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Santé de l'environnement et du milieu de travail

L'Étude mère-enfant sur les composés chimiques de l'environnement (étude MIREC)

L'enjeu

Des rapports publiés récemment ont soulevé des préoccupations concernant le nombre de substances chimiques présentes dans le corps humain ainsi que leurs effets, le cas échéant, sur la santé en fonction des concentrations mesurées. Il existe peu de données fiables sur le niveau d'exposition des Canadiens aux substances chimiques préoccupantes qui sont présentes dans l'environnement. Grâce à des avancées technologiques importantes, il est maintenant possible de détecter la présence de substances chimiques à de très faibles concentrations dans les liquides corporels, les tissus, le lait maternel et les cheveux. Il n'est donc pas inhabituel que plusieurs de ces substances, auxquelles nous sommes quotidiennement exposés, soient détectées à de très faibles niveaux dans l'urine ou le sang humain. Il est bien connu que certaines substances chimiques comme le plomb et le mercure ont, à de fortes concentrations, des effets sur la santé. Cependant, il n'est pas toujours évident de déterminer si elles ont des effets à de plus faibles concentrations. Les rapports de biosurveillance découlant de l 'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (2007-2009) devrait fournir des données des plus nécessaires sur l'exposition des Canadiens à plusieurs contaminants présents dans l'environnement. Cependant, l'Enquête ne permet pas la collecte de données sur deux des groupes les plus susceptibles et vulnérables : les femmes enceintes et leurs bébés.

La présence chez l'humain de substances chimiques provenant de l'environnement est de plus en plus connue. C'est pourquoi le Canada et d'autres pays mènent actuellement des études sur les femmes enceintes afin de mieux comprendre leur exposition à ces substances. Bien que l 'allaitement constitue le meilleur moyen de nourrir son bébé, les données canadiennes récentes sur la présence, dans le lait maternel, de substances chimiques provenant de l'environnement sont limitées. De plus, aucune étude nationale n'a mesuré spécifiquement les quantités de nutriments et d'éléments immuno protecteurs présents dans le lait maternel.

Une corrélation a depuis longtemps été établie entre le tabagisme pendant la grossesse et le faible poids à la naissance ainsi que d'autres effets néfastes sur la santé du bébé. Actuellement, il existe peu de données canadiennes sur le niveau d'exposition des femmes enceintes à la fumée du tabac ainsi que sur les changements de comportement en matière de tabagisme pendant la grossesse.

Pour pallier ce manque de données, des chercheurs de Santé Canada, avec des collaborateurs des milieux universitaire et clinique, ont conçu -- et mènent à présent -- l'Étude mère-enfant sur les composés chimiques de l'environnement (étude MIREC)

Description de l'étude MIREC

L'étude MIREC est une étude quinquennale auprès d'environ 2 000 femmes des villes suivantes : Vancouver, Calgary, Winnipeg, Sudbury, Ottawa, Kingston, Hamilton, Toronto, Montréal et Halifax. Ces femmes ont été recrutées dans le premier trimestre de leur grossesse, seront suivies jusqu'à l'accouchement, puis jusqu'à dix semaines post-partum. Pour satisfaire aux critères d'inclusion de l'étude, les participantes devaient être âgées d'au moins 18 ans et se situer entre six et treize semaines de grossesse. Les objectifs principaux de l'étude sont les suivants :

  1. évaluer dans quelle mesure les femmes enceintes et leur enfant sont exposés aux substances chimiques ainsi qu'à la fumée du tabac;
  2. évaluer, le cas échéant, les risques de santé liés à la grossesse découlant de l'exposition à des concentrations élevées de substances chimiques dans l'environnement;
  3. mesurer les concentrations de substances chimiques dans l'environnement et certains éléments bénéfiques (nutriments et éléments immunoprotecteurs) dans le lait maternel;
  4. prélever de petites qualités de liquides biologiques auprès de participantes consentantes aux fins d'entreposage dans la biobanque de l'étude MIREC pour des travaux de recherche ultérieurs sur la croissance fœtale, la grossesse et la santé maternelle et infantile.

Des marqueurs biologiques de l'exposition à certaines substances chimiques présentes dans l'environnement et à la fumée du tabac s ont mesurés dans le sang, l'urine, les cheveux de la mère et le lait maternel, ainsi que dans le sang du bébé prélevé du cordon ombilical et le méconium (la première selle du nouveau-né). Les nutriments du lait maternel sont également à l'étude. Parmi ceux-ci notons la vitamine D, les macronutriments (calcium, magnésium, potassium, sodium et phosphore), l'acide folique, les acides gras et les éléments immunoprotecteurs.

