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Le présent document de travail donne un vaste aperçu des problèmes relatifs à l'élaboration d'un programme de recherche dans le domaine des produits de santé naturels (PSN), des approches complémentaires et parallèles en santé (ACPS) et du VIH/sida. Le but du présent rapport est de faciliter la discussion et de déterminer les besoins prioritaires pendant la table ronde sur invitation à-propos du rôle des PSN et des ACPS chez les personnes vivant avec le VIH/sida : Élaboration d'un programme de recherche. La Direction des PSN, en collaboration avec la Division des stratégies en matière de ressources humaines en santé et la Division des politiques, de la coordination et des programmes sur le VIH/sida de Santé Canada a organisé cette table ronde en mars 2002.
Les objectifs de la table ronde sont :
Le travail de base de la table ronde a débuté par des consultations antérieures dans le domaine du VIH/sida et celui des ACPS et des PSN. À partir de ces consultations, le document de travail :
Le renforcement de la capacité de recherche et la progression du programme de recherche sur les ACPS et les PSN s'améliorent rapidement au Canada. Les chercheurs, les praticiens, les consommateurs, les fournisseurs d'information, l'industrie, le gouvernement et les bailleurs de fonds pour la recherche examinent activement les façons concrètes et précises pour aller de l'avant.
Dans ce contexte, il existe des synergies possibles entre le domaine du VIH/sida et celui plus étendu des ACPS/PSN. Grâce à leur vaste expérience de l'utilisation des ACPS/PSN, de la recherche, des organismes communautaires, des relations avec l'industrie, de la consultation et des groupes de pressions, les gens et les organismes oeuvrant dans le domaine du VIH/sida peuvent contribuer grandement à la recherche sur les ACPS/PSN.
D'autre part, cette progression dans le secteur plus étendu des ACPS/PSN pourrait aider à renforcer la capacité du domaine du HIV/sida à déterminer et à renforcer la recherche sur les ACPS et les PSN, de même que d'y participer, en particulier pour ce qui est de la recherche pertinente pour les personnes vivant avec le VIH/sida.
La table ronde des 10 et 11 mars 2002 visait à explorer les possibilités de collaboration et de renforcement mutuels sur les points suivants :
Ces domaines, en matière de consultations sur le VIH/sida et/ou de consultations sur les ACPS/PSN, ont été déterminés comme des champs d'action. L'objectif global de cette table ronde est de définir et de choisir les priorités principales pour chaque domaine et de définir des stratégies en vue de renforcer ces priorités.
Ce document de travail vise à fournir des renseignements de base et à stimuler la planification stratégique pour favoriser l'établissement d'un programme de recherche sur les produits de santé naturels (PSN), les approches complémentaires et parallèles en santé (ACPS), et le VIH/sida. Le document se veut une source pour les participants à la table ronde sur invitation en ce qui a trait au rôle des PSN et les ACPS sur le VIH/sida : élaboration d'un programme de recherche qui a eu lieu les 10 et 11 mars 2002. La table ronde est organisée par la Direction des produits de santé naturels (DPSN), en collaboration avec la Division des stratégies en matière de ressources humaines en santé et la Division des politiques, de la coordination et des programmes sur le VIH/sida de Santé Canada.
Objectifs de la table ronde :
Les jalons ont été posés lors de consultations antérieures avec les intervenants des domaines du VIH/sida et des ACPS/PSN (voir les références ci-dessous). Le présent document de travail s'appuie sur ces consultations pour :
Le National Center for Complementary and Alternative Medicine des États-Unis définit les ACPS (également appelé médecines complémentaires et parallèles ou MCP) comme suit (
http://nccam.nih.gov/health) :
Les médecines complémentaires et parallèles (MCP) englobent un éventail de philosophies, d'approches et de thérapies en matière de guérison. On définit généralement ce type de médecine comme les traitements et les thérapies médicales peu enseignés dans les écoles de médecine, habituellement non utilisés par les hôpitaux et non remboursés par les compagnies d'assurance médicale.
