Grâce au Réseau canadien de surveillance (RCSR) de la radioactivité et à ses laboratoires, Santé Canada peut offrir aux Canadiens des mesures précises des impacts sur la santé de la radioactivité ambiante et des accidents nucléaires ou d'origine radiologique, d'après une perspective pan-canadienne. Le réseau est exploité par le Bureau de la radioprotection (BRP) de la Division de la surveillance du rayonnement et des évaluations de santé (DSRES).
Le Réseau, établi pour surveiller la radioactivité à proximité des centrales nucléaires canadiennes comprend de l'équipement d'échantillonnage permettant de mesurer le tritium dans la vapeur d'eau atmosphérique, et des dosimètres thermoluminescents (DTL) qui mesurent le débit de dose gamma externe. Toutes les centrales nucléaires au Canada utilisent la technologie
CANDU (de l'anglais Canada Deuterium Uranium).
Le rayonnement cosmique contient naturellement du tritium, et le tritium est également un sous-produit des réacteurs nucléaires CANDU. Des échantillons de vapeur d'eau atmosphérique sont recueillis chaque mois pour le dosage du tritium. L'équipement d'échantillonnage comprend une cellule d'échantillonnage du tritium qui contient un tamis moléculaire à travers lequel l'air est aspiré, un débitmètre et une pompe. Par la suite, la vapeur est désorbée au laboratoire, et on détermine la teneur en tritium au moyen d'un scintillateur liquide. Pendant l'été, le débit d'air à travers les tamis est réduit de 0,2 à 0,07 m3/jour pour prévenir la saturation des tamis à cause du taux élevé d'humidité.

Des échantillons de vapeur d'eau atmosphérique
La surveillance du débit de dose gamma externe est effectuée à l'aide de dosimètres thermoluminescents au fluorure de lithium (LiF) installés pour trois mois et retournés au laboratoire pour analyse. Les débits de dose externe sont exprimés en nanograys/heure (nGy/h) et les doses cumulées en milligrays (mGy). On trouve dans chaque site d'échantillonnage du tritium un DTL qui permet de surveiller le débit de dose gamma externe.
Les valeurs rapportées pour l'activité du tritium et le débit de dose gamma sont inférieures à la limite de dose efficace de 1 millisievert/année (mSv/an) (L'unité de radioactivité et de dose) pour le public.
La surveillance du tritium a débuté en 1971 à proximité de la centrale nucléaire de Pickering. Le programme a été appliqué par la suite à 5 centrales nucléaires : Darlington, Bruce et Pickering (Ontario), Gentilly (Québec) et Point Lepreau (Nouveau-Brunswick). Le prélèvement d'échantillons de vapeur d'eau atmosphérique pour l'analyse du tritium a pris fin à proximité des centrales nucléaires de Bruce, Darlington et Pickering en mars 1996, par suite de la surveillance accrue du tritium effectuée par le service de la radioprotection,
Ministère du travail de l'Ontario (MTO).
Le réseau actuel de surveillance des réacteurs comprend des sites d'échantillonnage à proximité de Gentilly (5 sites) et de Point Lepreau (6), ainsi qu'un nouveau site dans la grande région de Toronto. Ce site a été ajouté en juin 1996 dans le but de disposer d'un site d'échantillonnage dans la grande région de Toronto. Le site d'Ottawa, situé sur le toit du BRP, a été ajouté en 1991 et sert de banc d'essai. Il surveille les niveaux de tritium dans le rayonnement de fond. La mesure des débits de dose gamma externe a débuté en 1976. Avant 1989, un bulbe de calcium fluoride:manganese (CaF2:Mn) était utilisé dans le DTL. En 1989, on l'a remplacé par le système Harshaw TLD-100 et fait utiliser le cristaux de LiF, qui est plus économique, plus facile à utiliser pour effectuer les mesures et moins sujet à l'usure que les dosimètres à bulbes.
Des résultats sont présentés pour les mesures du tritium et les mesures effectuées à l'aide des DTL pour les centrales nucléaires précitées. À noter que les numéros des sites donnés pour ces emplacements ne sont pas continus. Cela dénote les ajouts et retraits des dosimètres effectués sur les sites dans le réseau de surveillance à proximité des réacteurs.
D'autres organismes, notamment le MTO et
l'Institut océanographique de Bedford ,
(ministère des Pêches et des Océans, région des Maritimes) pour le site Point Lepreau, surveillent le tritium contenu dans la vapeur atmosphérique et dans d'autres milieux. En outre, les centrales nucléaires ont l'obligation de disposer de programmes visant à surveiller tous les rejets de matières radioactives de leurs centrales.
La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), organisme indépendant du gouvernement du Canada, a pour mandat de faire respecter cette exigence.