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[orph_pol-fra.pdf]
pages : 24, taille : 65K, date : 1997-01-16

Politique sur les médicaments orphelins

Direction des médicaments
Pré Tunney
Indice de l'adresse 0702A
OTTAWA (Ontario)
K1A 0L2

Votre dossier :

Notre dossier : 96-037419

16 janvier 1997

LETTRE EXPÉDIÉE AUX ASSOCIATIONS

Objet : Politique sur les médicaments orphelins

Vous trouverez ci-joint un rapport de la Direction des médicaments qui analyse la nécessité d'une politique sur les médicaments orphelins au Canada. Le rapport conclut que les Canadiens ont accès aux médicaments essentiels utilisés dans le traitement de maladies rares dans le cadre de programmes comme le Programme de distribution des médicaments d'urgence.

Le rapport recommande que pour le moment, aucun changement ne soit apporté aux politiques et aux règlements en vigueur.

Le rapport est maintenant disponible sur le site Web du Programme des médicaments et peut être accédé de la page POLITIQUES, dans la section POLITIQUES EXTERNES ÉMISES, et porte le titre "Politique sur les médicaments orphelins".

Pour toutes questions ou observations au sujet de ce rapport, n'hésitez pas à communiquer avec moi au (613) 957-0369.

Le directeur général,

Original signé par
Dann M. Michols

Pièce jointe


Questions de politique
de la Direction des médicaments

le 27 novembre 1996
961127.INT

POLITIQUE EN MATIÈRE DE MÉDICAMENTS ORPHELINS

Question

Ce document décrit la politique en matière de médicaments orphelins au Canada.

Sommaire

Les médicaments orphelins sont ces médicaments que l'on utilise dans le traitement de maladies rares. En général, l'on considère qu'une maladie est rare si elle n'atteint pas plus de 650 à 1000 personnes par million de personnes. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a identifié 5000 maladies rares, dont 4000 semblent être liées à des facteurs génétiques.

Les médicaments orphelins peuvent inclure de nouvelles entités chimiques, des médicaments connus qui n'ont jamais été autorisés pour traiter une indication orpheline connue, ou des médicaments qui ont été autorisés à un moment donné mais qui sont maintenant retirés du marché. Certains de ces médicaments n'ont pas de "parrains" au sein de l'industrie parce que leur rentabilité potentielle est tellement restreinte qu'il n'est pas raisonnable d'envisager le recouvrement des coûts de développement et/ou de commercialisation. Par conséquent, certains s'inquiètent de la possibilité que l'on ne développe pas des médicaments destinés aux maladies rares et que l'on ne met pas ceux-ci à la disposition des personnes qui en ont besoin. Ceci pose un risque potentiel et considérable pour la santé publique.

Historique de la politique en matière de médicaments orphelins au Canada.

Aucune politique n'a jamais été élaborée au Canada.

Ni l'industrie pharmaceutique ni les groupes d'intérêt spécial n'ont exercé une pression suffisamment forte pour inciter à l'élaboration d'une politique en matière de médicaments orphelins au Canada. L'Association canadienne des fabricants de produits pharmaceutiques fait pression pour l'élaboration d'une politique concernant les médicaments orphelins dans le but d'encourager la recherche et le développement pharmaceutique dans ce domaine.

Le docteur Gagnon recommandait en juillet 1992, que le Canada définisse une politique précise concernant les médicaments orphelins et envisage la possibilité de faire la promotion de ce type de médicament, ici au Canada, en offrant des incitations fiscales ainsi qu'une protection spéciale du marché. L'on recommandait également qu'une autorisation conditionnelle(1) soit considérée dans le cas des médicaments orphelins.

L'on prévoyait que les avantages d'une telle politique comporteraient non seulement un accès facile et rapide aux médicaments essentiels et une réduction des coûts de soins de santé, mais aussi la promotion de la recherche et du développement des produits pharmaceutiques au Canada. (2)

En avril 1993, la Direction des médicaments a élaboré le projet de renouvellement (M-05) qui visait à formuler une politique sur les médicaments orphelins dotée d'une approche canadienne. Le projet est présentement sous la surveillance de la Stratégie prioritaire sur le développement des programmes.

