Information et choix éclairé en ce qui concerne le recours aux approches complémentaires et parallèles en santé et utilisation des produits de santé naturels: Table ronde sur invitation (21-22 octobre 2001, Vancouver)
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Table des matières
Sommaire
Les 21 et 22 octobre 2001, Santé Canada a convoqué une table ronde sur l'information et le choix éclairé en ce qui concerne le recours aux approches complémentaires et parallèles en santé (ACPS) et l'utilisation de produits de santé naturels (PSN). Cette réunion était l'une des nombreuses organisées en 2001 et en 2002 par la Division des stratégies en matière de ressources humaines en santé, la Direction des politiques et des stratégies en matière de soins de santé, la Direction générale de la politique de la santé et des communications, ainsi que la Direction des produits de santé naturels et la Direction générale des produits de santé et des aliments, afin de discuter des ACPS et de l'utilisation de PSN.
Les participants à la table ronde comprenaient des praticiens conventionnels, des praticiens complémentaires et parallèles, des fournisseurs d'information, des fabricants et fournisseurs de produits de santé naturels, des universitaires, des chercheurs et des analystes politiques. Pour ajouter une dimension internationale, des participants ont été invités du Royaume-Uni et des États-Unis, en plus du Canada.
Les objectifs de la table ronde étaient les suivants :
- offrir une tribune multisectorielle;
- cerner les principales problématiques quant à l'information à fournir et au choix éclairé à appuyer dans le contexte du recours aux ACPS et de l'utilisation de PSN;
- proposer des solutions;
- produire un rapport sur la table ronde pour diffusion publique.
La table ronde portait sur les quatre grandes problématiques suivantes :
- sources et systèmes d'information spécialisée;
- collecte, évaluation, sélection et présentation d'information accessibles aux praticiens et consommateurs;
- éducation du public et des professionnels concernant l'application de l'information reçue;
- améliorer les liens, l'uniformité et l'intégration de la fourniture de l'information.
Plusieurs thèmes généraux sont ressortis de la discussion :
- Collaboration avec de nombreux systèmes. De nombreux systèmes fournissent de l'information et appuient le choix éclairé : recherche, formation professionnelle, normes de fabrication, systèmes de réglementation, intermédiaires dans le domaine de la santé et groupes de consommateurs. Il arrive souvent que des changements se produisent dans plusieurs de ces systèmes lorsqu'il y a interaction (souvent par des contacts personnels et de manière localisée) de sorte que les systèmes établis s'ouvrent davantage aux thérapies complémentaires et parallèles.
- Reconnaissance du rôle des thérapies complémentaires et parallèles. Le système de santé - à savoir les praticiens conventionnels, les associations professionnelles, les autorités de réglementation, les bureaux et les organismes de santé - est une source d'information importante sur la santé et les soins de santé pour les Canadiens et les Canadiennes. Il est essentiel que les gens qui travaillent dans le système de santé (spécialement les infirmières, les pharmaciens et les médecins assurant les soins primaires) s'informent davantage sur les thérapies complémentaires et parallèles, de manière à pouvoir fournir de l'information sur ces thérapies et faire en sorte que les gens fassent un choix éclairé. Il faut donc mieux reconnaître le rôle des thérapies complémentaires et parallèles dans la promotion de la santé et les services de santé, et fournir plus d'effort pour ménager une place aux approches, aux pratiques ou aux produits complémentaires et parallèles à l'intérieur ou en périphérie du système de santé.
- Perspective holistique des thérapies. Dans la collecte et la fourniture d'information sur les thérapies complémentaires et parallèles, il faudra absolument avoir une approche holistique sur ces thérapies et leur utilisation. Sinon, nous risquons de réduire ces approches complémentaires et parallèles à une simple pratique particulière ou à réduire une pratique à une seule intervention.
- Établissement de normes et coordination de systèmes. Il serait utile que les organismes gouvernementaux, les associations professionnelles et les fournisseurs d'information au Canada s'accordent sur des normes communes pour l'évaluation et la sélection et la présentation de l'information sur les thérapies complémentaires et parallèles, puis qu'ils coordonnent leurs travaux dans la promotion et la mise en oeuvre de ces normes.
- Aiguillage et compréhension de l'information. Il existe des outils qui permettraient aux gens de trouver et de comprendre plus facilement l'information qu'ils cherchent. Ces outils faciliteraient également la tâche aux personnes qui fournissent l'information. Il s'agirait par exemple de ressources en langues multiples et dans un langage simple, d'un glossaire bilingue (anglais et français) sur les thérapies complémentaires et parallèles, d'un répertoire des praticiens complémentaires et parallèles, ou encore d'une liste des organismes et des ressources qui fournissent des informations sur ces thérapies.
- Meilleure évaluation et application de l'information. Bien qu'il soit impossible de contrôler la quantité et la qualité d'information dont disposent le public et les praticiens, il y a quand même moyen de les aider à évaluer et à mettre l'information à contribution. Il pourrait s'agir d'une liste de contrôle énumérant les points d'information à chercher, de conseils sur le moment où il y a lieu de consulter un professionnel et quand avoir recours à un autre professionnel, ou de listes de sources d'information recommandées.
- Rayonnement local. L'information est assimilée lorsque les ressources rencontrent les gens sur place. Il est important de demeurer à l'affût des tendances courantes chez les consommateurs de services thérapeutiques complémentaires et parallèles, ainsi que de tenir compte de la diversité de leurs intérêts et de leurs besoins. Nous avons besoin de mieux comprendre comment les gens prennent des décisions et comment travailler avec les réseaux officieux sur lesquels les gens comptent pour s'informer. Il est essentiel d'assurer l'accès à l'information dans la collectivité même (p. ex. fournisseurs de soins primaires, cliniques communautaires, bibliothèques) et de fournir l'information dans la langue de la personne et selon son niveau d'alphabétisation.
- Respect de la diversité et du choix. La diversité est un thème global : les thérapies complémentaires et parallèles sont diversifiées, les consommateurs de ces services sont diversifiés et les raisons pour lesquelles ils y ont recours tout autant. Cette diversité complique la manière dont la recherche est menée, l'information est communiquée, les services de santé sont réglementés et comment les gens font un choix. Il est important que les initiatives et les systèmes propres à recueillir et à fournir de l'information sur les thérapies complémentaires et parallèles soient le reflet de cette diversité, c'est-à-dire qu'ils ne présentent pas une perspective limitée d'une thérapie donnée en mettant l'accent sur un aspect précis seulement (comme son utilité pour traiter une certaine condition).
On trouvera dans le présent rapport un résumé détaillé de la discussion des participants sur les quatre grandes problématiques, décrivant les problématiques que les participants ont nommées et les solutions qu'ils ont proposées.
Note terminologique
Au cours de la table ronde, les participants ont parfois fait des commentaires généraux englobant tous les aspects des ACPS, dont une approche globale à la santé, les pratiques utilisées dans ce cadre, les services assurés et les produits utilisés. Dans le présent rapport, thérapies complémentaires et parallèles comprend tous ces aspects : approche générale, pratiques, services et produits. Les termes pratiques et produits font allusion à des aspects plus précis des ACPS, comme l'exige la discussion.
Introduction
Les 21 et 22 octobre 2001, Santé Canada a convoqué la table ronde sur l'information et le choix éclairé en ce qui concerne le recours aux approches complémentaires et parallèles en santé (ACPS) et l'utilisation de produits de santé naturels (PSN). Cette réunion était l'une des
nombreuses organisées en 2001 et en 2002 par la Division des stratégies en matière de ressources humaines en santé, la Direction des politiques et des stratégies en matière de soins de santé, la Direction générale de la politique de la santé et des communications, ainsi que la Direction des produits de santé naturels (DPSN) et la Direction générale des produits de santé et des aliments, afin de discuter des ACPS et de l'utilisation de PSN.
Les participants de la table ronde comprenaient des praticiens conventionnels, des praticiens complémentaires et parallèles, des fournisseurs d'information, des fabricants et des fournisseurs de PSN, des universitaires, des chercheurs et des analystes politiques. Pour ajouter une dimension internationale, des participants ont été invités du Royaume-Uni et des États-Unis.
Objectifs
- offrir une tribune multisectorielle;
- cerner les principales problématiques quant à l'information à fournir et au choix éclairé à appuyer dans le contexte des ACPS et l'utilisation de PSN;
- proposer des solutions;
- produire un rapport sur la table ronde pour diffusion publique.
Processus
On trouvera à l'annexe B l'ordre du jour de la table ronde.
Avant la table ronde, les participants avaient été invités à nommer les cinq grandes problématiques que présentent la fourniture de l'information et le soutien du choix éclairé. Les réponses ont été interclassées et mises à la disposition de tous les participants (voir annexe C).
Au cours de la première séance de la table ronde, les participants ont donné leur point de vue et parlé des problématiques dans leur domaine. Durant les autres séances de la table ronde, les participants ont discuté des quatre principales préoccupations en petits groupes (deux groupes parallèles, chacun discutant d'une préoccupation à la fois) :
- sources et systèmes d'information spécialisée;
- collecte, évaluation, sélection et présentation d'information accessibles aux praticiens et consommateurs;
- éducation du public et des professionnels concernant l'application de l'information reçue;
- améliorer les liens, l'uniformité et l'intégration dans la fourniture de l'information.
Chaque groupe a fait un rapport sur sa discussion en plénière, où il a été possible de poser des questions et de faire des commentaires.
Voici un résumé des thèmes généraux qui se sont dessinés durant la discussion et l'essentiel des discussions sur les quatre principales préoccupations.
Note terminologique
Au cours de la table ronde, les participants ont parfois fait des commentaires généraux englobant tous les aspects des ACPS, dont une approche globale à la santé, les pratiques utilisées dans ce cadre, les services assurés et les produits utilisés. Dans le présent rapport, thérapies complémentaires et parallèles comprend tous ces aspects : approche générale, pratiques, services et produits. Les termes pratiques et produits font allusion à des aspects plus précis des ACPS, comme l'exige la discussion.