On désigne plusieurs thérapies comme « holistiques », ce qui signifie généralement que le professionnel de la santé tient compte de l'ensemble de la personne, y compris les aspects d'ordre physique, psychologique, émotionnel et spirituel. On désigne également plusieurs thérapies comme « préventives », ce qui signifie que le praticien, plutôt que de réagir une fois les symptômes apparus, sensibilise et traite la personne pour prévenir l'apparition de problèmes de santé.
Les personnes ont recours à ces traitements et à ces thérapies de diverses façons. Les thérapies sont utilisées seules (souvent appelées thérapies alternatives), en concomitance avec d'autres thérapies alternatives ou comme complément à des thérapies conventionnelles (on parle quelques fois de thérapies complémentaires).
Certaines approches sont compatibles avec les principes physiologiques de la médecine de l'Ouest, alors que d'autres représentent des systèmes de guérison d'origine différente. Bien que la théorie et la pratique médicales conventionnelles ne reconnaissent pas certaines thérapies, d'autres commencent à s'établir dans la médecine conventionnelle.
Les ACPS peuvent comprendre l'utilisation de PSN. Selon le Règlement sur les produits de santé naturels proposé (Gazette du Canada, Partie I, le 22 décembre 2001, p. 4939), « produit de santé naturel » réfère à une substance ou une combinaison de substances, une préparation homéopathique ou un remède traditionnel qui est fabriqué, vendu ou présenté comme pouvant servir :
Aux fins du Règlement, certaines substances (annexe 1) y sont assujetties et d'autres (annexe 2) ne le sont pas.
La présente table ronde, comme d'autres initiatives semblables, a lieu dans un contexte où les Canadiens et les Canadiennes ont de plus en plus recours aux ACPS et aux PSN. Plusieurs personnes adoptent ou utilisent des ACPS en tant que forme d'autonomie en matière de santé et peuvent avoir recours simultanément à plusieurs produits ou pratiques. Même si de plus en plus de personnes informent leur médecin et leur pharmacien quant à leur recours aux ACPS ou aux PSN, plusieurs ne le font toujours pas. En fait, plus de personnes ont recours aux PSN plutôt qu'aux médicaments d'ordonnance ou que de consulter un médecin. On voudrait, d'une façon générale, qu'il y ait de l'information fiable sur les ACPS et les PSN - que sont-ils? obtiendrai-je des résultats? où puis-je me les procurer? combien coûtent-ils? qui va les payer? - mais il y a également un manque d'accès rapide à l'information. En raison de l'incertitude et de l'aspect négatif entourant les ACPS et les PSN au sein du régime de soins de santé de médecine conventionnelle (ou de l'Ouest) qui prévaut, les personnes ayant recours aux ACPS et aux PSN ne sont pas enclins à en discuter avec leur fournisseur de soins de santé, à mentionner les effets indésirables et à obtenir des renseignements utiles de leur fournisseur de soins de santé. Il y a cependant des initiatives en cours, dont quelques unes sont décrites ci-dessous, visant à mieux renseigner sur les ACPS et les PSN, à améliorer la formation des professionnels en ce qui a trait aux ACPS et aux PSN, à fournir des renseignements fiables et accessibles aux personnes qui ont recours aux ACPS et aux PSN ainsi qu'à établir la valeur des ACPS et des PSN au sein du système de la santé.
Dans ce contexte, la présente table ronde est axée sur la façon de favoriser la recherche sur les ACPS et les PSN au Canada, particulièrement par rapport au VIH/sida.
Le rôle que joue chaque organisateur de la table ronde est distinct du centre d'intérêt de la table ronde, à savoir la façon de favoriser la recherche sur les ACPS et les PSN par rapport au VIH/sida. Les organisateurs sont définis ci-dessous.
