Guide technique pour l'évaluation de la qualité de l'air ans les immeubles à bureaux
4. Évaluation initiale
L'évaluation initiale est un exercice qui consiste à recueillir des faits concernant la plainte. Au cours de l'évaluation initiale, on définit les problèmes et on évalue leur gravité. On recueille de l'information générale qui facilitera la caractérisation des polluants possibles et la localisation des sources de ces polluants, notamment des renseignements sur le bâtiment lui-même, sur les types de symptômes que présen-tent les employés et sur la période pendant laquelle ils ont présenté ces symptômes.
Il est utile de disposer d'une copie des plans de l'étage pour pouvoir y indiquer directement des observations. L'évaluateur devrait également étudier les documents relatifs à l'historique du bâtiment, notamment les modifications qu'il a subies, particulièrement les modifications récentes. Une personne qui connaît bien le système de CVC doit pouvoir participer à l'évaluation et il faut identifier les personnes qui peuvent permettre l'accès aux différents emplacements.
4.1 Visite initiale
Une telle visite est nécessaire pour effectuer une évaluation directe et visuelle de la conception du bâtiment, du plan de l'étage et du système de ventilation. Cette visite devrait fournir à l'évaluateur suffisamment d'information pour lui permettre de formuler une hypothèse, peut-être de formuler des recommandations simples et d'élaborer un plan, en vue de l'évaluation subséquente.
Pendant la visite initiale, on prend un minimum de mesures. L'évaluateur peut se servir de listes de points à vérifier ou de feuilles de travail et il peut se concentrer sur une zone problème localisée.
Les occupants devraient être interrogés, particulièrement ceux qui se sont plaints. Il faut recueillir de l'information sur les symptômes, sur le moment de leur apparition et de leur disparition et sur la répartition spatiale des plaintes afin de définir le problème de la manière la plus complète possible. L'évaluateur doit aussi noter toute source visible de pollution interne ou externe.
4.2 Inspection de la zone faisant l'objet de plaintes
Les indicateurs généraux suivants aident à attirer l'attention sur les sources de polluants :
- odeurs (voir le Tableau 2)
- surpeuplement
- conditions non hygiéniques
- poussière
- problèmes d'humidité, croissance fongique visible
- apparition de taches et de décoloration sur les tuiles du plafond ou les murs
- présence de substances chimiques.
Tableau 2
Odeurs servant d'indicateurs de problèmes dans les immeubles à bureaux
| Description |
Problème |
Plaintes |
| Gaz d'échappement des automobiles, vapeurs de diesel |
Monoxyde de carbone |
Maux de tête, nausée,
étourdissement, fatigue |
| Odeur corporelle |
Surpeuplement, faible débit de ventilation (teneur élevée en dioxyde de carbone) |
Maux de tête, fatigue,
manque d'air |
| Odeur de moisi |
Matière microbienne, surfaces humides |
Symptômes
d'allergie |
| Odeur de produit chimique |
Formaldéhyde, pesticides, autres produits chimiques |
Irritation des yeux, du
nez et de la gorge |
| Odeur de solvant |
COV |
Odeur fétide,
symptôme d'allergie,
étourdissements,
maux de tête |
| Odeur de ciment humide, de poussière,
de craie |
Particules, système d'humidification |
Sécheresse des yeux,
problèmes respiratoires, irritation du
nez et de la gorge,
irritation de la peau,
toux, éternuements |
| Odeur de gaz d'égout |
Pièges à eau secs dans les drains du sol, dans les salles
de toilettes ou dans les sous-sols |
Odeur fétide |
Parmi les autres activités que comporte l'inspection de la zone
faisant l'objet de plaintes, on compte les suivantes :
- Comparer les utilisations originales de la zone problème et des pièces voisines avec leur utilisation actuelle. La densité des occupants a-t-elle augmenté? Les zones de travail ont-elles été réar-rangées ou transformées en vue de nouvelles utilisations? A-t-on ajouté du nouvel équipement comme des ordinateurs, des im-primantes, des photocopieurs ou des humidificateurs?
- Délimiter les zones où des activités de rénovations, de réparations ou de redécoration sont en cours ou viennent d'être effectuées. Vérifier si des mesures adéquates sont mises en oeuvre pour isoler la poussière, les vapeurs de peintures et les autres contaminants qui peuvent provenir de ces activités.
- Vérifier si la température et le degré d'humidité se situent à l'intérieur de l'intervalle confortable. Observer s'il y a trace de moisissures causées par la condensation, par de hauts niveaux d'humidité ou par des fuites d'eau.
- Vérifier la teneur en dioxyde de carbone qui sert d'indicateur de la qualité de la ventilation dans les zones occupées. Si la concentration de dioxyde de carbone est supérieure à 1 000 parties par million (ppm) dans les bureaux, la ventilation est faible et d'autres contami-nants atmosphériques s'accumulent.
- Observer les mouvements de circulation d'air. Rechercher les em-placements où le mélange est insuffisant, où il y a courts-circuits (les diffuseurs et les grilles de retour sont près les uns des autres), et les obstructions des conduits d'alimentation et d'évacuation.
4.3 Définir le problème et tirer des conclusions
À la fin de l'évaluation initiale, il devrait être possible de déterminer :
- la nature des plaintes
- le nombre d'occupants touchés
- les paramètres liés au bâtiment, d'après le moment, la provenance, etc., des plaintes
- les défauts et problèmes possibles de fonctionnement et d'entretien généraux du système de CVC
- si le système de ventilation a été modifié par l'occupant
- les sources visibles de pollution intérieure et extérieure.
Si la source spécifique du problème a été déterminée et qu'une solution a été proposée, l'évaluation sera interrompue jusqu'à ce que les changements soient effectués et que l'effet soit évalué. Si l'on n'arrive pas à trouver de solution ou que d'autres problèmes ont surgi, il est alors nécessaire de poursuivre l'évaluation de manière plus détaillée.