Stratégie Internationale de Programme des produits thérapeutiques
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Table des matières
1.0 Programme des produits thérapeutiques (PPT)
2.0 Tendances clés façonnant l'environnement international actuel
3.0 Qu'est-ce que tout cela signifie pour le PPT
4.0 Une stratégie internationale pour le PPT
5.0 Priorités internationales actuelles pour le PPT
5.1 Activités d'harmonisation internationale
5.1.1 Médicaments
5.1.2 Matériels médicaux
5.2 Initiatives en matière d'accords de reconnaissance mutuelle
5.2.1 Qu'est-ce qu'un ARM
5.2.2 Quels sont les avantages d'un ARM
5.3 Approche en matière d'ARM pour le PPT
5.3.1 Principes
5.3.2 Paramètres
Annexes
Annexe I ARM Canada-Communauté européenne (CE)
Annexe II ARM Canada-Suisse
Annexe III ARM Canada-Association européenne de libre-échange (AELE)
Annexe IV ARM Canada-Japon
Annexe V Protocole de reconnaissance mutuelle (ARM)
ARM Canada-Australie-Nouvelle-Zélande
Annexe VI Protocole d'entente (PE)
Canada-Chine . Canada-Russie
Annexe VII Initiatives collectives
Médicament . Matériels médicaux
Annexe VIII Stratégie antidrogue internationale
1.0 Mission et objectifs stratégiques du programme des produits
thérapeutiques (PPT)
- Le PPT a pour rôle primordial de faire en sorte que :
- les Canadiens aient accès, en temps opportun, à des produits thérapeutiques sûrs,
efficaces et de haute qualité et qu'ils ne soient jamais exposés à un risque associé à
l'utilisation de produits thérapeutiques;
- que le système de réglementation des produits thérapeutiques au Canada soit
innovateur, élaboré avec la pleine participation des intervenants et des consommateurs,
favorise l'introduction de produits thérapeutiques sûrs et efficaces sur le
marché canadien, et favorise la compétitivité de l'industrie canadienne sur le marché
mondial.
- Grâce au Programme des produits thérapeutiques (PPT), les Canadiens sont assurés du
fait que les produits thérapeutiques satisfont aux normes de qualité et d'innocuité les
plus élevées avant d'être introduits sur le marché canadien. Ces normes respectent ou
dépassent les normes appliquées par les grands partenaires commerciaux internationaux du
Canada.
- En jouant bien son rôle, le PPT réalisera sa vision voulant qu'il soit reconnu comme
étant :
- un organisme de réglementation rigoureux et efficace, tout en gérant les avantages
et les risques que comportent les produits destinés à un usage thérapeutique au Canada;
- un leader national et international dans le domaine de la réglementation des
produits thérapeutiques.
- Même si les objectifs en matière de réglementation du PPT n'ont pas changé avec les
années, les façons mises en oeuvre pour les atteindre doivent tenir compte des faits
nouveaux de l'environnement international actuel.
2.0 Tendances clés façonnant l'environnement international actuel
- Les organismes de réglementation de par le monde doivent évoluer
dans un environnement complexe, tout en reconnaissant que l'industrie
de la santé est devenue l'un des moteurs de la nouvelle économie, dominée
par de puissantes et influentes mutinationales.
- La création de blocs économiques amène l'industrie à exercer des
pressions accrues sur les organismes de réglementation pour qu'ils
adoptent des règlements harmonisés,
y compris une approche de réglementation à « guichet
unique ». L'industrie souhaiterait présenter des dossiers
à un seul organisme de réglementation pour obtenir l'autorisation
de commercialiser ses produits dans une zone économique internationale
(p. ex., l'approche de la Communauté européenne).
- En période de limites financières, les organismes de réglementation
sont obligés d'établir, en collaboration plus étroite, des approches
innovatrices et plus efficaces en matière de réglementation, tout en
maintenant des normes de qualité et d'innocuité élevées.
- Dans un environnement où le changement est la norme, de nouvelles
technologies voient rapidement le jour et deviennent de plus en plus
complexes en traitant, par exemple, de plus d'un domaine technologique
(p. ex., la biotechnologie). L'une des conséquences de cette évolution
rapide est le défi que doit relever la « science occidentale » et sa
capacité de fournir un cadre pour la gestion des risques associés aux
produits thérapeutiques nouveaux.
- Les activités et les forums internationaux revêtent une importance
nouvelle et ont contraint les responsables de la réglementation à adopter
une approche plus uniforme et plus stratégique en matière de participation
internationale.
- La collaboration en matière de réglementation signifie maintenant
qu'il faut aller au-delà de l'échange d'information et de personnel
et se diriger vers le partage des idées, l'élaboration et la mise en
oeuvre de solutions concertées et mondiales et l'établissement de mécanismes
de coopération comme les accords de reconnaissance mutuelle (ARM) et
les protocoles d'entente (PE).
3.0 Qu'est-ce que tout cela signifie pour le PPT
- En réponse au contexte global de mondialisation des économies et
des réseaux d'information, sans oublier les pressions qu'exerce l'industrie
pour éliminer le double emploi dans la réglementation, le PPT doit participer
activement aux initiatives d'harmonisation comme l'établissement de
normes et de lignes directrices internationales visant à assurer que
les normes d'innocuité et de qualité élevées présentement appliquées
au Canada sont maintenues ou améliorées, tout en exerçant une influence
sur ces initiatives.
- Le contexte actuel de la compétitivité internationale contraint le
PPT à veiller à ce que son système de réglementation national soit compétitif,
rigoureux, opportun et soutenu par un haut niveau d'expertise et un
niveau approprié de ressources. En outre, le PPT doit faire en sorte
qu'il soit reconnu à l'échelle internationale (par les organismes de
réglementation frères, l'industrie et les consommateurs) comme un organisme
de réglementation efficient et compétent.
- Puisque les consommateurs et le grand public ont plus aisément accès
à la publicité et à l'information de promotion de l'étranger, le PPT
est contraint à élaborer une approche de réglementation qui cadre avec
les tendances internationales de la réglementation et de la disponibilité
des produits ou, encore, à être plus en mesure de communiquer pourquoi
il existe des différences.
- La diversification croissante des sources canadiennes d'importations
est telle que le PPT doit établir des partenariats avec les organismes
de réglementation situés dans des marchés non traditionnels.
- L'écart croissant entre la charge de travail liée à la réglementation
et la disponibilité des ressources au PPT force celui-ci à trouver des
façons d'exercer un effet de levier sur ses ressources et à adopter
une approche stratégique en ce qui concerne sa participation sur la
scène internationale.
