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2004
ISBN : 0-662-77180-X
No de catalogue : H46-2/04-358F
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« Moisissure » est un terme non scientifique qui, dans la langue populaire, désigne généralement les membres de quelques douzaines de champignons filamenteux. La croissance de moisissures sur les surfaces des immeubles a non seulement pour effet d'endommager ces surfaces mais aussi d'altérer la qualité de l'air, étant donné que des spores intactes ainsi que des fragments de spores et de mycélium sont libérés dans l'air. Ils peuvent alors être inhalés, selon leur taille et leur concentration. L'exposition aux moisissures est associée à une augmentation des taux de maladies respiratoires.
Le présent document est une révision d'un rapport publié en 1995 par Santé Canada et le Comité consultatif fédéra provincial de l'hygiène du milieu et du travail (CHMT). Nous nous proposons ici de mettre à jour l'information figurant dans le document antérieur et d'harmoniser certains aspects pratiques du document avec des publications plus récentes de l'American Conference of Government Industrial Hygienists (ACGIH), de l'American Industrial Hygiene Association (AIHA) et d'autres organismes compétents. Nous espérons que ce document aidera les intervenants en santé publique de première ligne à réduire les risques potentiels à la santé associés à la contamination fongique dans les immeubles publics. Le rapport comprend deux parties :
Les auteurs du rapport de 1995 ont conclu que « . . . Des études épidémiologiques ont régulièrement permis d'associer certains symptômes respiratoires à l'humidité des maisons et à la croissance de moisissures, mais elles n'ont établi aucun lien de cause à effet ». Dans le but de mettre à jour le document du CHMT, nous passons en revue, dans la présente section, les rapports de recherche publiés entre 1995 et 2000 qui abordent les effets sur la santé de l'exposition aux moisissures présentes dans les résidences et les milieux de travail non industriels (principalement les immeubles à bureaux et les écoles). Nous nous proposons également de déterminer si les données probantes actuelles justifient des conclusions plus définitives.
Voici les principaux résultats de cette analyse :
Plusieurs des études examinées présentaient des limitations attribuables aux méthodes utilisées : évaluation de l'exposition et des effets sur la santé fondée sur l'autodéclaration; absence d'évaluation quantitative de l'exposition (et, par conséquent, de détermination de la relation dose effet), confusion possible par d'autres agents biologiques; et biais potentiel dans les réponses.
Un effet indépendant des moisissures sur l'asthme et les voies respiratoires supérieures n'a été mis en évidence que dans quelques études. Il est donc difficile, en se fondant exclusivement sur les données épidémiologiques, d'évaluer les conséquences sur la santé d'une croissance marquée des moisissures en milieu intérieur. On sait cependant que l'exposition aux champignons en milieu de travail cause des maladies d'origine allergique et toxique. Des études sur des modèles animaux fondées sur l'exposition par inhalation ont également révélé les effets nocifs des champignons. Pour dissiper les incertitudes, il est nécessaire de pousser plus loin les recherches concernant les effets sur la santé des champignons présents en milieu intérieur, au moyen de méthodes améliorées d'évaluation de l'exposition et des effets sur la santé. Tel qu'indiqué dans le rapport de 1995 du CHMT, les informations actuellement disponibles indiquent qu'il y a lieu de prévenir les conditions d'humidité et la croissance de moisissures et de remédier à toute contamination fongique dans les immeubles.
On ne dira jamais assez que la meilleure façon de limiter la croissance des moisissures consiste à en prévenir l'apparition. L'élimination de l'humidité, l'intervention rapide en présence de toute fuite d'eau et l'entretien rigoureux des systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) sont autant d'éléments essentiels d'une stratégie de prévention.
Voici les objectifs d'une évaluation des moisissures :
La première étape de l'évaluation de la présence de contamination microbienne dans un immeuble consiste en une inspection par un spécialiste. La contamination fongique peut découler de plusieurs conditions, notamment la condensation, les inondations et divers types d'infiltrations. Pour évaluer les problèmes de moisissures, il faut avoir une connaissance approfondie de l'enveloppe du bâtiment et des types de défauts pouvant entraîner de la condensation et des infiltrations d'eau. Lorsqu'il y a lieu de croire qu'une quantité appréciable de moisissures se trouve derrière les cavités du mur, il faut procéder à des inspections physiques mettant au jour la zone cachée.
L'échantillonnage de l'air est indiqué, soit en même temps que l'inspection, soit après cette dernière. L'échantillonnage permet de repérer une contamination non visible sans essai destructif et de documenter la contamination de l'air. Les échantillons d'air doivent être prélevés pendant les périodes d'activité normale dans l'immeuble, lorsque le système de ventilation fonctionne. Ils devraient être recueillis simultanément à l'intérieur et à l'extérieur de l'immeuble afin de rendre possible les comparaisons entre les valeurs obtenues à l'intérieur et à l'extérieur. Les méthodes actuelles d'interprétation des résultats d'échantillonnage de l'air reposent sur la comparaison de la diversité des champignons repérés à l'intérieur et à l'extérieur.
On utilise de plus en plus souvent les échantillonneurs d'air à surface adhésive pour l'évaluation de la contamination fongique. Un des avantages des échantillonneurs à surface adhésive, lorsque les échantillons sont correctement prélevés et analysés, est que les résultats sont disponibles au bout d'une journée et que, en présence d'un pourcentage élevé de spores non viables aéroportées, les données sont plus fiables.
Une fois l'évaluation proprement dite terminée, il faut réparer rapidement les dommages causés par la contamination fongique, conformément aux protocoles de pointe tels ceux élaborés par le New York City Department of Health et l'ACGIH. Il faut procéder à une assurance de la qualité, conformément aux protocoles standard, comme celui de l'AIHA.
Les communications avec les gestionnaires et les occupants des immeubles devraient être maintenues tout au long de l'évaluation.
En 1993, le Comité consultatif fédéral provincial de l'hygiène du milieu et du travail (CHMT) a publié un rapport intitulé Guide technique pour l'évaluation de la qualité de l'air dans les immeubles à bureaux. On y proposait des méthodes d'évaluation de la qualité de l'air dans les immeubles dans le but d'y déceler d'éventuels problèmes, notamment la présence de moisissures. Un rapport ultérieur, publié par le même comité, Contamination fongique dans les immeubles publics : guide facilitant la détermination et la gestion des problèmes (1995), renfermait de l'information sur les répercussions sur la santé des moisissures présentes dans les immeubles; on y trouvait également un protocole par étape, pour l'inspection et l'interprétation de la contamination fongique en milieu intérieur.
Le présent document a pour but de mettre à jour le rapport Contamination fongique dans les immeubles publics, à la lumière des nombreuses recherches réalisées depuis 1995 relativement aux effets sur la santé des dommages causés par les moisissures dans le milieu bâti ainsi qu'aux méthodes d'inspection des immeubles à la recherche de dommages de ce genre. Ce rapport ne vise donc pas à remplacer le Guide technique; il fournit plutôt des renseignements additionnels à l'intention des personnes responsables de la détermination et de la gestion de la contamination fongique dans les immeubles à bureaux, les écoles et les milieux de travail non industriels.
À l'instar du rapport de 1995, cette nouvelle recension des effets sur la santé indique qu'il est nocif de vivre ou de travailler dans un immeuble dont les matériaux ont été endommagés par une contamination fongique. Il importe donc de prévenir la croissance des moisissures en milieu intérieur au moyen de mesures appropriées visant à éliminer les sources d'humidité et à corriger sans tarder les dégâts causés par l'eau. Il faut en outre éliminer les moisissures présentes dans les immeubles, dans des conditions sécuritaires, en ayant recours aux protocoles d'assainissement établis.
Le présent document se distingue en outre du rapport de 1995 par la plus large place qui y est faite aux principes généraux d'évaluation. À mesure que les nouvelles techniques d'évaluation dans les immeubles sont validées, les principes généraux décrits ici peuvent servir de cadre à leur application.

Photo : Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL)
Les possibles effets sur la santé humaine de la contamination de l'air intérieur ont retenu énormément d'attention dans la population ces dernières années. C'est surtout le cas au Canada et dans d'autres pays froids où les gens vivent la plupart du temps à l'intérieur. Or, l'air intérieur peut être contaminé par divers polluants libérés par les tapis et les matériaux de construction, les produits chimiques de nettoyage, la fumée de tabac, la cuisson et le chauffage ainsi que par des contaminants biologiques tels que les acariens et les allergènes d'origine animale (provenant de la peau, de la salive et de l'urine), ainsi que les moisissures. Le présent rapport ne traite que d'un élément de cet éventail complexe de contaminants : les moisissures. Les éléments d'information que l'on possède au sujet des effets sur la santé de la population des contaminants biologiques présents en milieu intérieur sont tirés d'études réalisées auprès de gens vivant dans une maison humide.
