Si vous avez besoin d'aide pour accéder aux formats de rechange, tels que PDF, MP3 et fichiers WAV, visitez la section d'aide sur les formats de rechange
Direction générale des produits de santé et des aliments
Direction des produits de santé commercialisés
Équipe de rédaction du Bulletin canadien des effets indésirables
Dans ce numéro :
Varénicline et effets indésirables psychiatriques graves
Effet indésirable grave et incident médicamenteux
Déclarations d'effets indésirables - 2007
Sommaire des avis
Portée
Ce bulletin trimestriel prévient les professionnels de la santé des signaux potentiels qu'a pu révéler l'étude des notifications présentées à Santé Canada. Il s'agit d'un moyen utile pour diffuser de l'information sur les effets indésirables soupçonnés chez l'humain de certains produits de santé, avant d'entreprendre des évaluations intégrées des risques et des avantages et de prendre des décisions réglementaires. L'évaluation continue des profils d'innocuité des produits de santé dépend de la qualité de vos déclarations.
Pour signaler des effets indésirables
Programme Canada Vigilance
Téléphone : 866-234-2345
Télécopieur : 866-678-6789
Cliquer ici pour obtenir le formulaire de déclaration des effets indésirables.
Avertissement : On ne peut que soupçonner la plupart des effets indésirables (EI) des produits de santé à l'égard desquels on ne peut établir de lien prouvé de cause à effet. Les notifications spontanées d'EI ne peuvent servir pour déterminer l'incidence des EI, étant donné que les EI ne sont pas suffisamment signalés et l'étendue d'exposition des patients est inconnue.
Certains de ces hyperliens donnent accès à des sites d'un organisme qui n'est pas assujetti à la
Loi sur les langues officielle. L'information qui s'y trouve est donc dans la langue du site.
Le tartrate de varénicline (Champix), commercialisé au Canada depuis avril 2007, est indiqué dans le traitement de la désaccoutumance au tabac chez les adultes, en association avec un programme de soutien antitabagique1. L'efficacité de la varénicline dans l'abandon du tabac serait le résultat de l'activité agoniste partielle du médicament au niveau des récepteurs nicotiniques a4ß2 de l'acétylcholine. En se fixant à ces récepteurs, la varénicline produit 2 résultats2. D'abord, elle active la libération de dopamine et crée des effets de renforcement semblables à ceux de la nicotine, mais avec une activité moindre parce qu'elle se fixe partiellement au récepteur2. Deuxièmement, elle agit comme antagoniste physique en se fixant au récepteur de la nicotine et en bloquant les effets de la nicotine ou d'un agent de remplacement nicotinique2.
L'abandon du tabac, avec ou sans traitement, est associé à divers symptômes comme l'humeur dépressive, l'insomnie, l'irritabilité, la frustration ou la colère, et l'anxiété1. Du 1er avril au 23 novembre 2007, Santé Canada a reçu 107 notifications d'effets indésirables (EI) soupçonnés d'être associés à la varénicline. De ces déclarations, 46 décrivaient des EI psychiatriques, dont 14 cas d'agression, de dépression ou d'idées suicidaires (tableau 1). Les autres cas de troubles psychiatriques comprenaient des EI tels que l'amnésie, les rêves anormaux, l'anxiété, l'insomnie, l'anomalie de la pensée et la somnolence.
On ne connaît pas les conséquences de l'emploi d'un produit d'abandon du tabac exerçant une action agoniste partielle sur les récepteurs nicotiniques chez les patients atteints d'une maladie psychiatrique sous-jacente1. La prudence est donc recommandée chez ces patients1. Deux rapports de cas ont décrit récemment l'exacerbation de la schizophrénie chez un patient3 et un épisode de manie chez un patient atteint d'un trouble bipolaire qui prenait de la varénicline4.