1 Un avis de conformité basé sur des marqueurs de substitution délivré à la condition que le fabricant mène et soumette des études de confirmation postérieures à mise sur le marché.

2 Réf. Revue du système canadien d'approbation des médicaments, juillet, 1992.

La Situation actuelle au Canada

1. La Loi et les Règlements sur les aliments et les drogues

Il n'existe aucune référence aux médicaments orphelins contenue dans la Loi et les Règlements sur les aliments et drogues. Les règlements établis selon la Loi sur les aliments et drogues relatifs aux médicaments orphelins se limiteraient à leur fabrication et leurs conditions de vente. Il n'existe aucun mécanisme contenu dans cette loi qui favorise la recherche ou qui concerne autrement la disponibilité des médicaments orphelins.

Les règlements sur les médicaments d'urgence s'appliqueraient aux médicaments orphelins.

2. Accès aux médicaments dont l'emploi n'est pas approuvé

Présentement, il y a des programmes en place qui visent à assurer que les canadiens ont accès à des médicaments, notamment les médicaments orphelins qui n'ont pas reçu un avis de conformité (ADC).

  1. Le Programme de médicaments d'urgence (PMU)

    • PMU permet, dans les cas d'urgence, la délivrance de médicaments que normalement l'on ne peut vendre ni aux médecins, ni aux dentistes, ni aux vétérinaires au Canada.

    • Il donne également accès aux médicaments dans des cas qui ne sont pas urgents, notamment les médicaments que l'on utilise dans le traitement de troubles rares (médicaments orphelins). Ces médicaments représentent un faible pourcentage de tous les médicaments demandés dans le cadre du PMU.

    • La Direction des médicaments fournit un cadre juridique donnant accès aux médicaments utilisés dans le PMU, sans assurer l'innocuité de ces médicaments. Les praticiens qui se servent du programme doivent accepter de faire rapport sur les résultats des thérapies entreprises avec le médicament, y compris toute réaction néfaste.

    • Selon le processus de renouvellement de la Direction des médicaments, l'on a amorcé l'élaboration de politiques de manière à fusionner le PMU et le Programme d'accès spécial (PAS). PAS visera à améliorer l'efficacité du nouveau processus touchant l'autorisation et la délivrance des médicaments non-approuvés dans des situations urgentes et non-urgentes. Le programme proposé permettrait aux fabricants de distribuer un médicament à un praticien dans un cas d'urgence sans une autorisation préalable de la Direction des médicaments. Dans des cas non-urgeants, l'on permettrait au fabricant de distribuer un médicament à un praticien pour traiter jusqu'à 50 patients dès réception d'une autorisation de délivrance de la Direction des médicaments. Après avoir examiné la documentation disponible, la Direction des médicaments pourrait refuser d'autoriser la délivrance en bloc du médicament pour traiter jusqu'à 50 personnes et recommander que des essais cliniques formels soient effectués.

    • Un autre objectif du PAS sera de s'assurer que tous les praticiens au Canada sont tenus au courant du programme et que ceux-ci ont un accès égal aux médicaments qui sont disponibles par l'entremise du programme.

  2. Drogue nouvelle de recherche (DNR)

    • La Direction des médicaments vérifie la sécurité des recherches cliniques proposées par l'entremise du processus d'évaluation des présentations des DNR. Elle peut également fournir de l'aide aux fabricants lors de la conception et du développement des essais cliniques.

    • Les personnes qui remplissent les critères d'inclusion peuvent avoir accès aux médicaments qui ne sont pas approuvés aux Canada par l'entremise d'un essai clinique autorisé. Normalement, les participants sont répartis au hasard dans différents domaines de traitement. Par conséquent, il se peut que le participant ne soit pas traité avec le nouveau médicament à l'étude. Certains essais cliniques comportent un domaine de traitement ouvert, selon lequel les patients admissibles ne sont pas répartis au hasard dans un domaine de traitement particulier et peuvent recevoir des traitements avec le médicament à l'étude de façon "ouverte".

    • Les personnes qui ne remplissent pas les critères d'inclusion de l'essai clinique peuvent à l'occasion avoir accès au nouveau médicament par l'entremise du PMU.