- Puisque tant le nombre de réunions que les contributions que doit
apporter le PPT aux forums internationaux ont augmenté de façon considérable,
le PPT doit assurer une participation énergique et suivie aux forums
internationaux pertinents.
- Le PPT doit s'efforcer de prévoir un cadre de réglementation qui
assure la plus grande marge de manoeuvre possible de sorte à répondre
aux besoins d'une population qui exige un accès plus rapide aux produits,
des renseignements objectifs sur les produits et la liberté de choix
dans un environnement à risques minimes.
- Le PPT doit appuyer la philosophie de la réglementation à responsabilités
partagées et songer à la possibilité de former des partenariats avec
les organismes frères en tant qu'approche clé visant à réaliser les
objectifs stratégiques du Progamme et à composer avec un niveau inférieur
de ressources.
4.0 Une stratégie internationale pour le PPT
- Dans un contexte de mondialisation et d'harmonisation où les questions
et les solutions n'évoluent plus en vase clos, une forte participation
à l'échelle internationale est une condition indispensable si l'on veut
assurer :
- que le PPT saisit l'occasion d'avoir recours à une participation
active et stratégique à l'échelle internationale tant pour améliorer
son cadre de réglementation national que pour influer sur l'établissement
de normes d'innocuité et de qualité élevées pour les produits thérapeutiques
sur la scène internationale;
- que les normes et les lignes directrices établies à l'échelle
internationale reflètent le haut niveau de qualité et d'innocuité
présentement appliqué aux produits thérapeutiques au Canada;
- que le PPT surveille l'incidence des décisions prises à l'échelle
internationale en matière de réglementation sur ses activités quotidiennes.
- Dans un contexte où la coopération internationale en matière de réglementation
revêt une importance nouvelle et où le nombre de réunions et de forums
a augmenté considérablement, il importe que le PPT gère efficacement
son dossier international de sorte à assurer :
- sorte à assurer :
- que des choix optimaux sont faits concernant les activités internationales
du PPT;
- que la participation du PPT sur la scène internationale est judicieuse
et stratégique;
- que la participation du PPT sur la scène internationale est rentable;
- que la participation du PPT sur la scène internationale vient alimenter
son système de réglementation national.
- Voilà donc les raisons pour lesquelles le PPT met en oeuvre une approche
internationale qui évolue sur deux fronts
- la scène internationale;
- les opérations internes.
- Voici les principaux objectifs de l'approche internationale du PPT
:
- positionner le PPT en tant qu'intervenant clé influent sur la
scène internationale;
- renforcer le rôle et la pertinence du PPT dans une perspective
mondiale;
- permettre la participation aux processus décisionnels qui façonnent
l'avenir des cadres de réglementation des produits thérapeutiques;
- intégrer la gestion de son dossier.C Pour ce faire, le PPT axe
son approche internationale sur les orientations stratégiques
suivantes :
Orientations stratégiques a) sur la scène internationale
Produits positionnement international
Faire fonction d'intervenant influent sur la scène internationale
- Une présence soutenue aux forums internationaux clés (p. ex., CIH,
GTH, CQP, OMS, OICS, PNUCID)
- L'établissement de normes et de lignes directrices internationales
qui assurent le maintien ou l'amélioration du haut niveau d'innocuité
et de qualité présentement appliqué au Canada.
- La détermination des secteurs et des questions où le PPT devrait proposer
ou promouvoir des solutions et des approches internationales
- La prestation d'assistance et de formation techniques aux organismes
de réglementation « stratégiques »
- Une série de mécanismes de contrôle internationaux pour les stupéfiants,
les substances psychotropes et les précurseurs chimiques qui soient
acceptables pour le Canada
Établir un créneau et un rôle pour le PPT sur la
scène internationale
- Une évaluation des atouts du PPT et la promotion de ceux-ci à l'échelle
internationale
- Le soutien de l'expertise dans certains secteurs choisis
- La reconnaissance du mandat du PPT en ce qui concerne la gestion des
substances contrôlées
Décider quant faire fonction de leader et quand faire fonction
de partenaire
- Les questions à dimension internationale où le PPT peut jouer un rôle
de chef de file et où son expertise et ses moyens peuvent mener à l'élaboration
d'une résolution internationale
- Les partenariats avec les organismes de réglementation frères et organismes
connexes (p. ex., les PE)
- Certaines activités choisies avec les organismes de réglementation
frères
- Une synergie internationale grâce au partage d'information, de personnel
et de la charge de travail, et la conception de solutions dans le cadre
de partenariats
- La détermination de mécanismes et de liens horizontaux internationaux
pertinents
- La détermination des secteurs et questions clés où une approche horizontale
constitue une condition indispensable
Respecter les obligations internationales
- La conformité aux exigences des 3 conventions des N.-U. sur les substances
contrôlées et aux plans d'action à l'appui (adoptées en juin 1998)
- La conformité aux exigences des accords internationaux clés (p. ex.,
OMC, ALÉNA, Convention sur la biodiversité)
Établir une stratégie de communication à l'échelle
internationale
- La communication des meilleures pratiques, activités et réussites
à la communauté internationale (p. ex., d'autres organismes de réglementation,
l'industrie, les organisations internationales, etc.)
B) OPÉRATIONS INTERNES
Élaborer et adopter une approche horizontale pour la coordination
et la gestion du dossier international du PPT
EFFICACITÉ OPÉRATIONNELLE
- Un cadre commun, y compris des orientations stratégiques établissant
la structure de la participation du PPT sur la scène internationale
- Un cadre décisionnel, y compris des objectifs
- Une synergie interne grâce à l'établissement d'une structure intégrée
et coordonnée de gestion s'appliquant à l'ensemble du Programme afin
de guider les activités et la participation internationales du PPTI
- L'harmonisation de la stratégie internationale du PPT avec les autres
stratégies fédérales
Élaborer un processus pour la détermination des priorités
internationales du PPT
- Des critères d'établissement des priorités s'appliquant à l'ensemble
du Programme
- Des priorités internationales reposant sur une analyse judicieuse
et sur les objectifs stratégiques du PPT
- Les données commerciales, les tendances et autres stratégies fédérales
entrant en ligne de compte dans l'établissement des priorités internationales
du PPT
Évaluer la participation du PPT sur la scène internationale
- Des outils et des processus pour évaluer les résultats de la participation
du PPT dans certaines activités internationales choisies
Utiliser les occasions et la participation internationales pour exercer
un effet de levier sur les ressources du PPT
- La mise à profit des accords internationaux existants comme les ARM,
les accords de coopération réglementaire, et les PE
- Les ARM où les organismes de réglementation ont des programmes de
réglementation équivalents : se servir, le cas échéant, de ses organismes
comme des « agents »
Élaborer des processus et des outils de communication interne
- Communication efficace de la participation et des activités internationales
du PPT (p. ex., réussites) au sein du PPT et aux autres ministères fédéraux
et intervenants
5.0 Priorités internationales actuelles pour
le PPT
5.1 Activités d'harmonisation internationale
- Le défi que représente l'harmonisation internationale donne au PPT
l'occasion de se positionner comme intervenant actif et influent sur
la scène internationale. À ce titre, le PPT participe activement au
secteur des produits pharmaceutiques de la Conférence internationale
sur l'harmonisation (CIH) des exigences techniques pour l'enregistrement
des médicaments à usage humain et au secteur des matériels médicaux
du Groupe de travail sur l'harmonisation mondiale (GTHM).