La monographie canadienne de la varénicline a récemment été révisée afin d'indiquer que l'on a signalé après la commercialisation des cas d'humeur dépressive, d'agitation, de changement de comportement, d'idées suicidaires et de suicide1. La monographie du produit indique que les patients n'avaient pas tous une maladie psychiatrique préalable connue et n'avaient pas tous complètement cessé de fumer1. En novembre 2007 et en février 2008, la Food and Drug Administration des États-Unis a diffusé des avis de sécurité au sujet d'EI psychiatriques chez des patients qui prenaient de la varénicline5,6. Santé Canada continue de surveiller les EI soupçonnés d'être associés à la varénicline. Tout nouveau renseignement d'innocuité découlant des résultats d'analyse sera diffusé au moyen de l'avis électronique MedEffet.
Maria Longo, BScPharm; Tanja Kalajdzic, MSc; Marielle McMorran, BSc, BSc(Pharm), Santé Canada
| Tableau 1 : Résumé des déclarations de cas d'agression, de dépression et de tendance suicidaire soupçonnés d'être associés à la varénicline, signalées à Santé Canada du 1er avril 2007 au 23 novembre 2007* | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Note : ND = non disponible. * On ne peut utiliser ces données pour déterminer l'incidence des effets indésirables (EI) étant donné que les EI font l'objet de notifications insuffisantes et qu'on n'a tenu compte ni de l'exposition des patients ni de la durée de commercialisation du médicament. † Selon la terminologie du Dictionnaire des effets indésirables de l'Organisation mondiale de la Santé (WHOART). ‡ Estimé à compter du début du traitement. § Au moment de la déclaration, la patiente prenait toujours de la varénicline et n'était pas encore rétablie. ¶ La dépression a fait son apparition après que la patiente ait cessé de prendre le médicament. ** On a signalé des antécédents familiaux de dépression. |
Références
Une femme de 67 ans ayant des antécédents de cancer du sein métastatique contrôlé a eu une cardiomyopathie, causée par la chimiothérapie, qui a provoqué une fibrillation auriculaire persistante et des symptômes d'insuffisance cardiaque congestive. La patiente prenait du losartan, du métoprolol, de la warfarine et du clodronate. La dose de métoprolol a été augmentée et un diurétique a été ajouté au traitement. Le cardiologue de la patiente lui a ensuite donné un échantillon de diltiazem à libération prolongée (Tiazac) et lui a demandé de revenir pour un suivi.
La patiente a pris sa première dose de diltiazem le lendemain matin et a ressenti des étourdissements et des nausées dans l'après-midi. Elle a été transportée à l'hôpital par ambulance. L'urgentologue ne savait pas que la patiente avait reçu une dose de diltiazem parce que le médicament avait été remis dans un emballage d'échantillon et que le dossier de la patiente dans l'aire de traitement ne contenait pas le rapport des ambulanciers. Les tentatives pour recueillir d'autres renseignements à partir des dossiers de santé électroniques n'indiquaient pas que le cancer de la patiente était contrôlé. Les dossiers électroniques n'incluaient pas de renseignements concernant l'échantillon de diltiazem car ils ne sont pas conçus pour saisir ce type d'information. Les investigations n'ayant pas révélé la cause de l'apparition rapide du ralentissement cardiaque, la patiente a été diagnostiquée avec un choc cardiogénique attribuable à un faible fonctionnement du coeur. Étant donné l'état de santé général de la patiente, et comme il n'y avait pas de cause connue de détérioration rapide de la fonction cardiaque, on a décidé de cesser le traitement médical et la patiente est décédée.
L'administration concomitante de diltiazem et des bêta-bloquants adrénergiques nécessite de la prudence et une surveillance attentive1. Une telle combinaison peut avoir un effet additif sur la fréquence cardiaque, la conduction atrioventriculaire ou la tension artérielle1. Dans ce cas, les professionnels de la santé qui ont traité la patiente n'avaient pas tous les renseignements pertinents concernant les médicaments qu'elle prenait pour leur permettre de diagnostiquer un effet indésirable connu à la suite d'une interaction entre un antagoniste des canaux calciques, le diltiazem1, et un bêta-bloquant, le métroprolol. Dans un article récent concernant la sécurité des patients, l'Organisation mondiale de la Santé2 met en évidence 2 domaines critiques pertinents à ce cas où le potentiel d'erreurs médicamenteuses existe : lacunes de communication au cours du transfert d'un patient et listes incomplètes de médicaments au moment de la transition. Les professionnels de la santé sont encouragés à signaler à Santé Canada tout effet indésirable soupçonné d'être associé à des incidents médicamenteux.