L'humidité dans le milieu de vie est associée à des taux accrus de maladies qui, croit on, sont attribuables à une exposition aux contaminants biologiques (Institute of Medicine, 2000). Les occupants d'habitats humides risquent davantage d'être exposés aux moisissures, aux acariens et aux endotoxines d'origine bactérienne. Un lien a été établi entre une situation socio-économique défavorable et une prévalence plus élevée de troubles respiratoires (Dales et coll., 2002). Dans la plupart des pays, la pauvreté pousse les gens à vivre dans des logements insalubres, difficiles à chauffer, où pénètrent l'eau et l'air. Dans les logements difficiles ou coûteux à chauffer ou à rafraîchir, il est fréquent que l'air de certaines pièces ne soit pas conditionné, ce qui entraîne la condensation d'eau sur les surfaces froides. L'accumulation de contaminants et les concentrations de particules en suspension dans l'air varient selon les surfaces et le degré de nettoyage de la maison. En raison de la complexité des formes d'exposition, on ignore cependant quelle est la part du risque attribuable à chacun des contaminants biologiques étudiés ici. D'où la difficulté d'établir des niveaux d'exposition tolérables.
Il arrive en outre que la concentration de particules fines (PM2,5) de source extérieure soit plus élevée à l'intérieur qu'à l'extérieur. En effet, les risques de concentrations accrues de particules en suspension dans l'air et de composés organiques volatils (COV) sont plus élevés dans les maisons se trouvant à proximité de sources extérieures de pollution, comme la circulation automobile.
Parmi les contaminants de l'air intérieur, les moisissures sont une source d'inquiétude croissante puisqu'un grand nombre d'études épidémiologiques et de rapports de cas associent les moisissures à une foule d'effets indésirables sur la santé respiratoire.
Le règne des champignons est constitué d'organismes eucaryotes. Il renferme quatre divisions, fondées sur le mode de reproduction : les ascomycètes, les basidiomycètes, les zygomycètes et les adélomycètes.
« Moisissure » est un terme non scientifique qui, dans la langue populaire, désigne généralement les membres de quelques douzaines de champignons filamenteux. Ces champignons apparaissent souvent sous forme de colonies sur les aliments et les matériaux de construction. En y regardant de plus près, on constate qu'ils sont formés de filaments multicellulaires appelés hyphes. La croissance de moisissures sur les surfaces de matériaux de construction peut avoir une incidence sur la qualité de l'air puisqu'elle libère dans l'air des spores et des fragments mycéliens qui peuvent être inhalés, selon leur taille.
La taille des spores de champignons varie considérablement : de 1 à 50 µm. Elle diffère en outre selon le degré d'hydratation des spores, conséquence de l'humidité relative ambiante (Madelin et Johnson, 1992). Les particules de taille inférieure (moins de 10 µm) peuvent gagner les alvéoles; d'autres peuvent être avalées. L'âge est un autre facteur qui intervient : la probabilité que les particules de 5 µm se déposent dans les voies aériennes inférieures est six fois plus élevée chez le nouveauné que chez l'adulte (Phalen et Oldham, 2001). Le diamètre aérodynamique moyen de certains types de spores est indiqué dans le tableau 1. En raison de leur taille moyenne (<10 µm), certaines spores sont facilement inhalables; d'autres, comme Stachybotrys chartarum, semblent trop grosses pour pénétrer dans les poumons. La moyenne ne rend toutefois pas compte de la variation, qui est considérable. Ainsi, même si le diamètre aérodynamique moyen des spores de Stachybotrys est trop important pour permettre la pénétration dans les poumons, environ le tiers des spores sont inhalables (Sorenson et coll., 1996). Des données analogues applicables à certaines souches de Cladosporium cladosporioides, de Penicillium viridicatum et de P. chrysogenum montrent que les tailles des spores sont très variables, alors que la plupart des spores de P. commune, Aspergillus versicolor, A. ustus, A. niger et A. sydowii sont de dimensions semblables (Miller et Young, 1997). Comme nous l'avons déjà signalé, des fragments mycéliens sont aussi présents dans l'air ambiant intérieur. En raison de leur taille, ils sont généralement inhalables. Le nombre de fragments présents, par rapport au nombre de spores, est très variable; mais il représente habituellement un faible pourcentage des particules fongiques présentes. Les fragments mycéliens de certaines espèces renferment des allergènes différents de ceux présents dans les spores des mêmes espèces (Górny et coll., 2002).
| Espèce | Diamètre aéro-dynamique moyen | Dimensions axiales |
|---|---|---|
| µm | µm | |
| Aspergillus fumigatus | 2.2 | 2.2-2.3 |
| Cladosporium cladosporioides | 2.3 | (2.0-3.5) x (2.0-2.5) |
| Paecilomyces variotii | 2.7 | 2.9 x 1.3 |
| Penicillium chrysogenum | 2.6 | 2.5 x 2.5 |
| Memnoniella echinata | 4.8 | |
| Stachybotrys chartarum | 5.6 |
(D'après Madelin et Johnson, 1992; Sorenson et coll., 1996).
Trois caractéristiques biochimiques des moisissures présentent un intérêt particulier dans l'optique de la santé humaine. D'abord, la paroi cellulaire de la moisissure contient un glucane aux propriétés inflammatoires, le ß-1,3-D- glucane. Ensuite, les spores et les fragments mycéliens renferment des allergènes (Górny et coll., 2002). Rares sont les allergènes qui ont fait l'objet d'une caractérisation chimique. Bon nombre d'allergènes fongiques connus sont des sérines protéases, des protéines qui se trouvent à des concentrations assez fortes dans les spores. Ils ont été décrits surtout à partir des travaux réalisés sur les phyllosphères et sur Aspergillus fumigatus (Horner et coll., 1995). Enfin, les spores de certaines espèces contiennent des substances chimiques de faible poids moléculaire aux propriétés toxiques, notamment cytotoxiques (c'est le cas des satratoxines produites par Stachybotrys chartarum). Certaines moisissures, telles que Aspergillus fumigatus, peuvent causer des infections opportunistes chez des personnes immunodéprimées et des affections allergiques graves chez des sujets souffrant de troubles respiratoires sous jacents, comme l'asthme ou la fibrose kystique (Burge 2000). Les champignons que l'on trouve couramment dans les matériaux de construction contaminés par des moisissures sont énumérés dans le tableau qui suit.
Tableau 2. Champignons courants dans les matériaux de constructions endommagés par les moisissures
(Adapté de Flannigan et coll., 2001).



Photos : Centraalbureau voor Schimmelcultures, Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen, Pays-Bas

Photo : Docteur Amanda Wheeler
Depuis 1982, environ 30 études ont été effectuées en Europe et en Amérique du Nord sur les liens entre l'humidité, les moisissures et la santé respiratoire dans les immeubles résidentiels. Les études réalisées aux États-Unis et au Canada ont porté sur les plus vastes échantillons. Une étude de la santé respiratoire de 4 600 enfants dans six grandes villes du Nord-Est des États-Unis a montré que la présence de moisissures et d'humidité dans les maisons était associée à plusieurs symptômes respiratoires de même qu'à un certain nombre de symptômes non spécifiques. L'effet était aussi important que celui attribuable au tabagisme parental (Brunekreef et coll., 1989). Deux études portant sur 15 000 enfants et 18 000 adultes dans 30 collectivités au Canada ont abouti à des conclusions similaires. Les auteurs ont mis en cause un mécanisme non allergène, étant donné qu'aucune modification de l'effet n'a été observée dans les cas d'atopie et d'asthme déclarés. Un effet proportionnel à la dose a également été observé : plus les moisissures étaient visibles, plus les symptômes étaient fréquents. Dans l'ensemble, la contamination par les moisissures a été associée à une augmentation de 50 % des cas d'asthme et de 60 % des cas de maladies des voies respiratoires supérieures. (Dales et coll., 1991a; 1991b). Les données se rapportant à 13 000 autres enfants de 24 villes, dont 19 aux États-Unis et 5 au Canada, ont mis en évidence des résultats similaires (Spengler et coll., 1994). On estime à 20 % la limite supérieure du risque d'asthme attribuable aux moisissures au Canada (Dekker et coll., 1991). Les effets sur la santé de la contamination fongique dans les immeubles résidentiels demeurent significatifs même après pondération pour tenir compte des facteurs socio-économiques, de la présence d'animaux domestiques, de fumeurs, d'endotoxines et d'acariens (Dales et Miller 1999; Dales et coll., 1999).