- La CIH et le GTHM permettent au PPT de partager l'expertise technique,
de maintenir sa crédibilité à l'échelle internationale et d'assurer
que les normes et les lignes directrices établies par le truchement
de la CIH et du GTHM reflètent le haut niveau des normes d'innocuité
et de qualité présentement appliquées aux produits thérapeutiques au
Canada.
5.1.1 Médicaments
- La participation du PPT à la CIH est primordiale car cette conférence
constitue l'une des plus importantes tribunes internationales sur la
réglementation des médicaments.
- Établie en 1990, la CIH est une tribune prévue pour le dialogue entre
les organismes de réglementation et l'industrie sur les questions d'harmonisation.
Ses travaux sont axés sur la détermination des secteurs à améliorer
et sur la recommandation de façons de réaliser l'harmonisation dans
l'interprétation et l'application de lignes directrices techniques et
des exigences régissant l'examen des produits.
- La CIH a pour objet de réduire ou d'éviter les différences dans les
exigences techniques dans les pays où les nouveaux produits pharmaceutiques
ou médicaments sont élaborés dans l'éventuel but d'éliminer la nécessité
de reproduire les essais précliniques et cliniques auxquels sont assujettis
les produits. Même si l'harmonisation est le but visé, la CIH assure
que les normes élevées de qualité et d'innocuité présentement appliquées
aux médicaments et aux produits médicinaux ne sont pas compromises par
ce processus.
- Parmi les participants, il convient de mentionner l'Union européenne,
le Japon et les États-Unis, ainsi que l'industrie pharmaceutique fondée
sur la recherche de chacune de ces trois régions. Le statut d'observateur
au Comité de direction a été conféré à l'Organisation mondiale de la
santé (OMS), à l'Association européenne de libre-échange (AELE) et au
Programme des produits thérapeutiques.
- Le PPT participe aux travaux d'un certain nombre de groupes de travail
d'experts de la CIH. Ces groupes abordent des questions dans les quatre
(4) grands sujets d'harmonisation suivants :
- innocuité (toxicité préclinique et tests connexes);
- qualité (exigences relatives à la chimie et à la fabrication);
- efficacité (programmes d'essais cliniques et surveillance de l'innocuité;
- sujets multidisciplinaires (se recoupant, y compris les communications
en matière de réglementation et l'élaboration d'une terminologie
médicale normalisée).normalisée).
Depuis 1993, le PPT a adopté 16 lignes directrices de la
CIH. Dix-huit nouvelles lignes
directrices sont en voie d'élaboration et seront adoptées
d'ici quelques mois.
- Une fois qu'une norme est établie par la CIH, chaque secteur de compétence,
y compris le Canada, peut décider de l'adopter ou non. En adoptant et
en appliquant ces lignes directrices, les normes de santé et de sécurité
appliquées par le PPT à l'égard des produits seront pour le moins maintenues
mais fort probablement améliorées.
5.1.2 Matériels médicaux
- Le PPT est un membre fondateur du Groupe de travail sur l'harmonisation
mondiale (GTHM) et participe activement à ses travaux.
- Le GTHM a été créé en 1993 dans le but d'encourager la convergence
internationale des systèmes de réglementation des matériels médicaux
de sorte à faciliter le commerce mondial tout en préservant le droit
des membres participants d'aborder la protection de la santé publique
par le truchement des moyens jugés les plus pertinents.
- Parmi les participants, il convient de mentionner les organismes
de réglementation et l'industrie réglementée des régions de l'Europe,
de l'Amérique du Nord, et de l'Asie et du Pacifique Ouest. Le statut
d'observateur a été conféré à l'Organisation mondiale de la santé (OMS),
à l'Organisation internationale de normalisation (ISO), et à d'autres
régions du monde.
l'industrie réglementée des régions de l'Europe, de l'Amérique du Nord,
et de l'Asie et du Pacifique Ouest. Le statut d'observateur a été conféré
à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à l'Organisation internationale
de normalisation (ISO), et à d'autres régions du monde.
- Groupe d'étude 1 - détermination des caractéristiques des systèmes
de réglementation qui présentent des possibilités d'harmonisation entre
les membres participants;
- Groupe d'étude 2 - examen des exigences relatives à la déclaration
des incidents néfastes mettant en cause des matériels médicaux, à la
surveillance après commercialisation et à d'autres formes de vigilance,
ainsi qu'à la formulation de recommandations quant aux moyens d'harmoniser
les exigences et à l'échange d'information sur les incidents;
- Groupe d'étude 3 - élaboration de directives pour l'application des
normes régissant les systèmes de contrôle de la qualité pour le secteur
des matériels médicaux;
- Groupe d'étude 4 - examen des pratiques de vérification des système
de contrôle de la qualité et élaboration de documents d'orientation
qui faciliteront l'harmonisation du processus de vérification.
Huit documents du GTHM ont été diffusés à des fins d'observations, soit
au sein du GTHM, soit dans le cadre d'une consultation publique plus
vaste.
5.2 Initiatives en matière d'accords de reconnaissance
mutuelle (ARM)
- Les initiatives actuelles en matière d'accords de reconnaissance
mutuelle sont dirigées par le ministère des Affaires étrangères et du
Commerce international (MAECI). Dans le cas des secteurs des médicaments
et des matériels médicaux, le PPT participe à l'élaboration des ARM
avec la Communauté européenne, la Suisse et les États de l'AELE (Norvège,
Islande, Liechtenstein) afin de faciliter le commerce tout en assurant
que le haut niveau de normes en matière de santé et de sécurité appliqué au Canada n'est pas compromis.