  3. Importation de médicaments à usage personnel

    • Selon les règlements de la Loi sur les aliments et drogues, une personne n'a pas le droit d'importer un médicament au Canada pour des raisons commerciales. Cependant, l'on a interprété ces règlements de manière à permettre aux individus d'importer des médicaments au Canada à usage personnel. En général, toute importation qui dépasse un approvisionnement de trois mois n'est pas considérée comme étant à usage personnel.

3. Les Mécanismes d'approbation accélérée

Les programmes suivants fournissent des mécanismes qui permettent un accès rapide aux médicaments, notamment aux médicaments orphelins que l'on utilise pour le traitement d'une maladie fatale pour laquelle aucune autre thérapie n'existe.

  1. Évaluation prioritaire

    • La Lettre de renseignements #804 du 23 juin 1992, donne un aperçu des critères d'admissibilité régissant le processus d'évaluation prioritaire (traitement des présentations en priorité) :

      "Une présentation de drogue nouvelle sera prise en considération pour un "traitement de présentation en priorité" lorsque le comité consultatif d'experts est d'avis que;

      • le médicament est une première inscription d'une nouvelle substance active;

      • le médicament est indiqué pour traitement ou le diagnostic d'une maladie ou d'une condition grave, fatale ou débilitante de façon sévère;

      • il existe des preuves cliniques que le médicament peut fournir un gain thérapeutique important, c'est-à-dire que le médicament peut être plus sécuritaire ou offrir un traitement ou un diagnostic plus efficace pour une maladie pour laquelle aucun médicament sur le marché n'offre un diagnostic ou un traitement adéquat, ou pour laquelle il n'y a pas de médicament sur le marché canadien."

      • Dans le cadre du processus de renouvellement, la politique de la Direction des médicaments sur l'évaluation prioritaire est présentement à l'étude.

  2. Approbation conditionnelle

    • Le document de consultation intitulé "Un nouveau cadre pour la délivrance des licences au Canada"(janvier 1996), contient une proposition au sujet des licences conditionnelles à la page 31 :

      "La Direction des médicament peut délivrer des licences conditionnelles pour des produits pharmaceutiques qui sont assujettis aux exigences antérieures à la mise sur le marché de la Catégorie I et aussi à l'évaluation prioritaire basée sur un avantage thérapeutique. Les facteurs suivants s'appliquent à des licences conditionnelles :

      • le détenteur de licence doit soumettre des études de confirmation postérieures à la mise sur le marché afin de démontrer que le produit pris en considération comporte un avantage clinique qui est basé sur des marqueurs de substitution ou sur les premiers résultats d'essais;

      • les détenteurs de licences doivent comprendre qu'une licence conditionnelle est accompagnée d'une présomption de non-renouvellement;

      • la Direction des médicaments peut annuler la licence si des soucis quant à l'innocuité du produit surviennent, basés sur les études de confirmation et sur les données recueillies et signalées lors de la période pendant laquelle la licence conditionnelle est en vigueur; et

      • une licence conditionnelle représente la première étape vers l'obtention d'une licence de catégorie(3) si les études de confirmation démontrent qu'un médicament approuvé initialement sur la base des marqueurs de substitution ou des premières résultats d'essai offre l'avantage clinique exigé."

      • Un groupe de travail interne étudie présentement les options de politiques en vue de fournir l'équivalent d'un avis de conformité avant la mise en oeuvre du Nouveau cadre pour la délivrance des médicaments.

3 Le Nouveau Cadre pour la Délivrance des Médicaments prévoit 4 types ou catégories de licence. L'évaluation des produits pharmaceutiques postérieure à la mise sur le marché est basée sur ces 4 types de licence : Catégories A,B.C et D. La Catégorie A exige que l'on signale le plus grand nombre de données et d'activités alors que la Catégorie D exige le plus petit nombre.

4. Autres outils législatifs/réglementaires

Les outils législatifs ou réglementaires suivants sont pertinents à l'élaboration et à l'introduction d'une politique sur les médicaments orphelins au Canada.

  1. Le Recouvrement des coûts, la Loi et règlement sur la gestion des finances publiques

    • L'introduction de la politique sur le recouvrement des coûts en matière d'approbation de médicament est devenue un règlement le 1 septembre 1995.