Une étude publiée en 1995 par Santé Canada et le Comité consultatif fédéral provincial de l'hygiène du milieu et du travail (CHMT) a conclu que « . . . Des études épidémiologiques ont régulièrement permis d'associer certains symptômes respiratoires à l'humidité des maisons et à la croissance de moisissures, mais elles n'ont établi aucun lien de cause à effet » (CHMT 1995a). Les données établissant un lien entre l'exposition aux moisissures en milieu intérieure et les problèmes respiratoires ont également été examinées par Verhoeff et Burge (1997). Plus récemment, l'Institute of Medicine de la US National Academy of Sciences a publié un rapport sur l'asthme, intitulé Clearing the Air: Asthma and Indoor Air Exposures. Le groupe a conclu qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves fondées sur la santé de la population pour établir un lien entre l'exposition aux moisissures présentes dans les maisons et l'apparition de l'asthme, mais que les moisissures en milieu intérieur exacerbaient les symptômes asthmatiques chez les personnes sensibles aux moisissures, et que l'exposition pouvait être liée à des symptômes respiratoires. Le pourcentage d'asthmatiques sensibilisés aux moisissures est inconnu, mais il pourrait atteindre 40 % selon les estimations (Institute of Medicine 2000).
Le but de la présente section est de mettre à jour les données de l'étude effectuée par le CHMT en 1995 en passant en revue les études publiées depuis lors sur les effets sur la santé de l'exposition aux moisissures présentes dans les résidences et les milieux de travail non industriels (principalement les immeubles à bureaux et les écoles). Nous nous proposons également de déterminer si les données probantes actuelles justifient des conclusions plus définitives. Cette section comprend un résumé des études publiées depuis 1995 (section 2.1), une étude de certains des effets potentiels des moisissures dans des sous populations sensibles (section 2.2), suivie d'un aperçu des études expérimentales concernant les effets respiratoires des moisissures (section 2.3) et d'une analyse des données établissant un lien entre l'exposition aux moisissures et des effets nocifs sur la santé (section 2.4).
Le présent document ne traite pas des problèmes de santé comme la pneumopathie d'hypersensibilité (PHS) et le syndrome toxique dû aux poussières organiques, problèmes présents dans les milieux industriels et agricoles en raison d'une plus grande exposition aux moisissures (et, dans certains cas, à d'autres contaminants biologiques comme les actinomycètes thermophiles).
Afin d'analyser les études transversales et les études de cohortes récentes sur les effets sur la santé des moisissures en milieu intérieur, nous avons consulté Medline en utilisant les mots clés suivants : fungi (champignons) ou mold (moisissures) et respiratory tract diseases (maladies des voies respiratoires). Nous avons pris en compte dans l'analyse les articles publiés à partir de 1995 et faisant état d'études transversales, d'études de cohortes ou d'études cas témoins évaluant le lien entre l'exposition aux moisissures en milieu intérieur (croissance de moisissures visibles ou dénombrement des cellules fongiques aéroportées) et l'asthme ou les symptômes respiratoires. Les études ne comprenant pas de variable liée à l'exposition aux moisissures (p. ex. celles qui ne tenaient compte que de l'humidité), de même que les études de prévalence ne comportant pas de mesure d'association, ont été exclues.
Les études transversales sont des études dans lesquelles les effets (maladies) et l'exposition sont évalués à un moment donné. Huit études transversales, résumées dans le tableau 3, ont analysé le lien entre les moisissures en milieu intérieur et les symptômes respiratoires et allergiques ou les irritations, et quatre d'entre elles ont établi une association significative entre l'exposition aux moisissures et l'asthme diagnostiqué par un médecin ou les symptômes liés à l'asthme (toux, respiration sifflante ou dyspnée).
Tableau 3. Études transversales sur les effets respiratoires et allergiques de l'exposition aux moisissures en milieu intérieur, 1995 à 2001
Dans les études cas témoins, l'exposition est évaluée et comparée entre des sujets ayant la maladie à l'étude (cas) et d'autres personnes qui n'ont pas cette maladie (témoins). Neuf études cas témoins, résumées dans le tableau 4, ont examiné le lien éventuel entre les moisissures et l'asthme; la plupart faisaient uniquement appel à l'autodéclaration pour évaluer aussi bien l'exposition aux moisissures que les effets sur la santé. L'une de ces études a mis en évidence un lien significatif entre « les moisissures ou l'humidité » et l'asthme; une autre a fait ressortir un lien significatif entre les moisissures et l'asthme, mais ne s'est pas intéressée à l'humidité; trois études ont établi un lien significatif entre les moisissures et l'asthme (l'une d'elles après pondération pour tenir compte de l'humidité), mais non entre l'humidité et l'asthme; enfin, deux études ont établi un lien significatif entre l'humidité et l'asthme, mais non entre les moisissures et l'asthme. Fait intéressant, dans ces deux dernières études, l'évaluation des effets sur la santé était basée sur des critères objectifs au lieu de l'autodéclaration, et l'on procédait à une inspection des maisons pour évaluer l'exposition ou valider le questionnaire sur l'exposition.
Tableau 4. Études cas-témoins sur l'asthme et l'exposition aux moisissures en milieu intérieur, 1995 à 2001
Le syndrome des édifices hermétiques (SÉH) évoque différents symptômes dont l'étiologie n'est pas clairement établie, par exemple irritation des yeux, du nez et de la gorge, maux de tête et toux et infections des voies respiratoires fréquentes, et qui sont associés à l'air ambiant des édifices hermétiques. Il doit être distingué des maladies liées aux immeubles (MLI) qui sont des réactions bien définies à des expositions aux agents biologiques, physiques ou chimiques présents dans l'air intérieur (Brightman et Moss 2000). Les études sur le SÉH et les MLI étaient essentiellement des études transversales, c.-à-d. comparant les occupants d'immeubles où des problèmes ont été décelés à ceux d'immeubles « témoins ». Un certain nombre de ces études comprenaient une composante longitudinale, la santé des personnes exposées ayant été réévaluée après l'élimination de l'exposition.
Certaines des études ayant examiné la contamination par des moisissures, ainsi que l'exposition à d'autres agents, sont résumées ci - après. Il faut garder à l'esprit que compte tenu de leur nature transversale et d'autres problèmes liés à la méthodologie (exposition concomitante à de nombreux agents, biais possible dans les études faites à la suite de plaintes), ces études ne peuvent établir ou démontrer un lien indépendant entre une exposition, par exemple aux moisissures et à l'humidité, et un problème de santé.
Dans les études de cohorte, les sujets classés selon leur exposition sont suivis au fil du temps en vue de vérifier l'incidence de la maladie à l'étude. À ce jour, aucune étude de cohortes n'a été publiée concernant le lien entre l'exposition aux moisissures dans les immeubles résidentiels et l'asthme, bien qu'une étude publiée ait examiné le lien entre l'exposition aux moisissures dans les écoles et l'asthme chez les enfants (voir ci-après). De plus, une étude de cohortes est en cours à l'Île-du-Prince-Édouard, au Canada.
En Suède, une étude prospective a été menée sur une période de quatre ans; un nombre total de 1 347 enfants ont été étudiés à deux reprises, soit en 1993 et en 1997. Leur âge moyen en 1993 était 10,3 ans. Les participants fréquentaient 39 écoles différentes lorsqu'ils ont été étudiés la première fois. Les concentrations totales de moisissures ont été déterminées en 1993 et en 1995 et variaient entre 5 et 360 UFC/m3 (moyenne arithmétique de 26 cellules/m3). Après ajustement pour tenir compte du sexe, de l'âge, de l'atopie en 1993 et du tabagisme, le rapport de cotes pour les nouveaux cas d'asthme (c.-à-d. diagnostiqués durant la période de suivi) par augmentation par 10 ordres de grandeur des concentrations totales de moisissures dans la classe était de 1,3 (IC à 95 %, 0,5 à 3,6). Chez les enfants qui n'étaient pas atopiques en 1993, le rapport de cotes pour les nouveaux cas d'asthme par augmentation par 10 ordres de grandeur des concentrations de moisissures, ajusté pour tenir compte du sexe, de l'âge et du tabagisme, était de 4,7 (IC à 95 % : 1,2 à 18,4) (Smedje et Norbäck 2001).
On a découvert que certaines sous populations présentaient un risque accru de contracter des affections rares à la suite d'une exposition aux moisissures. Une exposition à des niveaux extrêmement élevés de contamination par les moisissures a d'ailleurs été associée à des cas d'hémorragie pulmonaire chez des nourrissons, et on a observé un risque accru de mycose invasive chez des sujets immunodéprimés.
Une exposition à des moisissures présentes en milieu intérieur a été soupçonnée d'être la cause d'hémorragies pulmonaires idiopathiques chez des nourrissons et de jeunes enfants. Dans la majorité des cas, l'agent étiologique suspect était Stachybotrys chartarum (aussi appelé S. atra), un champignon hydrophile (c.-à-d., ne se multipliant qu'en milieu très humide) qui produit de la cellulase et peut ainsi utiliser la cellulose comme substrat. On compte au moins quatre familles de composés issues de Stachybotrys chartarum : les atranones, les trichothécènes macrocycliques, les spirolactones et les composés de type cyclosporine (Jarvis et coll., 1995; Sakamoto et coll., 1993; Hinkley et coll., 1999). Il semble que deux chimiotypes soient présents dans les souches nord américaines : ceux qui produisent toutes les familles de composés et ceux qui ne produisent pas de trichothécènes, mais toutes les autres familles. Apparemment, ces chimiotypes cohabitent (Nielsen et coll., 2002).