Thèmes généraux
Collaboration avec de nombreux systèmes
Pour fournir de l'information et favoriser un choix éclairé, il faut travailler avec des systèmes interactifs. Il faut prendre en considération toutes les interactions entre les systèmes lorsqu'on élabore des stratégies pour fournir de l'information et favoriser un choix éclairé. Tous les facteurs suivants ont été indiqués comme étant significatifs à cette fin et, ce qui est encore plus important, ils ont été décrits comme exerçant une influence les uns sur les autres :
- meilleures relations professionnelles entre les praticiens;
- formation accrue pour les praticiens conventionnels sur les thérapies complémentaires et parallèles;
- formation accrue pour les praticiens complémentaires et parallèles sur la médecine et la méthode de recherche conventionnelle;
- établissement de normes professionnelles et de réglementation pour les thérapies complémentaires et parallèles (p. ex., délimitation de la pratique, normes de pratiques, associations professionnelles, titres de compétence, écoles accréditées, organismes d'examen, procédures relatives aux plaintes)
- meilleurs systèmes de tenue de livres, de rapports sur les cas et de surveillance des résultats de thérapies complémentaires et parallèles;
- normes acceptables de fabrication, uniformité entre les produits et normalisation de l'étiquetage;
- méthodes de recherche appropriées pour la thérapie à l'étude, soit dans le contexte sur son utilisation;
- connaissance des buts, des intérêts et des besoins des consommateurs pour ce qui a trait à la santé, à la guérison et à toutes les modalités de soins;
- meilleure compréhension de la manière dont les consommateurs prennent des décisions sur leur santé et les soins de santé.
Reconnaissance du rôle des thérapies complémentaires et parallèles
Le système de santé - à savoir les praticiens conventionnels, les associations professionnelles, les autorités de réglementation, les bureaux et les organismes de santé - est une source d'information importante sur la santé et les soins de santé pour les Canadiens et les Canadiennes. Il est essentiel que les gens qui travaillent dans le système de santé (spécialement les infirmières, les pharmaciens et les médecins assurant les soins primaires) s'informent davantage sur les thérapies complémentaires et parallèles, de manière à pouvoir fournir de l'information sur ces thérapies et faire en sorte que les gens fassent un choix éclairé. Il faut donc mieux reconnaître le rôle des thérapies complémentaires et parallèles dans la promotion de la santé et les services de santé, et fournir plus d'effort pour ménager une place aux approches, aux pratiques ou aux produits complémentaires et parallèles à l'intérieur ou en périphérie du système de santé.
Perspective holistique des thérapies
Dans la collecte et la fourniture d'information sur les thérapies complémentaires et parallèles, il faudra absolument avoir une approche holistique sur ces thérapies et leur utilisation. Sinon, nous risquons de réduire ces approches complémentaires et parallèles à une simple pratique particulière ou à réduire une pratique à une seule intervention. Il importe que les praticiens conventionnels prennent conscience de l'approche globale d'une thérapie complémentaire ou parallèle, de manière à comprendre les différences qui existent entre cette dernière et l'approche conventionnelle dans les mêmes circonstances. En outre, il est important que les chercheurs qui se penchent sur les thérapies complémentaires et parallèles emploient des méthodes propres à examiner une pratique ou un produit dans le contexte de son utilisation.
Établissement de normes et coordination de systèmes
Faute de normes largement acceptées et utilisées, les ressources dont disposent les gens qui fournissent l'information ou ceux qui utilisent cette information sont de qualité inégale. Ainsi, il est très difficile pour les fournisseurs d'information, les praticiens et les consommateurs d'évaluer la qualité de l'information qu'ils reçoivent au sujet des thérapies complémentaires et parallèles. Il serait utile que les organismes gouvernementaux, les associations professionnelles et les fournisseurs d'information au Canada s'accordent sur des normes communes pour l'évaluation et la sélection et la présentation de l'information sur les thérapies complémentaires et parallèles, puis qu'ils coordonnent leurs travaux dans la promotion et la mise en oeuvre de ces normes.
Aiguillage et compréhension de l'information
Il existe des outils qui permettraient aux gens de trouver et de comprendre plus facilement l'information qu'ils cherchent. Ces outils faciliteraient également la tâche aux personnes qui fournissent l'information. Il s'agirait par exemple :
- de ressources en langues multiples et dans un langage simple;
- d'un glossaire bilingue (anglais et français) sur les thérapies complémentaires et parallèles;
- d'un répertoire des praticiens complémentaires et parallèles;
- d'une liste des organismes et des ressources qui fournissent des informations sur ces thérapies.
Une Meilleure évaluation et application de l'information
Bien qu'il soit impossible de contrôler la quantité et la qualité d'information dont disposent le public et les praticiens, il y a quand même moyen de les aider à évaluer et à mettre l'information à contribution. Il pourrait s'agir d'une liste de contrôle énumérant les points d'information à chercher, de conseils sur le moment où il y a lieu de consulter un professionnel et quand avoir recours à un autre professionnel, ou de listes de sources d'information recommandées.
Rayonnement local
L'information est assimilée lorsque les ressources rencontrent les gens sur place. Il est important de demeurer à l'affût des tendances courantes chez les consommateurs de services thérapeutiques complémentaires et parallèles, ainsi que de tenir compte de la diversité de leurs intérêts et de leurs besoins. Nous avons besoin de mieux comprendre comment les gens prennent des décisions et comment travailler avec les réseaux officieux sur lesquels les gens comptent pour s'informer. Il est essentiel d'assurer l'accès à l'information dans la collectivité même (p. ex. fournisseurs de soins primaires, cliniques communautaires, bibliothèques) et de fournir l'information dans la langue de la personne et selon son niveau d'alphabétisation.
Respect de la diversité et du choix
La diversité est un thème global : les thérapies complémentaires et parallèles sont diversifiées, les consommateurs de ces services sont diversifiés et les raisons pour lesquelles ils y ont recours tout autant. Cette diversité complique la manière dont la recherche est menée, l'information est communiquée, les services de santé sont réglementés et comment les gens font un choix. Il est important que les initiatives et les systèmes propres à recueillir et à fournir de l'information sur les thérapies complémentaires et parallèles soient le reflet de cette diversité, c'est-à-dire qu'ils ne présentent pas une perspective limitée d'une thérapie donnée en mettant l'accent sur un aspect précis seulement (comme son utilité pour traiter une certaine condition).
Sources et systèmes d'information spécialisés
Les fournisseurs d'information comptent sur des sources et systèmes d'information spécialisés différents, à savoir chercheurs, publications scientifiques, praticiens chevronnés, associations professionnelles, autorités de réglementation, systèmes de surveillance, information glanée par les consommateurs et une foule d'autres sources souvent officieuses.
Problématiques
- Bien souvent, les thérapies complémentaires et parallèles sont insufflées d'une approche à la fois individuelle et holistique, de même qu'interactive. C'est pourquoi ces thérapies doivent être étudiées par rapport aux nombreuses dimensions de la vie et de la santé de la personne. Les méthodologies de recherche qui visent à contrôler les facteurs contextuels pour étudier les effets d'un seul facteur ne conviennent pas à ce type d'investigation.
- Les méthodes et les rapports de recherche sont parfois de piètre qualité. Il faut parfois blâmer le manque de compétence et de savoir de ceux qui réalisent les recherches, d'autres fois la difficulté qu'éprouvent ceux qui doivent interpréter des points de vue, des analyses et des concepts qui sont étrangers à la médecine scientifique occidentale. Cette mauvaise qualité peut aussi être attribuable à un manque de connaissance ou de compréhension du sujet à l'étude (comme lorsque des PSN sont étudiés dans des concentrations inférieures aux niveaux thérapeutiques recommandés).
- En général, des études documentaires systématiques sont plus utiles que des études de recherche par elles-mêmes. Toutefois, faute de normes de fabrication et d'uniformité des lots de PSN, on ne peut pas facilement faire de dépouillements systématiques ou tirer des conclusions générales.
- Les praticiens conventionnels (spécialement les infirmières, les pharmaciens et les médecins en soins primaires) sont les experts que les consommateurs de soins de santé et de produits de santé consultent. Or, ces derniers ne sont pas très bien en mesure de conseiller les consommateurs sur les thérapies complémentaires et parallèles, pour différentes raisons. Certains s'y opposent et d'autres ne savent pas de quoi il s'agit. Certains organismes de réglementation professionnels leur interdisent ou les dissuadent de recommander qu'un patient consulte un praticien complémentaire ou parallèle. Certains ne connaissent même pas de praticiens complémentaires ou parallèles vers qui les acheminer. Ils sont peut-être incapables de trouver de l'information ou des recommandations de bonne source sur les thérapies complémentaires et parallèles.
- Du point de vue d'un praticien complémentaire ou parallèle, la manière dont les fournisseurs d'information ou les praticiens conventionnels considèrent leur profession peut amoindrir l'utilité de l'information qu'ils donnent. Ils vont mettre l'accent sur une pratique ou un produit précis, mais ferment l'oeil à une approche globale à la santé et à la guérison. Ils estiment parfois que la thérapie est essentiellement un moyen de traiter une maladie ou une condition et, ce faisant, ils ne tiennent pas compte de l'apport d'une thérapie à la promotion de la santé et du bien-être.
- Les consommateurs de PSN sont une importante source d'information sur les effets de ces produits. Il est regrettable qu'il y ait eu peu de contrôles d'utilisation après la mise en marché de ces produits. Pour qu'un système de surveillance soit efficace, il faudrait notamment que les praticiens prennent des notes précises, que les consommateurs fassent un rapport, qu'il y ait des formulaires normalisés, que les définitions des produits et des pratiques soient normalisées et qu'il y ait des interventions comparables dans les services de santé conventionnels.
