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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Contamination fongique dans les immeubles publics : effets sur la santé et méthodes d'évaluation (suite)

3. Évaluation de la contamination fongique en milieu de travail non industriel (suite)

3.4.4 Documentation d'une contamination fongique visible

À cette étape de l'évaluation globale, c'est-à-dire lors de l'inspection par un spécialiste, des notes détaillées des quantités de moisissures visibles doivent être inscrites sur la vue appropriée des plans du bâtiment. Les zones de contamination fongique doivent y être délimitées de manière suffisamment détaillée pour permettre estimer le nombre de mètre carrés de surface contaminée.

Des échantillons en vrac peuvent être prélevés sur les matériaux qui semblent attaqués par des moisissures. L'examen des échantillons à la recherche de croissances fongiques permettra de délimiter les zones atteintes. Une petite quantité du matériau peut être grattée en surface et examinée sous microscope et (ou) placée sur une boîte de pétri. Habituellement, la couleur des matériaux qui semblent contaminés vient de la présence de conidies, ascocarpes, pycnides et, dans le cas des champignons humifères, de mycéliums. Des conidies non visibles à l'oeil nu mais présentes sur des matériaux de construction peuvent quand même miner la qualité de l'air de l'espace occupé.

Lorsqu'il y a lieu de croire qu'une quantité appréciable de moisissure se trouve derrière les cavités du mur, il faut procéder à des inspections physiques mettant au jour la zone cachée. Certains facteurs sont à considérer, dont la présence ou l'absence d'isolant dans les murs et le type de dégât d'eau. Par exemple, après la rupture d'une canalisation, une inondation, un incendie ou des problèmes évidents reliés au parement ou aux fenêtres, il est raisonnable de penser que toutes les zones touchées ont été contaminées et elles doivent être inspectées. L'inspection par un spécialiste et (ou) les échantillons d'air peuvent se révéler utiles pour déterminer s'il faut procéder à des inspections destructives. Les méthodes pour ce faire consistent entre autres à enlever à la scie la section inférieure des murs intérieurs, (sur 0,3 m et d'un côté), ou encore à l'utiliser une scie à guichet et un boroscope (AIHA, 2001). Lorsque l'on procède à une inspection destructive, il faut recourir à un système d'aspiration HEPA pour un contrôle à la source (à proximité de la scie, p. ex.) ou à des mesures de confinement de base, en se munissant de tout le matériel de protection respiratoire requis (ACGIH, 1999).

3.4.5 Analyse mycologique des échantillons en vrac

Par échantillons en vrac, on entend les échantillons physiques de matériaux de construction, recueillis lors d'une inspection destructive. Les méthodes d'étalement de dilutions sont sélectives et ne renseignent pas directement sur les champignons qui croissent sur les matériaux endommagés par rapport aux organismes immatures aéroportés pouvant s'être déposés. L'essai d'étalement par dilutions consiste à déposer une quantité de matière en poudre (p. ex., panneau mural moulu, dépôts de poussière) dans un diluant approprié. On procède ensuite à dix dilutions supplémentaires avant de placer les parties aliquotes sur des boîtes de pétri, et ce, en au moins trois exemplaires. Le liquide est alors réparti uniformément sur la surface. On laisse ensuite incuber, puis on dénombre les colonies qui émergent. Les colonies représentatives sont ensuite transférées sur une gélose qui permet d'identifier les espèces présentes. Cette méthode a pour avantage de brosser un tableau de la diversité des espèces présentes.

En l'absence d'un nettoyage régulier par système d'aspiration HEPA, l'analyse mycologique d'échantillons de poussière déposée aide à cerner un problème qui peut être saisonnier ou lié à des facteurs absents au moment de l'évaluation (ACGIH, 1999). Par exemple, la condensation autour des unités d'induction périphériques, qui rend les tapis humides, ne se produit qu'en été. Or, l'étude d'une plainte déposée par un occupant peut avoir lieu lorsque le tapis a séché. Comme c'est le cas avec les échantillons d'air, l'analyse de la diversité fongique permet une bonne interprétation des échantillons de poussière, mais les résultats sont moins faciles à interpréter (Dillon et coll., 1996; ACGIH 1999).

interprétation des échantillons de poussière, mais les résultats sont moins faciles à interpréter (Dillon et coll., 1996; ACGIH 1999).

De petits débris des matériaux de construction recueillis (autour de 0,5 g) peuvent être placés sur différentes boîtes de pétri. Après l'incubation et la croissance des colonies, celles-ci sont dénombrées et transférées à des fins d'identification. L'avantage de cette méthode est que les colonies qui émergent en premier correspondent probablement à celles qui sont le plus actives dans les matériaux endommagés.

3.4.6 Techniques microscopiques

Les échantillons de matériaux de construction contaminés placés sur une boîte de pétri selon l'une ou l'autre des méthodes exposées doivent également être additionnés de bleu de lactophénol ou d'un autre colorant approprié, et examinés au microscope afin de vérifier la présence d'organismes qui pourraient être non viables. Cela permet de comparer les cultures viables et les cultures non viables. On obtient de l'information sur les spores mortes présentes sur les matériaux endommagés, ce qui aide à prévenir les résultats faux négatifs. (Les spores fongiques mortes contiennent encore des substances allergènes et des toxines.) Dans le cas où l'examen révèle que la majorité des organismes fongiques présents sur un matériau contaminé sont morts, cela signifie que la fuite d'eau s'est probablement produite des mois, voire des années auparavant.

Il existe deux techniques de base pour l'examen au microscope de surfaces fongiques : les échantillons sur ruban et les frottis provenant de la zone contaminée et recueillies dans de petits sachets en plastique ou des flacons. Les échantillons sur ruban sont prélevés en appuyant un ruban de cellophane de bonne qualité contre la surface contaminée. Si on dispose de frottis, ceux-ci peuvent être montés sur des lames et examinées; elles peuvent aussi être mises en culture, ce qu'on ne peut faire avec les échantillons sur ruban. Comme c'est le cas pour toutes les méthodes microscopiques, les grandes spores foncées sont plus faciles à observer que les petites spores hyalines, qui peuvent demeurer inaperçues si le microscopiste n'y porte pas suffisamment attention. Les données taxonomiques obtenues sont limitées.