Comme le montre la section 2.4.1, plusieurs études ont mis en évidence des associations significatives entre l'exposition aux moisissures et/ou l'humidité, d'une part, et les irritations et des symptômes respiratoires non spécifiques, d'autre part, ainsi qu'avec l'aggravation et l'apparition de troubles respiratoires tels que l'asthme. En raison des limites présentées par l'évaluation de l'exposition comme des effets, et puisque dans presque toutes les études réalisées à ce jour, il a été impossible de départager l'effet des moisissures de celui d'autres contaminants associés à l'humidité, on ne peut se fier uniquement aux données épidémiologiques pour conclure que les affections respiratoires sont causées par les moisissures en milieu intérieur. L'existence d'un lien de causalité est cependant très plausible si l'on tient compte du fait que l'exposition aux champignons dans les milieux de travail entraîne des maladies d'origine allergique et toxique et que les effets indésirables des champignons ont aussi été observés dans des études fondées sur l'exposition par inhalation réalisées sur des modèles animaux.
Dans le milieu hospitalier, l'exposition à certaines moisissures aéroportées est associée à un risque accru d'infection fongique chez des individus immunodéprimés.
Bien qu'il soit nécessaire de pousser plus loin les recherches concernant les effets sur la santé des moisissures présents en milieu intérieur au moyen de méthodes améliorées d'évaluation de l'exposition et des effets sur la santé pour dissiper certaines incertitudes, les informations que l'on possède actuellement sur la question indiquent qu'il y a lieu de prévenir les conditions d'humidité et la croissance de moisissures et de remédier à toute contamination fongique dans les immeubles.