    • Il existe une disposition selon le Règlement sur le prix à payer pour l'évaluation des drogues qui prévoit une réduction des frais dans le cas de médicaments qui ont peu de potentiel commercial :

      "Quiconque dépose une présentation, un supplément à une présentation ou une demande visé à l'un des articles 4 à 8, peut demander au ministre ou au Directeur, selon le cas, de réduire le prix à payer aux termes du présent règlement.

    Le ministre ou le Directeur, selon le cas, agrée la demande mentionnée au paragraphe (2) lorsque les conditions suivantes sont réunies :

    1. il y a des motifs raisonnables de croire qu'au cours de la période de vérification du prix à payer les recettes du demandeur provenant de la vente au Canada de la drogue visée par la présentation, le supplément ou la demande, seront égales à moins de 10 fois le montant du prix à payer calculé conformément aux articles 4 à 8 et 11;"

    • La plupart des médicaments orphelins seraient admissibles à cette réduction en raison de la petitesse de leur part du marché.

  2. Protection par brevet, la Loi sur les brevets

    • La protection par brevet offerte aux médicaments est comparable à celle offerte dans d'autres pays (20 ans à partir de la date où la présentation est déposée). Contrairement à d'autres pays du G-7, le Canada n'accorde pas de prolongation de brevet en vertu de la Loi sur les brevets.

    • Certains médicaments orphelins ne peuvent pas être brevetés, notamment ceux dont les brevets ont déjà expiré ainsi que certaines substances naturelles.

  3. Encouragements de recherche et développement, la Loi de l'impôt sur le revenu

    • Dans le cadre du programme fédéral d'encouragements fiscaux en matière de recherche scientifique et développement expérimental(RS & DE), certains recherches et développement (R & D) effectués par les compagnies pharmaceutiques sont admissibles à un crédit d'impôt de R&D. Afin de déterminer quelles dépenses sont admissibles aux RS&DE, l'on utilise des critères d'exclusion standard. La recherche doit tester une certaine hypothèse et représenter un avancement scientifique.

    • La plupart des médicaments orphelins seraient admissible à ce crédit d'impôt.

    • Ce programme offre une incitation à la recherche et développement qui est équivalent à celle que l'on trouve dans la plupart des autres pays.

Situation actuelle aux États-Unis

La Orphan Drug Act (4 janvier 1983) accorde une désignation de médicament orphelin basée sur la prévalence de la maladie pour laquelle le médicament est indiqué.(4) Dès septembre 1995, 472 médicaments portaient la désignation de médicament orphelin aux États-Unis.

Les fabricants de médicaments orphelins sont admissibles à recevoir de l'aide pour formuler des protocoles de recherche ainsi que des crédits d'impôt et des subventions pour mener des recherches cliniques qui favorisent le développement. Une fois que l'emploi d'un médicament orphelin est approuvé, la loi prévoit une exclusivité du marché pendant une période de 7 ans au fabricant, à condition que le médicament soit exploité selon les termes de sa désignation et approbation. Une seconde présentation peut être approuvée par la FDA et une autre période de 7 ans d'exclusivité accordée au médicament pour une utilisation nouvellement approuvée.

Les médicaments orphelins sont assujettis aux mêmes critères d' évaluation que d'autres médicaments. Afin d'obtenir l'autorisation de mise sur le marché, l'innocuité et l'efficacité du médicament orphelin doivent être établies par des études adéquates et bien contrôlées.

Les difficultés qu'ont éprouvé les fabricants à obtenir des brevets de procédé pour des produits de la biotechnologie aux États-Unis ont poussé ceux-là à chercher à obtenir des désignations de médicament orphelin. Les fabricants se servaient de la disposition d'exclusivité contenue dans la Orphan Drug Act pour combler la lacune dans la protection par brevet. En 1995, le congrès américain a fait adopter la Biotechnology Patent Protection Act ,ce qui a permis l'autorisation des brevets de procédé pour des inventions de la biotechnologie. Cependant, l'on utilise encore très souvent la disposition prévoyant l'exclusivité du marché pour obtenir la désignation de médicament orphelin, dans le but de mettre au point des médicaments qui ne sont pas brevetables ou lorsque le brevet est sur le point d'expirer ou peu après l'autorisation de mise sur le marché.