- Les organismes vers lesquels les Canadiens et les Canadiennes se tournent en général pour des conseils qui font autorité (p. ex., ministères de la Santé, associations sanitaires volontaires) ne sont pas nécessairement en mesure de faire des recommandations sur les thérapies (indications d'usage, posologie recommandée). Certains refusent de le faire parce que ça ne fait pas partie de leur mandat, parce qu'ils craignent une poursuite au civil, parce qu'ils veulent concentrer leur attention sur un problème de santé, et ainsi de suite.
- Les établissements de santé qui ont adopté des thérapies complémentaires et parallèles ou des lignes directrices à cet égard, hésitent parfois à se prononcer publiquement. Ils craignent peut-être que cela ébranle la réputation scientifique de l'établissement ou suscite des poursuites civiles. C'est pourquoi les informations qui pourraient favoriser l'acceptation à plus grande échelle d'une thérapie n'est pas diffusée régulièrement et ne fait pas l'objet d'une promotion très étendue.
- L'étiquette est une source importante d'information pour les personnes qui utilisent des PSN sans consulter un praticien. Cependant, si les produits et leurs étiquettes ne sont pas réglementés, la qualité n'est pas garantie (information inadéquate, affirmation non fondée, langage pas assez clair, etc.).
- Même si les soins de santé fondés sur des résultats concluants sont prépondérants à l'heure actuelle, on ne sait pas très bien si les praticiens et les consommateurs prennent des décisions à la lumière de ces résultats. Il nous faudrait donc mieux comprendre comment les praticiens et les consommateurs prennent leurs décisions, comment ils obtiennent et évaluent l'information, ainsi que comment ils assimilent de nouvelles connaissances.
Solutions futures
Sources d'information et de savoir
Il existe, à l'heure actuelle, certaines sources potentielles d'information fiable et valable sur les thérapies complémentaires et parallèles qui ne sont pas suffisamment utilisées. Les participants à la table ronde ont fait des suggestions sur ces sources potentielles et comment elles peuvent être davantage mises à contribution :
- Il faudrait qu'une infrastructure soit mise sur pied pour mettre en valeur le potentiel des recherches sur les thérapies complémentaires et parallèles au Canada. Les participants étrangers ont signalé qu'il y a déjà beaucoup de réseautage au Canada.
Une institution disposant de fonds pourrait étayer ce réseautage officieux de nombreuses façons :
- Elle pourrait appuyer la collecte, la rédaction et la diffusion de rapports de cas.
- Elle pourrait mener des études pilotes dans le cadre de la préparation des demandes de subvention aux Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et d'autres organismes qui octroient des subventions à la recherche.
- Elle pourrait assurer la formation et remettre des bourses au personnel pour épauler les praticiens dans leurs recherches et la collecte d'information.
- Elle pourrait appuyer un programme de mentorat, où des praticiens et des chercheurs reconnus aident les novices à parfaire leurs compétences en recherche.
- Elle pourrait établir un partenariat entre les fabricants de PSN et le gouvernement. (Les fabricants, les praticiens et le gouvernement pourraient collaborer à l'établissement d'un système de surveillance après la mise en marché de certains produits.)
- Elle pourrait encourager la reconnaissance mutuelle et des projets de collaboration entre les praticiens conventionnels et les praticiens complémentaires/parallèles.
- D'abord et avant tout - et les participants ont insisté là-dessus - elle pourrait entretenir une liaison solide entre ceux qui recueillent l'information, ceux qui pratiquent en clinique et ceux qui dispensent des soins à l'échelle communautaire.
- Les rapports de cas sont une précieuse source d'information. Nombre de " meilleurs cas " ont été relégués aux oubliettes en attendant que quelqu'un rédige un rapport. Toutefois, les praticiens ont besoin de formation, de fonds et de temps libre pour rédiger quelque chose sur ces cas et les publier. Avec le soutien d'une infrastructure pour la formation et la recherche clinique (voir ci-dessus), il devrait être possible d'aider les praticiens à rassembler et à publier des rapports de cas.
- Il existe des institutions, des régions et des pays où les thérapies complémentaires et parallèles sont monnaie courante. Un dépouillement systématique de l'information sur ces sources pourrait peut-être ramener une plus grande reconnaissance et stimuler de nouvelles recherches. On a cité le dépouillement systématique de l'utilisation de la phytothérapie en Allemagne et le dépouillement systématique de l'utilisation de la Reiki (médecine naturelle) et de la thérapie visuelle offerte aux patients hospitalisés aux États-Unis avant une intervention chirurgicale.
- La diffusion des recherches sur les thérapies complémentaires et parallèles est entravée par les éléments suivants :
- Certaines revues médicales conventionnelles ont des préjugés contre les études faites sur les thérapies complémentaires et parallèles.
- Les bases de données telles que Medline ne comprennent pas toutes les revues spécialisées dans les thérapies complémentaires et parallèles.
- Certaines revues spécialisées en thérapies complémentaires et parallèles ont publié, mais avec réserve, des résumés analytiques dans des bases de données comme Medline.
Tous ces préjugés doivent être surmontés pour qu'il soit possible de diffuser l'information sur les thérapies complémentaires et parallèles sur une plus grande échelle.
- Les études pilotes contrôlées en établissement (p. ex., hôpitaux, établissements de soins, cliniques communautaires) pourraient mener à un dialogue et une collaboration entre les praticiens conventionnels et complémentaires/parallèles. Ainsi, les thérapies complémentaires et parallèles seraient-elles peut-être mieux reconnues. Il pourrait aussi en résulter des méthodes de recherche qui conviennent à la thérapie à l'étude. Les cliniques intégrées qui sont actuellement reconnues par les praticiens conventionnels et les praticiens complémentaires/parallèles ont un rôle à jouer dans la promotion de ces études pilotes.
- Les praticiens ayant une formation double (médecine conventionnelle et méthodes complémentaires et parallèles) ont un rôle central à jouer dans la collecte d'information et la communication de cette information. Parce qu'ils connaissent les deux systèmes, ils sont en mesure de savoir quelles sont les approches, les preuves et la communication dont chaque système a besoin.
- Les médecins en soins primaires s'intéressent de plus en plus au transfert et à l'assimilation de connaissances chez les praticiens et les consommateurs. Peut-être serait-il possible ici d'apprendre quelque chose de ceux qui travaillent sur ces questions dans les soins de santé primaires, ou encore de collaborer à des travaux pertinents pour les soins complémentaires et parallèles.
Les participants de la table ronde ont signalé que tout n'est pas encore résolu dans le monde de la recherche sur les thérapies complémentaires et parallèles. Ils ont parlé de plusieurs difficultés durant la discussion sur les problématiques :
- établissement de critères de recherche propres à la thérapie à l'étude;
- élaboration de méthodes de recherche englobant les multiples dimensions interactives des ACPS;
- savoir éviter les pièges que réservent les recherches réalisées sans connaître suffisamment les thérapies complémentaires et parallèles;
- concevoir des méthodes de recherche propres à étudier les thérapies individuellement.
Vu ces difficultés, il ne suffit pas de simplement insister sur des preuves. Il faut voir comment les preuves sont recueillies, ce qu'elles mesurent, ce qu'elles nous disent et ne nous disent pas, puis comment les appliquer dans les politiques ou la pratique.
Reconnaissance mutuelle
Avant de pouvoir devenir une source d'information spécialisée dans le système de santé sur les thérapies complémentaires et parallèles, il faut qu'il y ait une reconnaissance mutuelle par les praticiens des deux types d'approches. Les participants à la table ronde ont parlé de plusieurs facteurs qui pourraient les amener à le faire :
- lorsque la thérapie complémentaire ou parallèle sera entièrement reconnue (mais pas nécessairement réglementée) par le système de santé ou par un milieu médical particulier;
- lorsque la thérapie apportera une solution à un problème (tel que douleurs chroniques) auquel le système conventionnel est incapable de remédier;
- délimitation du champ d'activité, normes de pratiques, association professionnelle, école accréditée et jurys d'examen pour les praticiens d'une thérapie;
- existence d'ouvrages faisant autorité ou de preuves concluantes concernant la thérapie;
- quand des thérapeutes seront autorisés à travailler aux côtés de praticiens conventionnels dans une clinique ou un hôpital;
- lorsque des praticiens conventionnels connaîtront personnellement certains thérapeutes ou seront au courant de leur travail, qu'ils recommanderaient à des consommateurs (ceci a été mentionné comme étant particulièrement important par les participants à la table ronde);
- lorsque les praticiens conventionnels et les praticiens complémentaires et parallèles parleront le même langage et auront des buts communs;
- lorsque les praticiens complémentaires et parallèles inviteront des praticiens conventionnels, des étudiants et le public à observer leurs pratiques et à apprendre à connaître leurs perspectives sur l'art et la science de la guérison (ce qui pourrait amener certaines personnes à changer d'avis);
- l'existence de facteurs contextuels (tels que politique gouvernementale, couverture par l'assurance ou mouvements de consommateurs) favorisant la reconnaissance et l'utilisation de thérapies complémentaires et parallèles.
Toutefois, les participants à la table ronde ont mis un bémol en précisant que la reconnaissance mutuelle ne sera pas toujours la solution. En effet, si la reconnaissance mutuelle signifie que les thérapies complémentaires et parallèles doivent se conformer aux soins de santé conventionnels, il serait peut-être préférable pour le public d'utiliser les deux systèmes séparément. La plupart des gens comprennent et apprécient le fait que les thérapies complémentaires et parallèles servent de complément aux soins de santé conventionnels. Alors, comment faire en sorte que les deux systèmes évoluent côte à côte? Il faudra des réseaux officiels et officieux de personnes en confiance, basés sur des relations personnelles, des connaissances, des données et de bons résultats sur le plan de la santé.
