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Évaluation du risque à la santé humaine du manganèse inhalé - Résultats de la consultation publique : Principaux commentaires et réponses

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Le manganèse est un nutriment essentiel, mais à des concentrations d'exposition suffisamment élevées, il peut affecter la santé humaine, y compris le fonctionnement du système nerveux central. Santé Canada a publié le 19 avril, 2008 pour une consultation publique, la version provisoire d'un document d'évaluation scientifique intitulé Évaluation du risque à la santé humaine du manganèse inhalé. Suite à la consultation publique sur l'ébauche du document sur l'évaluation du risque du manganèse inhalé, Santé Canada a reçu des commentaires des parties intéressées.

Les commentaires principaux et les réponses associées sont résumés dans le document ci-dessous. En plus, le document final d'évaluation scientifique du manganèse inhalé aborde les commentaires soumis selon le cas. La version finale de l'Évaluation du risque pour la santé humaine du manganèse est présentement disponible sur demande à partir du site web suivant: santecanada.gc.ca/air. Le document présente un examen technique détaillé de l'évaluation scientifique concernant les effets du manganèse sur la santé et définit une nouvelle concentration de référence pour le manganèse présent dans l'air.

Principaux commentaires et réponses

1. Santé Canada devrait fournir ou publier l'ensemble des données de Lucchini et coll. (1999) sur lequel l'évaluation quantitative du risque repose.

Réponse :

Santé Canada n'est pas en mesure de publier l'ensemble de données de Lucchini et de ses collègues, car celui-ci a été fourni sous réserve de demeurer confidentiel. Cependant, le document sur l'évaluation du risque comprend une section (Annexe A : Données sommaires de l'étude de Lucchini et coll. [1999]) résumant les variables utilisées dans l'étude de Lucchini et coll. Cette façon de procéder est conforme à la pratique dans le milieu des publications scientifiques. En outre, le document sur l'évaluation du risque contient une section (7.4 Autre analyse de l'ensemble des données de Lucchini et coll. [1999]) qui présente une analyse portant uniquement sur les résultats de l'article publié (Lucchini et coll., 1999). Les résultats de cette analyse corroborent l'analyse approfondie présentée dans le document sur l'évaluation du risque basé sur l'ensemble de données d'origine.

2. Pour évaluer quantitativement le risque, des modèles pharmacocinétiques à fondements physiologiques (MPFP) devraient être utilisés pour alimenter le calcul des facteurs d'incertitude. En outre, ces modèles pourraient servir à calculer le niveau sans effet à partir du manganèse accumulé dans le globus pallidus chez le primate et à estimer la concentration dans l'air qui pourrait modifier la concentration dans les tissus cérébraux humains par une faible proportion de la variabilité normale au sein de la population.

Réponse :

Tout en reconnaissant que les avancées récentes des MPFP de manganèse sont importantes et utiles, la science n'est actuellement pas en mesure d'établir une concentration de référence sans effet sur la santé pour le manganèse inhalé. Pour le moment, il n'existe pas de MPFP pour le manganèse inhalé par les humains ayant été validé et examiné par les pairs, et paramétré pour les divers sous-groupes d'intérêt.

3. Santé Canada devrait faire appel à une méthode fondée sur le poids de la preuve. Santé Canada n'a pas suffisamment justifié son choix, à savoir l'étude de Lucchini et coll. (1999), comme pierre angulaire de l'évaluation quantitative du risque. D'autres organismes internationaux de réglementation ont utilisé l'étude de Roels et coll. (1992) comme étude cruciale pour ce qui est de l'évaluation du risque du manganèse.

Réponse :

Le document sur l'évaluation du risque de Santé Canada repose sur l'examen d'environ 400 articles scientifiques. Ces articles ont été examinés en profondeur et employés selon une méthode fondée sur le poids de la preuve pour appuyer substantiellement le calcul du risque attribuable au manganèse à la lumière des études de toxicocinétique, des études de toxicologie animale et des études sur l'humain, tel que décrit dans le document de l'évaluation du risque.