Le programme de la voie parallèle et les DNR de traitement fournissent un accès aux médicaments qui ne sont pas approuvés aux personnes résidant aux États-Unis. L'accès aux nouveaux médicaments peuvent également être facilité par le processus d'autorisation accéléré (semblable à désignation conditionnelle canadienne du ADC que l'on a proposée).

Analyse de la situation actuelle aux États-Unis

Comparaison des désignations et approbations de médicaments orphelins aux États-Unis avec celles au Canada.

  • environ 83 sur 472 médicaments qui ont reçu la désignation de médicament orphelin aux États-Unis sont approuvés au États-Unis.

  • environ 52 sur 83 des médicaments orphelins approuvés aux États-Unis sont aussi approuvés au Canada. Cependant, il est possible que l'indication pour laquelle un médicament est approuvé au Canada ne corresponde pas à l'indication pour laquelle le médicament a reçu sa désignation de médicament orphelin aux États-Unis.

  • des 31 médicaments qui restent, il y en a 23 qui sont approuvés aux États-Unis et non au Canada. Ils sont disponibles au Canada par l'entremise du PMU.

  • selon la base de données du PMU, il semble qu'aucune demande n'ait été faite par l'entremise du PMU pour les 8 médicaments qui restent.

Comparaison du PMU avec les désignations et approbations de médicaments orphelins aux États-Unis.

  • une analyse des données sur le PMU au Canada a identifié environ 28 médicaments qui avaient été demandés de la part de plus de 100 patients pendant la période de 10 mois allant de janvier à octobre,1995. L'inconsistance dans les méthodes de signaler les données, et l'incapacité de manipuler éléctroniquement les données de la base de données du PMU ont rendu difficile l'obtention de chiffres exacts.

  • sur les 28 médicaments identifiés, l'on a présenté une PDN pour 4 des médicaments et une DNR pour six des médicaments.

  • ensuite, l'on a comparé chacun des 28 médicaments à la liste de médicaments qui avaient reçu la désignation de médicament orphelin aux États-Unis

  • 5 médicaments sur les 28 identifiés avaient reçu la désignation de médicament orphelin au États-Unis.

  • un médicament sur les 5 qui ont reçu la désignation de médicament orphelin aux États-Unis a également reçu l'autorisation de mise sur le marché aux États-Unis.

Situation actuelle dans d'autres pays

Le Japon est le seul autre pays qui a un programme visant les médicaments orphelins. Le programme est semblable à celui des États-Unis, et dispose d'initiatives qui visent à stimuler la recherche et développement dans le domaine des médicaments orphelins. Afin de recevoir la désignation de médicament orphelin au Japon, il faut que le médicament soit indiqué pour une maladie qui a une prévalence de moins de 0,05% de la population. La prévalence de la maladie citée dans la définition américaine équivaut à environ 0,1% de la population. La population de ces deux pays est considérablement plus grande que celle du Canada. Le vrai nombre de personnes qui sont atteintes de maladies rares au Canada est donc moins que celui dans ces deux autres pays.

L'élaboration d'une politique concernant les médicaments orphelins fait partie du plan de travail de la Commission européenne. Cette dernière envisage de rendre public un document de politique d'ici l'automne 1996. L'on s'attend à ce que peu de changements d'ordre législatif soient nécessaires pour mettre en oeuvre une politique relative aux médicaments orphelins. En accord avec l'autorité qu'a la Commission sur ses pays membres, l'on s'attend à ce que la politique vise à promouvoir la recherche et développement des médicaments orphelins et à encourager l'accès à ces médicaments dans chacun des pays membres par l'entremise de leurs propres programmes. (voir annexe 1).

Les programmes concernant les médicaments orphelins aux États-Unis et au Japon ainsi que le programme qui est attendu de la Commission européenne font partie d'une stratégie industrielle qui vise à encourager le développement et la coordination de recherche dans le domaine des médicaments orphelins.