À Cleveland (Ohio), 10 cas d'hémorragie et d'hémosidérose pulmonaires ont été diagnostiqués chez des nourrissons de moins d'un an entre janvier 1993 et décembre 1994. Chacun de ces cas a été apparié selon l'âge à trois témoins. Les données ont été recueillies par le biais d'un questionnaire remis aux parents et par l'échantillonnage de moisissures prélevées sur des surfaces et dans l'air. Les concentrations moyennes de conidies (spores asexuées) de moisissures viables présentes dans l'air des résidences des cas étaient supérieures à celles des résidences des témoins (conidies totales viables : 29 227 UFC/m3 en comparaison de 707 UFC/m3; Stachybotrys chartarum : 43 UFC/m3 par rapport à 4 UFC/m3). Une augmentation de 10 UFC/m3 de la concentration des conidies viables de Stachybotrys chartarum a été associée à un accroissement significatif du risque d'hémorragie pulmonaire grave (RC : 9,83; IC à 95 % : 1,08 à 3×106). Neuf cas sur dix vivaient avec des fumeurs, comparativement à 16 témoins sur 30 (RC : 7,9; IC à 95 % : 0,9 à 70,6), ce qui donne à penser que l'exposition à la fumée de tabac ambiante peut agir en synergie avec les facteurs associés aux bâtiments humides (Montaña et coll., 1997; Etzel et coll., 1998). Les Centres for Disease Control and Prevention (CDC) ont confié le mandat de revoir cette étude à un comité de révision, lequel a conclu que la méthodologie utilisée pour l'échantillonnage des moisissures et le dénombrement des spores viables aéroportées était inappropriée (CDC, 2000).
Aucune autre étude épidémiologique publiée ne s'est penchée sur le lien entre l'exposition à S. chartarum et l'hémorragie pulmonaire, mais des cas de cette maladie ont été signalés chez des nourrissons et de jeunes enfants exposés à S. chartarum (Elidemir et coll., 1999; Flappan et coll., 1999) ou à d'autres espèces de champignons hydrophiles ayant une activité cellulolytique (Novotny et Dixit, 2000). À l'hôpital de Cleveland, où la première éclosion a eu lieu, 30 nourrissons ont été hospitalisés entre 1993 et 2002 en raison d'une hémorragie pulmonaire grave. Du nombre, 26 nourrissons sur 29 vivaient dans des immeubles endommagés par l'eau et 25 nourrissons sur 28, dans des maisons contaminées par des champignons toxigènes (Dearborn et coll., 2002).
En 2000, les CDC ont mis sur pied trois nouveaux groupes de travail ayant pour mandat d'élaborer des protocoles améliorés pour l'étude des futures grappes de cas. En résumé, un examen des dossiers des patients des cas de Cleveland par des pédiatres et d'autres spécialistes a indiqué qu'il n'existait aucune cause possible connue de la maladie signalée dans les études originales. Une définition de cas claire a donc été élaborée par ce premier groupe de travail dans l'éventualité où d'autres grappes de cas d'hémorragie pulmonaire chez des nourrissons seraient détectées. Ainsi, la plupart des nourrissons inclus dans les études originales, de même que ceux étudiés par la suite, seraient englobés dans la nouvelle définition (Dearborn et coll., 2002). Un deuxième groupe de travail a conclu au caractère inadéquat des évaluations menées lors de l'étude originale sur l'exposition aux champignons. Il a décrit un éventail de méthodes d'investigation en prévision du signalement ultérieur de grappes de cas d'hémorragie pulmonaire idiopathique. Certaines de ces méthodes n'auraient pas été disponibles à l'époque de l'étude originale (CDC, 2001). Finalement, un troisième groupe de travail a élaboré un protocole de surveillance, puis les CDC ont amorcé un programme de surveillance en collaboration avec les États (CDC, 2004).
Certaines espèces de champignons, telles qu'Aspergillus, sont très répandues dans l'environnement et l'inhalation de leurs spores est un phénomène très courant. Cependant, les mycoses invasives (c.-à-d., les infections fongiques) touchent surtout les patients immunodéprimés. L'espèce pathogène Aspergillus fumigatus est la plus répandue (Bennett, 1994). On observe une incidence accrue de la mycose invasive chez les patients atteints du sida. À ce chapitre, une analyse des dossiers médicaux de 35 232 patients infectés par le VIH ayant eu recours à des services de consultation externe dans 10 villes américaines, entre 1990 et 1998, a révélé que l'incidence de l'aspergillose invasive était de 5,1 cas pour 1 000 (IC à 95 % : 2,8 à 7,3) chez les patients dont la numération des lymphocytes CD4 se situait entre 50 et 99 cellules/mm3 et de 10,2 cas pour 1 000 chez ceux présentant une numération inférieure à 50 cellules/mm3, comparativement à 1 cas pour 1 000 (IC à 95 % : 0,6 à 1,4) chez les patients dont la numération des lymphocytes CD4 était égale ou supérieure à 200 cellules/m3 (Holding et coll., 2000). Plusieurs éclosions d'aspergillose invasive ont été signalées dans des unités d'hématologie où logeaient des patients neutropéniques atteints de leucémie. Le risque d'aspergillose invasive chez les patients immunodéprimés a été associé à la présence de spores d'Aspergillus en suspension dans l'air, et l'on a observé une incidence accrue à la suite d'événements entraînant des dénombrements supérieurs de spores d'Aspergillus aéroportées, tels que des travaux de construction ou une défectuosité des systèmes de filtration de l'air :
L'aspergillose invasive opportuniste acquise dans la collectivité (c.-à-d., à l'extérieur de l'hôpital) n'est pas aussi bien documentée, mais certains cas ont été signalés (Benoit et coll., 2000; Chen et coll., 2001). Les patients immunodéprimés demeurent vulnérables aux infections dues à Aspergillus, lorsqu'ils se présentent en clinique externe ou qu'ils retournent à la maison après avoir reçu leur congé de l'hôpital (VandenBergh et coll., 1999).
Les champignons peuvent coloniser les poumons ou la cavité nasale de patients souffrant de troubles respiratoires sous jacents, comme l'asthme ou la rhinosinusite chronique. Il est question de mycose bronchopulmonaire allergique lorsque les poumons sont atteints, et de sinusite fongique allergique, lorsque la cavité nasale est touchée. Étant donné que les espèces d'Aspergillus (en particulier Aspergillus fumigatus) sont les agents étiologiques les plus couramment associés à la mycose bronchopulmonaire allergique, cette affection est souvent appelée aspergillose bronchopulmonaire allergique ou ABPA. Ces deux affections se caractérisent par la présence de polynucléaires eosinophiles et d'hyphes fongiques non invasifs dans les expectorations ou le mucus nasal (Hunninghake et Richerson, 1994; Ponikau et coll., 1999). Des rapports de cas indiquent la présence d'un lien entre le nombre de cellules fongiques aéroportées et l'apparition de formes graves de mycoses bronchopulmonaires (Kramer et coll., 1989; Beaumont et coll., 1984; Ogawa et coll., 1997).
Plusieurs études expérimentales sur des modèles animaux exposés à des cellules, à des antigènes ou à des constituants fongiques ont mis en évidence des effets similaires à ceux observés chez les humains dans les études épidémiologiques, tels que l'éosinophilie et une élévation des IgE sériques.
Certaines études ont également mis en évidence une réaction hémorragique grave induite par des spores de Stachybotrys chartarum.
Il ressort d'autres études portant sur des rongeurs exposés à Stachybotrys chartarum que différents mécanismes peuvent entraîner des modifications physiopathologiques au niveau des poumons.
Voici un résumé des principales conclusions concernant les effets des moisissures sur la santé :
Dans la plupart des études épidémiologiques qui traitent des moisissures en milieu intérieur et de la santé, l'exposition a été évaluée à la lumière des témoignages des participants. Dans les rares études où l'évaluation a été faite par un membre de l'équipe de recherche, la classification de l'exposition a été réalisée à partir de questions dichotomiques, par exemple sur la présence ou l'absence d'humidité ou de moisissures, il n'y a eu aucune évaluation quantitative de l'exposition, de sorte que la relation dose effet n'a pas été déterminée. Les études réalisées par Garrett et coll. (1998) et Dales et coll. (1999) font figure d'exception. En outre, dans la plupart des études transversales et cas témoins, les espèces de moisissures présentes dans les habitats n'ont pas été identifiées. Or, il existe entre les espèces des différences énormes non seulement dans leurs effets possibles sur la santé humaine mais aussi dans les mécanismes par lesquels elles affectent la santé humaine (libération de constituants, d'allergènes ou de mycotoxines volatiles).