L'étude de Lucchini et coll. (1999) a été choisie pour plusieurs raisons : elle prenait en compte une vaste gamme de paramètres neurofonctionnels pertinents; elle comprenait des données sur un grand nombre de variables de confusion éventuelles; l'exposition était bien caractérisée et était étoffée de données historiques de surveillance; et le manganèse respirable était mesuré. L'étude publiée présentait des indications de changements subtils de la fonction motrice, la mémoire, la fonction cognitive et le tremblement à des concentrations plus faibles que celles ayant une incidence sur les effets dans l'étude de Roels et coll. (1992). En outre, les travailleurs avaient été exposés pour des périodes plus longues et étaient plus âgés que ceux de l'étude de Roels et coll. (1992), deux facteurs pertinents pour l'examen de la neurotoxicité du manganèse. Le principal défaut de l'étude de Lucchini et coll. (1999) était la taille relativement petite de l'échantillon, qui peut limiter la détection de différences significatives en raison d'une puissance statistique réduite. Le fait qu'un grand nombre de modèles significatifs et plausibles sur le plan biologique ont été identifiés dans l'évaluation du risque de Santé Canada, en dépit de la petite taille de l'échantillon, renforce la qualité de cet ensemble de données.

L'ensemble de données de l'étude de Roels et coll. (1992) a été utilisé par des organismes internationaux de réglementation pour calculer une concentration de référence en fonction de critères sanitaires du manganèse inhalé, notamment l'OMS (2000), l'EPA des États Unis (1993, 1994), l'ATSDR (2000, 2008), l'EPA de la Californie (2008) et Santé Canada (1994). L'étude de Roels et coll. (1992) a très bien été menée et portait sur 92 travailleurs d'une usine de fabrication de piles alcalines sèches et 101 témoins. Toutefois, l'ensemble de données de Roels et coll. (1992) comporte certaines limites. Quoique des données de surveillance individuelle soient existantes, celles-ci ont été recueillies uniquement au moment des mesures et aucune donnée historique de surveillance n'étaient disponibles. L'usine n'a pas subi de modifications majeures depuis les 15 dernières années et ainsi il a été assumé que les niveaux de manganèse sont demeurés constants pour les différentes catégories d'emplois. Par ailleurs, la durée moyenne de l'exposition était relativement courte (5,3 ± 3,5 années), ce qui a mené à l'utilisation d'un facteur d'incertitude pour tenir compte de l'exposition subchronique dans les analyses du risque réalisées par l'EPA des États Unis (1993, 1994) et Santé Canada (1994). En moyenne, les travailleurs étaient relativement plus jeunes (31,3 ± 7,4 années) que ceux de l'étude de Lucchini et coll. (42,1 ± 8,3 années) et il existe des preuves substantielles que les individus plus âgés sont plus sensibles aux pertes neurofonctionnelles causées par une exposition au manganèse. En ce qui concerne les variables de confusion, l'ensemble de données fourni par Roels et coll. contient des données sur l'âge des individus, mais pas sur d'autres variables de confusion potentielles. En outre, cet ensemble de données a été soumis en présence ou en absence de scores anormaux relatifs aux tests neurofonctionnelles. Cette discrétisation des scores et l'utilisation subséquente de ces données dans l'analyse de la concentration admissible aboutissent à une certaine perte d'information en ce qui a trait à la relation dose-réponse.

D'après un examen extensif des publications scientifiques, Santé Canada a sélectionné l'étude de Lucchini et coll. pour étayer l'évaluation quantitative du risque. Des détails supplémentaires ont été incorporés à la Section 6.1 (Choix d'une étude déterminante) du document final de l'évaluation du risque pour corroborer le choix de celle-ci comme l'étude critique. Une section (6.9. Études justificatives) a aussi été ajoutée au document de l'évaluation du risque, laquelle fait état de preuves provenant d'autres études touchant des paramètres de santé examinés dans l'évaluation du risque et de résultats des analyses de la concentration admissible tirées de l'ensemble de données de Roels et coll. (1992) obtenus par d'autres juridictions.

4. Santé Canada n'a pas justifié l'utilisation de l'exposition moyenne au manganèse respirable dans les 5 dernières années (ARE5) comme paramètre pour calculer la concentration de référence plutôt que l'exposition moyenne au manganèse respirable au cours de la vie (ARE).