5.2.1 Qu'est-ce qu'un ARM
- Les ARM sont des accords commerciaux visant à faciliter le commerce
en allégeant ou en éliminant les barrières non tarifaires (obstacles)
entre les deux pays (ou associations de pays).
- Un ARM est l'accord bilatéral d'accepter les décisions relatives
à l'évaluation, à l'essai ou à l'inspection d'un organisme de réglementation
dans le secteur de compétence de l'exportateur, tant et aussi longtemps
que ces décisions sont équivalentes aux décisions qui auraient été prises
dans le secteur de compétence importateur.
- Un ARM n'exige pas l'harmonisation des exigences en matière de réglementation,
mais insiste plutôt sur les capacités et sur l'équivalence des processus
et des procédures dont dispose chaque secteur de compétence pour en
arriver à la même décision en matière d'évaluation, d'essai ou d'inspection.
- Un ARM établit un cadre en vue d'une solide collaboration en matière
de réglementation entre les agents de réglementation des produits thérapeutiques.
5.2.2 Les avantages d'un ARM
- La reconnaissance des décisions en matière de réglementation prises
par des organismes de réglementation de « compétence équivalente » (dans
le cadre de l'Accord) permettront d'éliminer le double emploi au niveau
de l'essai des produits aux frontières de l'autre partie, ce qui est
présentement requis pour obtenir accès au marché.
- Sur le plan de la santé, les ARM ont le potentiel d'offrir aux Canadiens
et aux Canadiennes un accès en temps opportun à une plus vaste gamme
de produits thérapeutiques. En outre, un marché plus concurrentiel a
le potentiel de réduire les coûts pour le système de soins de santé canadien.
- En plus de permettre à chacune des parties de maintenir des normes
de qualité et d'innocuité élevées dans leur propre secteur de compétence,
les ARM augmentent la collaboration entre les organismes de réglementation
et, partant, facilitent l'amélioration et l'efficience de la gestion
de la conformité de l'industrie aux exigences en matière de réglementation.
- Les ARM peuvent favoriser l'établissement de systèmes internationaux
de réglementation des produits plus efficaces en utilisant les ressources
mises à la disposition des organismes de réglementation des deux parties
de la façon la plus efficiente et la plus efficace possible. Par exemple,
l'insistance, de la part du PPT, qu'un système d'alerte « bilatéral
» fasse partie intégrante d'un ARM permet d'assurer que l'information
requise pour protéger la santé et la sécurité des Canadiens et des Canadiennes
est partagée sans délai.
- Les ARM peuvent favoriser un environnement de commerce international
pour les produits thérapeutiques dans lequel l'échange import/export
serait amélioré sans porter atteinte aux normes élevées d'innocuité
et de qualité des produits qui existent dans les deux secteurs de compétence.
5.3 Approches relatives aux ARM pour le PPT
5.3.1 Principes
- Le PPT a adopté une approche en matière de négociations d'ARM qui
permet d'assurer que les objectifs commerciaux ne compromettent pas
la santé et la sécurité des Canadiens et des Canadiennes. Ce faisant,
le PPT a adopté les principes suivants pour la négociation des ARM :
- Il n'y aura pas de compromis entre les objectifs en matière de
santé et de sécurité et les objectifs commerciaux. Des mesures seront
prises pour réduire les obstacles au commerce, à condition que la
santé et la sécurité des populations respectives demeurent un élément
primordial.
- Les ARM ne priment pas sur les dispositions des lois et des règlements
régissant les organismes de réglementation compétentes participant
à l'accord, mais forment plutôt un cadre dans lequel les décisions
en matière de réglementation sont prises dans chaque secteur de
compétence.
- En participant à un ARM, un organisme de réglementation ne renonce
pas pour autant aux pouvoirs qu'il exerce dans son secteur de compétence.
- La mise en oeuvre d'un ARM sera fonction de la réalisation fructueuse
d'un exercice d'instauration de la confiance et de l'évaluation
de ses résultats. Ne seraient acceptés que les organismes de réglementation
dotés de programmes d'autorisation de mise en marché et d'autorisation
de fabrication (y compris l'infrastructure s'y rattachant d'exigences
en matière de réglementation, de normes, de processus et de systèmes
de contrôle de la qualité) qui sont mutuellement reconnus comme
équivalents.
- Les organismes de réglementation seront tenues informées de tous
les changements apportés aux exigences, aux normes et aux processus
reliés à la réglementation des produits thérapeutiques. Chaque partie
consultera l'autre partie avant d'adopter ces changements de sorte
à assurer l'équivalence continue des programmes.
- Les programmes de recouvrement de coûts et les frais applicables
dans chacun des secteurs de compétence continueront de relever du
secteur de compétence visé.
- La surveillance continue des programmes d'autorisation de la mise
en marché et d'autorisation de la fabrication jugés équivalents
au terme de l'exercice d'instauration de la confiance et toute décision
subséquente concernant ladite équivalence doivent être assurées
conformément à un « programme de mise à jour des ARM » élaboré et
géré de façon mutuelle.
- Chaque partie doit donner des garanties qu'elle possède les pouvoirs
nécessaires pour protéger contre la divulgation au public de tout
renseignement technique, commercial ou scientifique confidentiel,
y compris les secrets industriels et les renseignements de fabrication
que fournit l'autre partie. La partage d'information avec l'autre
partie demeurera assujetti aux lois pertinentes de chaque partie
à des fins d'évaluation de la conformité des produits avec les exigences
en matière de réglementation régissant l'innocuité, l'efficacité
et la qualité du produit.
5.3.2 Paramètres
- Lors de la négociation d'un ARM, le PPT doit veiller à ce que tous
les éléments suivants soient inclus dans l'accord :
- les composantes et les mécanismes de chaque programme d'autorisation
de la mise en marché et d'autorisation de la fabrication doivent
être décrits, compris, examinés et évalués de façon intégrale;
- les composantes et les mécanismes d'un programme d'alerte
« bilatéral
» doivent être précisées;
- une période a transition au cours de laquelle les deux parties
instaureront la confiance en l'une et l'autre en évaluant et en
déterminant l'équivalence de leurs programmes respectifs de conformité
et d'alerte doit être prévue; et un « programme de mise à jour de
l'ARM » doit être conçu.
Annexes
Les annexes I à VIII décrivent les activités internationales
actuelles que le PPT considère comme des priorités stratégiques.
L'Annexe IX est une liste exhaustive des activités internationales
du PPT.