Marielle McMorran, BSc, BSc(Pharm), Santé Canada
Références
En 2007, Santé Canada a reçu des déclarations portant sur 12 294 nouveaux cas canadiens d'effets indésirables (EI) soupçonnés d'être associés à des produits de santé (produits pharmaceutiques, produits biologiques [p. ex., dérivés plasmatiques ainsi que les vaccins thérapeutiques et diagnostiques], produits de santé naturels et produits radiopharmaceutiques) provenant de 17 608 déclarations. La déclaration initiale et tous les renseignements reçus par la suite sous forme de suivi sont regroupés et considérés comme étant un même cas. La plupart des cas canadiens ont été signalés par des professionnels de la santé, soit directement à Santé Canada, soit indirectement par l'intermédiaire d'une autre source (tableau 1). Le tableau 2 présente une analyse plus détaillée du nombre total de cas selon le type de déclarant (initiateur). Au Canada, les détenteurs d'une autorisation de mise sur le marché (DAMM) de produits de santé sont tenus de soumettre à Santé Canada toutes les déclarations canadiennes d'EI graves dans les 15 jours suivant leur réception. Les DAMM sont aussi tenus d'envoyer dans les 15 jours toutes les déclarations d'EI graves et imprévus provenant de l'étranger (EI de l'étranger) dans le cas des produits qu'ils vendent au Canada ainsi qu'à l'étranger. Parmi les cas canadiens d'EI reçus, 8133 (66,2 %) ont été considérés graves*
La déclaration canadienne d'EI augmente régulièrement depuis plusieurs années et l'on a enregistré 1776 (16,9%) cas de plus en 2007 comparé à 2006 (Figure 1).
Santé Canada a aussi reçu 258 892 déclarations d'EI de l'étranger en 2007, ce qui représente une augmentation de 2,5 % par rapport à 2006 (Figure 2). En ce moment, les déclarations de l'étranger ne sont pas incluses dans la base de données sur les EI canadiens.
Santé Canada remercie toutes les personnes qui ont contribué au programme Canada Vigilance et encourage l'appui continu de la surveillance post-commercialisation par la déclaration des EI. Pour signaler un EI :
On peut aussi déclarer des EI en composant le numéro sans frais 866 234-2345. Les appels seront acheminés automatiquement au bureau régional de Canada Vigilance approprié. Les incidents portant sur les appareils médicaux ne sont pas recueillis par le programme Canada Vigilance et devraient être signalés sans frais en composant le numéro d'urgence de l'Inspectorat (800 267-9675).
Jennifer Lo, BSc, BA, Santé Canada
* La Loi et le Règlement sur les aliments et drogues définissent un EI grave comme « une réaction nocive et non intentionnelle à une drogue qui est provoquée par toute dose de celle-ci et qui nécessite ou prolonge l'hospitalisation, entraîne une malformation congénitale ou une invalidité ou incapacité persistante ou importante, met la vie en danger ou entraîne la mort ». Un EI grave et imprévu se définit comme une « réaction indésirable grave à une drogue dont la nature, la gravité ou la fréquence n'est pas indiquée dans les mentions de risque figurant sur l'étiquette de la drogue ».
| Tableau 1 : Source des cas* canadiens d'effets indésirables (EI) reçus par Santé Canada en 2006 et 2007 | ||||
| Source | Nbre (%) de cas reçus | |||
| 2006 | 2007 | |||
| Fabricant | 6 937 | (66.0) | 7 573 | (61,6) |
| Bureau régional de Canada Vigilance | 3 370 | (32,0) | 4 507 | (36,7) |
| Autres† | 211 | (2,0) | 214 | (1,7) |
| Total | 10 518 | (100,0) | 12 294 | (100,0) |
* Cas découlant du regroupement des déclarations initiales, de suivi et reçues en double.