De plus, les mères ont également été priées de remplir des questionnaires tout au long de leur grossesse et après l'accouchement.

Certains enfants font l'objet d'un suivi pendant leur croissance afin d'évaluer ce qui suit :

  1. divers indicateurs de la santé infantile à la naissance et à l'âge de six mois; 
  2. comportement de l'enfant à l'âge de trois ans;
  3. croissance, comportement et langage et habileté de communication jusqu'à l'âge de cinq ans;
  4. exposition aux métaux tels que le plomb et le mercure.

L'étude MIREC est un effort de collaboration entre des chercheurs de Santé Canada, l'Hôpital Sainte-Justine de Montréal ainsi que des spécialistes en recherche universitaire et clinique des autres villes participantes. L'Hôpital Sainte-Justine est le centre de coordination pour cette étude. Les tissus et les liquides biologiques prélevés s ont analysés dans des laboratoires de Santé Canada et du Centre de toxicologie du Québec.

L'étude MIREC et la biosurveillance

La biosurveillance consiste à mesurer une substance chimique (ou les produits de dégradation de celle-ci) dans les tissus et les liquides corporels chez l'humain. Habituellement, les analyses sont effectuées sur des échantillons de sang ou d'urine, et parfois sur des échantillons de cheveux, de salive ou de lait maternel. Des études de biosurveillance axées sur certaines sous-populations, comme celle des femmes enceintes, peuvent permettre de comparer les niveaux d'exposition d'un groupe en particulier à ceux de la population générale. L'étude MIREC est complémentaire à Le lien suivant vous amène à un autre site Web l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé, amorcée au début de 2007 par Statistique Canada, qui recueille des échantillons biologiques auprès de 5 000 Canadiens âgés de trois à 79 ans ainsi que des données sur leur santé, leur mode de vie et les substances chimiques de l'environnement.

L'étude MIREC permettra de mesurer la concentration de métaux comme le plomb, le mercure, l'arsenic, le manganèse et le cadmium, ainsi que d'autres substances chimiques, à savoir :

  • les phtalates et le bisphénol A, servant à la fabrication de plastique et de plastique vinylique;
  • le perchlorate, une substance chimique d'origine naturelle et d'origine humaine utilisée dans le propergol, les feux d'artifice, les fusées éclairantes et les explosifs;
  • l'ochratoxine A, une toxine fongique d'origine naturelle;
  • les polybromodiphényléthers (PBDE), ajoutés à divers produits pour les rendre moins susceptibles de s'enflammer;
  • les pesticides organochlorés qui, bien que leur usage ne soit plus homologué au Canada, persistent dans l'environnement;
  • les pesticides organophosphatés, dont la plupart sont utilisés pour la lutte contre les insectes mais, en général, ne persistent pas dans l'environnement; les pesticides organophosphatés ont récemment fait l'objet d'une réévaluation rigoureuse et fondée sur des données scientifiques par Santé Canada;
  • les biphényles polychlorés (BPC), servant autrefois à la fabrication de nombreux matériaux industriels;
  • la cotinine, un produit dérivé du tabac;
  • les composés perfluorés, servant à la fabrication de substances imperméables aux graisses ou d'hydrofuges appliqués sur certains produits.

Le rôle de Santé Canada

L'étude MIREC est un livrable clé dans le cadre du Plan de gestion des produits chimiques du gouvernement du Canada. Lancé en décembre 2006, le Plan constitue un pas important dans la bonne direction en ce qui concerne la réduction des effets des substances chimiques sur la santé humaine et l'environnement.

L'étude MIREC est cofinancée par Santé Canada, les Le lien suivant vous amène à un autre site Web Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et Le lien suivant vous amène à un autre site Web le ministère de l'environnement de l'Ontario.

Pertinence sur le plan de la santé publique

L'étude MIREC fournira de nouvelles données sur l'exposition des Canadiens aux substances chimiques présentes dans l'environnement, ce qui aidera à renforcer les évaluations de risques pour la santé et appuiera les mesures visant la diminution du rejet de contaminants dans l'environnement et de l'exposition des Canadiens à ceux-ci.