La plupart des pays, y compris les États-Unis, donnent accès au médicaments non-approuvés par l'entremise des programmes semblables au PMU du Canada. (voir annexe 1)

4 Définition américaine d'un médicament orphelin : un produit (médicament, produit biologique,instrument médical ou aliment) conçu à des fins médicales qui est indiqué pour une maladie ou condition rare (p.ex. une prévalence, et non une incidence, de moins de 200,000 personnes atteintes aux États-Unis) ou un produit pour le traitement d'une maladie ou condition qui atteint plus de 200,000 personnes aux États-Unis mais pour lequel il n'existe aucun espoir raisonnable de récupérer les coûts de développement et de distribution d'un médicament conçu pour une telle maladie ou condition aux Etats-Unis. Des tests diagnostics sont admissibles seulement si la population américaine à qui l'on fait subir les tests de dépistage est moins de 200,000 personnes.

Points à considérer

1. L'accès aux médicaments orphelins

  • La majorité des médicaments orphelins (63%) qui sont approuvé aux États-Unis sont approuvés au Canada. Cependant, il est possible que l'indication pour laquelle le médicament est indiqué ne corresponde pas à l'indication pour laquelle le médicament a reçu sa désignation de médicament orphelin au États-Unis. La plupart des médicaments qui restent sont disponibles par l'entremise du PMU. Quatre-vingt deux p.cent des médicaments les plus demandés par l'entremise du PMU de janvier à octobre 1995 n'avaient pas reçu la désignation de médicament orphelin aux États-Unis. Les médicaments qui ont reçu la désignation de médicament orphelin aux États-Unis représentent une petite partie de tous les médicaments demandés par l'entremise du PMU au Canada.

  • Tous les pays semblent avoir des programmes en place qui visent à donner accès aux médicaments non-approuvés, incluant ceux utilisé dans le traitement de maladies rares. L'exercice de la médecine est tel que les praticiens impliqués dans le traitement des patients qui sont atteints de maladies rares sont au courant de la recherche dans leur domaine d'expertise et, de ce fait ils cherchent activement les médicaments indiqués pour ces patients. De plus, ils peuvent ordonner des médicament approuvés pour des utilisations non-approuvées. Il est possible que certains praticiens ne connaissent pas le PMU. Le PAS visera à faciliter l'accès aux médicaments non-approuvés en sensibilisant les praticiens au programme.

  • Selon le cadre pour la délivrance de licences de médicaments proposé, il est possible que certains médicaments orphelins soient admissibles à une autorisation de mise sur le marché par l'entremise de la délivrance conditionnelle. La proposition actuelle touchant la délivrance de licences conditionnelles au Canada exigerait que ces médicaments soient aussi admissibles à l'évaluation prioritaire. Ceci serait compatible avec la directive actuelle de l'Union européenne qui permet l'autorisation de mise sur le marché de certains médicaments basée sur un dossier limité.

  • Certains fabricants demandent un prix pour les médicaments qu'ils fournissent par l'entremise du PMU. Des régimes de médicament provinciaux et des tiers payeurs ne défraient pas le coût de ces médicaments parce qu'ils ne sont pas approuvés au Canada. Dans certains cas, un accès réduit à un médicament, basé sur les moyens pécuniaires, peut en résulter.

Conclusions :

  1. L'utilisation des médicaments approuvés au Canada pour des indications orphelines non-approuvés représente une utilisation non-indiquée sur l'étiquette. L'évaluation postérieure à la mise sur le marché des produits pharmaceutiques proposés selon le Cadre pour la délivrance des médicaments pourrait fournir une occasion à la Direction des médicaments d'encourager les fabricants à soumettre des données sur des indications nouvelles, notamment les indications orphelines pour un médicament.

  2. Plusieurs programmes visant à assurer que les Canadiens ont accès aux médicaments dont l'emploi n'est pas approuvé, incluant les médicaments orphelins, sont présentement en place.

  3. Le programme d'évaluation prioritaire de la Direction des médicaments et la proposition de délivrer des licences conditionnelles offrent deux mécanismes qui accélèrent l'accès aux médicaments, y compris les médicaments orphelins, qui traitent les conditions fatales pour lesquelles aucune autre thérapie n'existe.

  4. Le paiement des coûts des médicaments non-approuvés au Canada effectué par des régimes médicaux provinciaux et par des tiers payeurs est une question qui n'a pas encore été résolue. Elle pourrait rendre difficile l'accès aux médicaments pour des raisons pécuniaires.

