Les Moustiques - Feuillet de renseignements sur les organismes nuisibles
Les moustiques - À quoi ressemblent-elles ?
Les moustiques (communément appelés maringouins) mènent une existence aquatique à l'état immature et se développent en eaux stagnantes ou quasi-stagnantes. Les larves ne peuvent donc pas se développer dans les herbes hautes ou les bosquets, mais les adultes peuvent utiliser ces milieux comme aires de repos durant le jour.
Chez certaines espèces de moustiques, les oeufs sont pondus directement à la surface de l'eau, en nacelles de 100 à 400 oeufs et ils éclosent environ une journée plus tard. Chez d'autres, ils sont déposés dans des endroits qui seront inondés plus tard, comme les berges vaseuses d'un étang asséché, et ils éclosent lorsque l'eau les atteint.
Les larves de moustique ressemblent à des vers et n'ont ni pattes ni ailes. Elles s'installent à la surface de l'eau pour respirer et se nourrir en filtrant les petites particules en suspension dans l'eau, mais elles plongent au moindre danger ou pour se nourrir brièvement au fond de l'eau. La vie larvaire ne dure que quelques jours et est ponctuée de quatre mues. À la quatrième mue, les larves se transforment en nymphes. C'est à cette étape du développement que les ailes et les pattes se forment.
Les nymphes, en forme de virgule, se déplacent par saccades lorsqu'elles sont dérangées. Elles ne se nourrissent pas et demeurent normalement immobiles à la surface de l'eau, respirant à l'aide de deux tubes situés sur le dos. La vie nymphale dure environ deux jours. Les adultes se développent à l'intérieur de la nymphe et émergent en fendant la cuticule de la nymphe.
Après l'émergence, les moustiques demeurent à la surface de l'eau, le temps que leur corps s'assèche et durcisse et qu'ils soient suffisamment forts pour s'envoler à la recherche de nourriture. Le cycle vital, de l'oeuf à l'adulte, peut être bouclé en moins de 10 jours si les températures sont propices.
Les mâles se nourrissent exclusivement de nectar. Les femelles se nourrissent également de nectar, mais elles ont aussi besoin de sang pour produire des oeufs. En nature, les femelles de la plupart des espèces obtiennent leur repas sanguin d'animaux qui partagent leur habitat, et non d'humains. Certaines espèces affichent une préférence pour les oiseaux, tandis que d'autres acceptent de nombreuses espèces animales comme hôtes, y compris les humains.
Quels dommages peuvent-ils causer ?
Les moustiques sont des vecteurs reconnus de nombreux agents pathogènes, dont le virus du Nil occidental, qui suscite actuellement de vives préoccupations aux États-Unis et au Canada. Pour de plus amples renseignements sur le virus du Nil occidental, consulter
www.virusduniloccidental.gc.ca.
Comment peut-on lutter contre les moustiques ?
Élimination des gîtes larvaires potentiels.
- Les moustiques se reproduisent en eau stagnante. Il est donc important d'éliminer toutes les sources d'eau stagnante où des moustiques pourraient déposer des oeufs, même les plus petites.
- Entreposer à l'intérieur tous les objets favorisant l'accumulation d'eau stagnante (par exemple, pots à fleurs, arrosoirs, embarcations, brouettes) ou de les retourner afin d'éviter que de l'eau s'y accumule.
- Vider régulièrement les pneus servant de balançoires et, dans la mesure du possible, de les remplacer par d'autres types de balançoires.
- Munir d'un couvercle les poubelles ou les bacs de recyclage ou de compostage afin de prévenir l'accumulation d'eau.
- Percer des trous dans le fond des contenants qui ne peuvent être recouverts et entreposés à l'intérieur.
- Remplacer au moins deux fois par semaine l'eau des baignoires d'oiseaux et des récipients d'eau laissés à l'extérieur à l'intention des animaux de compagnie afin d'éviter qu'elle stagne.
- Vider au moins une fois par semaine les citernes pluviales qui ne sont pas protégées par un couvercle finement grillagé.
- Veiller à ce que l'eau de la piscine soit aérée, propre et adéquatement chlorée, même si celle-ci n'est pas utilisée.
- Éliminer toute accumulation d'eau sur la toile recouvrant la piscine.
- Remplacer l'eau des pataugeuses en plastique au moins deux fois par semaine et renverser les pataugeuses lorsqu'elles ne sont pas utilisées.