Constatations de l'étude et publications à ce jour

Profil de la cohorte : Plateforme de recherche de l'Étude mère-enfant sur les composés chimiques de l'environnement (MIREC)

L'Étude mère-enfant sur les composés chimiques de l'environnement (étude MIREC) a été créé pour recueillir des données nationales de biosurveillance sur les femmes enceintes et leurs nourrissons et examiner les effets indésirables possibles sur la santé de la mère et du nourrisson associés à l'exposition prénatale à des composés chimiques de l'environnement. La biosurveillance consiste à mesurer une substance chimique (ou les produits de dégradation de celle-ci) dans les tissus ou les liquides humains. Habituellement, les analyses sont effectuées sur des échantillons de sang et d'urine, et parfois sur des échantillons de cheveux, de salive ou de lait maternel. Dans le cadre de cette étude, des chercheurs de Santé Canada ont participé au recrutement d'environ 2 000 femmes, qui en étaient au premier trimestre de la grossesse, dans 10 sites au Canada, et à l'analyse d'échantillons fournis par elles jusqu'à l'accouchement. Les questionnaires employés pendant la grossesse et après l'accouchement ont servi à recueillir de l'information sur les activités professionnelles, le mode de vie, les antécédents médicaux, les expositions environnementales et l'alimentation. Les dossiers médicaux ont permis d'obtenir de l'information sur la grossesse et le nourrisson. De plus, des échantillons de sang, d'urine, de cheveux et de lait maternel de la mère ainsi que du sang de cordon et du méconium du nourrisson ont été prélevés et analysés afin de détecter de nombreux composés chimiques de l'environnement et des nutriments. D'autres échantillons ont été entreposés dans la biobanque de l'étude.

En général, les participantes à l'étude MIREC fumaient moins, étaient plus âgées et avaient un niveau de scolarité plus élevé que la moyenne nationale. Même si l'étude MIREC est effectuée auprès d'un plus petit nombre de femmes que de nombreuses études menées ailleurs dans le monde, elle possède l'un des ensembles de données les plus complets au monde sur l'exposition prénatale à différents composés chimiques de l'environnement. Grâce aux données et aux échantillons recueillis ainsi qu'aux études de suivi effectuées, la plateforme de recherche de l'étude MIREC constituera une ressource importante pour examiner les effets indésirables possibles de l'exposition prénatale à des composés chimiques de l'environnement. De plus, Santé Canada utilisera les résultats de l'étude pour orienter les prochaines évaluations du risque et la gestion des risques associés aux composés chimiques de l'environnement, en particulier en ce qui a trait à l'exposition prénatale. Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Paediatric and Perinatal Epidemiology (juillet 2013; vol. 27, nº 4, p. 415-425).

Exposition aux phtalates et au bisphénol A chez les femmes enceintes au Canada

Santé Canada recueille des données sur la biosurveillance de la population afin d'obtenir des estimations directes de l'exposition aux produits chimiques qui contribuent à la prise de décisions éclairées au sujet des risques pour la santé des Canadiens. Le bisphénol A (BPA) et les phtalates sont deux groupes de produits chimiques habituellement mesurés dans les échantillons d'urine prélevés dans le cadre d'enquêtes sur la population. Toutefois, les données canadiennes sur les femmes enceintes sont limitées. Ces produits chimiques ont été mesurés dans des échantillons d'urine prélevés au cours du premier trimestre auprès d'environ 2 000 Canadiennes dans le cadre de l'Étude mère-enfant sur les composés chimiques de l'environnement (MIREC). Environ 90 % des femmes avaient des concentrations détectables de BPA. Une analyse des concentrations urinaires de BPA par caractéristiques maternelles a montré que les concentrations (1) diminuaient en fonction de l'âge avancé de la mère, (2) étaient plus élevées chez les fumeuses et les femmes ayant renoncées au tabagisme pendant la grossesse comparativement à celles qui n'avaient jamais fumé et (3) avaient tendance à être plus élevées chez les femmes ayant fourni un échantillon d'urine à jeun, étant nées au Canada et ayant un revenu et un niveau de scolarité peu élevés. Certains phtalates étaient couramment décelés dans l'urine maternelle, alors que d'autres étaient rarement décelés. Cette étude a permis de recueillir les premiers résultats de biosurveillance pour un grand nombre de femmes enceintes chez lesquelles des échantillons ont été prélevés au cours du premier trimestre de la grossesse. Les résultats indiquent que l'exposition de ce groupe de femmes enceintes à ces produits chimiques est comparable, et parfois inférieure, à celle observée dans le cadre d'une enquête nationale auprès des femmes en âge de procréer au Canada - l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé. Ces résultats sur les niveaux d'exposition des humains contribueront aux activités d'évaluation du risque et de gestion du risque liées à ces produits chimiques. Cette recherche est publiée dans la revue Environment International (juillet 2014; vol. 68, p. 55-65).

Coordonnées

Le Le lien suivant vous amène à un autre site Web centre de coordination pour l'étude MIREC est situé à l'Hôpital Sainte-Justine de Montréal. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le site Web www.mirec-canada.ca pour communiquer avec la personne-ressource de votre région.