Le Centre national de référence pour les essais biologiques et la surveillance In Vivo (CNR), fournit des fantômes cervicaux que les établissements peuvent utiliser pour vérifier si leur programme de surveillance de l'activité thyroïdienne est conforme aux exigences de la Norme d'application de la réglementation S-106. Ces fantômes, fournis aux établissements participant au programme de comparaisons interlaboratoires du Centre, peuvent également servir à établir des facteurs d'étalonnage.
On bénéficie de deux avantages en participant au Programme de comparaison interlaboratoires sur la thyroïde. D'abord, les établissements peuvent comparer leurs résultats à ceux des autres établissements canadiens et évaluer ainsi leur rendement. Ensuite, et c'est ce qui est le plus important, la participation au Programme de comparaisons interlaboratoires du CNR permet à l'établissement de montrer que son étalonnage interne est exact et que son programme d'assurance de la qualité fonctionne comme prévu. L'utilisation d'une norme indépendante externe donne à tout programme d'assurance de la qualité plus de crédibilité qu'il n'en aurait si tous les résultats étaient basés sur des données internes.
Chaque année, les participants au Programme de comparaisons interlaboratoires sur la thyroïde reçoivent par la poste une trousse qui renferme : un fantôme cervical modelé sur un cou humain et fait d'un matériau s'apparentant aux tissus humains, des accessoires conçus pour simuler une véritable glande thyroïde renfermant de l'iode 131 et/ou de l'iode 125, des recouvrements permettant de simuler la présence de différentes épaisseurs de tissu recouvrant la glande thyroïde, des instructions (dont une bande vidéo) sur la façon d'utiliser correctement le fantôme, un formulaire de déclaration des résultats et un numéro de téléphone de dépannage. Le personnel du Centre fournit tous les conseils et l'aide nécessaire aux établissements participant qui sont confrontés à des problèmes dans l'application du Programme de comparaisons interlaboratoires sur la thyroïde; il tient en outre une base de données confidentielle qui facilite la recherche de renseignements et l'analyse des tendances.
Les épreuves qui peuvent être effectuées avec les fantômes cou thyroïde sont les suivantes :
On détermine l'exactitude du comptage en évaluant le biais de l'établissement pour un fantôme quelconque. Le biais B est donné par l'expression suivante :
![]()
où :
La limite du biais B est acceptable si elle sest supérieure ou égale à -25 % et inférieure ou égale à +50 %. L'activité dans le fantôme utilisé pour l'épreuve doit être plus de cinq fois plus grande que l'AMD indiquée dans le tableau 2 de la Norme d'application de la réglementation S-106 pour le radionucléide utilisé.
Les radioactivités mesurées des accessoires utilisés et les biais sont transmis à l'établissement participant sous la forme d'un court rapport. Quand la chose est nécessaire, on téléphone au contact à la personne-ressource de l'établissement pour discuter des mesures correctives à prendre en vue d'améliorer le rendement du système de surveillance.
L'activité minimale détectable (AMD) doit être déterminée à l'aide d'un sujet non contaminé. L'AMD est calculée à l'aide de l'équation :

où :
BCKND: est le nombre total de coups dans la région examinée pour un radionucléide donné.
E: est le facteur d'étalonnage, avec facteurs géométriques incorporés, utilisé pour convertir le taux de comptage en activité.
T: est la durée du comptage, généralement exprimée en secondes (supposée la même pour l'échantillon et le rayonnement de fond).
L'établissement peut utiliser la plaque de recouvrement pour examiner le changement d'efficacité de son système de comptage. Ce changement dépend du type et de la taille du détecteur, de la géométrie de comptage et de la collimation.
Pour obtenir un comptage précis, le fantôme cou thyroïde est soumis à des comptages répétés. Après chaque comptage, le fantôme est désassemblé pour être réassemblé en position de comptage. Le comptage est effectué cinq fois.
La précision S est donnée par l'expression :

où :
La limite de la précision est acceptable si (S %), est inférieure ou égale à 40 %.
Le Programme de comparaisons interlaboratoires sur la thyroïde (PCIT) existe depuis 1989. Cette année-là, il y avait 17 établissements participants. La participation n'a cessé d'augmenter pour atteindre 300 participants en 2001. Comme le montre la figure 1, le nombre des épreuves de comparaisons interlaboratoires est resté à peu près fixe depuis 1993.

Figure 1
|
Année |
Nombre d'épreuves |
|---|---|
2004 |
353 |
|
2003 |
292 |
|
2002 |
372 |
|
2001 |
300 |
|
2000 |
356 |
|
1999 |
221 |
|
1998 |
216 |
|
1997 |
328 |
|
1996 |
408 |
|
1995 |
400 |
|
1994 |
367 |
|
1993 |
428 |
|
1992 |
302 |
|
1991 |
124 |
|
1990 |
59 |
|
1989 |
32 |
Les résultats contenus dans le présent rapport ne seront dévoilés à aucun autre établissement. Tout renvoi aux résultats contenus dans le présent rapport conservera l'anonymat de votre établissement. La seule exception est constituée par les résultats déclarés sans anonymat à la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN).
La figure 2 montre l'amélioration des capacités de mesure des établissements depuis 1989.

Figure 2.
Année |
% de réussites |
% d'échecs |
Calibration (%) |
|---|---|---|---|
1989 |
28,1% |
71,9% |
0,00% |
1990 |
33,9% |
66,1% |
0,00% |
1991 |
31,5% |
68,5% |
0,00% |
1992 |
51,3% |
48,68% |
0,00% |
1993 |
80,1% |
19,86% |
0,00% |
1994 |
80,9% |
19,07% |
0,00% |
1995 |
73,3% |
15,50% |
11,25% |
1996 |
83,6% |
12,99% |
3,43% |
1997 |
81,7% |
12,80% |
5,49% |
1998 |
88,0% |
6,48% |
5,56% |
1999 |
84,6% |
9,05% |
6,33% |
2000 |
79,8% |
2,81% |
17,42% |
2001 |
85,0% |
4,00% |
11,00% |
2002 |
91,1% |
2,69% |
6,18% |
2003 |
90,4% |
5,82% |
3,77% |
2004 |
89,5% |
0,85% |
9,63% |
En 2004, 89,5% des mesures ont satisfait aux critères de la CCSN concernant le biais.