2. Encouragements de recherche et développement au Canada

  • La recherche et développement en matière de médicaments orphelins est admissible au Programme d'encouragements fiscaux de RS&DE selon la Loi de l'impôt sur le revenu. De plus, la disposition régissant la réduction des prix à payer dans le cas des médicaments qui s'adressent à un petit marché aux termes du Règlement sur le prix à payer pour l'évaluation des drogues s'applique aux médicaments orphelins.

  • La protection par brevet offerte aux médicaments au Canada est comparable à celle offerte dans d'autres pays. Contrairement aux États-Unis, le Canada a toujours accordé des brevets pour des procédés de la biotechnologie. En revanche, la disposition d'exclusivité contenue dans les programmes de médicaments orphelins au Japon et aux États-Unis offre un stimulant aux fabricants qui n'est pas disponible au Canada.

  • Le programme des médicaments orphelins aux États-Unis et les stimulants semblables que l'on offre aux fabricants japonais, ainsi que ceux que l'on prévoit du côté de la Commission européenne, font partie d'une stratégie industrielle qui vise à appuyer le développement et la coordination de la recherche dans le domaine des médicaments orphelins. Tous ces pays ont une population qui est considérablement plus grande que celle du Canada. La population canadienne n'est peut-être pas assez grande pour soutenir d'important R&D dans ce domaine.

  • Il existe des agences d'aide (p.ex. la CRM et le CNR et diverses associations qui se consacrent à des maladies spécifiques) qui subventionnent la recherche et développement dans des domaines ciblés. Des domaines prioritaires de recherche relatifs aux médicaments orphelins pourraient être identifiés dans le but de subvenir aux besoins en matière de santé.

Conclusions

  1. Les incitations fiscales sont comparables à celles offertes dans d'autres pays.

  2. L'absence d'une disposition régissant l'exclusivité du marché a un effet dissuasif sur les fabricants pour qui l'octroi d'un brevet est impossible ou insuffisant.

  3. Il est possible que le nombre de personnes atteintes de maladies rares au Canada ne soit pas assez grand pour soutenir d'importants essais cliniques de recherche et de développement dans le domaine des médicaments orphelins.

3. La loi et les règlements sur les aliments et drogues comme véhicule de la législation en matière de médicaments orphelins

  • La fabrication et la vente de tout médicament, y compris les médicaments orphelins, sont réglementées conformément à la loi et les règlements sur les aliments et drogues. Il n'y a aucune référence aux médicaments orphelins contenue dans la loi et les règlements sur les aliments et drogues.

  • Les règlements établis conformément à la loi sur les aliments et drogues et s'adressant aux médicaments orphelins se limiteraient à leur fabrication et leur vente. Cette loi ne contient aucun mécanisme pour promouvoir la disponibilité des médicaments orphelins.

  • D'autres lois, notamment la Loi sur les brevets la Loi de l'impôt sur le revenu contiennent déjà des mécanismes qui protègent la propriété intellectuelle et qui permettent des incitations à l'investissement en matière de recherche et développement, même si la Loi sur les brevets ne contient pas d'incitation touchant la prolongation du brevet.

Conclusions

  1. La loi sur les aliments et drogues à elle seule fournit un instrument limité susceptible de mettre en oeuvre une politique concernant les médicaments orphelins au Canada. Pour faire un ensemble cohérent, il faudrait effectuer des changements d'ordre réglementaire et les réunir à des modifications à la loi sur les brevets et la loi sur l'impôt.

Recommandation

1. L'on ne recommande aucune modification à la loi sur les aliments et drogues ni à ses règlements pour préparer une politique touchant les médicaments orphelins. Les canadiens ont déjà accès aux médicaments qui ont reçu la désignation de médicament orphelin et l'autorisation de mise sur le marché aux États-Unis par le processus normal de l'autorisation de médicament, par le PMU ou le PAS, ou potentiellement par l'initiative conditionnelle du ADC.

