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Divulgation proactive
Contamination fongique dans les immeubles publics : effets sur la santé et méthodes d'évaluation (suite)
Effets sur la santé associés à la présence de moisissures en milieu intérieur (suite)
2.1.1 Études transversales
Les études transversales sont des études dans lesquelles les effets (maladies) et l'exposition sont évalués à un moment donné. Huit études transversales, résumées dans le tableau 3, ont analysé le lien entre les moisissures en milieu intérieur et les symptômes respiratoires et allergiques ou les irritations, et quatre d'entre elles ont établi une association significative entre l'exposition aux moisissures et l'asthme diagnostiqué par un médecin ou les symptômes liés à l'asthme (toux, respiration sifflante ou dyspnée).
Tableau 3. Études transversales sur les effets respiratoires et allergiques de l'exposition aux moisissures en milieu intérieur, 1995 à 2001

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- Aux Pays-Bas, 470 enfants de 6 à 12 ans ont participé à une étude sur l'environnement domestique et les symptômes respiratoires. La croissance de moisissures dans les maisons au cours des deux années précédentes a été classée selon sa fréquence : « jamais », « parfois », « souvent », ou « toujours ». Les rapports de cotes ont été rajustés pour tenir compte de l'âge, du sexe, du tabagisme des parents, de l'utilisation d'un chauffeeau de cuisine sans ventilation à l'extérieur et de la scolarité des parents. L'analyse a conclu que ni la toux chronique, ni l'essoufflement, ni la respiration sifflante n'étaient associés à la croissance de moisissures (Cuijpers et coll., 1995).
- En Finlande, 1 460 personnes de 25 à 64 ans ont participé à une enquête sur l'environnement domestique et les symptômes respiratoires. Les données ont été recueillies par le biais d'un questionnaire postal. Les rapports de cotes ont été ajustés pour tenir compte de l'âge, du sexe, du tabagisme, de la scolarité et du type de logement. Le fait d'habiter ou d'avoir habité dans un logement présentant un problème d'humidité ou de moisissures, déterminé par la présence de moisissures visibles, d'une odeur de moisi, de taches d'humidité ou de dégâts d'eau, a été associé à la bronchite (RC : 2,04; IC à 95 % 1,49 à 2,78), à l'atopie (RC : 1,63; IC à 95 % : 1,26 à 2,10), à la rhinite allergique (RC : 1,66; IC à 95 % : 1,25 à 2,19), aux mucosités (RC : 1,36; IC à 95 % : 1,01 à 1,85), à la rhinite (RC : 1,69; IC à 95 % : 1,31 à 2,18) et à l'irritation des yeux (RC : 1,52; IC à 95 % : 1,18 à 1,96), mais non à l'asthme diagnostiqué par un médecin (RC : 1,02; IC à 95 % : 0,60 à 1,72). Un lien significatif a également été établi entre certaines maladies non allergiques, non respiratoires et l'humidité ou les moisissures : la fatigue (RC : 1,81; IC à 95 % : 1,37 à 2,39), les douleurs lombaires (RC : 1,49; IC à 95 % : 1,15 à 1,93) et les douleurs gastriques récurrentes (RC : 1,65; IC à 95 % : 1,24 à 2,20). À la suite d'une nouvelle analyse des données après exclusion des « plaignants » (définis comme étant ceux qui s'étaient plaint de douleurs lombaires et/ou de douleurs gastriques récurrentes) afin de prendre en compte le biais de déclaration, seuls les RC relatifs à l'irritation des yeux et à la fatigue sont restés significatifs (Pirhonen et coll., 1996).
- À Taïwan, 1 340 enfants de 8 à 12 ans ont fait l'objet d'une enquête. Les données ont été obtenues dans le cadre d'un questionnaire envoyé aux parents. Les rapports de cotes ont été ajustés pour tenir compte de l'âge, du sexe, de la scolarité des parents, du nombre de fumeurs dans le ménage et de l'utilisation d'une cuisinière au gaz. Un lien significatif a été établi entre la présence de moisissures dans les maisons et la toux RC : 1,87; IC à 95 % : 1,00 à 3,25), la bronchite (RC : 1,68; IC à 95 % : 1,26 à 22,5) et la pneumonie (RC : 1,77; IC à 95 % : 1,03 à 3,05), mais non l'asthme diagnostiqué par un médecin (RC : 1,12; IC à 95 % : 0,72 à 1,74) (Li et Hsu 1996).
- Aux États-Unis, 2 041 personnes de 20 à 22 ans qui avaient répondu à un questionnaire postal ont participé à une étude transversale. Les données ont été recueillies exclusivement par le biais du questionnaire. Les rapports de cotes ont été ajustés pour tenir compte du sexe, de la race, de la scolarité et du tabagisme. La présence de moisissures visibles à la maison a été associée à un risque accru d'asthme diagnostiqué par un médecin (RC : 1,5; IC à 95 % : 1,0 à 2,4) et à l'asthme actif (RC : 2,0; IC à 95 % : 1,2 à 3,2) (Hu et coll., 1997).