Collecte, évaluation, sélection et présentation d'information accessible pour les praticiens et les consommateurs
Problématiques
Collecte d'information
La collecte de l'information pour diffusion publique est complexe parce que les sources et les systèmes d'information sur les thérapies complémentaires et parallèles sont si différents. Les difficultés sont les suivantes :
- les multiples sources d'information qui comportent des différences considérables quant au degré d'avancement et à la qualité;
- la piètre qualité de cette information - sur Internet, dans les publications et celle communiquée par des réseaux officiels;
- la qualité inégale de l'information sur différents types de thérapies complémentaires et parallèles (l'information est de meilleure qualité pour certaines thérapies);
- les sources d'information sont éparpillées (livres, journaux, sites Web, organismes professionnels, organismes de réglementation, etc.);
- la difficulté et le coût d'accès aux livres (fréquemment publiés par de petites maisons d'édition) et revues (à tirage limité);
- la couverture incomplète des thérapies complémentaires et parallèles dans les bases de données médicales (Medline, Pubmed, par exemple);
- le manque de coordination entre les bases de données de sorte qu'il faut faire des recherches multiples et avec des méthodes différentes;
- l'absence de méthodes et d'outils pour trouver l'information tirée de l'expérience des consommateurs, de l'expérience des praticiens, des sources régionales ou internationales, des cultures qui transmettent leurs méthodes traditionnelles oralement, ainsi que d'autres sources d'information difficiles à localiser;
- l'absence de normalisation de la technologie, du vocabulaire et de la présentation de l'information sur différents types de thérapies complémentaires et parallèles;
- le problème que pose l'accès à l'information en langues étrangères et l'application d'information traduite, dont le contexte culturel est perdu si le traducteur ne l'a pas bien compris;
- la difficulté de trouver des sources d'information spécialisées et de déterminer les fondements de leur savoir;
- la difficulté d'obtenir de l'information sur les praticiens et les services qu'ils offrent - information incomplète et variable; différences entre les règlements professionnels, les normes, les titres de compétence, l'accréditation; variations entre régions et pays;
- partis pris potentiels dans l'information, telle que celle fournie par les fabricants ou les promoteurs d'une thérapie particulière;
- les ressources financières et humaines requises pour rassembler l'information (ainsi que l'évaluer, faire le tri et la présenter) - les bases de données ou les publications coûtent de l'argent; il faut des compétences et une formation; ce travail prend beaucoup de temps.
Évaluation de l'information
Comme les sources d'information sont si variables, les fournisseurs d'information doivent évaluer celles qu'ils reçoivent ou diffusent. Ceci amène d'autres difficultés. Les participants ont fait les observations suivantes :
- le degré d'acceptation d'une thérapie peut influer sur la présentation et l'évaluation de l'information sur cette dernière;
- il est essentiel de déterminer si l'information sur une thérapie est basée sur une approche holistique ou contextuelle à la thérapie;
- il n'y a pas de consensus sur les normes relatives à l'évaluation de l'information pour en assurer la qualité (source de l'information, contenu, contexte pour l'utilisation de la thérapie, degré d'acceptation de la thérapie, etc.);
- les personnes qui sont appelées à donner l'information sur les thérapies complémentaires et parallèles n'ont pas toutes la même compréhension ou la même expérience, ce qui influe sur la qualité de l'information;
- ce n'est pas tout le monde non plus qui possède l'esprit critique voulu pour l'analyse et l'évaluation de l'information : appréciation critique, connaissance des méthodologies de recherche, connaissances en statistique, connaissance de la thérapie à l'étude, etc.;
- l'évaluation exige des ressources financières et humaines, mais il y a peu de personnes compétentes en évaluation et en communication de l'information;
- l'évaluation doit être communiquée dans un langage simple pour que le public comprenne bien.
Sélection de l'information
Lorsque vient le moment de sélectionner l'information à présenter aux praticiens ou au public, les fournisseurs de l'information ont d'autres écueils à surmonter, à savoir :
- perspective équilibrée de la thérapie : il est important d'inclure divers points de vue et différents types de sources d'information, à condition qu'il ne s'agisse que d'information bien expliquée et de qualité;
- éviter les affirmations sans fondement ou biaisées dans les sources d'information : nous avons besoin de sources d'information indépendantes relativement impartiales;
- valider l'information qui a été sélectionnée;
- actualiser l'information sélectionnée.
Présentation de l'information
Une fois que l'information a été repérée, évaluée et sélectionnée, elle doit être diffusée et présentée d'une manière qui soit accessible aux praticiens et au public. Les difficultés qui se posent sont :
- trouver le bon vocabulaire - un langage qui est fidèle au contexte culturel de la thérapie; un langage qui est le reflet des principes thérapeutiques; un langage accessible à l'auditoire;
- atteindre les populations ciblées par des stratégies de communications qui leur conviennent : communication audio, imprimés, information visuelle, publications s'adressant aux personnes peu scolarisées, accès à l'information communautaire;
- accès aux moyens de communications populaires tels que la télévision et les journaux, dans un langage simple et facile à comprendre;
- présenter l'information d'une manière à laquelle l'auditoire peut s'identifier, afin qu'il y ait vraiment communication;
- faire le lien entre l'information professionnelle et l'information publique, et s'assurer que l'information fournie aux praticiens et celle fournie au public sont à peu près les mêmes (bien que le degré de technicité puisse être différent);
- présenter l'information de manière responsable : information impartiale, éviter le sensationnalisme et les partis pris, indiquer les pour et les contre.
Solutions futures
Exigences fondamentales
Les participants à la table ronde ont cerné les exigences fondamentales pour la collecte, l'évaluation, la sélection et la présentation de l'information sur les thérapies complémentaires et parallèles :
- Ressources financières et humaines : Il faut du temps, du personnel compétent, l'accès aux bases de données, l'accès au savoir et l'accès à de multiples moyens de communication.
- Assurance de la qualité : Il est important d'avoir des critères et des procédures propres à assurer que l'information réponde à certaines normes (p. ex., norme ISO 9000, liste de contrôle des caractéristiques requises d'un site Internet, analyse par des experts, etc.). Ces critères et procédures devraient être acceptés à grande échelle.
- Bases de données normalisées : La collecte d'information serait plus facile si les bases de données étaient normalisées, c'est-à-dire qu'elles offrent le même genre d'outils de recherche et satisfassent des normes d'assurance de la qualité similaires.
- Formules de présentation variées et accessibles : Pour que l'information soit accessible et utilisée, elle doit être offerte en plusieurs langues (langues officielles du Canada, langues autochtones, langues des populations immigrantes), facile à comprendre (niveau d'alphabétisme moyen et faible), sous différentes formes (audio, électronique, imprimée, etc.) et être disponible dans les localités.
- Coordination des points de vue différents : L'information sur les thérapies complémentaires et parallèles devrait tenir compte de la diversité des points de vue des philosophies inhérentes à ces dernières, ainsi que de la diversité des points de vue et des besoins de ceux qui veulent de l'information sur ces thérapies.
- Réseau national d'information sur les thérapies complémentaires et parallèles : Ce réseau coordonnerait la mise au point d'outils de travail, assurerait la tenue d'un catalogue de ressources, acheminerait les personnes aux sources d'information appropriées, fournirait de l'information sur les soins de santé intégrés et ainsi de suite.
Outils essentiels
Les participants de la table ronde ont parlé des outils essentiels qui faciliteraient la collecte, l'évaluation, la sélection et la présentation de l'information aux praticiens et au public :
- glossaire bilingue (langues officielles du Canada) des termes relatifs aux ACPS et aux PSN;
- répertoire actualisé des organismes ou ressources qui fournissent de l'information sur ces thérapies;
- répertoire de praticiens, comportant leurs coordonnées et leur statut réglementaire, les associations professionnelles, leur champ d'activité, leurs titres de compétence, les écoles d'accréditation et les procédures relatives aux plaintes;
- protocole établissant les critères et les procédures propres à assurer la qualité de l'information recueillie et fournie, et qui indique les compétences nécessaires pour mettre ces critères et procédures en oeuvre.
Les participants ont fait observer que l'élaboration d'un outil peut avoir une incidence sur la création des outils subséquents. Par conséquent, il faudrait discuter des rapports entre les outils et de la manière dont les décisions seront prises concernant la portée, le contenu et l'évaluation d'un outil peuvent contribuer (ou entraver) à la mise au point d'autres outils.
Éducation du public et des professionnels sur la réception et l'utilisation de l'information
L'information sur les thérapies complémentaires et parallèles présente un véritable défi pour le public et les praticiens. Dans le contexte actuel, il est difficile pour le public et les praticiens d'absorber la quantité d'information et les affirmations qui sont faites concernant ces thérapies.
Éducation publique
Au chapitre de l'éducation publique, les participants à la table ronde ont cerné les problématiques suivantes :
- cerner et satisfaire les besoins d'auditoires diversifiés : le grand public, les consommateurs potentiels de thérapies complémentaires et parallèles, certaines populations (communautés ethnoculturelles, personnes atteintes d'une maladie ou d'une condition, etc.);
- s'entendre sur un message commun (est-ce possible ou même souhaitable?);
- collaborer avec les médias, importante source d'information pour le public, afin de diffuser cette information;
- collaborer avec les réseaux existants, qu'ils soient officieux (amis, famille, etc.) ou officiels;
- accroître les occasions où le rapport praticien-consommateur permet d'échanger et d'évaluer des informations;
- intégrer l'information sur les thérapies complémentaires et parallèles aux sources d'information conventionnelles sur la santé et les soins de santé;
- mieux équilibrer la manière dont différents fournisseurs (tels que les propriétaires de magasins d'aliments de santé et les pharmaciens) appréhendent et fournissent l'information sur les mêmes thérapies;
- épauler les gens qui s'estiment bombardés d'information;
- aider les gens à trouver l'information;
- développer l'esprit critique des gens afin qu'ils puissent évaluer l'information, puis la mettre en pratique;
- s'entendre sur ceux qui devraient être responsables de fournir les informations faisant autorité;
- accommoder la diversité de points de vue sur les thérapies complémentaires et parallèles.