Annexe I
Accord de reconnaissance mutuelle (ARM) Canada-Communauté européenne
- Le Canada et la Communauté européenne ont ratifié n accord multi-sectoriel
en mai 1998 à Londres.
- L'ARM consiste en un accord général auquel se greffent cinq annexes
sectorielles qui portent sur les équipements de télécommunications et
de technologie de l'information, les matériels médicaux, les produits
pharmaceutiques, les embarcations de loisirs, et les produits électriques
et la compatibilité électromagnétique.
- En ce qui concerne les matériels médicaux, le but de l'ARM est d'établir
la reconnaissance mutuelle de la capacité de chaque organisme de réglementation
d'évaluer la conformité des produits ou des systèmes d'assurance de
la qualité des fabricants aux exigences réglementaires de l'autre organisme
de réglementation.
- Lorsque les capacités ont été jugées équivalentes, les organismes
d'évaluation de la conformité du pays exportateur sont autorisés à évaluer
et à certifier la conformité des produits aux exigences réglementaires
du pays importateur.
- Des matériels médicaux particuliers ont été exclus du champ d'application
de l'accord, dont les appareils de diagnostic in vitro, les implants
mammaires, les matériels contenant des drogues, ainsi que les matériels
incorporant des tissus d'origine animale ou humaine.
- Dans le secteur des médicaments, le but de l'accord est d'établir
la reconnaissance mutuelle des programmes de certification de la conformité aux BPF de chaque pays.
- Tous les produits médicinaux ou drogues fabriqués au Canada et dans
la CE et auxquels les BPF s'appliquent sont visés. Le sang et les composants
sanguins ont été exclus du champ d'application de l'accord.
- Un groupe sectoriel mixte informel, composé d'experts européens et
canadiens, a été constitué pour gérer la mise en oeuvre de l'accord
dans le secteur des médicaments. Ce groupe s'est réuni deux fois. Sa
tâche consiste à déterminer l'équivalence des programmes de certification
de la conformité aux BPF, à mettre en place un programme d'alerte bilatéral,
et à mettre l'accord à jour de temps à autre. Un groupe semblable, investi
des mêmes responsabilités, reste à former dans le secteur des matériels
médicaux.
Annexe II
ARM Canada-Suisse
- Un protocole d'entente, initialement signé le 28 octobre 1988 entre
le PPT et les autorités suisses, a été renouvelé le 22 janvier 1998.
- Le but du protocole d'entente est de renforcer les relations bilatérales
entre les deux pays et d'intensifier la collaboration en ce qui regarde
la reconnaissance des évaluations de la conformité, particulièrement
dans le secteur des médicaments.
- Trois séries de pourparlers (septembre 1997, janvier 1998, juillet
1998), qui devaient conduire à un accord multi-sectoriel de reconnaissance
mutuelle (ARM), ont eu lieu. Ces échanges ont porté à la fois sur le
Programme de conformité aux BPF pour les médicaments et le Programme
d'évaluation de la conformité des matériels médicaux.
- Les deux parties ont convenu de modeler un accord sur le texte de
l'ARM Canada-CE, et de s'efforcer de limiter au minimum les écarts par
rapport à celui-ci.
- On s'attend à ce que l'ARM Canada-Suisse soit ratifié d'ici à la
fin de 1998. C Le protocole d'entente actuel restera en vigueur jusqu'à ce qu'un ARM entre le Canada et la Suisse prenne effet.
Annexe III
ARM Canada-Association européenne de libre-échange (AELE)
- Le Canada et les États de l'Association européenne de libre-échange
(Norvège, Liechtenstein et Islande) ont tenu en janvier 1998 des échanges
sur la possibilité de conclure un ARM multi-sectoriel. D'importants
progrès en ce sens ont été accomplis du côté tant des médicaments que
des matériels médicaux.
- Comme les lois de l'AELE sont harmonisées avec les lois de la CE
dans les secteurs faisant l'objet de négociations, un accord parallèle
distinct, identique à l'ARM entre le Canada et la CE, devrait être facilement
réalisable.
- Une deuxième série de pourparlers est prévue pour 1998.
Annexe IV
Accord de coopération réglementaire Canada-Japon
- Des échanges de renseignements et des pourparlers ont eu lieu en
avril 1998, dans les secteurs des médicaments et des matériels médicaux,
avec le Bureau de la sécurité pharmaceutique et médicale du ministère
de la Santé et du Bien-être social du Japon. Le PPT a également examiné
la désirabilité pour le Canada et le Japon de conclure un accord de
reconnaissance mutuelle.
- La réunion d'avril a été fructueuse et positive. Les fonctionnaires
canadiens et japonais ont convenu d'officialiser la coopération dans
le secteur des médicaments, et une réunion sera organisée en septembre
1998 pour étudier la question plus à fond. Entre-temps, des informations
sur les systèmes de réglementation des deux pays seront échangées.
- Le type d'arrangement à conclure avec le Japon (c'est-à-dire un ARM
ou un protocole d'entente) dépendra du règlement des questions de ressources
qui font présentement l'objet de discussions au niveau interministériel.
Annexe V
Protocole de reconnaissance mutuelle (PRM)
Un protocole de reconnaissance mutuelle (PRM) est un accord réglementaire
entre deux organismes de réglementation où l'intention est de reconnaître
ou d'accepter les rapports, les documents ou les décisions réglementaires
de l'autre après détermination de l'équivalence des programmes de réglementation
pertinents. Cette reconnaissance pourrait s'appliquer aux autorisations
de mise sur le marché et de fabrication. Comme un ARM, ce type d'accord
exige généralement une période de transition (phase de mise en confiance)
et n'est pas limité dans le temps.
PRM entre le Canada et l'Australie et
la Nouvelle-Zélande
- Initiative du PPT pour l'établissement d'un accord entre les autorités
réglementaires du Canada et celles de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande.
Le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international ne
participe pas à ces discussions.
- Deux séries de pourparlers (décembre 1997, février 1998) ont eu lieu
pour étudier la possibilité de conclure un accord dans les secteurs
des médicaments et des matériels médicaux. Le PPT est en train de préparer
un texte préliminaire.
- L'accord aurait une portée plus générale pour les médicaments. En
plus du programme de certification de la conformité aux BPF, l'examen
des produits avant leur mise sur le marché serait inclus.
- Dans le secteur des matériels médicaux, l'accord porterait sur l'équivalence
des programmes d'évaluation de la conformité, ce qui n'est pas le cas
des accords en train d'être négociés avec d'autres gouvernements.
