
En dépit de leur aspect redoutable et de leur mauvaise réputation, les perce-oreilles (ou forficules) sont inoffensifs pour les humains. Au contraire, ils sont souvent bénéfiques, car ils se nourrissent de matière organique en décomposition et de larves d'insectes, d'oeufs de limaces, de pucerons et d'autres ravageurs des jardins.
Les adultes mesurent 1,5 à 2 cm (½ à ¾ po) de longueur. Leurs antennes atteignent environ la moitié de cette longueur. Le corps, allongé et aplati, est recouvert d'une cuticule (exosquelette) brun rougeâtre dure et luisante et prolongé de deux fortes pinces, longues et courbes chez le mâle, plus petites et presque droites chez la femelle. Ces appendices sont utilisés durant l'accouplement ou comme moyen de défense.
Les perce-oreilles ne vivent qu'un an. Ils hibernent en couples, tout juste sous la surface du sol, souvent à proximité des fondations des habitations. Le retour du temps doux les réveille. Au printemps, les femelles déposent jusqu'à 60 œufs blanc perle de forme arrondie dans un nid aménagé dans les cinq premiers centimètres du sol. Après avoir chassé le mâle, elles surveillent les oeufs jusqu'à leur éclosion, puis s'occupent des jeunes (larves) pendant les deux premières semaines de leur existence.
Lorsqu'elles ont atteint environ 6 mm de longueur, les larves quittent le nid à la recherche de nourriture. Elles ressemblent de façon générale aux adultes, mais elles sont plus petites. Environ 20 % des femelles produisent une deuxième ponte en juin. Les larves issues de cette ponte apparaissent en juillet ou en août.
Bien qu'ils se nourrissent généralement de matière organique en décomposition, ils agrémentent leur menu de pousses tendres, de feuilles et de fleurs de plantes à fleurs et de légumes. Ils sont également carnivores et se nourrissent de larves d'insectes, d'oeufs de limaces, de pucerons et d'autres ravageurs des jardins. Ils peuvent même être cannibales à l'occasion.
Le jour, les perce-oreilles se réfugient dans des endroits frais, sombres et humides, sous les pierres, parmi les déchets de jardin, dans les pieds tubulaires des meubles de jardin, les clôtures en bois, les portes en aluminium creuses et autres fissures et crevasses. À la tombée du jour, ils quittent leur cachette pour se nourrir. En quête de nourriture ou d'un abri, les perce-oreilles rampent sur le sol, escaladent les murs, les clôtures et les arbres et commencent à s'aventurer dans les maisons à partir de juin ou de juillet. Bien que leur présence à l'intérieur des maisons soit accidentelle, leur découverte dans les aliments, les vêtements ou parfois même dans les draps n'est jamais agréable.
Le meilleur temps pour intervenir contre les perce-oreilles est au début du printemps, par temps chaud et sec, lorsque les larves sont encore jeunes. Dans les régions habitées, la lutte est plus efficace si elle est étendue au voisinage ou à la communauté entière.
Le travail du sol permet de déranger les adultes qui hibernent et de ramener les oeufs fraîchement pondus à la surface du sol, où leur survie est compromise. On peut également aménager et maintenir un périmètre sec et dénudé autour des fondations en taillant la végétation et en éliminant le paillis, les débris organiques et les autres objets susceptibles de servir de refuges aux perce-oreilles. Il faut réparer les robinets extérieurs et les descentes pluviales qui fuient et s'assurer que les drains sont orientés de manière à éloigner l'eau des fondations.
Une autre stratégie efficace consiste à éliminer les débris et la matière organique en décomposition pour rendre la pelouse et le jardin moins attrayants pour les perce-oreilles. On évitera également toute accumulation de résidus de tonte, de feuilles mortes, de mauvaises herbes ou de vieux bois, sauf à l'endroit où l'on entrepose la matière organique à des fins de compostage.
On peut également battre les perce-oreilles de vitesse en débutant le potager tôt au printemps , afin de donner aux plantes une avance confortable lorsque les jeunes larves émergeront de leur nid en juin. Il faut également éliminer immédiatement tout produit endommagé du potager , car les perce-oreilles sont attirés par les fruits ou les légumes endommagés ou blessés par d'autres insectes ou des maladies. Avant d'entrer dans la maison des fleurs ou des légumes du jardin ou du potager, il faut les inspecter minutieusement afin de s'assurer qu'aucun perce-oreille n'est caché entre les feuilles ou parmi les pétales.