Solutions futures en éducation publique
- Des stratégies d'éducation publique devraient être élaborées pour satisfaire certains auditoires : le grand public, les consommateurs potentiels de thérapies complémentaires et parallèles, certaines populations (communautés ethnoculturelles, personnes atteintes d'une maladie ou d'une condition, etc.). Une seule stratégie ne convient pas à tous les auditoires.
- Ces stratégies d'éducation publique devraient s'appliquer aux réseaux d'information officiels et officieux existants. Il pourrait être nécessaire de coordonner et d'appuyer le travail de ces réseaux, et d'établir des rapports entre eux.
- Il faudrait développer davantage le rôle des praticiens et des associations professionnelles sur le plan de la sensibilisation publique aux thérapies complémentaires et parallèles. Ainsi, lorsqu'un praticien interroge régulièrement ses patients de manière impartiale sur leur utilisation de thérapies complémentaires et parallèles, il crée un climat propice au questionnement, au dialogue et à l'analyse.
- Il est essentiel de développer chez les gens un esprit critique face à l'information, afin qu'ils puissent se faire une opinion et l'appliquer à leur propre situation. Il est impossible de contrôler le volume, les sources et la circulation de l'information en cette « ère de l'information ». Voilà pourquoi il est indispensable d'avoir l'esprit critique. Il serait utile, par exemple, de fournir aux gens des lignes directrices pour l'évaluation de l'information ou des questions clés à se poser (p. ex., la liste de contrôle du Réseau canadien de la santé à
http://www.canadian-health-network.ca/html/helpf/checklist1f.html).
- Il est important de reconnaître que les gens prennent des décisions en se fondant sur des informations que les professionnels ne jugent pas crédibles ou concluantes. Il faudrait essayer de mieux comprendre comment les gens utilisent l'information et prennent des décisions. Les stratégies d'éducation publique devraient porter sur ces processus décisionnels et les réseaux d'information qu'ils utilisent.
- L'information fournie aux consommateurs devrait être empreinte de différents points de vue. Elle pourrait par exemple offrir trois différents points de vue concernant un problème de santé. C'est une façon de reconnaître et de respecter le droit du consommateur de choisir.
Problématique de l'éducation professionnelle
À de nombreuses reprises durant la table ronde, les participants ont discuté de la manière dont de meilleurs rapports entre les praticiens conventionnels et les praticiens complémentaires/parallèles sont essentiels pour la collecte, l'évaluation et la diffusion de l'information. L'éducation professionnelle joue un rôle clé à cet égard. Certaines des problématiques de l'éducation professionnelle sont :
- dissiper les idées fausses concernant les thérapies complémentaires et parallèles chez les praticiens conventionnels;
- favoriser le dialogue pour que les praticiens conventionnels s'ouvrent davantage à d'autres points de vue au chapitre de la santé, des méthodes curatives et de la maladie;
- convaincre les praticiens conventionnels que les thérapies complémentaires et parallèles peuvent ajouter une dimension valable dans le cadre de la santé et des méthodes curatives;
- mieux renseigner les praticiens conventionnels sur les thérapies complémentaires et parallèles;
- mieux renseigner les praticiens complémentaires et parallèles sur les principes de base de la médecine et des méthodes de recherche conventionnelles1;
- mieux faire comprendre à tous les praticiens - conventionnels et complémentaires/parallèles - quelles sont les limites de tous les types de soins et quand ils devraient recommander un praticien spécialisé.
Solutions futures en éducation professionnelle
- Éducation des praticiens conventionnels : les praticiens existants, les praticiens débutants et les étudiants ont besoin d'être éduqués et formés davantage sur les thérapies complémentaires et parallèles. Ceci devrait faire partie des études de premier cycle, des études supérieures et de l'éducation permanente. Un cours de base sur les thérapies complémentaires et parallèles devrait être exigé dans les programmes d'études de premier cycle.2
- Éducation des praticiens complémentaires et parallèles : les praticiens complémentaires et parallèles ont besoin d'éducation et de formation sur la médecine conventionnelle (anatomie, biologie, etc.) et les méthodologies de recherche. Il faudrait avoir un programme d'études commun sur les thérapies complémentaires et parallèles, parce que les praticiens complémentaires et parallèles ne sont pas nécessairement bien informés sur toutes les approches et les pratiques qui existent.
- Tous les praticiens ont besoin d'être formés dans la localisation, l'évaluation et l'application de l'information sur la santé. Ils devraient être au courant des lignes directrices qui ont été publiées sur l'utilisation de l'information et savoir quelles questions poser lorsqu'ils utilisent cette dernière. Les messages qui s'adressent aux praticiens et à ceux qui les véhiculent devraient être les mêmes que ceux qui s'adressent au public.
- L'interaction et la collaboration entre les praticiens conventionnels et les praticiens complémentaires/parallèles en clinique favorisent l'apprentissage et la sensibilisation de part et d'autre.
- Les associations professionnelles de praticiens conventionnels peuvent faire en sorte que les thérapies complémentaires et parallèles soient reconnues davantage, c'est-à-dire encourager un dialogue, appuyer l'éducation permanente, permettre ou inciter leurs membres à collaborer avec des praticiens complémentaires et parallèles ou les recommander à leurs patients, etc.
- Lorsque Santé Canada établira de nouveaux règlements sur les produits de santé naturels et publiera des monographies génériques sur les produits, il aura l'occasion d'éduquer les praticiens (ainsi que le public). Ce pourrait être l'occasion de lancer une campagne d'éducation conjointe par Santé Canada, les associations professionnelles et les maisons d'enseignement postsecondaire.
Améliorer les liens, l'uniformité et l'intégration de l'information
Problématiques
Une problématique fondamentale au chapitre de l'information et du choix éclairé tient à la complexité des systèmes. C'est ce qui est ressorti lorsque les participants ont exprimé des points de vue divergents sur le rôle possible d'un système donné pour fournir l'information et appuyer un choix éclairé. Par exemple :
- Un ouvrage de référence sur les thérapies complémentaires et parallèles (s'inspirant par exemple du Physician's Desk Manual ou du Compendium des produits et spécialités pharmaceutiques) apparaît comme un élément efficace et souhaitable pour développer une base de savoir commune et une plus grande reconnaissance de ces thérapies. Par contre, à cause de la diversité des écoles de thérapies complémentaires et parallèles, ainsi que du manque de consensus sur les modalités de soins, il serait difficile de réaliser ce projet. En outre, la qualité de l'information dans les ouvrages de référence existants et qui font autorité pose un problème.
- L'objectif ultime est de donner aux consommateurs l'information dont ils ont besoin pour prendre des décisions sur leur santé et leurs soins de santé. Définir ce que les consommateurs nécessitent ou veulent n'est pas si facile. Les consommateurs sont diversifiés et leurs besoins et souhaits le sont autant. Certains voient leur santé uniquement dans une perspective parallèle, tandis que d'autres choisiront de temps à autre une pratique ou un produit parallèle, sans que ce soit pour leur santé en général. Qui plus est, les besoins et les souhaits des consommateurs sont dynamiques, car ils sont influencés par des réseaux officieux, les médias, les nouvelles connaissances, des changements dans les déterminants de la santé, etc. Les praticiens, les intermédiaires dans le domaine de la santé et les associations de consommateurs sont peut-être plus au courant de ce que le consommateur veut ou ce dont il a besoin que les organismes gouvernementaux, les associations professionnelles et les maisons d'enseignement.
- En vue d'établir une base commune de savoir pour tous les praticiens et de s'ouvrir davantage à différentes thérapies, les praticiens conventionnels doivent s'informer sur les thérapies complémentaires et parallèles. Toutefois, il est difficile d'établir cette base sans ouvrages de référence qui font autorité sur les thérapies complémentaires et parallèles. De plus, il n'est pas toujours facile pour les praticiens de se tenir au courant de l'information à laquelle les consommateurs ont accès et qu'ils veulent appliquer. Il pourrait être nécessaire qu'il y ait collaboration entre les praticiens et les consommateurs, afin de comprendre et d'explorer le potentiel curatif des thérapies que le consommateur utilise.
- Depuis 25 ans, la promotion de la santé est un élément clé de la politique canadienne sur la santé. Il semble qu'elle pourrait ouvrir la porte aux ACPS et au bien-être. Un message central dans le cas de la promotion de la santé pourrait être « prendre sa santé en charge ». Mais les divers promoteurs de la santé ne vont peut-être pas l'interpréter de la même façon. Dans quelle mesure est-ce que les praticiens sont disposés à accepter une notion de promotion de la santé autre que la leur?
- Il peut arriver que les mandats d'organismes gouvernementaux, d'associations professionnelles ou d'intermédiaires en santé les empêchent de fournir l'information voulue sur les thérapies complémentaires et parallèles. Notamment, le mandat du Réseau canadien de la santé (RCS) ne permet pas de formuler des recommandations sur des traitements, alors que bien des gens considèrent qu'un traitement peut être une façon de garder la bonne santé. Par ailleurs, les Canadiens et les Canadiennes se tournent parfois vers Santé Canada comme source d'information faisant autorité sur les soins de santé, mais la responsabilité constitutionnelle pour les soins de santé (et les décisions sur les soins à dispenser) appartient aux gouvernements provinciaux et territoriaux. En outre, même si les gens considèrent que les associations professionnelles sont de bonnes sources d'information, ces dernières refusent parfois de recommander certaines pratiques ou certains produits par crainte de perdre leur réputation ou d'être poursuivis en justice.