- En Australie, une enquête a été menée auprès de 80 ménages comprenant des enfants de 7 à 14 ans. Une caractérisation détaillée de la maison a été effectuée, et des échantillons de l'air ont été prélevés. De plus, un questionnaire sur la santé respiratoire a été rempli, et chacun des 148 enfants de 7 à 14 ans habitant dans les logements à l'étude a été soumis à des tests par piqûre avec extraits d'allergènes courants. Le rapport de cotes pour les cas déclarés d'asthme diagnostiqué par un médecin, associés à une augmentation de 100 UFC/m 3 des spores de Penicillium, était de 1,43 (IC à 95 % : 1,03 à 2,00), et le rapport de cotes pour les cas d'atopie, définie comme étant une réaction positive à au moins un test par piqûre, associés à une augmentation de 10 UFC/m 3 des spores d'Aspergillus était de 1,48 (IC à 95 % : 1,10 à 1,99) (Garrett et coll., 1998).
- En Finlande, 699 adultes âgés d'au moins 16 ans ont participé à une étude transversale. Les données ont été recueillies au moyen d'un questionnaire auto administré, suivi d'une évaluation des moisissures et de l'humidité dans les logements des participants, effectuée par des ingénieurs. Les rapports de cotes ont été ajustés pour tenir compte du tabagisme, de l'âge, du sexe, des antécédents allergiques, de la présence d'animaux domestiques et de l'atopie. La présence de moisissures dans les maisons signalée par les occupants était associée à un risque accru de toux non accompagnée de mucosités (RC : 1,60; IC à 95 % : 1,01 à 2,53), de toux nocturne (RC : 2,30; IC à 95 % : 1,32 à 4,01), de maux de gorge (RC : 2,40; IC à 95 % : 1,56 à 3,69) et de rhinite (RC : 1,89; IC à 95 % : 1,15 à 3,11). La présence de moisissures observée par les ingénieurs ayant visité la maison a été associée à un risque accru de sinusite (RC : 1,92; IC à 95 % : IC 1,11 à 3,30), de bronchite (RC : 1,98; IC à 95 % : 1,13 à 3,48), de toux nocturne (RC : 2,11; IC à 95 % : 1,21 à 4,98), de dyspnée nocturne (RC : 2,33; IC à 95 % : 1,09 à 4,98) et de maux de gorge (RC : 1,46; IC à 95 % : 1,03 à 2,08) (Koskinen et coll., 1999).
- Au Canada, une enquête a été effectuée dans les logements de 403 enfants d'âge scolaire. Les parents ont rempli un questionnaire sur leur environnement domestique et la santé respiratoire de leurs enfants. Des échantillons d'air ont été prélevés et analysés en vue de détecter la présence d'ergostérol, de champignons viables et d'endotoxines bactériennes, tandis que des échantillons de poussière ont été prélevés en vue d'analyser les antigènes acariens. Les rapports de cotes ont été ajustés pour tenir compte de l'âge, du sexe, des antécédents d'allergies et d'asthme chez les parents, de la scolarité des parents, de la présence d'animaux domestiques et de fumeurs dans la maison. La croissance de moisissures dans la maison au cours de l'année précédente a été associée à une irritation des yeux, du nez ou de la peau (RC : 1,80; IC à 95 % : 1,03 à 3,16), mais non à la toux ou à la respiration sifflante (RC : 1,36; IC à 95 % : 0,79 à 2,33) ni à l'asthme diagnostiqué par un médecin (RC : 0,96; IC à 95 % : 0,46 à 2,00). Un ajustement additionnel pour tenir compte des endotoxines bactériennes et des acariens n'a eu aucune incidence sur l'importance de ces liens. Aucun lien significatif n'a été établi entre les concentrations d'ergostérol et de cellules fongiques et les problèmes respiratoires (Dales et Miller 1999; Dales et coll., 1999).
- En Finlande, 10 677 étudiants universitaires de première année âgés de 18 à 25 ans ont participé à une enquête par questionnaire. L'évaluation de l'exposition et des effets reposait sur les réponses au questionnaire. Les rapports de cote ont été ajustés pour tenir compte de la scolarité des parents, du tabagisme (actif et passif), de la présence d'animaux domestiques, de moquette, du lieu de résidence (région agricole, rurale non agricole ou urbaine) et du type de résidence. La présence de moisissures visibles dans le logement des participants au cours de l'année précédente a été associée à l'asthme actif diagnostiqué par un médecin (RC : 2,21, IC à 95 % : 1,48 à 3,28), au rhume, à quatre reprises au moins au cours de l'année précédente (RC : 1,48, IC à 95 % : 1,17 à 1,88) et à la rhinite allergique (RC : 1,29, IC à 95 % : 1,01 à ,66) (Kilpeläinen et coll., 2001).