Ainsi, les problèmes de quantification de l'exposition humaine font qu'il est impossible d'évaluer la relation dose effet, ce qui nuit considérablement à la détermination de l'existence d'une relation de cause à effet. Cette difficulté a amené l'Institute of Medicine à conclure qu'« ...il est essentiel de disposer de méthodes normalisées pour l'évaluation de l'exposition aux allergènes fongiques, établies de préférence à partir d'une évaluation quantitative des allergènes plutôt que des champignons pouvant être cultivés ou dénombrés... », l'idée étant de bien comprendre les effets des champignons présents dans les immeubles.
Le recours à une méthode quantitative plutôt qu'à un questionnaire pour évaluer l'exposition aux champignons est une piste prometteuse à explorer si l'on veut améliorer les études épidémiologiques. Il demeure que la méthode habituellement employée, soit le prélèvement d'échantillons d'air et la culture de spores fongiques, comporte plusieurs failles qui réduisent l'utilité des données ainsi recueillies. Par exemple, le prélèvement de spores fongiques en suspension dans l'air ne peut se faire que pendant de brèves périodes, alors que la concentration dans l'air de spores fluctue considérablement. De plus, les milieux de culture utilisés favorisent toujours la croissance de certaines espèces par rapport à d'autres, et certains taxons fongiques peuvent empêcher la croissance d'autres taxons dans le milieu de culture.
Pour toutes les raisons évoquées plus haut, la détermination de marqueurs de la croissance fongique, comme la présence d'ergostérol et de ß-1,3-D-glucane dans la poussière du milieu ambiant, semble une piste plus intéressante (Dillon et coll., 1999). L'ergostérol et le ß-1,3-D. glucane sont tous deux des constituants de la membrane cellulaire des champignons (Miller et Young, 1997; Li et Hsu, 1996). Le ß-1,3-D-glucane a été associé à une plus grande variabilité du débit expiratoire maximal chez les enfants asthmatiques (Douwes et coll., 2000). Il y a toutefois lieu de poursuivre les recherches afin d'élaborer des protocoles normalisés relatifs à l'évaluation de la concentration de ß-1,3-D-glucane dans le milieu ambiant (Dillon et coll., 1999). Le dosage des polysaccharides extracellulaires de Aspergillus et de Penicillium dans la poussière domestique est une autre méthode d'évaluation de l'exposition aux moisissures qui est actuellement mise au point. Les polysaccharides extracellulaires sont un marqueur spécifique de la présence de champignons mais, à la différence des glucanes, on ne les soupçonne pas de provoquer des effets indésirables sur la santé respiratoire (Chew et coll., 2001).
Des méthodes d'analyse moléculaire ont été élaborées pour l'évaluation de l'exposition tant qualitative que quantitative aux champignons présents dans les immeubles et d'autres milieux (Haugland et coll., 1999). Jusqu'ici, cette démarche n'a pas fait l'objet de beaucoup d'expériences pratiques. Un certain nombre de groupes de recherche ont proposé d'utiliser des anticorps d'origine animale pour recueillir des données quantitatives et qualitatives sur l'exposition fongique (Wijnands et coll., 2000a; Wijnands et coll., 2000b). L'Institute of Medicine Committee on Asthma (Institute of Medicine, 2000) des États-Unis préconise une autre démarche qui consiste à doser les allergènes ou les antigènes fongiques chez l'humain. Des recherches sur la question sont en cours au Canada.
Le manque d'objectivité est une autre faille observée dans beaucoup d'études épidémiologiques sur les effets sur la santé de l'exposition, étant donné que la plupart de ces études reposent sur des informations subjectives obtenues au moyen de questionnaires. Il s'agit là d'un autre élément qui nuit à l'établissement de conclusions définitives. Il existe bien sûr des méthodes objectives d'évaluation des effets sur la santé, mais leur intégration aux études en accroît considérablement le coût.
Les conditions d'humidité favorables à la croissance de moisissures sont aussi propices à la prolifération d'autres agents biologiques réputés avoir des propriétés allergènes, comme les acariens et les bactéries Gram négatif. Contrairement aux moisissures, les bactéries ne sont pas visibles. Leur présence ne peut donc être déterminée que par des prélèvements d'air ou de poussière. C'est pourquoi l'association observée entre l'exposition aux moisissures et les réactions allergiques pourrait être attribuable en partie à un facteur de confusion, soit la présence de bactéries ou d'acariens qui sont associés tant à l'exposition aux moisissures qu'aux effets étudiés. Ce phénomène pourrait expliquer le constat, dans certaines études (Williamson et coll., 1997; Norbäck et coll., 1999), de liens plus étroits entre l'humidité et l'asthme qu'entre les moisissures visibles et l'asthme. Dans une étude transversale où les concentrations d'endotoxines bactériennes et les acariens ont été mesurés, la prise en compte de la présence de ces autres allergènes n'a modifié en rien l'association entre les moisissures présentes dans l'air intérieur et les symptômes respiratoires (Dales et Miller, 1999). Une étude cas témoins a mis en relief un lien important entre la croissance de moisissures et l'asthme, après pondération pour tenir compte de l'humidité visible (Thorn et coll., 2001). De plus, il ressort d'expériences menées auprès de modèles animaux que les antigènes fongiques peuvent entraîner des réactions allergiques en l'absence d'endotoxines ou d'autres agents biologiques (Alonso et coll., 1997; Alonso et coll., 1998; Cooley et coll., 2000).
Il se dégage d'au moins une des études résumées plus haut que l'exposition aux agents chimiques peut aussi être une variable confusionnelle. Par exemple, dans l'étude de cohortes réalisée par Smedje et Norbäck (2001), les champignons aéroportés et le formaldéhyde représentent d'importants facteurs de risque de l'asthme, mais ils ne peuvent être étudiés ensemble dans des modèles multivariés parce qu'ils sont trop étroitement corrélés.
D'autres variables confusionnelles possibles qui interviennent dans l'épidémiologie des troubles respiratoires, comme la situation socio-économique, le tabagisme et l'exposition à la fumée de tabac secondaire, ont été prises en compte dans la majorité des études transversales et des études cas témoins examinées. Il est donc peu probable que les associations observées dans ces études soient attribuables à ces facteurs.
Certaines études comportent peut être un biais de déclaration puisqu'il existe au sein de la population une conscience accrue du lien présumé entre les moisissures et la santé respiratoire. Il est possible que les personnes aux prises avec des problèmes de moisissures soient plus attentives aux symptômes présentés par leurs enfants ou par elles mêmes. C'est sans doute ce qui s'est produit dans l'étude transversale réalisée en Finlande qui a établi une relation entre les moisissures, les maux de dos et les troubles gastriques (Pirhonen et coll., 1996). Il est également possible que les personnes souffrant de troubles respiratoires se préoccupent davantage de la présence de moisissures car, face à un cas d'asthme ou d'autres affections respiratoires, les médecins demandent souvent à leurs patients s'ils ont été exposés à des moisissures ou à des conditions d'humidité, mais ce biais a été éliminé dans de nombreuses études qui ont fait inspecter les habitats par un chercheur qui ignorait si les participants étaient des cas ou des témoins. Dans l'étude cas témoins réalisée par Williamson et coll. (1997), où la possibilité d'un tel biais a été réduite par une classification des cas/des témoins à la lumière des dossiers d'hospitalisation et d'une évaluation de l'exposition fondée sur des visites à domicile, le rapport de cotes observé entre des conditions d'extrême humidité et l'asthme était de 1,7 (mais il était non significatif).
À notre connaissance, une seule étude de cohorte a été publiée sur les effets sur la santé d'une exposition non professionnelle aux moisissures en milieu intérieur (Smedje et Norbäck, 2001). Au moment de la rédaction de notre travail, une autre étude de cohortes est menée au Canada sur la santé infantile à l'Île-du-Prince-Édouard. Les éléments de preuve établissant un lien entre les moisissures et les effets sur la santé proviennent surtout d'études transversales et d'études cas témoins. Ces deux types d'études sont généralement considérés comme moins solides que les études de cohorte lorsqu'il s'agit de déterminer les causes d'une maladie, puisqu'il est difficile de vérifier si la cause soupçonnée est vraiment antérieure à la maladie étudiée. Toutefois, en dépit du caractère chronique de l'asthme et des allergies, les symptômes liés à l'asthme peuvent être atténués lorsqu'on supprime l'exposition aux allergènes et/ou aux irritants qui provoquent une bronchoconstriction. Une étude transversale ou une étude cas témoins établissant une relation entre « les moisissures et/ou l'humidité » et une respiration sifflante chronique ne prouve pas que ce sont les moisissures qui ont provoqué l'apparition de l'asthme. Elle peut par contre indiquer que les symptômes respiratoires chez les asthmatique sont déclenchés par les moisissures ou par l'humidité (à condition, bien sûr, que les évaluations de l'exposition et des effets soient exactes; voir les sections antérieures). Par ailleurs, l'établissement d'un lien de causalité entre les moisissures et les troubles respiratoires passe nécessairement par des études de cohortes sur le milieu intérieur et les affections respiratoires/allergiques (fondées de préférence sur une évaluation objective de l'exposition et des effets sur la santé, par exemple une inspection du domicile et une évaluation physique).