- Nos options et nos décisions en matière de santé et de services de santé sont fonction de la mesure dans laquelle nous pouvons nous payer certains services ou produits. À l'heure actuelle, nombre de thérapies complémentaires et parallèles ne sont pas couvertes par les régimes d'assurance publics ou privés. Ainsi, seulement les personnes qui peuvent se le permettre financièrement ont accès à ces thérapies, si bien que les personnes moins bien nanties (telles que celles qui sont atteintes de maladies chroniques ou débilitantes) sont forcées de choisir entre ces thérapies et d'autres nécessités. Les gens ont souvent recours aux thérapies complémentaires et parallèles pour maintenir leur état de santé et leur bien-être. En fait, ceci pourrait très bien prévenir la maladie et réduire les dépenses qui s'y rattachent. Il n'existe pas d'algorithme qui permette de calculer le rapport coût-bénéfice ni le rapport coût-efficacité de toutes ces thérapies - qu'elles soient conventionnelles ou complémentaires/parallèles - pour déterminer si elles devraient être couvertes par les régimes d'assurance publics ou privés. Il en résulte que les gens qui se soucient de leur santé en utilisant des thérapies complémentaires et parallèles sont pénalisés financièrement pour leurs efforts.
Solutions futures
Éléments de réponse
Les participants à la table ronde ont soulevé certains éléments de réponse qui aideraient à améliorer les liens, l'uniformité et l'intégration de l'information, à savoir :
- un message commun ( « prendre sa santé en charge » par exemple) destiné au public et aux praticiens, qui engloberait la diversité des thérapies complémentaires et parallèles;
- un ouvrage de référence faisant autorité pour la thérapie (ce qui n'est probablement pas possible pour toutes les thérapies, particulièrement celles en dehors de grands paramètres bien connus);
- formation normalisée sur les thérapies complémentaires et parallèles aux études de premier cycle et en éducation permanente pour les praticiens conventionnels;
- formation des praticiens complémentaires et parallèles sur la médecine et la recherche conventionnelles;
- sensibilité aux intérêts, aux besoins et aux souhaits des consommateurs (les praticiens et les intermédiaires en santé ont un rôle à cet égard);
- assistance prêtée par les intermédiaires en santé pour aider le public à trouver de bonnes sources d'information;
- accès dans les établissements de soins aux bases de données sur les thérapies complémentaires et parallèles, et formation des praticiens sur l'utilisation de ces bases de données;
- collaboration de l'industrie pour la promotion et la dissémination de normes sur la fabrication des PSN (comme un énoncé sur l'étiquette du produit indiquant qu'il est conforme aux normes de Santé Canada);
- engagement du gouvernement en vue d'adopter une approche mieux intégrée à la santé et aux soins de santé par, notamment, l'élaboration de politiques qui tiennent toujours compte des thérapies complémentaires et parallèles; élaborer des outils d'information tels qu'un glossaire bilingue; promouvoir l'établissement d'un programme d'études pour les praticiens; rédiger des monographies génériques et les utiliser pour éduquer les praticiens et le public.
Stratégies à court terme
Les participants à la table ronde ont proposé plusieurs stratégies qui pourraient se révéler efficaces à court terme :
- exploiter le potentiel des réseaux existants ou naissants pour favoriser la communication et les liens entre les praticiens et les consommateurs;
- trouver un terrain d'entente ou renforcer les liens qui existent déjà avec les partenaires qui sont relativement ouverts aux thérapies complémentaires et parallèles (tels que les associations de santé de consommateurs, les médecins de famille et les infirmières);
- exploiter le potentiel de la réglementation et des licences pour favoriser le perfectionnement professionnel des praticiens complémentaires et parallèles et nouer des liens entre les praticiens conventionnels et les praticiens complémentaires/parallèles;
- utiliser les monographies de produits génériques qui seront publiées par Santé Canada pour éduquer le public et les praticiens;
- produire un glossaire bilingue (dans les langues officielles du Canada) des termes de thérapies complémentaires et parallèles;
- recueillir des données sur le recours aux thérapies complémentaires et parallèles par des sondages et des recherches;
- situer les efforts fournis pour appuyer un choix éclairé relativement aux thérapies complémentaires et parallèles dans le contexte du soutien d'un choix éclairé en général;
- fournir des commentaires à la Commission Romanow, afin que les questions relatives aux thérapies complémentaires et parallèles soient soulevées dans le débat général sur les politiques relatives aux soins de santé au Canada.
Annexe A - Liste des participants
Sarah Baillie
Association canadienne de naturopathie
Halifax (N.-É.)
Joanne Barnes
University of London
Londres (R.-U.)
Bethany Becker
Tzu Chi Institute for Complementary & Alternative Medicine
Vancouver (C.-B.)
Heather Boon
Université de Toronto
Toronto (Ontario)
Carole Durand
Prévost (Québec)
Gerry Harrington (absent)
Nonprescription Drug Manufacturers Association of Canada (NDMAC)
Ottawa (Ontario)
Donna Herringer
Association canadienne des aliments de santé
Markham (Ontario)
Sandra Iverson
The Canadian College of Naturopathic Medicine
Toronto (Ontario)
Phyllis Jensen
Université McMaster
Hamilton (Ontario)
Gillian Leverkus
Canadian Herbalist's Association of British Columbia
Mill Bay (C.-B.)
Ted Lo
Friends of Alternative and Complementary Therapies (FACT)
Toronto (Ontario)
Allison McCutcheon
Université de Colombie-Britannique
Vancouver (C.-B.)
Debbie Monkman
Tzu Chi Institute for Complementary & Alternative Medicine
Vancouver (C.-B.)
Susan Murray
Consumer Health Information Service (CHIS)Toronto Reference Library
Toronto (Ontario)
Robbert Scholten
Harvard Medical School
Boston (É.-U.)
Anne Swarbrick
Community AIDS Treatment and Information Exchange (CATIE)
Toronto (Ontario)
Sally Thorne
Université de Colombie-Britannique
Vancouver (C.-B)
Représentants de Santé Canada
Joan E. Simpson
Ottawa (Ontario)
Michael J. Smith
Ottawa (Ontario)
David Hoe
Ottawa (Ontario)
Christine Burgess (Observatrice)
Vancouver (C.-B.)
Irma Boyle (Observatrice)
Ottawa (Ontario)
Facilitators/Animateurs
Theodore de Bruyn
Ottawa (Ontario)
Terry Howard
Vertical Hold Enterprise
Vancouver (C.-B.)
Annexe B - Ordre du jour
Le dimanche 21 octobre
18 h
Souper-buffet
Mot de bienvenue et discours d'ouverture de Santé Canada.
19 h
Table ronde : discours d'ouverture des participants
Les participants se présenteront et décriront ce que sont, à leur avis, les plus grandes difficultés posées par la diffusion d'information et l'appui au choix éclairé dans les domaines des approches complémentaires et parallèles en santé et des produits de santé naturels. Pour ce faire, chacun disposera de cinq minutes.
21 h
Fin des activités
Le lundi 22 octobre
8 h 30
Présentation des activités de la journée
9 h
Petits groupes de discussion sur les sujets suivants :
(1) les sources et les systèmes d'information pertinents;
(2) la collecte, l'évaluation, le choix de la présentation des renseignements accessibles aux praticiens et aux utilisateurs.
Chaque groupe discutera des principales difficultés et suggérera des façons de les surmonter.
11 h
Présentation de comptes rendus des échanges et discussion en séance plénière.
Chaque groupe aura l'occasion de communiquer les résultats de ses discussions et de commenter ceux des autres groupes.
12 h
Dîner (servi dans la salle de réunion)
13 h
Petits groupes de discussion sur les sujets suivants :
(3) sensibilisation du public et des professionnels de la santé à la consultation et à l'utilisation de l'information;
(4) liens, cohérence et intégration en matière de diffusion de l'information.
L'activité se déroulera comme celle de 9 h, mais la composition des groupes sera différente.
15 h
Comptes rendus et discussion en séance plénière
L'activité se déroulera comme celle de 11 h.
16 h
Évaluation et récapitulation
16 h 30
Fin de la réunion
Annexe C - Cinq grandes problématiques
Participant I
Les défis se manifestent lorsque l'on s'efforce d'imaginer un système qui fournirait de l'information et appuierait un choix éclairé. Les éléments d'un tel système seraient les suivants (lesquels présentent un défi) :
- a) Recherches de qualité selon les normes de produits qui sont à la disposition du consommateur. Il faudrait en outre les financer, se doter d'un système pour établir les priorités, etc.
b) Système ou centre d'essais indépendant pour s'assurer que l'étiquette reflète ce que contient le produit et ce qu'il ne contient PAS (pesticides, p. ex.).
- Source(s) indépendante(s) crédible(s) pour la collecte des données et la diffusion de l'information.
- Le consommateur doit être au courant des sources de données et y avoir accès :
a) par un moyen centralisé (Internet, p. ex.)
b) à l'échelle locale - L'analyse de la conjoncture par Santé Canada concernant l'information sur le traitement du VIH/SIDA indique que la plupart des gens veulent être informés dans leur propre collectivité, par leur médecin, leur famille et leurs amis, et par des organismes communautaires (centre d'information en santé par exemple).
- Accès (abordable) du consommateur à des praticiens qui :
a) sont informés sur les produits et savent quelles sont les interactions avec d'autres traitements médicaux;
b) sont ouverts à une panoplie de traitements (complémentaires/parallèles et allopathiques) afin d'obtenir l'effet synergique optimal.
Ceci fait appel à un système intégré de prestations de services de santé.
Il ne faudrait pas cependant oublier la complexité et la confusion entourant les produits et le contexte dans lequel ils sont utilisés (comme l'utilisation des divers ginsengs en médecine chinoise traditionnelle).
- Éducation du consommateur pour qu'il sache quand demander conseil sur les produits utilisés dans les méthodes complémentaires et parallèles. Ceci augmenterait avec l'intégration des services de santé.