Réponse :

Comme il est discuté dans l'évaluation du risque (Section 7.3 Calcul d'une concentration de référence pour le manganèse inhalé au Canada), il existe des preuves à la fois de l'accumulation de manganèse dans le cerveau en situation d'exposition chronique et de l'élimination du manganèse du cerveau sur une période pouvant aller de quelques mois à quelques années. L'analyse de Santé Canada a révélé que l'ARE5 est un indicateur plus sensible d'une exposition critique au manganèse, puisque 10 paramètres de santé étaient associés de manière significative à l'ARE5, alors que seulement trois paramètres étaient associés à l'ARE. Il est toujours possible que ces résultats soient attribuables à des données historiques de surveillance moins exactes, mais ceci ne peut être déterminé pour l'instant. Une mention en ce sens a été ajoutée à la Section 7.3. Il doit être souligné que même si d'autres analyses du risque du manganèse ont tenu compte de l'exposition historique moyenne au manganèse en milieu de travail, ces dernières étaient fondées sur l'ensemble de données de Roels et coll. (1992), dans lequel la moyenne arithmétique de la durée d'exposition était seulement de 5,3 années, soit une donnée semblable à l'exposition moyenne sur 5 ans mentionnée dans l'analyse de Santé Canada. En outre, l'OMS (2000) a élaboré des lignes directrices sur la qualité de l'air en ce qui concerne le manganèse en se basant sur l'exposition actuelle figurant dans l'ensemble de données de Roels et coll. (1992), ce qui a mené à des résultats semblables à ceux qui ont été obtenus avec la moyenne historique en milieu de travail.

5. Santé Canada a fait preuve de prudence additionnelle en calculant la concentration de référence des PM10 en fonction des données sur les PM3,5.

Réponse :

La taille des particules désigne le diamètre aérodynamique médian en masse des particules constituant un échantillon et est déterminée par le matériel d'échantillonnage utilisé.

La fraction particulaire recueillie dans les échantillons respirables de l'étude de Lucchini et coll. (1999) était les PM3,5. Cette taille concorde avec la définition des aérosols respirables employée par les hygiénistes du travail. Il n'existe pas de données sur le lien entre cette fraction particulaire et les PM2,5 ou les PM10 de manganèse ou d'aérosols dans le milieu de travail à l'étude.

La surveillance stationnaire des particules environnementales au Canada (et ailleurs) comprend celle des PM2,5 et des PM10. De même, les études sur l'exposition de la population, comme celles mentionnées dans le document sur l'évaluation du risque, évaluent généralement l'exposition aux PM2,5 ou aux PM10. Il existe peu d'information sur le lien entre ces fractions et les PM3,5 dans les données canadiennes sur l'air ambiant ou dans les études sur l'exposition et il est raisonnable de croire que les relations (PM3,5:PM2,5 ou PM3,5:PM10) varieraient à la fois sur le plan spatial et temporel selon l'influence de la source et d'autres facteurs.

La concentration de référence présentée dans le document final de l'évaluation du risque est celle du manganèse de la fraction PM3,5.

Références

  • ATSDR (Agency for Toxic Substances and Disease Registry). 2000. "Toxicological Profile for Manganese (Update)."
  • ATSDR (Agency for Toxic Substances and Disease Registry). 2008. "Draft Toxicological Profile for Manganese." http://www.atsdr.cdc.gov/toxprofiles/tp151.html
  • California EPA (Environmental Protection Agency). 2008. Manganese and Compounds Reference Exposure Levels. http://www.oehha.ca.gov/air/hot_spots/2008/AppendixD1_final.pdf#page=170
  • Lucchini, R., P. Apostoli, C. Perrone, D. Placidi, E. Albini, P. Migliorati, D. Mergler, M. P. Sassine, S. Palmi, et L. Alessio. 1999. Long-term exposure to "low levels" of manganese oxides and neurofunctional changes in ferroalloy workers. Neurotoxicology 20, no. 2-3: 287-97.
  • OMS (Organisation mondiale de la Santé). 2001. Manganese. Air Quality Guidelines. 2nd Ed. WHO Regional Office for Europe.
  • Roels, H. A., P. Ghyselen, J. P. Buchet, E. Ceulemans, et R. R. Lauwerys. 1992. Assessment of the permissible exposure level to manganese in workers exposed to manganese dioxide dust. Br J Ind Med 49, no. 1: 25-34.
  • Santé Canada. 1994. Une évaluation du risque concernant les produits de combustion de méthylcyclopentadiényl manganèse tricarbonyle (MMT) dans l'essence. Sommaire du Rapport.
  • U.S. EPA (United States Environmental Protection Agency) . 1993. "Reference Concentration for Chronic Inhalation Exposure: Manganese. IRIS Database." http://www.epa.gov/iris/subst/0373.htm#refinhal
  • U.S. EPA (United States Environmental Protection Agency). 1994. "Reevaluation of Inhalation Health Risks Associated with Methylcyclopentadienyl Manganese Tricarbonyl (MMT) in Gasoline. EPA 600/R-94/062."