Comme le montre la section 2.4.1, plusieurs études ont mis en évidence des associations significatives entre l'exposition aux moisissures et/ou l'humidité, d'une part, et les irritations et des symptômes respiratoires non spécifiques, d'autre part, ainsi qu'avec l'aggravation et l'apparition de troubles respiratoires tels que l'asthme. En raison des limites présentées par l'évaluation de l'exposition comme des effets, et puisque dans presque toutes les études réalisées à ce jour, il a été impossible de départager l'effet des moisissures de celui d'autres contaminants associés à l'humidité, on ne peut se fier uniquement aux données épidémiologiques pour conclure que les affections respiratoires sont causées par les moisissures en milieu intérieur. L'existence d'un lien de causalité est cependant très plausible si l'on tient compte du fait que l'exposition aux champignons dans les milieux de travail entraîne des maladies d'origine allergique et toxique et que les effets indésirables des champignons ont aussi été observés dans des études fondées sur l'exposition par inhalation réalisées sur des modèles animaux.
Dans le milieu hospitalier, l'exposition à certaines moisissures aéroportées est associée à un risque accru d'infection fongique chez des individus immunodéprimés.
Bien qu'il soit nécessaire de pousser plus loin les recherches concernant les effets sur la santé des moisissures présents en milieu intérieur au moyen de méthodes améliorées d'évaluation de l'exposition et des effets sur la santé pour dissiper certaines incertitudes, les informations que l'on possède actuellement sur la question indiquent qu'il y a lieu de prévenir les conditions d'humidité et la croissance de moisissures et de remédier à toute contamination fongique dans les immeubles.

Photo : Architectural Diagnostics Ltd.
Au Canada, la sûreté des lieux de travail est exigée par divers cadres législatifs. Parmi ceux-ci, on retrouve l'article 12 de la Loi sur les produits dangereux1, le Code canadien du travail, la Loi sur le transport des marchandises dangereuses, les lois provinciales sur la santé et la sécurité au travail et les règlements connexes. Il est de la plus haute importance de disposer d'une marche à suivre qui protégera la santé et assurera la sécurité des occupants2 et des travailleurs qui procèdent à une inspection visant à déterminer s'il y a contamination fongique dans un immeuble public3 (CHMT, 1995a). Des analyses du cadre législatif sur la qualité de l'air intérieur au Canada ont révélé son caractère variable et fait état de la jurisprudence qui pourrait s'appliquer (Beaudry, 1999; Morton et Kassirer, 2000).
De récentes études ont révélé que la plupart des contaminants présents dans l'air intérieur des immeubles résidentiels ou des immeubles à bureaux n'étaient pas mentionnés expressément dans les règlements (CHMT, 1995b; CHMT, 1989). Comme pour les autres contaminants de l'air intérieur, le cadre législatif relatif aux moisissures est essentiellement fondé sur des règlements qui suggèrent ou exigent la conformité aux recommandations des autorités compétentes, notamment le CHMT, la norme 62 de l'American Society of Heating Air Conditioning & Refrigerating Engineers et les valeurs limites d'exposition (en anglais threshold limit values, ou TLV) de l'American Conference of Government Industrial Hygienists (ACGIH), de même qu'aux énoncés ou politiques des ministères du Travail et de la Santé provinciaux et territoriaux. De plus, les exigences en matière de santé et sécurité définies par la loi imposent certaines obligations aux hygiénistes du travail, aux ingénieurs et aux médecins, ainsi qu'à d'autres professionnels de la santé, qui sont tenus d'agir dans le meilleur intérêt des occupants. Cela doit être fait conformément aux politiques du médecin hygiéniste responsable ou du directeur de la santé publique de la région concernée et (ou) de Santé Canada dans les établissements de compétence fédérale.
On ne dira jamais assez que la meilleure façon de limiter la croissance des moisissures consiste à en prévenir l'apparition. L'élimination de l'humidité, l'intervention rapide en présence de toute fuite d'eau et l'entretien rigoureux des systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) sont autant d'éléments essentiels d'une stratégie de prévention (Lavoie et Lazure, 1994; Flannigan et Morey, 1996).
1. Article qui établit le Système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT).
2. « Occupant » désigne ici toute personne présente dans un immeuble public, y compris les travailleurs, les étudiants, les visiteurs et le public.
3. « Immeuble public » désigne ici tout immeuble accessible au public (p. ex. les immeubles à bureaux, les écoles, les magasins).
Les évaluations de la qualité de l'air intérieur4 peuvent être déclenchées de différentes façons. Certains propriétaires ou gestionnaires d'immeubles procèdent à des évaluations périodiques de la qualité de l'air intérieur afin de déceler les problèmes avant qu'ils puissent affecter les occupants. À l'autre extrémité du spectre, on retrouve les évaluations entreprises à la suite de l'apparition de réactions aiguës chez des personnes qui pénètrent dans un immeuble. Des mesures appropriées doivent être mises en oeuvre lorsqu'une évaluation a lieu à la suite de plaintes relatives à la santé. Il est important de confier à des personnes possédant une formation et une expérience professionnelles reconnues la tâche de procéder à une évaluation d'un éventuel problème de moisissures dans les immeubles publics, et de recourir aux méthodes documentées par l'ACGIH (1999) et l'American Industrial Hygiene Association ou AIHA (Dillon et coll., 1996).
Dans les systèmes de CVC, les humidificateurs, les filtres souillés et les débris accumulés dans les conduites sujettes à la condensation ou aux fuites peuvent être responsables de la présence de moisissures dans les immeubles. Des spores peuvent jaillir périodiquement des conduites. Des champignons peuvent être libérés lorsque les locaux occupés adjacents à des cavités de murs, des cages d'ascenseur ou des drains d'égout défectueux contaminés sont mis en pression négative. Les taux d'infiltration d'air et les différences de pression résultant du vent et de la charge thermique (conditions météorologiques), et du dérèglement des systèmes de ventilation ou d'évacuation peuvent influer sur ce phénomène. La dispersion des champignons provenant des tapis ou de la contamination des surfaces dépend de l'activité dans l'espace occupé et de la fréquence du nettoyage.
Au besoin, il faut procéder à des analyses en laboratoire utilisant des méthodes appropriées et exécutées par des professionnels expérimentés et compétents. Les laboratoires commerciaux doivent participer avec succès au programme Environmental Microbiology Proficiency Analytical Testing (EMPAT) de l'AIHA et, de préférence, être un laboratoire d'analyse environnementale accrédité par le Conseil canadien des normes (CCN)5, ou encore détenir une certification ISO ou Bonne pratiques de laboratoire (BPL)6. Il existe également des laboratoires universitaires et gouvernementaux employant des spécialistes hautement qualifiés en matière d'identification des moisissures qui peuvent fournir des données fiables. Toutefois, ces laboratoires doivent être tenus d'utiliser les méthodes reconnues. La Société canadienne d'hypothèques et de logement tient à jour une liste des laboratoires qui ont fourni des services au gouvernement canadien. Des représentants des ministères de la Santé ou du Travail des gouvernements provinciaux peuvent également émettre des recommandations. Toutes les mesures raisonnables doivent être prises pour s'assurer qu'aucune intervention menée pendant les procédures d'évaluation ou d'assainissement7 n'ait pour effet d'accroître la contamination de l'immeuble ou le risque auquel sont exposés les occupants de l'immeuble ou le public. Enfin, la communication de renseignements fiables et à jour aux occupants est un aspect essentiel de toute évaluation de la qualité de l'air intérieur (QAI), car les personnes appartenant à l'un des groupes à risque potentiels ont besoin d'être informées en présence d'un problème microbiologique dans leur lieu de travail ou leur établissement d'enseignement.
Comme il est mentionné ci-dessus, la fréquence et la complexité des évaluations de la contamination fongique varient en fonction de la taille et de la nature de l'immeuble, qu'il s'agisse d'une vérification périodique de la qualité de l'air ou d'une évaluation menée en réponse à une plainte reliée à la santé. Qu'il suffise, pour se situer, de se reporter aux recommandations du CHMT (CHMT 1995b; CHMT 1989; CHMT 1995a), selon qui il faut réduire au minimum l'exposition aux champignons, les moisissures et l'humidité sont nocives pour la santé de la population, et il existe des groupes à risque. Les objectifs consistent à définir et à maîtriser le(s) problème(s) microbien(s) et à redonner à l'immeuble un niveau de rendement satisfaisant. Les évaluations de la qualité de l'air à des fins de vérification ne sont pas abordées ici.
La discussion ci-après porte sur les cas où une plainte reliée à la santé a été déposée et où, à première vue, les moisissures pourraient être l'un des problèmes potentiels.
Les objectifs d'une telle évaluation sont les suivants :
Facteurs à considérer face à un problème potentiel de moisissures
4. « Évaluation » désigne ici la procédure d'accès à l'immeuble, d'inspection, d'échantillonnage, de documentation et de production des rapports, ladite procédure étant exécutée par des personnes ayant reçu une formation appropriée.
