En général, une personne peut être à la maison jusqu'à 70 p. 100 du temps, et dans le cas de certaines personnes (les jeunes enfants, les vieillards et les infirmes), ce pourcentage peut être encore plus élevé. Le groupe de travail a jugé prudent, lors de l'élaboration de recommandations pour l'intérieur, de présumer que certains segments de la population vivent continuellement àl'intérieur. De plus, certaines personnes peuvent être sujettes à un risque spécial dû à la pollution de l'air intérieur. Il s'agit de personnes dont les processus physiologiques sont soit en voie de développement, soit en voie de détérioration, ou encore celles que des changements pathologiques ou physiologiques empêchent de résister aux effets nocifs de l'exposition à un polluant. Le premier objectif est donc:
d'élaborer des directives pour des concentrations de contaminants connus de l'air intérieur des maisons en tenant compte de facteurs comme la sensibilité de certains groupes à un risque spécial, ainsi que des sources et des mécanismes d'action des contaminants.
Ces directives n'assurent probablement pas une protection complète pour la partie hypersensible de la population qui nécessite des mesures extraordinaires.
La nécessité de définir des taux d'aération des pièces d'une maison conformes aux directives sur la qualité de l'air a également été envisagée, mais elle a été considérée comme hors du domaine de compétence du groupe de travail. De plus, prescrire des exigences en matière de ventilation ne constitue qu'une des nombreuses stratégies qui pourrait être adoptée pour la lutte contre les contaminants en suspension dans l'air des maisons. On peut également élaborer des normes pour la conception des maisons et les matériaux de construction, ainsi que celle des biens de consommation. Dans bien des cas, des mesures ayant pour but de minimiser l'exposition aux contaminants chimiques peuvent être prises par les occupants de la maison. L'éducation du public est une stratégie importante pour atteindre une qualité acceptable de l'air intérieur; le groupe de travail a donc défini son deuxième objectif comme suit:
élaborer, lorsque c'est possible, d'autres directives ou recommandations pour des mesures visant àpréserver ou à améliorer la qualité de l'air dans les maisons.
Le principe directeur est le suivant: l'air à l'intérieur des maisons privées doit être suffisamment exempt de contaminants biologiques, physiques et chimiques pour assurer qu'il n'y a aucun danger, même négligeable, pour la santé et la sécurité des occupants.
Après examen des données disponibles, 17 substances ou groupes de substances, et une substance radioactive, ont été choisies en vue d'une étude approfondie en raison de leurs effets néfastes possibles à la santé et de leur présence possible à l'intérieur des maisons. Des directives exprimées en fonction de leur plage de concentrations ont donc été élaborées pour neuf d'entre elles. Dans le cas des autres substances, de telles directives n'ont pas été élaborées soit parce que les données de base étaient insuffisantes, soit parce que les limites d'exposition pour les humains étaient considérées comme inadéquates; cependant, toutes les fois que la chose est possible, le présent document fait des recommandations sur les mesures qui peuvent être prises pour diminuer l'exposition aux contaminants à l'intérieur des maisons.
Ces directives valent pour deux catégories de contaminants:
La Partie A de la Section 4 de ce document traite des contaminants pour lesquels des limites d'exposition ont pu être élaborées en fonction de considérations sanitaires (voir section 3.2.1). Ces limites ont été précisées pour les substances suivantes:
Les effets néfastes possibles des expositions à long terme ainsi que d'expositions à court terme mais à des teneurs élevées ont tous été envisagés. Deux genres de limites d'exposition sont présentées:
La plage d'exposition acceptable à long terme (ALTER) est définie comme la plage de concentrations àlaquelle, d'après la documentation existante, une personne peut être exposée continuellement tout au long de sa vie sans risque pour sa santé.
La plage d'exposition acceptable à court terme (ASTER) est définie comme la plage de concentrations àlaquelle, selon la documentation existante, une personne peut être exposée pendant un temps donné sans risque pour sa santé.
Un point important à prendre en compte lors du calcul de la plage d'exposition acceptable est la possibilité d'effets interactifs étant donné qu'un grand nombre de contaminants sont probablement présents en même temps dans le milieu ambiant. Toutes les fois que c'était possible, on a tenu compte des effets synergiques et additifs. Cependant, dans la plupart des cas, les données étaient insuffisantes ou inadéquates pour résoudre complètement cette question.
La partie B de la Section 4 contient des recommandations pour les expositions à long terme au formaldéhyde et au radon, basées sur l'hypothèse les considérant comme des agents carcino- gènes potentiels pour l'homme. Dans le cas du formaldéhyde, les directives n'ont pas été formulées àpartir de considérations sanitaires; on a plutôt établi des normes aussi basses que possible en tenant compte des coûts et de la possibilité technique de s'y conformer, ainsi que des risques sanitaires associés. Le risque imputable àl'exposition au radon dans les maisons fait toujours l'objet de recherches. Dans le présent rapport, on a adopté une position prudente et établi une directive pour le radon qui recommande une intervention à un niveau au dessus duquel le risque pour la santé est considéré comme important. Cette recommandation précise également que, comme tout niveau d'exposition au radon constitue un risque, les propriétaires pourraient souhaiter réduire l'exposition dans toute la mesure du possible (voir section 3.2.2).