- Nettoyer régulièrement les gouttières afin de prévenir l'accumulation d'eau stagnante.
- Éliminer tout contenant ou toute petite dépression favorisant l'accumulation d'eau sous les arbustes et les plantes couvre-sol.
- Modifier l'aménagement paysager de manière à éliminer la formation de petites dépressions dans les parties basses du terrain. Durant la saison chaude, toute accumulation d'eau qui persiste durant plus de 7 à 10 jours peut constituer un gîte larvaire.
- Réparer les fuites dans les conduites d'eau, tuyaux et raccords extérieurs et remplacer les rondelles des robinets qui fuient.
Lutte contre les moustiques dans les étangs
Les oiseaux aquatiques, les grenouilles, les poissons, les libellules et de nombreuses espèces de coléoptères et de punaises d'eau consomment de grandes quantités de larves de moustiques. On peut également dissuader les moustiques femelles de venir pondre leurs oeufs dans les étangs décoratifs en y installant un système d'aération de l'eau.
La bactérie Bacillus thuringiensis var. israelensis (Bti), un agent microbien naturellement présent dans l'environnement, est également très efficace contre les larves de moustiques mais a très peu d'impact sur l'environnement et les autres insectes et animaux non ciblés. Des préparations commerciales contenant du Bti sont homologuées pour la lutte contre les larves de moustiques dans les étangs privés et les mares-réservoirs, mais il faut alors s'assurer que l'eau de ces plans d'eau ne s'écoule pas au-delà des limites de la propriété.
Protection individuelle
Durant la saison des moustiques (mai à septembre dans la plupart des régions du Canada), il faut limiter le plus possible ses activités à l'extérieur entre le coucher et le lever du soleil, période d'activité maximale des moustiques. Certaines espèces de moustiques peuvent piquer durant la journée, mais elles ne sont pas reconnues comme vectrices du virus du Nil occidental.
- Le port d'un pantalon, d'un vêtement à manches longues, de chaussures et de chaussettes est recommandé si l'on prévoit rester longtemps à l'extérieur ou sortir durant la période d'activité maximale des moustiques.
- Les vêtements amples tissés serrés sont préférables, car ils empêchent les moustiques d'atteindre la peau.
- Il faut utiliser une moustiquaire si l'on dort à l'extérieur ou dans une structure non munie de moustiquaires et pour protéger les bébés et jeunes enfants à l'extérieur.
- En cas d'utilisation d'un produit insectifuge pulvérisable à l'extérieur (par exemple, terrasse et jardin), il faut respecter rigoureusement les instructions figurant sur l'étiquette.
- Il faut réparer et remplacer au besoin les moustiquaires usées ou endommagées des portes, des fenêtres ou des orifices de ventilation et boucher ou réparer toute autre ouverture permettant aux moustiques de pénétrer à l'intérieur de la maison.
- Les moustiques qui parviennent à s'introduire dans les maisons se perchent habituellement sur les murs, sous les éviers, dans les placards ou le sous-sol. En cas d'utilisation d'un produit insectifuge pulvérisable, il faut respecter rigoureusement les instructions figurant sur l'étiquette.
- Il est fortement recommandé d'utiliser un insectifuge personnel pour vous protéger des piqûres. Pour de plus amples renseignements sur la façon d'utiliser un insectifuge personnel, consulter le site
www.virusduniloccidental.gc.ca.
- L'installation de chandelles à base de citronnelle autour des terrasses et des tables de pique-nique n'est pas très efficace contre les moustiques.
- Les électrocuteurs d'insectes ne permettent d'éliminer les moustiques ni d'en réduire significativement le nombre.
- Les dispositifs électroniques qui émettent des sons à haute fréquence n'éloignent pas les moustiques.
- Les allégations selon lesquelles certaines plantes disposées autour des galeries ou des terrasses éloignent les moustiques ne sont pas fondées scientifiquement.
- De façon générale, il n'a pas été démontré que les dispositifs conçus pour piéger et tuer les moustiques ou les insectifuges autres que ceux qui peuvent être appliqués directement sur la peau ou sur les vêtements permettent réellement de réduire les populations de moustiques et la nuisance occasionnée par ces insectes, même s'il est vrai que ces dispositifs en tuent une grande quantité.