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Médicaments et produits de santé

Résumé de l'examen de l'innocuité - Méfloquine - Évaluation du risque potentiel d'événements indésirables rares, de longue durée et permanents liés au cerveau et au système nerveux (neurologiques) et à la santé mentale (psychiatriques)

Le 1er juin 2017

Produit

Méfloquine

Problème d'innocuité potentiel

Événements indésirables rares, de longue durée et permanents liés au cerveau et au système nerveux (neurologiques) et à la santé mentale (psychiatriques)

Messages clés

  • La méfloquine est un médicament sur ordonnance, dont la vente est autorisée au Canada pour prévenir et traiter le paludisme (malaria), une maladie infectieuse grave qui est transmise par les moustiques dans certaines régions du monde.
  • En raison de préoccupations continues, Santé Canada a passé en revue les données probantes disponibles sur le risque d'événements indésirables neurologiques et psychiatriques de longue durée et permanents, liés à l'utilisation de la méfloquine.
  • L'examen de l'innocuité, réalisé par Santé Canada a trouvé peu de preuves indiquant que des événements indésirables neurologiques et psychiatriques de longue durée et permanents seraient causés par l'utilisation de la méfloquine. L'examen a aussi conclu que les renseignements sur le produit actuels de la méfloquine décrivent déjà la possibilité d'événements indésirables neurologiques et psychiatriques de longue durée, ce qui est conforme aux conclusions de l'examen. Toutefois, le risque de lésions vestibulaires, qui rarement deviennent permanentes, pourrait être plus clairement expliqué dans la section Renseignements pour les patients sur les médicaments.
  • Santé Canada travaillera avec le fabricant afin de mettre à jour la section Renseignements pour les patients sur les médicaments des renseignements sur le produit de la méfloquine, afin de mieux refléter les conclusions de l'examen de l'innocuité. L'examen a également révélé que certaines personnes avaient reçu une prescription de méfloquine, même si elles présentaient ou avaient présenté un trouble neurologique ou psychiatrique, raisons parmi lesquelles la méfloquine ne doit pas être utilisée (contre-indications). Par conséquent, pour aider les professionnels de la santé à décider s'ils doivent prescrire ou non de la méfloquine à un patient, une liste de vérification sera établie.

Enjeu

Santé Canada a examiné le risque potentiel d'événements indésirables neurologiques et psychiatrique rares, de longue durée et permanents, résultant de l'utilisation de la méfloquine en raison de préoccupations constantes au Canada et à l'étranger. Au Canada, les renseignements sur le produit actuels de la méfloquine mettent en garde contre des événements indésirables neuropsychiatriques, notamment la dépression, l'acouphène (bruit ou bourdonnement persistant dans les oreilles), les étourdissements ou le vertige (sensation de mouvement de soi-même ou de l'espace environnant). Ces événements indésirables peuvent durer des mois ou des années après l'arrêt du traitement. Les patients devraient consulter un professionnel de la santé si ces événements indésirables surviennent, afin qu'ils puissent recevoir un autre médicament pour prévenir le paludisme. La méfloquine ne devrait pas être prescrite aux patients qui présentent ou qui ont déjà présenté des troubles psychiatriques sérieux.

L'examen de l'innocuité portait sur toutes les données probantes disponibles à ce jour, pour déterminer s'il existait un lien possible entre l'utilisation de la méfloquine (pour la prévention du paludisme) et des événements indésirables neurologiques et psychiatriques rares, de longue durée ou permanents, de même que la fréquence à laquelle ces événements indésirables se produisent et leur gravité. L'examen visait également à déterminer les facteurs qui exposeraient certains groupes de personnes à un risque accru, et à trouver des moyens de gérer ce risque. Dans le cadre de cet examen, on entend par événement indésirable « de longue durée » tout événement qui dure au moins 90 jours après l'arrêt de l'utilisation de la méfloquine.

Utilisation au Canada

  • La méfloquine est un médicament sur ordonnance, dont la vente est autorisée au Canada pour prévenir et traiter le paludisme. Elle figure au nombre restreint des options de médicaments pour la prévention du paludisme.
  • La méfloquine est commercialisée au Canada depuis 1993 sous le nom de marque Lariam, mais seule une version générique est disponible actuellement. La méfloquine est vendue sous forme de comprimés.
  • L'utilisation de la méfloquine est en baisse au Canada. Selon les données disponibles, le nombre d'ordonnances exécutées (nouvelles et renouvellements) par l'entremise des pharmacies de détail était d'environ 60 000 en 2000 et d'environ 31 000 en 2016.