Annexe VI
Protocole d'entente
Protocole d'entente Un protocole d'entente est un accord réglementaire
entre deux ou plusieurs organismes de réglementation où l'intention est
d'échanger des renseignements. Il peut porter sur l'échange d'informations
réglementaires, scientifiques et techniques, ou des projets communs (p.
ex. examen concerté de dossiers de produits avant leur mise sur le marché,
projets mixtes de pharmacovigilance). Un protocole peut également avoir
pour objet l'échange d'employés. Ce genre d'accord a normalement une durée
limitée.
Protocole d'entente entre le Canada et la Chine
- Un protocole d'entente a été signé entre Santé Canada et le ministère
de la Santé de la République populaire de Chine à Ottawa le 14 octobre
1995.
- À l'appui du protocole d'entente, le PPT et l'Administration pharmaceutique
d'État de la Chine (ci-après appelés « les parties » ) ont résolu de
signer un « plan d'action » pour la période du 1er décembre 1997 au
31 décembre 1999. Celui-ci prévoit entre autres :
- l'établissement de mécanismes de coopération et d'échange de renseignements
sur les médicaments, y compris les produits à base d'herbes médicinales
et les médicaments chinois traditionnels, ainsi que sur les règlements
et les programmes avant et après la mise sur le marché;
- l'examen des règlements, des exigences et des processus relatifs
à la conformité, des lignes directrices se rapportant aux BPF, ainsi
que des procédés et des rapports d'inspection. C Les objectifs du
« plan d'action » sont les suivants :
- acquérir des connaissances et une compréhension réciproques des
exigences et des processus réglementaires des deux parties;
- s'assurer de l'innocuité, de la qualité et de l'efficacité des
produits pharmaceutiques vendus dans chaque pays;
- fournir un cadre pour l'établissement d'un dialogue continu entre
les deux organismes de réglementation.
Protocole d'entente entre le Canada et la Russie
- Un protocole d'entente sur les drogues a été signé par le PPT et
le ministère de la Santé et de l'Industrie médicale de la Russie 5 octobre
1995.C L'objectif du protocole d'entente est de favoriser la coopération
et l'échange de renseignements, et de faire en sorte que les médicaments
(produits pharmaceutiques et biologiques) des fabricants canadiens soient
plus facilement accessibles à la Fédération de Russie.
- Le protocole d'entente prévoit :
- une procédure d'homologation simplifiée en Russie pour les produits
pharmaceutiques et biologiques fabriqués et approuvés au Canada;
- l'échange de renseignements sur les exigences réglementaires et
les lignes directrices applicables à l'innocuité, à la qualité et
à l'efficacité des médicaments;
- la possibilité pour le Canada d'offrir une aide logistique, scientifique
et méthodologique au ministère de la Santé de la Russie.
Annexe VII
Initiatives collectives
Une initiative collective est une entente entre deux ou plusieurs organismes
de réglementation où ceux-ci entendent collaborer dans des dossiers particuliers.
Une initiative du genre peut porter sur tout aspect réglementaire, scientifique
ou technique, ou avoir pour objet l'établissement d'une infrastructure
(p. ex. un organisme de réglementation des produits biologiques) ou d'un
programme particulier. La formation d'employés, ou l'organisation de séminaires,
d'ateliers, etc., sont des exemples d'activités qui peuvent être entreprises
dans ce cadre. Ces initiatives sont généralement d'une durée limitée.
Médicament . Matériels médicaux
- Le PPT et la FDA américaine négocient présentement l'établissement
d'un processus de collaboration devant conduire à un accord de coopération
relativement aux BPF applicables aux médicaments. Cet accord pourrait
en théorie mener à un ARM plus officiel avec les États-Unis.
- Par suite d'une réunion trilatérale qui a eu lieu au Mexique en 1997,
les autorités réglementaires ont approuvé un document qui exposait un
processus selon lequel une présentation de drogue justifiant un examen
prioritaire pourrait être prise en charge par une équipe d'examen composée
de personnel de chaque organisme réglementaire. Ce processus déboucherait
sur un seul document d'évaluation dont le personnel de supervision pourrait
se servir au sein de chaque organisme de réglementation pour justifier
une décision réglementaire. Les résultats de cette initiative seraient
évalués après deux ans. À l'heure actuelle, les autorités réglementaires
mexicaines ne participent pas à ce projet trilatéral.
Matériels médicaux
- Le PPT et la FDA américaine ont lancé un « programme de partenariat
». Ce programme permet l'examen parallèle de matériels particuliers
afin que chacun des deux organismes de réglementation comprennent les
exigences réglementaires, les pratiques et procédés d'examen, et les
processus décisionnels de l'autre. Cet effort de collaboration pourrait
théoriquement conduire à un ARM plus officiel avec les États-Unis.
Annexe VIII
Stratégie antidrogue internationale
Le Bureau du Conseil privé a donné des instructions claires pour que
le Canada occupe une place stratégique sur la scène mondiale dans la lutte
antidrogue. En conéquence, le ministère des Affaires extérieures et du
Commerce international a été chargé de coordonner la préparation d'un
mémoire au Cabinet sur les actions (et leurs coûts) nécessaires pour que
le Canada s'acquitte de ses obligations en vertu des traités internationaux.
Santé Canada, le ministère du Solliciteur général, le ministère de la
Justice, Revenu Canada et le ministère des Affaires extérieures et du
Commerce international ont été désignés comme intervenants dans le mémoire
au Cabinet. La contribution du PPT à la préparation du mémoire au Cabinet
a été la suivante :
1. Cadre législatif et réglementaire et processus d'élaboration
des politiques
1.1 Situation actuelle
Les diverses conventions internationales dont le Canada
est signataire exigent la prise d'une vaste gamme de mesures non discrétionnaires
ainsi que la participation à des
réunions et à des ateliers internationaux.
Le cadre législatif est géré par le Bureau de la
surveillance des médicaments du
Programme des produits thérapeutiques (BSM/PPT). Les principales
activités sont entre autres les suivantes :
- l'administration de l'application de la Loi réglementant
certaines drogues et autres substances;
- la communication périodique et ponctuelle de données
canadiennes à l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS);
- l'analyse de principe nécessaire lorsque des modifications
aux conventions internationales sont proposées;
- la participation à des manifestations internationales
relatives aux drogues et aux substances contrôlées;
- le premier rôle dans la mise en oeuvre de la plupart des décisions internationales dans les activités au niveau national;
- l'orientation et l'information d'autres organismes
et individus canadiens relativement à l'interprétation et à la mise en
oeuvre de la politique législative;
- les processus nationaux de délivrance de licences,
de permis et d'autorisations; - la surveillance et le contrôle du mouvement
international et national des drogues;
- la conception ou la gestion (ou les deux) des processus
d'élimination des drogues saisies;
- les activités de renseignement sur les drogues, pour
déceler et évaluer les nouvelles tendances en ce qui à trait à l'usage
douteux des drogues;
- la tenue de systèmes de données pour recueillir,
compiler et analyser des données;
- la disponibilité de systèmes de communication.