Les perce-oreilles ne sont toutefois pas toujours les seuls ravageurs dans les jardins. En visitant le jardin ou le potager la nuit, équipé d'une lampe de poche, on pourra vérifier si d'autres insectes nocturnes ou des limaces sont présents.
On peut également tirer avantage de l'habitude des perce-oreilles de se cacher dans des endroits sombres et étroits en fabriquant, avec des objets simples, des pièges recréant de telles conditions. Les objets suivants font très bien l'affaire :
Pour être efficaces, ces pièges doivent être inspectés régulièrement et vidés dans un seau rempli d'eau savonneuse.
On peut également fabriquer des pièges qui attirent et tuent les perce-oreilles et les disposer près des fondations ou à d'autres endroits stratégiques sur le terrain. Voici quelques suggestions :
La lutte chimique peut s'imposer lorsque les méthodes de lutte culturale et physique ne donnent pas les résultats escomptés. De nombreux produits homologués au Canada contre les perce-oreilles sont offerts dans les centres de jardinage et les quincailleries. Les traitements devraient être réalisés en priorité autour des fondations, des allées, des clôtures, des haies et des empilements de bois et sous les arbustes et les plantes couvre-sol. La plupart des insecticides de jardin agissent uniquement par contact. En période d'infestation, les insectes ciblés peuvent également développer une résistance au produit utilisé.
Il faut disposer les appâts granulés à base de carbaryl en petits tas, en prenant soin de les couvrir d'une planche, d'un bardeau ou d'une assiette en aluminium lestée pour empêcher les enfants et les animaux domestiques d'y accéder. Ces appâts sont également plus attirants pour les perce-oreilles s'ils sont couverts. Ils devraient être placés là où des perceoreilles ont été observés.
Mise en garde : Garder les appâts hors de la portée des enfants et des animaux de compagnie. Ne pas utiliser à l'intérieur.
Note
Certaines provinces et municipalités interdisent l'utilisation de pesticides à des fins esthétiques. Pour plus de détails, consulter le service de renseignements provincial ou municipal approprié ou un centre de jardinage local. De plus amples renseignements sont également présentés dans le document Interdictions concernant l'utilisation de pesticides à des fins esthétiques et les rôles des trois paliers de gouvernement.
L'utilisation d'insecticides en poudre n'est envisageable que si les enfants et les animaux de compagnie ne peuvent entrer en contact avec les surfaces traitées. Idéalement, les traitements devraient être effectués par temps chaud et sec, en juin ou au début de juillet, alors que les larves sont encore jeunes. Les perce-oreilles étant nocturnes, il faut intervenir en soirée, de manière à ce que les résidus soient encore frais lorsque les larves entreront en activité. Il faut attendre au moins deux jours après le traitement avant d'arroser les zones traitées. Les traitements effectués plus tard en été sont moins efficaces.
La terre de diatomées peut être appliquée tant à l'intérieur qu'à l'extérieur et continue d'agir jusqu'à ce qu'elle disparaisse par lessivage. Au contact, les particules abrasives de la terre diatomée endommagent la cuticule des insectes et entraînent leur mort par déshydratation. Si un attractif est ajouté à la terre de diatomées, l'ingestion du produit provoque également des lésions du tube digestif.
Les produits à pulvériser ou en poudre à base de carbaryl peuvent être appliqués en toute sécurité sur les plantes ornementales ou les légumes infestés s'ils sont utilisés conformément au mode d'emploi figurant sur l'étiquette. On évitera toutefois d'appliquer ces produits sur les fleurs, y compris celles des plantes donnant des fruits ou des légumes, car le carbaryl est très toxique pour les abeilles. Les savons insecticides peuvent également être efficaces par contact direct, mais il pourrait être nécessaire de répéter les traitements à intervalles réguliers, selon la fréquence prescrite sur l'étiquette.
En cas d'infestation persistante dans la maison, l'utilisation d'un insecticide peut être envisagée. Il convient toutefois de rappeler que les perce-oreilles finiront par mourir d'eux-mêmes et qu'il est toujours préférable de repérer et de traiter la source de l'infestation à l'extérieur.
Pour empêcher les perce-oreilles de pénétrer dans la maison, on peut appliquer à l'aide d'un pinceau ou d'un pulvérisateur un produit contenant du propoxur autour des cadres de portes ou de fenêtres et des fondations et sur le sol adjacent (mais pas sur la végétation). À l'intérieur, on pourra pulvériser en traitement localisé une préparation résiduelle à base de propoxur ou de pyréthrines le long des plinthes, des tuyaux d'évacuation et sous le bord des tapis et des moquettes.