Constatations à l'issue de l'examen de l'innocuité

  • Depuis la date de mise en marché de la méfloquine au Canada en 1993 jusqu'au 30 septembre 2016, Santé Canada a reçu 27 déclarations de cas canadiensNote de bas de page 1 d'événements indésirables répondant aux critères de classification établis, soit des événements de longue durée ou potentiellement de longue durée. Il y avait 17 déclarations d'événements indésirables de longue durée liés à l'utilisation de la méfloquine (durée de 90 jours et plus) et 10 déclarations d'événements potentiellement de longue durée (durée de 30 à 90 jours, et au moment du rapport, le patient ne se serait pas encore rétabli). De plus, 37 déclarations à l'étranger (provenant de bases de données et de documentation publiée) d'événements indésirables d'une durée de 90 jours et plus, dont 5 déclarations de lésions permanentes du système vestibulaire, ont été identifiées pour faire l'objet d'un examen plus approfondi.
  • Dans la grande majorité des déclarations (61 sur 64), il y aurait un lien possible entre l'utilisation de la méfloquine et les événements indésirables de longue durée ou permanents. Toutefois, les renseignements fournis dans les déclarations n'étaient pas suffisants pour conclure que l'utilisation de la méfloquine était responsable des événements indésirables signalés.
  • Lorsqu'on tient compte des renseignements sur les ordonnances et du nombre de déclarations jugées possibles entre 2000 et 2016, il y avait environ 1,5 déclaration d'événements indésirables neurologiques ou psychiatriques de longue durée pour 100 000 ordonnances exécutées au Canada.
  • L'examen a également révélé que certains patients ont reçu une prescription de méfloquine, même s'ils présentaient ou avaient présenté un trouble neurologique ou psychiatrique, raisons parmi lesquelles la méfloquine ne doit pas être utilisée (contre-indications).
  • Aucun autre facteur qui exposerait certaines personnes ou certains groupes de personnes à un risque accru de subir ces événements indésirables de longue durée n'a été constaté.
  • L'examen de la littérature n'a pas permis d'identifier un processus clair (mécanisme biologique) pour expliquer comment la méfloquine pourrait causer des événements indésirables neurologiques et psychiatriques rares, de longue durée ou permanents.
  • Les études publiées, menées sur des cellules et des animaux, ont fourni peu d'éléments de preuve étayant la nature permanente des événements indésirables neurologiques associés à la méfloquine. Un petit nombre d'études réalisées chez les humains, dont la plupart reposent sur des enquêtes menées auprès de patients qui avaient pris de la méfloquine, semble indiquer que les événements indésirables psychiatriques pourraient être de longue durée.
  • Les renseignements sur le produit actuels de la méfloquine décrivent la possibilité d'événements indésirables neurologiques et psychiatriques de longue durée, ce qui est conforme aux conclusions de l'examen. Toutefois, le risque de lésions vestibulaires devenant rarement permanentes pourrait être plus clairement expliqué dans la section Renseignements pour les patients sur les médicaments.

Conclusions et mesures à prendre

  • L'examen de l'innocuité réalisé par Santé Canada a trouvé peu de preuves indiquant que des événements indésirables neurologiques et psychiatriques de longue durée et permanents seraient causés par l'utilisation de la méfloquine. L'examen a également permis de constater que certaines personnes avaient reçu une prescription de méfloquine même si elles présentaient ou avaient présenté une affection neurologique ou psychiatrique, raisons parmi lesquelles la méfloquine ne doit pas être utilisée.
  • Santé Canada travaillera avec le fabricant afin de mettre à jour la section Renseignements pour les patients sur les médicaments des renseignements sur le produit de la méfloquine afin de mieux refléter les conclusions de l'examen de l'innocuité. Un avis sera diffusé dans le bulletin InfoVigilance sur les produits de santé, pour informer les professionnels de la santé et le public une fois les mises à jour terminées.
  • De plus, une liste de vérification sera établie pour aider les professionnels de la santé à décider s'ils doivent prescrire ou non de la méfloquine à un patient.
  • Santé Canada continuera de surveiller les renseignements sur l'innocuité concernant la méfloquine, comme il le fait à l'égard de tous les produits de santé sur le marché canadien, afin de cerner et d'évaluer les dangers possibles. Santé Canada prendra les mesures qui s'imposent, en temps opportun, si de nouveaux renseignements en matière de risques pour la santé sont portés à son attention.

Renseignements supplémentaires

Les données analysées aux fins de cet examen de l'innocuité proviennent de documents scientifiques et médicaux, des déclarations de réactions indésirables faites au Canada et ailleurs dans le monde et des connaissances acquises au sujet de l'utilisation de ce médicament tant au Canada qu'à l'étranger. Pour d'autres renseignements, veuillez communiquer avec la Direction des produits de santé commercialisés.

Santé Canada est au courant que le ministère de la Défense nationale a terminé son propre examen de la méfloquine pour aider à protéger la santé et la sécurité des membres de nos Forces armées canadiennes. L'examen de Santé Canada était axé sur le risque d'événements indésirables neurologiques et psychiatriques de longue durée associés à la méfloquine dans toutes les populations. L'examen du ministère de la Défense nationale a surtout porté sur les options de traitement pour prévenir le paludisme (y compris la méfloquine) et les répercussions sur la capacité d'exécuter des tâches professionnelles. Même si la portée de ces deux examens est différente, Santé Canada a tenu compte des constatations du ministère de la Défense nationale avant de finaliser son examen. Veuillez communiquer avec le ministère de la Défense nationale pour obtenir des renseignements sur ses conclusions.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Les déclarations de cas canadiens peuvent être consultées dans la Base de données en ligne des effets indésirables de Canada Vigilance.

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