Toutes les activités ci-dessus sont nécessaires pour que le Canada remplisse
ses obligations internationales et contribue de façon significative à
la stratégie antidrogue nationale et internationale. Les ressources actuellement
affectées au maintien de certaines de ces fonctions sont de 1 256 600
$. Toutefois, le Canada a besoin d'une somme additionnelle de 1 489 100
$ pour s'acquitter de ses obligations actuelles et futures.
1.2 Possibilités stratégiques internationales
La Loi réglementant certaines drogues et autres substances est entrée
en vigueur le 14 mai 1997. La Loi sur les stupéfiants et les parties III
et IV de la Loi sur les aliments et drogues ont été abrogées en conséquence.
Le Règlement sur les stupéfiants et les parties G et J du Règlement sur
les aliments et drogues restent en vigueur en vertu de la Loi réglementant
certaines drogues et autres substances. La définition des grandes lignes
en vue de l'établissement d'un cadre de réglementation des benzodiazépines
vient de commencer. Un cadre similaire pour les précurseurs est prévu.
L'intention de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances
est de moderniser et d'améliorer la politique de lutte contre l'abus de
drogues au Canada, et d'assurer le respect de nos obligations internationales.
Toutefois, les règlements en vertu de cette loi demeurent dans de nombreux
cas désuets, et non conformes aux conventions
internationales et aux principes de la loi. Le but de l'exercice en cours
est d'unifier tous les règlements destinés à prévenir l'abus de drogues
de manière à en faire un ensemble cohérent et moderne pour satisfaire
aux obligations et aux conventions internationales.
Grâce à une vaste consultation du public, des intervenants
intéressés, et des partenaires nationaux et internationaux,
le projet permettra de créer un cadre réglementaire exhaustif
pour les drogues et les substances contrôlées.
La Loi réglementant certaines drogues et autres substances confère au
gouverneur en conseil le pouvoir de prendre des règlements relatifs aux
utilisations médicales, scientifiques et industrielles, à la distribution
des substances contrôlées et de leurs précurseurs, ainsi qu'à l'application
de la loi. Ce pouvoir sera le point de départ du projet. Sans que le cadre
actuel soit mis de côté, aucune restriction ne s'appliquera à la considération
d'options innovatrices pour la gestion des risques.
Le Bureau de la surveillance des médicaments du PPT jouera le rôle de
conseiller scientifique et technique pour ce projet, ce qui en fera le
premier responsable. Le Bureau de la politique et de la coordination du
PPT « hébergera » l'équipe responsable de l'élaboration de la politique
et jouera un rôle de conseiller et de soutien relativement à ce processus,
à la politique gouvernementale et aux normes, et il devra fournir les
ressources pour le projet de politique.
L'équipe responsable de la politique de la Loi réglementant certaines
drogues et autres substances sera au coeur du projet d'élaboration de
la politique. Elle sera formée de professionnels expérimentés qui possèdent
les connaissances et les habiletés nécessaires pour planifier, organiser,
gérer et mener à bien le projet. Les coûts du projet d'élaboration de
la politique et du règlement seraient les suivants :
Activités Coût estimatif
Traitements (9 ETP) 565 000 $
Consultations 100 000 $
Voyages 45 000 $
Contrats 35 000 $
Rédaction juridique (par les juristes du ministère de la
Justice) 200 000 $
Traduction et impression 65 000 $
Fournitures, téléphones, etc. 50 000 $
Biens d'équipement et installations 169 000 $
Total 1 219 000 $
2. Service d'analyse des drogues
L'identification et la mise en correspondance exactes de substances à
l'aide de méthodes scientifiques valides et par un personnel d'analyse
compétent sont au coeur des efforts nationaux et internationaux de lutte
contre les drogues illicites. Cette capacité de laboratoire est essentielle
pour assurer :
- une prohibition efficace et efficiente du trafic international
des drogues illicites et de leurs précurseurs chimiques, ainsi que l'application
des lois antidrogue du pays;
- l'identification, la poursuite en justice et la condamnation
des revendeurs et des trafiquants de drogues à tous les échelons du crime;
- la production de renseignements vitaux sur les substances
nouvelles ou modifiées, l'activité des drogues, le profil des drogues
illicites dans les collectivités, et les dangereux contaminants et adultérants
(y compris les pesticides). Ces renseignements contribuent à l'ensemble
des objectifs de lutte contre les drogues et de réduction de leurs méfaits.
2.1 Situation actuelle
Au Canada, cette activité scientifique est menée par le Service d'analyse
des drogues du Programme des produits thérapeutiques (SAD/PPT) de Santé
Canada. La capacité du SAD/PPT de profiter des possibilités offertes est
grandement limitée par les récentes compressions des budgets et des programmes,
et l'incertitude quant à la source de financement du Service à l'avenir.
Des consultations auprès de clients nationaux du SAD en 1997 ont confirmé
le besoin évident de maintenir le Service pour répondre aux besoins intérieurs
du Canada et lui permettre de s'acquitter de ses responsabilités internationales.
Ces clients ont aussi exprimé de façon unanime le sentiment que le Service
est une fonction de service public essentielle.
L'affectation de ressources suffisantes au SAD est également critique
pour prévenir l'affaiblissement du rôle directeur que joue ou que pourrait
être appelé à jouer le Canada à mesure que la situation évolue au pays.
Le Canada risque de devenir un conduit pour le passage de précurseurs
chimiques vers d'autres pays, en particulier les États-Unis. Nous sommes
déjà un important point de transit pour les drogues illicites. Vancouver
est reconnue comme l'un des principaux point d'entrée de l'héroïne en
Amérique du Nord, et la demande internationale pour la marihuana canadienne
est importante. Il serait impossible de s'attaquer efficacement à ces
problèmes sans l'appui du SAD/PPT.