La Direction des produits de santé naturels (DPSN, connue à l'origine sous le nom de Bureau des produits de santé naturels), Direction générale des produits de santé et des aliments, Santé Canada, a été crée en 1999. Elle a pour mandat « d'assurer aux Canadiens et aux Canadiennes un accès rapide à des PSN qui sont sûrs, efficaces et de haute qualité, tout en respectant la liberté de choix ainsi que la diversité philosophique et culturelle. » Conformément à son rôle principal consistant à réglementer les produits, la DPSN a publié, en décembre 2001, un cadre de réglementation proposé pour les PSN.
Malgré que le rôle principal de la Direction soit de réglementer les produits, on a rédigé des dispositions pour que la Direction puisse soutenir la recherche sur les PSN. La Direction dispose actuellement d'un million de dollars par année pour la recherche. Jusqu'à ce jour, elle a procédé à des consultations sur la façon d'utiliser ses fonds de recherche. Ces consultations étaient générales - élaborer un programme de recherche global pour la Direction - et ciblées - explorant, au moyen d'une série de conférences sur l'établissement des priorités, un certain nombre de sujets particuliers comprenant entre autres les interactions des médicaments avec les PSN, le rôle des PSN dans la santé des enfants et des adolescents ainsi que les normes et le contrôle de la qualité relatifs aux PSN. La Direction a exploré ces sujets individuellement ou en collaboration avec des organismes communautaires et des partenaires gouvernementaux. Le but recherché est de placer la Direction dans une position lui permettant de soutenir activement les projets de recherche et les initiatives dans un avenir rapproché, directement et en collaboration avec d'autres organismes de financement. Bien que les ACPS aient, dans le contexte, un impact sur les PSN, le programme de recherche de la Direction met plutôt l'accent sur les produits que sur la pratique.
Bien que la Direction n'ait pas de mandat précis quant au VIH/sida, les PSN constituent depuis longtemps une option que choisissent les personnes vivant avec le VIH/sida. Puisqu'une partie de son mandat est de créer des partenariats au sein de la communauté, la Direction tient à faciliter des façons de réaliser des recherches portant sur l'utilisation des PSN dans la prévention et le traitement du VIH/sida.
La Division des stratégies en matière de ressources humaines en santé, Direction générale de la politique de la santé et des communications, Santé Canada, a élaboré un dossier stratégique sur les ACPS, examinant les vastes conséquences sur le système de santé qu'engendre cette question de santé d'actualité et les conséquences futures.
En 2001-2002, on examinera entre autres les domaines suivants :
À compter du 1er avril 2002, le dossier stratégique sur les ACPS sera transféré à la DPSN, fournissant ainsi l'occasion de tenir compte de questions interdépendantes liées à la pratique, au praticien et au produit. Dans le cadre de son mandat actuel relativement à des questions liées aux ressources humaines en santé et au système de santé, la Division des stratégies en matière de ressources humaines en santé continuera de fournir l'occasion de prêter attention aux ACPS en ce qui a trait aux approches paramédicales et interdisciplinaires et d'appuyer l'initiative actuelle axée sur les ACPS dans les programmes de sciences de la santé.
La Division des politiques, de la coordination et des programmes sur le VIH/sida du Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses, Santé Canada, est responsable de la coordination de la Stratégie canadienne sur le VIH/sida (SCVS). La SCVS a été lancée en 1998 en s'appuyant sur des consultations nationales d'envergure. S'ajoutant aux deux stratégies nationales précédentes sur le sida, la SCVS n'a pas de contraintes temporelles, permettant ainsi une planification à long terme.
On a formulé, dans le cadre de consultations nationales, des recommandations sur les ACPS. Les projets que Santé Canada finance à cette fin comprennent :
De nombreuses personnes vivant avec le VIH/sida ont recours aux ACPS et aux PSN pour le maintien de leur santé ou à titre d'important outil de promotion et de maintien de la santé. La SCVS, guidée par la recommandation visant à supprimer les obstacles à l'accès à des traitements et à de l'information relative à des traitements complémentaires et parallèles, poursuivra son évolution dans ce domaine.