La Partie C de la Section 4 du présent document porte sur les contaminants pour lesquels on a considéré qu'il était inadéquat ou impossible de formuler des plages d'exposition acceptables. Ces substances sont:
Des recommandations ont été faites pour réduire ou éliminer l'exposition à ces substances dans les maisons.
La documentation disponible a été étudiée d'une façon très critique au cours de l'élaboration des recommandations faites pour ces 18 substances ou groupes de substances. Les critères et la justification sur lesquels sont basées les présentes directives sont présentés brièvement dans ce document. On peut obtenir une description plus détaillée des critères scientifiques et de la documentation auprès de la Direction de l'hygiène du milieu, Santé et Bien-être social Canada.
Il est certain que ces listes ne représentent pas la gamme complète des composés trouvés à l'intérieur des maisons. Des directives plus précises sur l'exposition à des contaminants ou groupes de contaminants additionnels seront élaborées, et les directives actuelles seront revues, au fur et à mesure que des nouvelles données seront disponibles.
De plus en plus, les plaintes faites par les occupants de certains gros édifices sont liées à une piètre qualité de l'air intérieur. La fréquence de certaines de ces plaintes (maux de tête, fatigue, odeurs déplaisantes, manque d'air et chaleur excessive) a été associée à des teneurs élevées en dioxyde de carbone. On a donc songé à établir une plage de concentrations de dioxyde de carbone correspondant à une qualité d'air acceptable du point de vue du confort et de l'esthétique.
Le dioxyde de carbone est produit par la respiration humaine et sa concentration ne peut être réduite de façon significative que par ventilation. La concentration de dioxyde de carbone dans l'air intérieur dépend donc du débit de ventilation. Le degré de ventilation nécessaire pour maintenir une faible teneur en dioxyde de carbone àl'intérieur des édifices permet également de réduire les concentrations d'autres polluants intérieurs et d'améliorer la qualité générale de l'air à l'intérieur. Le dioxyde de carbone est un indicateur utile de la qualité générale de l'air seulement dans les édifices où il y a d'importantes sources de dioxyde de carbone produit par métabolisme ou par combustion. Ailleurs, comme dans les grandes maisons où il n'y a qu'un ou deux occupants et où il n'y a aucun appareil de combustion non lié à une cheminée, les teneurs en dioxyde de carbone sont faibles, quel que soit le débit de ventilation.
On a tendance, depuis quelques années, à réduire la ventilation à l'intérieur des maisons afin de diminuer la consommation d'énergie par le chauffage et la climatisation de l'air, ce qui entraîne une augmentation des teneurs en dioxyde de carbone à l'intérieur des maisons et une dégradation générale de la qualité de l'air intérieur.
Dans plusieurs études, les facteurs de confort ont été corrélés aux concentrations de dioxyde de carbone. Ensemble, ces études indiquent que des concentrations de dioxyde de carbone supérieures à 1800 mg/m3 (1000 ppm) prouvent que l'approvisionnement en air frais est inadéquat, bien que des plaintes aient été formulées à des concentrations aussi faibles que 1100 mg/m3 (600 ppm). Cependant, sur la base d'une étude des effets physiologiques directs d'une exposition au dioxyde de carbone, par opposition aux symptômes subjectifs, on recom-mande une concentration d'exposition maximale plus élevée (voir section 4.A.2).
Il faut cependant remarquer que ces études ont été faites dans des immeubles équipés de systèmes de ventilation mécanique et dont le taux d'occupation est bien différent de celui des maisons privées. De plus, les effets observés ne sont probablement pas attribuables à la présence de concentrations élevées de dioxyde de carbone, mais plutôt àdes concentrations indésirables d'autres substances qui proviennent d'une ventilation inadéquate et pour lesquelles le dioxyde de carbone constitue un paramètre indicateur approprié. Il faut donc être très prudent lorsque l'on interprète les concentrations de dioxyde de carbone comme indicateur général de la qualité de l'air dans les domiciles.
On a aussi considéré l'humidité relative comme un indicateur de la qualité de l'air intérieur. On a conçu des échangeurs de chaleur air-air, à mise en marche et arrêt automatiques àdes valeurs définies d'humidité relative, pour faire pénétrer de l'air de l'extérieur. Il est fort possible que le contrôle par des échangeurs de chaleur de cette nature des polluants de l'air intérieur autres qu'un excès de vapeur d'eau soit inadéquat pour les raisons suivantes:
L'humidité relative ne constitue donc pas un indicateur général approprié de la qualité de l'air intérieur dans les résidences.