Le maintien des services de base actuels du SAD/PPT, ainsi que des capacités
scientifiques et technologiques-et de gestion de l'information-essentielles,
exige que le niveau de financement antérieur de 4,3 millions de dollars
soit rétabli. Ce niveau de financement permet de faire en sorte que le
SAD/PPT soit en mesure de contribuer aux intérêts directeurs du Canada
dans le secteur international des drogues; il ne permet pas de rediriger
vers les possibilités précitées les ressources nécessaires à l'heure actuelle
pour répondre aux besoins canadiens.
2.2 Possibilités stratégiques internationales
Il existe d'importantes possibilités pour le Canada de jouer un rôle
accru dans le soutien scientifique des efforts antidrogue internationaux.
Quoique les États-Unis continuent d'exercer une action prépondérante à
ce niveau, leur position de principe (tolérance zéro, par exemple) reflète
une approche moins équilibrée des questions de drogue que celle du Canada.
Le Canada insiste sur une approche équilibrée qui incorpore à la fois
la réduction de la demande et de l'approvisionnement et la prise en charge
concomitante de la maladie (p. ex. VIH/sida) et d'autres aspects de la
réduction des méfaits. En conséquence, le Canada est bien placé pour jouer
un rôle directeur et aider une vaste communauté internationale à s'attaquer
au problème des drogues illicites selon diverses perspectives fondamentales.
Le Canada jouit d'une réputation enviable sur le plan de la qualité scientifique,
de la compétence et de l'innovation technique, et il compte sur une infrastructure
relativement bien appuyée de participants gouvernementaux et non gouvernementaux
auxquels il peut faire appel aux fins d'activités internationales. Cette
réalité est mise en évidence par la somme des activités de formation et
de transfert des connaissances réalisées par l'entremise du SAD/PPT, et
les opérations scientifiques connexes du Programme des produits thérapeutiques
au fil des ans.
Les possibilités pour le Canada de jouer un rôle directeur accru au niveau
international sont nombreuses :
- Les sept principaux pays collaborateurs du Groupe de travail technique
sur les drogues de la US Drug Enforcement Agency s'efforcent de persuader
le Canada d'être l'hôte de la réunion de 1999 du groupe.
- La Direction des services techniques du Programme des Nations Unies
pour le contrôle international des drogues (PNUCID) voudrait que le
Canada envisage d'être l'hôte d'une autre réunion de son Groupe consultatif
d'experts. Ce groupe est une organisation centrale pour la coopération
internationale et l'harmonisation des normes et méthodes scientifiques
et techniques.
- Le Canada accueillera en 1999 la conférence internationale des Clandestine
Laboratories Investigating Chemists (CLIC). Il s'agit d'un important
forum pour la collaboration internationale et le développement des connaissances.
- De récentes initiatives du gouvernement fédéral comme l'Institut
national de la qualité offrent de meilleures possibilités de contribuer
au domaine international de la gestion de la qualité. Le SAD/PPT a accompli
d'importants progrès en vue de l'homologation des normes internationales,
et il est donc bien placé pour aider, en collaboration avec l'Institut
et d'autres partenaires, d'autres établissements et services. Au niveau
international, le SAD peut notamment aider d'autres laboratoires à établir
et à mettre en oeuvre des programmes d'assurance de la qualité, offrir
des programmes d'évaluation et de vérification de la compétence, et
établir et examiner des normes et des protocoles pour des laboratoires
dont les ressources et la capacité technologiques peuvent varier.
- Le travail effectué au SAD/PPT pour automatiser les opérations de
laboratoire et améliorer le rendement offre un modèle potentiel d'application
plus générale. Le SAD/PPT peut également contribuer à la gestion internationale
de l'information relative aux drogues en partageant son expérience de
l'utilisation des technologies de l'information modernes dans les laboratoires
du SAD/PPT pour le contrôle des échantillons et la saisie et la certification
des résultats des analyses, ainsi que pour la tenue de bibliothèques
de spectres servant à l'identification des drogues.
- Au fil des ans, le SAD et les services scientifiques connexes du
Programme des produits thérapeutiques ont offert de multiples possibilités
de formation à des partenaires canadiens et internationaux en matière
de chimie judiciaire, d'assurance de la qualité, d'élaboration de normes
et de méthodes, et d'applications technologiques. Le SAD/PPT a entrepris
de créer un programme de formation national plus structuré, intensif
et complet. Ce programme pourrait être offert au niveau international,
particulièrement pour les aspects non abordés dans les programmes de
formation de base qu'offrent diverses autres sources. Il est également
possible, même si cela n'a pas été fait encore, de fournir une formation
accrue et d'appuyer le développement du potentiel sur place dans les
pays partenaires. Idéalement, toute cette formation serait donnée sous
les auspices du Programme des Nations Unies pour le contrôle international
des drogues. À cet égard, il est possible que Santé Canada redevienne
un centre collaborateur du PNUCID, rôle que le Ministère a cessé d'exercer
par suite des réductions opérées dans ses programmes. Les analystes
du SAD/PPT appuient aussi les efforts nationaux de lutte antidrogue
en dehors du laboratoire, par exemple en témoignant à titre d'experts
dans des causes portées devant les tribunaux, en participant à des enquêtes
sur le terrain au sujet de laboratoires clandestins (y compris en fournissant
des avis spécialisés sur les risques pour la santé et la sécurité posés
par les produits chimiques qui s'y trouvent), et en menant des activités
d'information et d'éducation dans la collectivité. Ces dimensions de
la collaboration à la lutte antidrogue offrent également des possibilités
de transfert de connaissances.
- Le SAD/PPT se compare aux meilleurs et aux plus compétents des services
d'analyse des drogues dans le monde. La possibilité existe de fournir
des services analytiques complets à d'autres pays qui n'ont pas les
moyens de se doter d'une capacité nationale pour l'ensemble de leurs
besoins. Le savoir-faire canadien dans l'analyse des drogues porte sur
la mise en correspondance des échantillons, la synthèse de la reconstruction
et de la répétition des laboratoires clandestins et de leur production,
et la synthèse et la validation des normes, des précurseurs et des analogues
des drogues.
Quoique certaines des activités susmentionnées puissent être supportées
par le recouvrement des coûts, d'autres exigent un investissement à court
terme supplémentaire dans les SAD (voir ci-après), et un financement considérablement
réduit par la suite :
| Activités |
Coût estimatif |
Activités de formation au commandement
(conférences, groupes de travail, etc.) |
100 000 $ |
| Assurance de la qualité/agrément |
400 000 $ |
| Gestion et technologies de l'information |
200 000 $ |
Achèvement de l'automatisation
(sans compter les économies réalisées) |
300 000 $ |
| Infrastructure de formation |
100 000 $ |
| Coût de fonctionnement total |
1 100 000 $ |