Participant II
- Problèmes liés à la recherche et à l'obtention de renseignements fiables, entre autres :
- Les bases de données médicales courantes, telles que MEDLINE et PUBMED, ne renferment pas toujours les publications pertinentes traitant des PSN, mais la situation s'améliore.
- Certaines publications sont difficiles à obtenir ou il est coûteux pour les chercheurs de se procurer des exemplaires des articles publiés.
- Les articles sont publiés dans d'autres langues.
- Certains documents, comme les rapports d'études cliniques, sont parfois inadéquats et ne renferment pas tous les détails pertinents.
- Problèmes liés à l'interprétation et à l'évaluation de l'information, entre autres :
- Les renseignements, comme ceux contenus dans les études sur l'efficacité clinique et l'innocuité des produits doivent être interprétés par des personnes capables de les évaluer de façon critique, des gens qui sont familiers avec la méthodologie de la recherche, qui ont des notions de statistique, etc. La plupart des professionnels de la santé n'ont pas ces capacités et, même s'ils les avaient, ils n'auraient pas le temps d'évaluer des recherches.
- Il faut interpréter l'information dans le contexte et la confronter aux données contenues dans d'autres documents pertinents (p. ex. d'autres études).
- On peut devoir interpréter l'information en tenant compte de celui qui l'utilisera.
- Qualité de l'information :
- La diffusion de rapports et d'études de piètre qualité peut poser problème (voir no 1, plus haut).
- Il est possible que les consommateurs consultent des sites Web qui ne renferment pas de renseignements précis, fiables et à jour.
- Diffusion et accessibilité de l'information :
- Une fois l'information évaluée, interprétée et résumée, comment la rendre accessible à ceux qui l'utiliseront, entre autres aux professionnels de la santé, tels que les pharmaciens et les consommateurs, ou encore, comment tirer profit des sites Web et des publications sur papier?
- La façon de renseigner les patients et les consommateurs sur les risques d'effets indésirables associés à un produit pose aussi problème, par exemple, la probabilité de tels effets et la fréquence des rapports sur les effets indésirables des médicaments (EIM).
- Au Royaume-Uni, on se demande comment le public arrive à faire la distinction entre les produits homologués et ceux qui ne le sont pas; il est encore plus difficile de différencier, parmi les produits non homologués, ceux qui sont de bonne qualité de ceux qui ne le sont pas.
- Actualisation de l'information :
- Comment garder les sources d'information à jour?
Participant III
- Il faut rehausser l'opinion que le public se fait des ACPS en ayant recours à l'éducation et à des praticiens bien formés (délivrance de permis, collèges spécialisés, etc.).
- Les médecins doivent adopter une attitude plus pondérée envers les ACPS. Il faudrait que les infirmières, les pharmaciens et les propriétaires de magasin de produits naturels reçoivent une certaine formation dans ce domaine (normalisée).
- Le financement d'essais scientifiques portant sur l'efficacité et les contre-indications des herbes médicinales fait défaut.
- Les herbes médicinales se vendent à un coût prohibitif. Il faudrait qu'elles soient reconnues par tous les régimes d'assurance de soins médicaux complémentaires, etc.
Participant IV
- L'absence d'organismes canadiens non gouvernementaux ou sans but lucratif qui fourniraient de l'information exhaustive et fondée sur des preuves au sujet de l'utilisation sécuritaire de PSN.
- Le manque de convivialité des outils existants, telle que la base de données américaine IBIDS. Bref, ce ne sont pas des outils pour le grand public.
- Le manque d'uniformité parmi les publications existantes émanant d'une même source (p. ex. Santé Canada) sur des questions telles que les lignes directrices relatives à la posologie des vitamines et des minéraux.
- La réticence des responsables d'initiatives financées par le gouvernement et axées sur les consommateurs à fournir au public canadien des renseignements probants sur l'utilisation sécuritaire et appropriée de PSN, en guise de médicaments ou de traitements. [Cette situation n'est pas étrangère aux contraintes associées au mandat du Réseau canadien de la santé (RCS)].
- Une accessibilité réduite, d'abord au sens physique du terme, c'est-à-dire la capacité d'obtenir ou de pouvoir s'offrir ou consulter des ressources, puis au sens de l'adaptation de l'information à la langue et à la capacité de lecture de ses destinataires. La majorité des renseignements qui circulent sur les PSN sont rédigés dans un niveau de langue très élevé, qui suppose que le lecteur est familier avec la terminologie médicale.
Participant V
- L'information fournie par d'autres naturopathes et praticiens manque de cohérence.
- Les recherches sont insuffisantes.
- Internet renferme beaucoup trop de renseignements erronés et sans fondement. Les patients et moi aurions besoin d'apprendre à déterminer la validité de cette information.
- La naturopathie s'insère difficilement dans le nouveau paradigme de la médecine « fondée sur des preuves ».
- Le système de santé conventionnel fait fi de la naturopathie, soit par ignorance (on réglerait le problème si on éduquait les médecins dans ce domaine), soit par hostilité (sans vouloir généraliser, il arrive qu'elle soit un obstacle).
Participant VI
- Coûts - S'il m'est plutôt facile d'accéder à l'information, je ne peux pas la rendre accessible à qui que ce soit d'autre en dehors de ma région, sans avoir à en absorber les coûts ou à exiger des frais du consommateur. Or, la plupart des « infoconsommateurs » ne veulent pas avoir à payer pour obtenir de l'information.
- Qualité de l'information - Une quantité impressionnante de renseignements dans ces domaines repose sur des opinions, des anecdotes et le matériel promotionnel du fabricant (souvent présenté sous la forme d'un article objectif); cela est particulièrement vrai dans le cas de l'information que l'on trouve sur Internet.
- Culture informationnelle - La population canadienne possède-t-elle une « culture informationnelle », c'est-à-dire la capacité de trouver et d'évaluer l'information sur un sujet? A-t-elle les connaissances nécessaires pour faire des « choix éclairés »? Quant à ceux qui ne possèdent cette capacité (d'ailleurs, on compte parmi eux des gens intelligents qui ont réussi), dans quelle mesure sommes-nous responsables de les aider à l'acquérir et comment nous y prendrons-nous?
Un chercheur d'information a les compétences requises (intelligence informationnelle) lorsqu'il peut :
- reconnaître que l'information peut être utile à la prise de décision et que le fait d'accéder à des renseignements pertinents ne peut qu'améliorer les choses;
- savoir où l'information se trouve et comment y accéder;
- poser un regard critique sur l'information qu'il consulte;
- traiter l'information; ce qui signifie y réfléchir, l'analyser et extrapoler sur ce qu'il pourrait en retirer de valable, compte tenu de ce qu'il vit actuellement; en somme, toutes les capacités mentales poussées;
- exploiter et communiquer l'information.
- Localisation de renseignements de qualité sur les ACPS. La création d'un nombre accru de bases de données dénote une certaine amélioration sur ce plan, mais il subsiste des problèmes, surtout en ce qui concerne l'édition (de nombreux éditeurs de publications spécialisées sont ignorés des grands diffuseurs d'information) et la terminologie (il n'existe aucune norme pour désigner ce corpus de connaissances).
- Résistance de l'infoconsommateur ou surcharge informationnelle - Dans la société actuelle, beaucoup de personnes sont stressées par le foisonnement de renseignements qui leur parviennent chaque jour et sont peu intéressées à en assimiler davantage. Ils veulent que l'information leur soit livrée dans un format acceptable (ce qui signifie habituellement, concis) et qu'elle soit fiable; qui plus est, ils veulent l'obtenir rapidement et gratuitement.
Participant VII
- Être plus réceptif à la demande croissante d'information sur la santé en trouvant un juste équilibre entre la nécessité de s'assurer que cette information satisfait à des normes de qualité élevées et celle de la rendre accessible à la population canadienne.
- Poursuivre la démarche visant à élargir et à approfondir notre compréhension scientifique des ACPS et des PSN.
- Accroître la cohérence de l'information portant sur les ACPS et les PSN parmi les divers médias qui la diffusent (notamment les praticiens).
- S'assurer que les systèmes d'information de tout le système de santé canadien soient en mesure de recueillir ou de diffuser de l'information pertinente sur l'ACPS et les PSN.
Participant VIII
- Certaines modalités, par exemple, la massothérapie, l'homéopathie et la naturopathie, pour n'en nommer que quelques-unes, ne sont régies par aucune association solide et centralisée capable d'élaborer des documents de référence concernant les meilleures pratiques, les codes de déontologie, les domaines de recherche prioritaires, les normes d'agrément, la codification des actes thérapeutiques, l'issue des traitements, la tenue de dossiers médicaux, etc. Il est par conséquent difficile d'évaluer les sources de données informelles relatives à ces thérapies étant donné qu'on ne dispose d'aucun point de repère systématique.
- Dans le cas des thérapies considérées comme ne faisant pas partie des modalités les plus connues - harmonisation énergétique et corporelle, ozonothérapie, chromothérapie, thérapie craniosacrale, thérapie de Gerson, les traitements de Naessens et bien d'autres il est impossible d'établir une littérature de référence puisqu'il n'existe pratiquement aucune base de recherches, quelle qu'elle soit, et que les praticiens du domaine sont souvent des « experts » autoproclamés qui n'ont que rarement fait l'objet d'un processus d'examen par les pairs.
- En ce qui concerne les suppléments diététiques et les produits d'application topique, qui sont le produit de mélanges complexes et indifférenciés (produits à base de glandes surrénales animales, préparations à base d'herbes médicinales, autres produits dérivés de végétaux et substituts de repas, pour ne nommer que ceux-là), on se heurte à l'absence de normes de fabrication et d'uniformité d'un lot de produits à l'autre. Par conséquent, il est impossible d'affirmer qu'un produit est efficace en s'appuyant sur des essais cliniques antérieurs de produits qui, bien qu'ils portent le même nom, ne sont en rien comparables aux produits actuels.