Des 42,2 millions de dollars affectés annuellement à la SCVS, 13,5 millions de dollars sont destinés à la recherche. De cette somme, les gestionnaires des Instituts de recherche en santé du Canada gèrent 11,7 millions de dollars et de ce montant, 3,5 millions de dollars sont affectés au Réseau canadien pour les essais VIH. La Division des politiques, de la coordination et des programmes sur le VIH/sida gère le 1,8 million de dollars restant, lequel est consacré à la recherche communautaire et, de ce montant, 800 000 $ doivent être consacrés à la recherche dans les communautés autochtones.
L'orientation en matière de soins, de traitement et de soutien aux personnes vivant avec le VIH/sida a changé (MacDonald et al, v; MacAmmond, 13; Cain et al, v) :
Cette nouvelle orientation est associée à l'arrivée de la polychimiothérapie antirétrovirale (Kendall, 1; Cain et al, 9). Le succès qu'obtiennent ces médicaments à réduire la charge virale et à prévenir la progression de la maladie est un aspect positif qui encourage les personnes vivant avec le VIH/sida à penser à la promotion de la santé et à la prévention de la maladie à long terme. Par contre, les effets secondaires des médicaments constituent un aspect négatif qui fait en sorte que les personnes vivant avec le VIH/sida cherchent des façons de gérer la toxicité de ces médicaments et de prendre des décisions relatives au traitement fondées sur leur état de santé général.
Les ACPS et les PSN font partie intégrante des stratégies en matière de santé et de mieux-être des personnes vivant avec le VIH/sida. Les thérapies utilisées sont nombreuses. Parmi celles que l'on mentionne fréquemment figurent les vitamines et les minéraux, la nutrition et les régimes alimentaires spéciaux, des techniques corps/esprit, des thérapies physiques et des massages ainsi que des agents médicinaux et à base de plantes (y compris la marijuana). Il y a d'importantes différences entre les femmes et les hommes qui ont recours aux ACPS/PSN. Pour un résumé des études canadiennes, voir Crouch et al, 122-124 (cf. Achilles et al, 269; MacAmmond, 11; Kendall, 5).
Le nombre de personnes vivant avec le VIH/sida déclarant utiliser une thérapie complémentaire/parallèle est plus élevé que celui déclarant consulter un praticien complémentaire/parallèle (Cain et al, 20). Pour certaines personnes, il en est ainsi parce qu'elles n'ont pas les moyens financiers de consulter un praticien (Kendall, 12). Il peut également en être ainsi en raison du fait que bon nombre de thérapies complémentaires/parallèles ne nécessitent pas l'intervention d'un praticien (Cain et al, 21). L'automédication de PSN est une stratégie à laquelle plusieurs personnes vivant avec le VIH/sida ont recours lorsque leurs moyens financiers pour utiliser des ACPS sont limités. Une autre stratégie consiste à utiliser des ACPS/PSN en alternance, en utilisant un produit un mois et un autre produit le mois suivant. Certaines personnes vivant avec le VIH/sida mangent moins pour payer des PSN (Kendal, 12-13).
Les raisons qu'invoquent le plus souvent les personnes vivant avec le VIH/sida pour avoir recours à des thérapies complémentaires/parallèles comprennent (Crouch et al, 16; Kendall, iv, 5-10; MacAmmond, 12) :
Les risques associés à l'utilisation des ACPS et des PSN par les personnes vivant avec le VIH/sida comprennent (Kendall, iv, 12-13) :
Les personnes vivant avec le VIH/sida et les praticiens (conventionnels et complémentaires/parallèles) sont confrontés au problème que constitue l'obtention de renseignements fiables et utiles sur les ACPS et les PSN, particulièrement en ce qui a trait à l'innocuité et à l'efficacité des thérapies ainsi qu'aux interactions possibles entre les PSN et les médicaments (MacDonald, 14, 27, 29, 33). En outre, bon nombre de personnes vivant avec le VIH/sida ont de la difficulté à comprendre l'information car elle n'est pas présentée dans un format facile d'accès à un niveau approprié d'alphabétisation (MacDonald, 17).