5. Le Conseil canadien des normes (CCN) accrédite les laboratoires d'analyse environnementale en collaboration avec l'Association canadienne des laboratoires d'analyse environnementale (Inc.) (ACLAE). L'ACLAE est une association sans but lucratif regroupant des laboratoires privés et publics.
6. Les Bonnes pratiques de laboratoire (BPL) sont un ensemble de lignes directrices élaborées par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui portent sur les installations de laboratoire, les procédures normales d'exploitation (PNE), l'assurance de qualité et la production de rapports. La certification BPL est accordée par un certain nombre d'organismes dans le monde, dont la Food and Drug Administration des États-Unis.
7. L ' assainissement englobe à la fois l'élimination de toute moisissure dans l'immeuble et la correction de la défectuosité qui a mené à la contamination fongique (humidité excessive, fuite d'eau ou infiltration d'eau de l'extérieur).
8. La quantité de poussière résiduelle doit être réduite au mini-mum raisonnablement possible, ce qui a été défini comme étant un poids sec inférieur à 100 mg/m2 sur les surfaces lisses dans un certain nombre de documents publiés par des autorités compétentes (ACGIH, 1999, AIHA, 2001).
L'échantillonnage microbiologique au cours de l'évaluation de la contamination fongique dans un immeuble est un problème complexe. Il existe des directives à ce sujet publiées par des autorités reconnues compétentes. Par exemple, l'AIHA a publié un guide qui expose des méthodes reconnues d'échantillonnage microbiologique (Dillon et coll., 1996). L'ACGIH a publié un manuel complet sur les problèmes microbiologiques des immeubles, qui comprend des chapitres sur l'évaluation et l'assainissement, lesquels entérinent les méthodes d'échantillonnage de l'AIHA (ACGIH, 1999). Certaines de ces procédures sont reprises dans Flannigan et coll. (2001). La US Environmental Protection Agency a publié des lignes directrices sur l'élimination des moisissures dans les immeubles publics (USEPA 2001) et les résidences (USEPA 2002).
système de ventilation, pour confirmer de façon définitive le succès des mesures correctrices mises en oeuvre. 3.4 Considérations méthodologiques L'échantillonnage microbiologique au cours de l'évaluation de la contamination fongique dans un immeuble est un problème complexe. Il existe des directives à ce sujet publiées par des autorités reconnues compétentes. Par exemple, l'AIHA a publié un guide qui expose des méthodes reconnues d'échantillonnage microbiologique (Dillon et coll., 1996). L'ACGIH a publié un manuel complet sur les problèmes microbiologiques des immeubles, qui comprend des chapitres sur l'évaluation et l'assainissement, lesquels entérinent les méthodes d'échantillonnage de l'AIHA (ACGIH, 1999). Certaines de ces procédures sont reprises dans Flannigan et coll. (2001). La US Environmental Protection Agency a publié des lignes directrices sur l'élimination des moisissures dans les immeubles publics (USEPA 2001) et les résidences (USEPA 2002).
La première étape de l'évaluation de la présence de contamination microbienne dans un immeuble est l'inspection par un spécialiste, soit une personne possédant des connaissances en génie ou en architecture reliées aux problèmes d'humidité dans les immeubles et, plus particulièrement, dans le type d'immeuble à inspecter. Les compétences requises diffèrent selon que l'inspection porte sur de grands immeubles publics ou sur une maison individuelle. La contamination par des moisissures peut être causée par la condensation, les inondations et différents types d'infiltrations. L'inspection reliée à des problèmes de moisissures exige une connaissance approfondie de la conception de l'enveloppe du bâtiment et des types de défauts pouvant entraîner de la condensation et des infiltrations d'eau. L'inspection matérielle des moisissures dans les immeubles publics et résidentiels requiert une compétence considérable en matière de conception, de construction et de gestion de ces structures. Des listes d'items à vérifier ont été élaborées par la SCHL (1993) pour l'inspection des immeubles résidentiels et par Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (Davidge et coll., 1992) et la US EPA (USEPA et USDHHS, 1991) pour les immeubles publics.
L'échantillonnage de l'air n'est pas indiqué, à moins qu'une inspection complète de l'immeuble ait eu lieu avant ou simultanément. L'échantillonnage permet de repérer une contamination non visible sans essai destructif et de documenter la contamination de l'air. De même, les données fournies par l'échantillonnage de l'air doivent être comparées à l'information acquise pendant l'inspection matérielle. « Les résultats sont ils plausibles? » est la question que l'on doit toujours se poser pour bien évaluer le risque de faux négatifs ou de faux positifs. De plus, la documentation des sources et de la nature de la contamination permet de procéder à une analyse des défaillances de l'immeuble (ou du système de CVC). Une telle analyse aide à définir des stratégies d'évaluation économiques et, à terme, les mesures correctrices requises.
Les échantillonneurs d'air déposent les propagules fongiques sur une boîte de pétri ou dans une suspension aqueuse. Ces échantillons renseignent sur les propagules cultivables ou « viables » dans l'air. Il est important de savoir que, pour différentes raisons, les techniques d'échantillonnage de l'air existantes sous évaluent les véritables concentrations de spores fongiques aéroportées. Le nombre de propagules fongiques déterminé par la culture est substantiellement inférieur (de 1 à 50 %) à celui qui est déterminé par méthode directe; ceci varie selon l'espèce. Les diverses espèces fongiques ont des exigences de croissance différentes. Par conséquent, quel que soit le milieu utilisé, les taux de récupération sont différents. La viabilité des spores fongiques diminue avec le temps: les spores de certaines espèces demeurent viables pendant des années; les spores d'autres espèces, pendant des mois. Certaines espèces croissent très rapidement ou se révèlent agressives en culture et produisent des agents antifongiques qui peuvent freiner la croissance d'autres espèces présentes dans la culture. La variabilité des nuages de spores en suspension dans l'air intérieur d'un immeuble où une croissance fongique active est observée dépasse largement la précision des méthodes d'échantillonnage disponibles. L'échantillonnage de l'air est utile pour évaluer la contamination fongique dans les grands immeubles et il doit être envisagé si l'évaluation fait suite à des plaintes reliées à la santé.
Il est rarement possible de prélever suffisamment d'échantillons pour procéder à des analyses statistiques rigoureuses. Toutefois, il faut tenir compte des principes statistiques pour déterminer le nombre d'échantillons à prélever (ACGIH, 1999). Il importe d'étudier avec soin la manière dont chaque échantillon sera prélevé et où il sera prélevé.
Les échantillons d'air doivent être prélevés pendant les périodes d'activité normale dans l'immeuble, lorsque le système de ventilation fonctionne. Facteur important, deux échantillonnages dans un même espace doivent être faits à des intervalles d'une à deux heures (p. ex., se déplacer sur chaque étage de l'immeuble dans une direction donnée, monter d'un étage à l'autre, puis redescendre, échantillonner le matin et l'après-midi, etc.). Cette technique permet de prendre en considération la variabilité des concentrations de spores aéroportées dans le temps, et selon les différentes activités en cours dans l'immeuble et la fluctuation des charges thermiques et éoliennes. Les échantillons d'air ne doivent pas être prélevés lorsqu'il pleut. La pluie produit un effet transitoire sur les populations microbiennes dans l'air extérieur, ce qui peut fausser la comparaison air intérieur/extérieur. Le nombre d'échantillons d'air extérieur doit, en principe, être égal au nombre d'échantillons d'air intérieur. Comme cela est rarement possible, il faut prélever un minimum de trois à six échantillons d'air extérieur pendant les périodes d'échantillonnage de l'air intérieur. Ces échantillons doivent être prélevés au dessus du niveau du sol pour éviter de recueillir des particules de terre soufflées par le vent pouvant contenir des champignons susceptibles de fausser la comparaison de la diversité des espèces entre l'air intérieur et extérieur. Il est recommandé de prélever les échantillons d'air extérieur aussi près que possible des prises d'air ou encore face au vent, sur le toit de l'immeuble. On trouvera d'autres conseils dans le guide de l'AIHA (Dillon et coll., 1996) et le manuel de l'ACGIH (ACGIH, 1999).
Les méthodes actuelles d'interprétation des résultats d'échantillonnage de l'air reposent sur la comparaison de la diversité des champignons repérés à l'intérieur et à l'extérieur, en tenant compte des espèces indicatrices et des espèces présentant une faible capacité de récupération sur une boîte de pétri, comme Stachybotrys chartarum (CHMT 1995a; Dillon et coll., 1996; ACGIH, 1999). Les espèces fongiques présentes dans l'air extérieur varient avec les saisons. Les concentrations moyennes totales de propagules en juillet vont de 20 000 par m3 à des concentrations de pointe pouvant aller jusqu'au double de cette valeur. En l'absence de neige, la proportion d'Aspergillus et de Penicillium parmi les spores fongiques totales est inférieure à 1 % de l'ensemble des spores fongiques. Lorsque le sol est recouvert de neige, la concentration totale de spores fongiques dans l'air diminue et la proportion de d'Aspergillus et de Penicillium augmente jusqu'à 10 - 20 %.