- Le fait que les médecins croient que le consommateur n'a pas les compétences pour prendre lui-même des décisions en connaissance de cause concernant sa santé ou qu'il en est incapable, a créé, dès le départ, un conflit au sein du système de santé. Les médecins ne sont pas disposés à aider le consommateur à répondre à ses propres interrogations, à partir de renseignements sur Internet ou d'ouvrages de médecine, alors qu'ils sont les seuls à pouvoir rédiger de tels documents. Par ailleurs, on compte de nombreux sites Web, financés par des médecins, où l'on dissimule à peine les buts lucratifs de professionnels de la santé qui ont un produit ou un service à vendre. Quant aux gouvernements, ils possèdent peu d'outils pour créer des bases de données qui aideraient les consommateurs à prendre des décisions judicieuses quant à leur santé. En outre, la plupart des organisations de soins de santé intégrés (OSSI) et des assureurs n'ont pas su exploiter la tendance à l'autogestion de la santé, ce qui leur aurait pourtant permis de réduire leurs coûts.
- L'obtention de données probantes sur les résultats de stratégies de traitements intégrés s'appuyant sur une combinaison de thérapies de diverses modalités est un projet ambitieux. En effet, on dispose de peu de modèles permettant de comparer les cohortes entre elles lorsqu'il y a un nombre de variables élevé. Malgré tout, il est bien connu que la valeur des ACPS réside précisément dans leur capacité de moduler avantageusement les thérapies classiques.
Participant IX
- Le manque de renseignements fiables et objectifs.
- Les patients sont confrontés à de trop nombreuses sources d'information (de piètre qualité).
- La qualité des recherches et des rapports de recherche laisse à désirer.
- Notre incompréhension de la façon dont les patients prennent des décisions.
- Le fait que les patients s'en remettent aux expériences de leurs amis et des membres de leur famille pour prendre des décisions au sujet des soins de santé.
Participant X
- Produire de l'information (De quelle information disposez-vous?) - Établir les priorités sur l'information à produire (voir aussi le no 4, plus loin). Ne pas réinventer la roue (s'informer de ce que les autres font, se tailler un créneau, prendre des décisions à savoir s'il faut évaluer, utiliser ou acquérir des ressources existantes ou bien créer nos propres ressources). Nous avons également du mal à trouver des gens qui connaissent suffisamment bien le domaine pour pouvoir rédiger des documents.
- Acquérir, organiser et fournir les ressources nécessaires (Où puis-je la trouver?) - La collecte de l'information sur les ACPS va dans tous les sens. Où dois-je aller pour emprunter des livres? utiliser des bases de données informatisées? obtenir des renseignements sur des organisations? apprendre comment me servir du Web? etc. En dehors des efforts déployés par le Réseau canadien de la santé (RCS) pour augmenter l'accès à des ressources sur le Web, et de la présence des bibliothèques publiques qui peuvent combler les besoins d'une certaine population, les collections de ressources spécialisées dans ce domaine ne sont pas légion.
- S'adresser à des experts (À qui puis-je m'adresser?) - Étant donné que la plupart des pratiques relevant des ACPS n'ont pas encore été évaluées et consignées comme le sont les traitements dispensés en médecine conventionnelle, les professionnels de la santé doivent s'en remettre à l'avis d'un expert. Or, il existe des liens informels à l'intérieur de chaque système de santé, mais pas entre les systèmes. Par exemple, comment puis-je mettre un pharmacien et un médecin exerçant dans un hôpital communautaire en contact avec un spécialiste des herbes médicinales chinoises capable (1) d'interpréter une ordonnance rédigée en chinois pour des plantes médicinales; (2) d'expliquer la pharmacologie de ces plantes et (3) de décrire les effets qu'elles peuvent avoir sur l'état du patient (atteint d'une dysfonction de multiples organes)? On se heurte à des problèmes similaires avec les consommateurs. Comment peuvent-ils être mis en contact avec les personnes et les organisations les mieux placées pour les aider à comprendre l'information?
- Diffuser l'information (comment puis-je en apprendre plus sur...?) -Communiquer des notions ou des philosophies complexes dans un langage clair et compréhensible. Il ne s'agit pas uniquement de l'utilisation d'un jargon mal compris, mais aussi du défi que représente de faire passer les gens de la notion d'un modèle médical simpliste (dans le domaine des ACPS) à la compréhension des influences que le corps, l'esprit, la pensée et la conscience exercent sur la santé. Par exemple, face à la question « Mon mari est atteint d'une maladie du coeur, quel type d'approche complémentaire ou parallèle lui serait bénéfique? », il devient nécessaire d'évaluer, à l'aide d'une série de questions complexes, les croyances qu'entretient la personne face à sa santé et les buts qu'elle s'est fixés dans ce domaine, plutôt que de se contenter de lui remettre de l'information sur les remèdes éprouvés en cardiopathie.
- Diffuser l'information (comment puis-je en apprendre plus sur...?) - Garantir la fiabilité et la pertinence de l'information. Trop souvent, l'information mise à notre disposition dans les revues et les sites Web ne peut être considérée comme digne de foi. C'est tout particulièrement vrai lorsqu'on aborde de nouvelles thérapies et des problèmes de santé peu fréquents, mais c'est justement sur ces questions que nous risquons le plus d'être interrogés. En attendant l'avènement de ressources plus fiables, il faut s'assurer que les consommateurs ont accès à toutes sortes de renseignements. Toutefois, pour qu'ils puissent faire des choix éclairés à propos de leur santé, ils doivent acquérir une culture informationnelle en matière de santé.
Participant XI
- Créer un climat de collaboration d'un bout à l'autre du réseau pour que l'information reçue et transmise soit la même, peu importe de quel membre elle provient.
- Accroître la crédibilité des ACPS par la diffusion d'études et d'expériences.
- Beaucoup de traitements revêtent un intérêt et une valeur considérables; voilà pourquoi il importe d'informer les médecins et les spécialistes des résultats de ces traitements. On pourrait y parvenir en formant les différents collaborateurs.
- Faire la distinction entre un produit thérapeutique et un produit en vente libre.
- Faire en sorte que les consommateurs aient accès à des produits plus abordables.
Participant XII
- Il y a peu de ressources portant sur les ACPS faisant autorité et fondées sur des preuves, qui sont rédigées dans un langage que les consommateurs peuvent comprendre. Le processus d'examen par les pairs n'est pas non plus aussi bien établi ou aussi fréquent qu'en médecine conventionnelle.
- On ne dispose pas d'une terminologie normalisée pour désigner la grande diversité des pratiques des ACPS.
- Peu de « PSN » font l'objet d'une réglementation ou d'une normalisation, sans compter que ces produits sont de plus en plus présents sur le marché et font l'objet d'une promotion qui sème la confusion au sein du public quant à leurs bienfaits potentiels. En effet, nous sommes souvent confrontés à des questions sur des produits commerciaux qui n'ont fait l'objet d'aucune autre recherche que celles menées par leur fabricant ou distributeur.
- Les consommateurs saisissent mal la différence entre la médecine et les pratiques conventionnelles (notamment en ce qui concerne les médicaments) et les ACPS. Ils croient que parce qu'un produit est « naturel », ils peuvent en consommer aveuglément, en toute sécurité, et ils supposent que Santé Canada réglemente ces produits.
- L'insuffisance de renseignements sur les praticiens des ACPS, c'est-à-dire l'absence de listes et de répertoires exhaustifs, de qualifications, d'une réglementation et d'une procédure de traitement des plaintes.
Participant XIII
- Information sur la santé associée aux produits et aux thérapies : types de sources d'information et de ressources humaines requises pour la collecte, l'évaluation et la présentation de l'information sous une forme utile.
- Information accessible et objective sur les praticiens.
- Mécanismes de diffusion : divers médias et promotion adéquate.
- Sensibilisation du public à la collecte et à l'utilisation de l'information.
- Partage de l'information entre toutes les professions de la santé (médecine conventionnelle ou ACPS).
Participant XIV
- Conceptualiser la nature des données scientifiques (comme celles qui établissent l'efficacité, l'innocuité, etc.) et éveiller la conscience du public à la façon d'interpréter les données.
- Mettre au point des stratégies d'évaluation appropriées de l'innocuité qui reposent sur différentes sortes de données.
- Mettre en place des mesures adéquates pour protéger efficacement le public contre les allégations trompeuses sur les produits (pour la médecine conventionnelle comme pour les ACPS).
- Instaurer des mécanismes qui intègrent l'orientation et le respect entre les praticiens de divers domaines.
- Élaborer des méthodologies de recherche appropriées qui tiennent compte des divers savoirs traditionnels, des méthodes traditionnelles de guérison, ainsi que des aspects de l'expérience humaine de la santé et de la maladie.
Participant XV
- Évaluer, si les produits ou thérapies sont appropriés et efficaces, compte tenu du résultat souhaité et, par la suite, assurer leur surveillance après la mise en marché, surtout dans le cas des PSN.
- Évaluer les allégations des fabricants et thérapeutes en fonction des résultats espérés par l'utilisateur.
- Intégrer l'information sur les ACPS (en particulier l'information relative aux PSN) à d'autres approches.
- Diffuser de l'information pour aider l'utilisateur à évaluer les modalités, les coûts, les résultats, ainsi que les interactions possibles avec d'autres traitements et d'autres produits (médicaments).
- Créer des mécanismes pour informer les utilisateurs et les aider à faire des choix éclairés.
1 En août 2001, Santé Canada a commandité un atelier visant à éduquer les praticiens complémentaires et parallèles sur les méthodes de recherche.
2 L'Association des facultés de médecine du Canada, en collaboration avec Santé Canada, a lancé un projet pilote à l'université de Calgary, qui intègre les thérapies complémentaires et parallèles aux programmes d'études de premier cycle en médecine.