Original approuvé par

Dann M. Michols
Directeur général
Direction des médicaments


ANNEXE I
MÉDICAMENTS ORPHELINS - INTERNATIONAL

PAYS DESCRIPTION
Australie
  • aucune politique en matière de médicaments orphelins 
  • Programme d'accès spécial (PAS) pour médicaments non-approuvés
  • disposition prévoyant une réduction des frais dans le cadre du recouvrement des coûts pour les produits employés pour traiter des conditions cliniques rares mais significatives pour lesquelles le marché est restreint
Canada
  • aucune politique en matière de médicaments orphelins
  • PMU/DNR donne accès aux médicaments non-approuvés
  • Programme d'incitation fiscale RS&DE encouragerait R&D en matière de médicaments orphelins
  • dispositions prévoyant une réduction des frais des médicaments peu rentables dans le cadre du recouvrement des coûts
  • brevets de procédé accordés aux produits de la biotechnologie
  • Approbations conditionnelles proposées selon le Nouveau cadre pour la délivrance. 
Union européenne
  • élaboration d'une politique en matière de médicament orphelin fait partie du plan de travail de 1996
  • la politique comportera vraisemblablement :
    • désignation basée sur la prévalence de la maladie dans la population de moins de 0,05 % (environ 180,000 patients)ET aucun espoir de rentabilité ET assujettie à une revue et un retrait si les critères ne s'appliquent plus
    • programme à coûts partagés pour encourager la recherche en plus du programme de BIOMED déjà en place
    • programme de délivrance surveillé en plus de la disposition actuelle qui permet l'autorisation de mise sur le marché pour certains médicaments basée sur un dossier limité
    • Mise au point d'un réseau télématique pour faciliter les essais cliniques et la recherche
  • lois sont déjà en place permettant l'exclusivité et contenant des dispositions pour des exemptions de frais à payer dans le cadre du recouvrement des coûts
  • beaucoup de pays membres ont des incitations déjà en place pour la R&D en matière de maladies orphelines
  • chacun des états membres contrôle l'accès aux médicaments par le biais de leur propres programmes (voir France, Royaume-Uni)
France
  • aucune politique en matière de médicaments orphelins, mais à l'avant-garde des initiatives de l'UE (voir UE)
  • autorisation provisoire pour les médicaments orphelins peut être accordée selon les données disponibles pendant une période allant de 3 mois à un an
  • autorisation peut s'appliquer à une cohorte de patients ou peut exiger la délivrance sur la base de chaque patient
Japon
  • Programme de médicament orphelin
    • désignation accordée selon la prévalence de la maladie dans la population de moins de 0,05 %.
    • programme de subvention pour la R&D, les fabricants et les importateurs de médicaments orphelins
    • conseils disponibles à l'industrie sur les formalités de demande concernant la R&D et la AMN
    • incitations fiscales accordées aux fabricants effectuant de la R&D sur les médicaments orphelins
    • les médicaments orphelins reçoivent une évaluation prioritaire dans le cadre de la AMN 
    • si l'on met le médicament sur le marché, une portion des profits excédant 100,000,000 de yen doit être payée au gouvernement
Royaume-Uni
  • Aucune politique en matière de médicament orphelin (voir U.E.)
  • dans le passé, le gouvernement a mis des subventions à la disposition des fabricants pour le développement des médicaments destinés aux maladies rares
  • les praticiens peuvent se procurer des médicaments non-approuvés pour des patients individuels selon un jugement clinique
  • l'on peut faire une demande dans des circonstances exceptionnelles lorsqu'il n'existe pas assez de données sur l'innocuité,la qualité et/ ou l'efficacité d'un produit ou lorsqu'il pourrait être peu éthique de recueillir de telles données.
  • Les fabricants doivent fournir des détails quant aux études sur le SPM à entreprendre
  • une disposition prévoyant une diminution des frais à payer pour la AMN dans le cas des médicaments peu rentables selon le programme du recouvrement des coûts 
É-U
  • Orphan Drug Act (4 janvier, 1983)
    • -désignation accordée selon la prévalence de la maladie dans la population de moins de 200,000 gens (environ 0,1%) OU aucune attente de rentabilité.

      une aide protocolaire pour concevoir des protocoles de recherche

      des crédits d'impôt pour la recherche clinique
    • exclusivité du marché
    • subventions pour la recherche clinique à l'appui du développement
    • pénalité pour des fausses déclarations intentionnelles concernant le statut du médicament orphelin
  • Programme de voie parallèle et les DNR donne accès aux médicaments non-approuvés
  • des brevets de procédé accordés aux produits de la biotechnologie
  • Autorisations accélérées