurité des animaux de compagnie afin de relever des associations possibles avec les symptômes signalés dans les déclarations d'incident. Les produits destinés à un traitement localisé touchent quatre matières actives : imidaclopride, S-méthoprène, pyriproxifène et perméthrine. Les symptômes signalés dans les déclarations d'incident manquaient de cohérence par rapport aux profils toxicologiques de trois de ces matières actives. Dans le cas de la perméthrine, les symptômes étaient cohérents avec son profil toxicologique bien qu'il soit possible que les produits de formulation aient joué un rôle de contribution. Il importe de noter que la perméthrine a été impliquée dans un nombre important d'incidents canadiens. En outre, les déclarations de mauvaises utilisations de produits étaient plus souvent qu'autrement associées à cette matière active (c'est-à-dire les produits pour les chiens utilisés sur un chat).
Compte tenu de la quantité des effets cutanés dans les déclarations d'incident, on a examiné les études sur l'irritation et la sensibilisation des préparations commerciales. Ces études n'ont pas prouvé le potentiel de sensibilisation ni un potentiel significatif d'irritation. Les réactions cutanées cernées dans ces études étaient incohérentes avec les effets cutanés mentionnés dans les déclarations d'incident. Par conséquent, ces études avaient une valeur de prédiction limitée lors de cette analyse.
En 2008, un total de 20 produits de formulation se retrouvait dans la composition des produits destinés à un traitement localisé, homologués au Canada. On les a évalués d'après de nombreux facteurs comme leur profil toxicologique, leur concentration présente dans les pesticides et le nombre de déclarations d'incident à leur sujet. Il a été mentionné que plusieurs d'entre eux avaient pu contribuer aux symptômes décrits dans les déclarations d'incident. Les ouvrages scientifiques indiquent que le N-méthyl-2-pyrrolidone et le d-limonène peuvent causer des réactions cutanées; on a déclaré davantage d'effets cutanés concernant des pesticides contenant ces produits de formulation que pour des produits n'en contenant pas. L'ARLA avait déjà signalé que l'éther monométhylique du tripropylèneglycol suscitait de possibles préoccupations compte tenu des déclarations d'effets des produits contenant ce produit de formulation. L'ARLA a lancé une activité de suivi auprès des titulaires touchés, lesquels travaillent maintenant au remplacement de ce produit de formulation. L'analyse en cours réaffirme cette préoccupation.
Les études sur la sécurité des animaux de compagnie étaient disponibles pour appuyer tous les produits destinés à un traitement localisé; la plupart ayant été menées selon les lignes directrices requises. On a jugé que toutes ces études étaient acceptables au moment du premier examen et on n'a pu établir de lien entre les effets et le traitement à la suite de l'exposition des animaux aux produits selon les doses sur l'étiquette. En règle générale, on a observé des effets mineurs à des doses exagérées et leur fréquence manquait de constance par rapport aux symptômes signalés dans les déclarations d'incident. Dans le cas d'une formulation pour les chiens et de deux formulations pour les chats, on a aussi observé des liens possibles entre les symptômes notés dans les déclarations d'incident et les effets relevés dans les études sur la sécurité des animaux de compagnie. À la lumière de certains des résultats trouvés dans les déclarations d'incident, quelques études mèneraient à des conclusions différentes. Dans l'ensemble, les études sur la sécurité des animaux de compagnie ne permettaient pas de prédire avec assurance les effets notés dans les déclarations d'incident. L'analyse suggère le besoin d'améliorer davantage la conception de ce type d'études.
On a mené une enquête sur les données disponibles dans les études d'efficacité pour les produits destinés à un traitement localisé afin de vérifier si ces études offrent invariablement des renseignements valables au sujet de la sécurité des animaux. On a conclu que l'inclusion des études d'efficacité dans les évaluations de la sécurité des animaux de compagnie aux fins de cette analyse ajoutait peu ou rien aux conclusions.
On a déterminé des limites essentielles au cours de cette analyse dont, notamment, les suivantes :
Vous trouverez une mise à jour dans le site Web de Santé Canada.
À la suite d'une évaluation, l'ARLA a demandé que les étiquettes des pesticides destinés à un traitement localisé sur les animaux de compagnie soient améliorées. Ces modifications aux étiquettes sont décrites dans la directive d'homologation DIR2010-02.