Pour les personnes vivant avec le VIH/sida, les principales sources d'information comprennent les personnes informées, les organisations nationales de lutte contre le sida, les organismes locaux/régionaux de lutte contre le sida, les conférences et les rencontres ainsi que les médias populaires (MacDonald, 23; Kendall, 15). L'établissement de réseaux de personnes vivant avec le VIH/sida - combinant leurs connaissances sur le VIH/sida et celles sur les ACPS et les PSN - constituent une importante source d'information (Kendall, 17). Bon nombre de personnes vivant avec le VIH/sida préfèrent recevoir en personne des renseignements sur les traitements d'une personne avec qui ils ont établi un rapport de confiance, comme leur fournisseur de soins de santé, un membre du personnel ou un bénévole d'un organisme de services en matière de sida ou d'une personne elle-même vivant avec le VIH/sida (MacDonald, 16).
Certaines personnes vivant avec le VIH/sida consultent abondamment Internet, mais il y a des populations qui n'y ont pas accès (MacDonald, 12, 17). Cependant, l'évaluation de la qualité d'un site Web est difficile et demande beaucoup de temps (MacDonald, 41). Il est nécessaire de posséder les compétences essentielles à l'évaluation et à l'application de l'information.
Alors que les personnes vivant avec le VIH/sida se tournent vers les fournisseurs de soins de santé pour obtenir des renseignements dans le but de prendre des décisions quant à leur santé, l'aide que les praticiens conventionnels et complémentaires/parallèles sont en mesure de fournir est souvent limitée. Les praticiens conventionnels ne connaissent peut-être pas les ACPS et les PSN ou il ne s'y intéressent peut-être pas ou ne les appuient peut-être pas. Les praticiens complémentaires n'ont souvent pas de connaissances à l'égard du VIH/sida (Kendall, 18). Toutefois, lorsque les praticiens conventionnels sont prêts à dialoguer avec leurs patients au sujet des ACPS et des PSN, ils ont la confiance de leurs patients, ils aident à atténuer les interactions possibles entre les PSN et les médicaments et aident à réduire le coût et le fardeau de la médication associés aux ACPS (Kendall, 24).
Les praticiens conventionnels et complémentaires/parallèles soulignent le besoin d'obtenir plus d'information fondée sur les résultats cliniques et scientifiques au sujet des thérapies complémentaires et parallèles (MacDonald, 31, 33). En outre, les praticiens complémentaires/parallèles souhaitent obtenir de l'information sur la pertinence ou la non pertinence du recours à diverses thérapies lorsque l'infection du VIH en est à un stade particulier ou dans le cas d'une infection opportuniste particulière. (MacDonald, 32).
Les consultations sur les ACPS, les PSN et le VIH/sida ont permis de déterminer plusieurs façons qui favoriseraient la recherche dans ce domaine (Vers des soins intégratifs, 9-11; Crouch et al, 107-116; MacAmmond, 35-42; Kendall, viii). En voici le résumé :
La DPSN et la Division des stratégies en matière de ressources humaines en santé, Santé Canada, ont tenu des consultations portant sur des questions liées aux ACPS/PSN : les priorités de recherche, la capacité de recherche et l'alphabétisation, les interactions entre les PSN et les médicaments, l'information et les décisions éclairées ainsi que le droit de la santé et l'éthique. Ces consultations fournissent une vue d'ensemble du contexte de la recherche sur les ACPS/PSN ainsi que l'information relative à des stratégies suggérées pour aller de l'avant.
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), en tant que principal bailleur de fonds de la recherche sur la santé au Canada, jouent un rôle essentiel dans le développement de la capacité de recherche sur les ACPS/PSN. Leur objectif est d'exceller, selon les normes internationales reconnues de l'excellence scientifique, dans la création de nouvelles connaissances et leur application en vue d'améliorer la santé de la population canadienne, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada.
