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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Guide technique pour l'évaluation de la qualité de l'air ans les immeubles à bureaux

2. Contexte

2.1 Syndrome des édifices hermétiques et malaises apparentés

La QAI est devenue une question environnementale importante. Le nombre de plaintes à ce sujet a augmenté au cours des dernières années au fur et à mesure que les bâtiments devenaient de plus en plus her-métiques, que l'utilisation de matières synthétiques augmentait et que les mesures de conservation de l'énergie réduisant l'apport d'air de l'extérieur étaient mises en application. L'équipement moderne des bureaux (p. ex. photocopieuses, imprimantes au laser, ordinateurs), les produits de nettoyage et la pollution de l'air extérieur peuvent également accroître le degré de contamination de l'air intérieur. La réaction à ces contaminants a donné lieu au phénomène appelé syndrome des édifices hermétiques (SÉH).

De nombreux facteurs, souvent insaisissables, sont à l'origine des plaintes formulées par les occupants. Il peut s'agir de mécanismes relevant de la chimie, de la microbiologie, de la physique, de la psychologie. Dans une perspective rationnelle, cependant, le contrôle des sources de contaminants constitue le meilleur des moyens d'ordre général d'améliorer la QAI.

L'analyse d'échantillons d'air peut ne pas signaler la présence de concentrations importantes d'un contaminant quelconque, de sorte que le problème est souvent attribué aux effets combinés de nombreux polluants présents en faible concentration, combinés à d'autres facteurs environnementaux. Par exemple, plusieurs facteurs influent sur le con-fort thermique : un chauffage excessif ou insuffisant, des taux d'humidité extrêmes, des courants d'air et une mauvaise circulation de l'air. De plus, les odeurs sont souvent associées à une mauvaise qualité d'air bien qu'elles ne sont pas nécessairement à l'origine des symptômes. Des agents stressants comme le bruit, les vibrations, le surpeuplement, un milieu de travail et un éclairage mal conçus peuvent causer l'appari-tion de symptômes que l'on peut confondre avec des effets de la mauvaise qualité de l'air. Par ailleurs, l'inconfort physique ou des problèmes psycho-sociaux (comme le stress lié au travail) peuvent réduire la tolérance à l'air de mauvaise qualité.

2.2 Facteurs influant sur la qualité de l'air intérieur

L'environnement intérieur résulte de l'interaction entre le site, le climat, le bâtiment et les sources potentielles de contaminants (p. ex. le mobilier, les sources d'humidité, les procédés et les activités de travail ainsi que les sources extérieures de contaminants) et les occupants du bâtiment. Certains de ces facteurs et de ces sources sont indiqués dans le Tableau 1.

Le système de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) est conçu pour procurer un certain confort thermique (régulation de la température et de l'humidité), pour distribuer l'air extérieur aux occupants, pour éliminer les odeurs et les contaminants avec des ventilateurs d'extraction ou pour diluer ces concentrations à des niveaux acceptables et équilibrer la pression entre les différentes pièces. Les salles de bain, les cuisines et les fumoirs doivent être maintenus à une pression négative de manière que les polluants qui y sont produits ne puissent contaminer d'autres pièces. Les salles d'ordinateurs doivent être maintenues à une pression positive pour refouler la poussière.

2.3 Recommandations relatives à la ventilation

Les recommandations généralement acceptées pour la ventilation et la QAI sont les suivantes : norme ASHRAE 62-1989, Ventilation for Acceptable Indoor Air Quality et norme ASHRAE 55-1992, Thermal Environmental Conditions for Human Occupancy.

Tableau 1
Facteurs et sources influant sur la qualité de l'air et le confort à l'intérieur
Facteur Source
Températures et taux d'humidité extrêmes Emplacement inadéquat des thermostats, mauvaise régulation de l'humidité, incapacité du bâtiment à compenser les changements climatiques extrêmes, équipement et procédés ajoutés par les occupants
Dioxyde de carbone Respiration humaine, combustion de combustibles fossiles (p. ex. chaudières au gaz et à l'huile, dispositifs de chauffage)
Monoxyde de carbone Gaz d'échappement des automobiles (garages, quais de chargement, prises d'air), combustion, fumée de tabac
Formaldéhyde Panneaux de contreplaqué ou de particules non scellés, isolant d'urée-formaldéhyde, tissus, colles, tapis, meubles, papier autocopiant
Particules Fumée, prises d'air, papier, isolant des conduites, résidus aqueux, tapis, filtres pour CVC, ménage des bureaux
Composés organiques volatils (COV) Machines à copier ou imprimantes, ordinateurs, tapis, meubles, produits de nettoyage, fumée, peintures, adhésifs, produits de calfeutrage, parfums, fixatifs pour cheveux, solvants
Ventilation inadéquate (apport insuffisant d'air extérieur, débit insuffisant, circulation de l'air insuffisante) Mesures d'économie d'énergie et d'entretien, conception ou fonctionnement inadéquats du système, modification du système de CVC par l'occupant, mauvais aménagement du bureau, dérèglement du système,
Matière microbienne Eau stagnante dans le système de CVC, matières humides et mouillées, humidificateurs, plateaux de drainage de condensat, châteaux d'eau