† Comprend notamment les associations professionnelles, centres d'hébergement et de soins de longue durée, hôpitaux, médecins, pharmaciens, inspecteurs régionaux de Santé Canada, coroners, dentistes et patients.
| Tableau 2 : Nombre de cas* canadiens d'EI selon le déclarant (initiateur) en 2006 et 2007 | ||||
| Déclarant | Nbre (%) de cas | |||
| 2006 | 2007 | |||
| Médecin | 3 077 | (29,2) | 3 903 | (31,8) |
| Pharmacien | 2 396 | (22,8) | 2 201 | (17,9) |
| Personnel infirmier | 806 | (7,7) | 872 | (7,1) |
| Professionnel de la santé† | 1 281 | (12,2) | 1 488 | (12,1) |
| Consommateur ou patient | 2 544 | (24,2) | 3 592 | (29,2) |
| Autre | 414 | (3,9) | 238 | (1,9) |
| Total | 10 518 | (100,0) | 12 294 | (100,0) |
* Cas découlant du regroupement des déclarations initiales, de suivi et reçues en double.
† Type non précisé dans la déclaration.
Figure 1 : Nombre de déclarations et de cas canadiens d'effets indésirables (EI) reçus par Santé Canada de 2001 à 2007. (Les déclarations comprennent les déclarations de suivi, reçues en double et impossibles à saisir. Les cas découlent du regroupement des déclarations initiales, de suivi et reçues en double.)
Figure 2 : Nombre de déclarations d'EI de l'étranger reçues par Santé Canada de 2001 à 2007. (Les déclarations comprennent les déclarations de suivi, reçues en double et impossibles à saisir.)
| Sommaire trimestriel des avis à l'intention des professionnels de la santé et des consommateurs (affichés sur le site Web de Santé Canada du 11 novembre 2007 au 14 février 2008) |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Abonnez-vous à l'avis électronique MedEffet de Santé Canada pour recevoir gratuitement par courriel le Bulletin et les Avis au sujet des produits de santé. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Direction des produits de santé commercialisés
Localisateur 0701C
Ottawa (Ontario) K1A 0K9
Téléphone 613-954-6522
Télécopieur 613-952-7738
Équipe de rédaction
Ann Sztuke-Fournier, BPharm (Rédactrice en chef)
Ilhemme Djelouah, BScPhm, DIS, AFSA, Biologie Médicale (Université de Paris V)
Gilbert Roy, BPharm
Jared Cousins, BSP
Michel Trottier, BScPhm, RPEBC, RPh
Christianne Scott, BPharm, MBA
Pour signaler des effets indésirables
Programme Canada Vigilance
Téléphone : 866-234-2345
Télécopieur : 866-678-6789
Des suggestions?
Vos commentaires sont importants pour nous. Dites-nous ce que vous pensez.
Droit d'auteur
© Sa Majesté la Reine du Chef du Canada, 2008. Cette publication peut être reproduite sans autorisation à condition d'en indiquer la source en entier. Il est interdit de l'utiliser à des fins publicitaires. Santé Canada n'accepte pas la responsabilité de l'exactitude ou de l'authenticité des renseignements fournis dans les notifications.
ISSN 1499-9463, Cat no H42-4/1-18-2F
Affranchissement au tarif postal américain des périodiques payé à Champlain (NY) et ailleurs.
Also available in English.
Avertissement: On ne peut que soupçonner la plupart des effets indésirables (EI) des produits de santé à l'égard desquels on ne peut établir de lien prouvé de cause à effet. Les notifications spontanées d'EI ne peuvent servir pour déterminer l'incidence des EI, étant donné que les EI ne sont pas suffisamment signalés et l'étendue d'exposition des patients est inconnue.