Les IRSC financent la recherche dans les domaines suivants :
Le financement régulier possible au sein des IRSC comprend :
Le financement stratégique possible au sein des IRSC comprend :
Même si les IRSC n'avaient pas accepté d'établir un institut consacré à la recherche sur les ACPS/PSN, comme il était souhaité au départ, ils commencent à s'intéresser à ce domaine. Plusieurs instituts collaborent avec la DPSN en vue de définir des priorités de recherche stratégiques sur les ACPS/PSN. Il est important de tenir compte d'éléments relatifs à la participation des IRSC dans ce domaine, parmi lesquels :
Afin de soutenir la recherche sur les PSN, la DPSN y a, depuis sa création en 1999, affecté un million de dollars annuellement de son budget. Le principal rôle de la DPSN étant de réglementer les produits, et non de financer la recherche, elle a jusqu'à maintenant agi à titre d'animateur et de partenaire en recherche. Lorsque la DPSN agit seule, elle a pour mandat d'appuyer les activités de recherche qu'à l'égard des PSN. Pour étudier les questions plus vastes de recherche sur les ACPS, la DPSN collabore avec des partenaires.
La DPSN a regroupé des intervenants pour définir les besoins en recherche sur les PSN et a établi des partenariats avec les IRSC et d'autres fondations de recherche. Elle est également dans une position lui permettant d'entreprendre des projets précis pour « servir » de tremplin à la recherche sur les PSN. Ces projets comprennent les demandes de bourses de formation du personnel des IRSC et de la DPSN, l'élaboration d'un programme, des subventions pour le démarrage de projets de recherche, etc.
Grâce à ses consultations, la DPSN a défini quatre initiatives stratégiques (Smith, 4-5) qui sont :
La DPSN a récemment demandé conseil aux intervenants relativement aux activités futures dans le domaine de la recherche sur les PSN. Il est ressorti de la consultation qu'à court terme, la DPSN (O'Hara, i-ii) devrait :
Les activités de la DPSN ayant trait à la recherche sur les PSN visent le soutien d'un cadre réglementaire proposé pour les PSN au Canada, ce qui comprend des activités telles que la gestion d'une information nouvelle sur les PSN, le développement de la capacité de recherche, etc. Le Règlement sur les produits de santé naturels proposé a été publié dans la Gazette du Canada, Partie I, le 22 décembre 2001, pp. 4912-4971 (disponible depuis l'adresse suivante : http://canadagazette.gc.ca/partI/2001/20011222/pdf/g1-13551.pdf) (Version PDF). Le Règlement s'appliquerait aux produits qui correspondent à la définition des PSN (voir ci-dessus). Les PSN seraient considérés un sous-ensemble de médicaments aux termes de la Loi sur les aliments et drogues. Voici les principaux éléments du Règlement proposé :
En vertu de ce Règlement, la DPSN constituera l'organisme chargé d'approuver les essais cliniques portant sur les PSN.
Le manque de sensibilisation, de connaissances, d'expérience et de compétence relatif à la recherche et aux méthodes de recherche dont font preuve les praticiens et les éducateurs complémentaires/parallèles constituent un obstacle à la recherche sur les ACPS/PSN. Un atelier tenu récemment a permis de déterminer quatre besoins essentiels (Boon, 2, 10-13) :
L'atelier s'est traduit par de nombreuses recommandations particulières sur la façon de répondre à ces besoins et l'établissement de quatre stratégies prioritaire (Boon, 2) :
La diffusion et l'utilisation d'information fiable sur les ACPS/PSN ainsi que l'habilitation des personnes à prendre des décisions éclairées à l'égard des ACPS/PSN est un thème permanent des consultations sur les ACPS/PSN, y compris des consultations avec les personnes vivant avec le VIH/sida. Une table ronde sur l'information et les décisions éclairées tenue récemment s'est penchée sur quatre domaines préoccupants (de Bruyn 2001a) :
Les participants ont formulé plusieurs recommandations quant à la façon de générer des renseignements et des connaissances qui répondraient aux besoins des consommateurs et des praticiens :