L'avantage d'échantillons d'air viables correctement prélevés et analysés est que les données peuvent servir à détecter les premiers signes d'une contamination fongique,de même que des croissances fongiques dans des cavités murales ou des conduites d'aération (où la dilution provoquée par l'air extérieur limite la sensibilité de l'analyse).
On utilise de plus en plus souvent des échantillonneurs à surface adhésive, comme le Zefon Air O CellMC, AllergencoMC et BurkhardMC pour l'évaluation de la QAI. Peu de données ont été publiées sur le rendement comparatif et qualitatif de ces échantillonneurs (Dillon et coll., 1996). Toutefois, certaines études ont permis d'obtenir de l'information sur les points de démarcation reliés à ces échantillonneurs (Aizenberg et coll., 2000). Un inconvénient de ces méthodes est qu'elles dépendent de la capacité du microscopiste à faire le décompte des propagules fongiques dans un champ contenant des débris de types variés.
Un des avantages des échantillonneurs à surface adhésive, lorsque les échantillons sont correctement prélevés et analysés, c'est que les résultats sont disponibles au bout d'une journée et que, en présence d'un pourcentage élevé de spores non viables aéroportées, les données sont plus fiables.
À cette étape de l'évaluation globale, c'est-à-dire lors de l'inspection par un spécialiste, des notes détaillées des quantités de moisissures visibles doivent être inscrites sur la vue appropriée des plans du bâtiment. Les zones de contamination fongique doivent y être délimitées de manière suffisamment détaillée pour permettre estimer le nombre de mètre carrés de surface contaminée.
Des échantillons en vrac peuvent être prélevés sur les matériaux qui semblent attaqués par des moisissures. L'examen des échantillons à la recherche de croissances fongiques permettra de délimiter les zones atteintes. Une petite quantité du matériau peut être grattée en surface et examinée sous microscope et (ou) placée sur une boîte de pétri. Habituellement, la couleur des matériaux qui semblent contaminés vient de la présence de conidies, ascocarpes, pycnides et, dans le cas des champignons humifères, de mycéliums. Des conidies non visibles à l'oeil nu mais présentes sur des matériaux de construction peuvent quand même miner la qualité de l'air de l'espace occupé.
Lorsqu'il y a lieu de croire qu'une quantité appréciable de moisissure se trouve derrière les cavités du mur, il faut procéder à des inspections physiques mettant au jour la zone cachée. Certains facteurs sont à considérer, dont la présence ou l'absence d'isolant dans les murs et le type de dégât d'eau. Par exemple, après la rupture d'une canalisation, une inondation, un incendie ou des problèmes évidents reliés au parement ou aux fenêtres, il est raisonnable de penser que toutes les zones touchées ont été contaminées et elles doivent être inspectées. L'inspection par un spécialiste et (ou) les échantillons d'air peuvent se révéler utiles pour déterminer s'il faut procéder à des inspections destructives. Les méthodes pour ce faire consistent entre autres à enlever à la scie la section inférieure des murs intérieurs, (sur 0,3 m et d'un côté), ou encore à l'utiliser une scie à guichet et un boroscope (AIHA, 2001). Lorsque l'on procède à une inspection destructive, il faut recourir à un système d'aspiration HEPA pour un contrôle à la source (à proximité de la scie, p. ex.) ou à des mesures de confinement de base, en se munissant de tout le matériel de protection respiratoire requis (ACGIH, 1999).
Par échantillons en vrac, on entend les échantillons physiques de matériaux de construction, recueillis lors d'une inspection destructive. Les méthodes d'étalement de dilutions sont sélectives et ne renseignent pas directement sur les champignons qui croissent sur les matériaux endommagés par rapport aux organismes immatures aéroportés pouvant s'être déposés. L'essai d'étalement par dilutions consiste à déposer une quantité de matière en poudre (p. ex., panneau mural moulu, dépôts de poussière) dans un diluant approprié. On procède ensuite à dix dilutions supplémentaires avant de placer les parties aliquotes sur des boîtes de pétri, et ce, en au moins trois exemplaires. Le liquide est alors réparti uniformément sur la surface. On laisse ensuite incuber, puis on dénombre les colonies qui émergent. Les colonies représentatives sont ensuite transférées sur une gélose qui permet d'identifier les espèces présentes. Cette méthode a pour avantage de brosser un tableau de la diversité des espèces présentes.
En l'absence d'un nettoyage régulier par système d'aspiration HEPA, l'analyse mycologique d'échantillons de poussière déposée aide à cerner un problème qui peut être saisonnier ou lié à des facteurs absents au moment de l'évaluation (ACGIH, 1999). Par exemple, la condensation autour des unités d'induction périphériques, qui rend les tapis humides, ne se produit qu'en été. Or, l'étude d'une plainte déposée par un occupant peut avoir lieu lorsque le tapis a séché. Comme c'est le cas avec les échantillons d'air, l'analyse de la diversité fongique permet une bonne interprétation des échantillons de poussière, mais les résultats sont moins faciles à interpréter (Dillon et coll., 1996; ACGIH 1999).
interprétation des échantillons de poussière, mais les résultats sont moins faciles à interpréter (Dillon et coll., 1996; ACGIH 1999).
De petits débris des matériaux de construction recueillis (autour de 0,5 g) peuvent être placés sur différentes boîtes de pétri. Après l'incubation et la croissance des colonies, celles-ci sont dénombrées et transférées à des fins d'identification. L'avantage de cette méthode est que les colonies qui émergent en premier correspondent probablement à celles qui sont le plus actives dans les matériaux endommagés.
Les échantillons de matériaux de construction contaminés placés sur une boîte de pétri selon l'une ou l'autre des méthodes exposées doivent également être additionnés de bleu de lactophénol ou d'un autre colorant approprié, et examinés au microscope afin de vérifier la présence d'organismes qui pourraient être non viables. Cela permet de comparer les cultures viables et les cultures non viables. On obtient de l'information sur les spores mortes présentes sur les matériaux endommagés, ce qui aide à prévenir les résultats faux négatifs. (Les spores fongiques mortes contiennent encore des substances allergènes et des toxines.) Dans le cas où l'examen révèle que la majorité des organismes fongiques présents sur un matériau contaminé sont morts, cela signifie que la fuite d'eau s'est probablement produite des mois, voire des années auparavant.
Il existe deux techniques de base pour l'examen au microscope de surfaces fongiques : les échantillons sur ruban et les frottis provenant de la zone contaminée et recueillies dans de petits sachets en plastique ou des flacons. Les échantillons sur ruban sont prélevés en appuyant un ruban de cellophane de bonne qualité contre la surface contaminée. Si on dispose de frottis, ceux-ci peuvent être montés sur des lames et examinées; elles peuvent aussi être mises en culture, ce qu'on ne peut faire avec les échantillons sur ruban. Comme c'est le cas pour toutes les méthodes microscopiques, les grandes spores foncées sont plus faciles à observer que les petites spores hyalines, qui peuvent demeurer inaperçues si le microscopiste n'y porte pas suffisamment attention. Les données taxonomiques obtenues sont limitées.
Certains de ces hyperliens donnent accès à des sites d'un organisme qui n'est pas assujetti à la
Loi sur les langues officielles. L'information qui s'y trouve est donc dans la langue du site.
Les lignes directrices ci-dessus en matière d'assainissement et d'inspection mettent l'accent sur l'importance de faire appel à du personnel qualifié et expérimenté dans ce domaine de l'hygiène technique et industrielle. La variabilité des méthodes de construction et des climats au Canada ne permet pas de normaliser tous les détails des méthodes d'évaluation.
Selon les lignes directrices sur l'échantillonnage des substances fongiques, l'échantillonnage est souvent une étape nécessaire de l'évaluation d'un immeuble public, alors qu'il est moins utile dans les unités d'habitation.9 Les échantillons doivent être prélevés par des personnes qualifiées et expérimentées, avant d'être confiés à des laboratoires compétents.
Comme le mentionnent la plupart des documents courants sur la contamination fongique dans les immeubles, la prévention est essentielle. Porter une attention immédiate à la condensation, aux infiltrations d'eau et aux matériaux humides (associés à un problème de plomberie ou à une autre cause, comme une inondation ou des dommages découlant des intempéries) permet d'éliminer toute croissance fongique et de prévenir la prolifération d'autres contaminants, dont les acariens détriticoles, dans le cadre bâti. Ces mesures préventives s'avèrent relativement peu coûteuses par rapport aux frais reliés à l'assainissement d'un immeuble touché par une contamination fongique. Les mérites de la prévention sont encore plus évidents lorsqu'on considère les problèmes de santé qu'elle permet d'éviter.
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