Le recours aux soins et aux produits de santé - conventionnels ou complémentaires/parallèles - comprend la prise en compte d'éléments liés à la conduite éthique et juridique des fournisseurs de soins de santé, aux établissements de soins de santé et aux fabricants de produits de santé. Ces éléments ont fait l'objet d'une table ronde sur le droit de la santé et l'éthique tenue récemment. La discussion a entre autres porté sur les sujets suivants (de Bruyn 2001b) :
La discussion sur les rapports entre les praticiens et les personnes ayant recours aux ACPS/PSN est d'une grande pertinence quant à la recherche sur les pratiques exemplaires dans le cadre de la prestation des services de soins de la santé. Les participants ont fait remarquer qu'il y avait un besoin de praticiens possédant de l'expérience (de Bruyn 2001b, 8) à l'égard :
Les préoccupations des participants à l'égard de la déontologie en matière de recherche sur les ACPS/PSN importe également dans le cadre de recherche sur les ACPS/PSN (de Bruyn 2001b, 16). Les participants ont observé que les connaissances et le jugement requis pour évaluer les protocoles d'essais cliniques sur les PSN sont très différents de ceux servant lors d'essais portant sur des produits allopathes. Certains participants craignaient que les membres des comités d'éthique pour la recherche puissent ne pas posséder les connaissances suffisantes sur les PSN et puissent être trop conservateurs lors de l'évaluation de méthodologies innovatrices de recherche. Les participants ont mentionné qu'il serait difficile pour les membres des comités d'éthique sur la recherche de recruter des personnes détenant les compétences appropriées en matière de PSN.
La Conférence sur l'établissement des priorités de recherche de 1999 a énoncé l'orientation initiale de la recherche sur les PSN pour Santé Canada (Conférence sur l'établissement des priorités, 1). Il est recommandé que la recherche soutenue par Santé Canada :
Lors de la conférence, on a également défini cinq priorités de recherche (Conférence sur l'établissement des priorités, 12) :
On a constamment abordé, lors des consultations au sujet de la recherche sur les PSN, la question des interactions entre les PSN et les médicaments. La DPSN a récemment tenu une conférence pour établir les priorités de recherche dans ce domaine (de Bruyn 2002).
En général, les participants ont recommandé d'accorder la priorité à la recherche portant sur :
Dans le domaine de la recherche biomédicale, clinique et épidémiologique, les quatre priorités étaient :
Dans le domaine de la recherche sur la production de rapports, la diffusion et l'utilisation de renseignements au sujet des interactions, les quatre priorités étaient :
Comme l'indique le résumé ci-dessus des récentes activités qui ont eu lieu, le Canada est témoin d'un mouvement croissant vers le développement de la capacité de recherche et l'avancement de l'élaboration d'un programme de recherche à l'égard des ACPS et des PSN. Les chercheurs, les praticiens, les consommateurs, les fournisseurs de renseignements, l'industrie, le gouvernement et les responsables du financement de la recherche étudient activement des façons particulières et concrètes d'aller de l'avant.
Dans ce contexte, il y a une synergie possible entre le domaine du VIH/sida et le domaine plus vaste des ACPS/PSN. Les personnes et les organismes oeuvrant dans le domaine du VIH/sida ont beaucoup à offrir à la recherche sur les ACPS/PSN en raison de leur grande expérience en ce qui a trait à l'utilisation des ACPS/PSN, à la recherche (biomédicale, clinique, épidémiologique, socioculturelle, communautaire), aux organismes communautaires, aux relations de l'industrie ainsi qu'à la consultation et aux pressions politiques.
Du même coup, le mouvement dans le domaine plus vaste des ACPS/PSN peut aider à renforcer la capacité du domaine du VIH/sida à définir la recherche sur les ACPS et les PSN, à y participer et à favoriser son avancement, particulièrement en ce qui a trait à la recherche qui est d'un grand intérêt pour les personnes vivant avec le VIH/sida.
Le but visé par la table ronde des 10 et 11 mars 2002 est d'explorer la possibilité de synergie - renforcement et collaboration mutuelle - dans plusieurs domaines précis. Ces domaines ont été sélectionnés parce qu'on a déterminé qu'ils constituaient des domaines d'intervention dans le cadre de consultations sur le VIH/sida ou les ACPS/PSN :
Ci-dessous, vous trouverez de brefs résumés de ces domaines. Ces résumés ne se veulent pas définitifs, ils visent plutôt à déterminer quelques termes récurrents dans ce domaine. L'objectif général de la table ronde est, pour chacun de ces domaines :
Le développement de la capacité de recherche réfère aux efforts déployés dans le but d'accroître la capacité et le niveau de préparation des personnes et des organisations à définir, à élaborer et à effectuer la recherche sur les ACPS/PSN. Voici quelques besoins définis lors d'une consultation tenue récemment :
Les chercheurs dans le domaine des ACPS/PSN ont insisté sur le besoin d'utiliser ou d'élaborer des méthodologies appropriées à la thérapie faisant l'objet de l'examen, ce qui peut être une difficulté en soi. Par exemple, quelles sont les méthodes de recherche appropriées lorsque l'on étudie des pratiques fondées sur la relation corps-esprit? Ou quelles sont les méthodes de recherche appropriées lorsque l'on est confronté à des thérapies non homologuées (p. ex. des schémas posologiques de traitements individualisés, le dosage incrémentiel de produits, le recours à des produits non homologués ou à des préparations uniques de produits, etc.)? Bien que l'on puisse avoir recours à des essais cliniques contrôlés et aléatoires ou, dans certains cas de les modifier, dans d'autres, il peut être nécessaire d'avoir recours à des méthodes de recherche différentes telles des rapports de cas, des séries de cas, des études cas-témoins, etc. Les chercheurs demandent la tenue de rencontres et la mise en oeuvre de mécanismes au moyen desquels ils peuvent être en mesure d'aborder des questions méthodologiques et d'établir des liens entre les différentes écoles de pensée méthodologiques (p. ex. dans le cas des chercheurs médicaux conventionnels). Parmi les questions devant être abordées, il y a les types de données (quelles données sont pertinentes? quelles données sont appropriées?) et les mesures des résultats (que mesure-t-on? la mesure est-elle appropriée?)
Lors de consultations au sujet de la recherche sur les PSN, il y a des priorités qui revenaient constamment, parmi lesquelles :
La recherche en pratiques de santé comprend celle visant à comprendre les modalités des pratiques et des soins complémentaires/parallèles, à documenter leurs effets sur la santé, à déterminer leur efficacité, à établir leur rapport coût-efficacité, etc. La recherche dans le domaine des services de santé comprend la recherche sur les façons dont les ACPS sont offertes, les différents types de combinaisons de soins de santé des ACPS et conventionnels, les coûts associés aux ACPS, etc. Les domaines d'activité recommandés incluent :
Les consommateurs ayant recours aux ACPS/PSN veulent obtenir des renseignements sur les ACPS/PSN fiables, faciles d'accès et faciles à comprendre. Par conséquent, les intermédiaires en santé et les fournisseurs de renseignements sont à évaluer et à sélectionner les renseignements sur les ACPS/PSN, à les présenter de façon à ce qu'ils soient facilement accessibles par les consommateurs et à accroître les capacités des praticiens et des consommateurs à s'en servir. Les façons recommandées pour faciliter la diffusion et la mise à jour des renseignements comprennent
Les efforts déployés pour promouvoir la recherche sur les ACPS/PSN sont de plus en plus présents au Canada. Les personnes vivant avec le VIH/sida, leurs organismes nationaux et communautaires et leurs praticiens ont tous contribué à ce mouvement, mais d'autres parties et d'autres intervenants - d'autres organismes et collectivités oeuvrant dans la santé, les praticiens utilisant les ACPS, l'industrie, Santé Canada - y ont également contribué. Quelles sont les façons permettant d'établir et de renforcer les liens entre le domaine du VIH/sida et le domaine plus vaste des ACPS/PSN?
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