L'évaluation détaillée d'un milieu intérieur consiste à mesurer les indicateurs de la qualité de l'air et les sources de pollution ainsi qu'à vérifier le système de CVCA. Pour effectuer cette évaluation, on peut faire appel entre autres à des listes de vérification et à de l'équipement de mesure étalonné.
Certaines mesures peuvent exiger l'utilisation d'appareils complexes et des analyses en laboratoire. Il peut être nécessaire de faire appel à des spécialistes à certaines étapes du diagnostic et le travail en équipe est recommandé. Un hygiéniste industriel, un chimiste ou un ingénieur peut mesurer et évaluer divers polluants dont la présence est soupçonnée, alors qu'un ingénieur spécialisé en mécanique peut évaluer la qualité de la conception du système de ventilation et l'efficacité de son fonction-nement. Comme dans la plupart des édifices à bureaux, on compte sur le système de CVC pour contrôler les niveaux de contaminants au moyen de la ventilation, il est important de bien évaluer la performance du système.
Avant de traiter les sources de pollution individuelles, nous exami-nerons les facteurs à considérer lorsqu'on effectue des mesures, ainsi que l'équipement et les méthodes employées, et la marche à suivre pour l'évaluation.
On ne doit faire appel à l'échantillonnage de l'air qu'après avoir épuisé certaines ou toutes les autres méthodes d'évaluation existantes. La stratégie d'échantillonnage devrait être basée sur une compréhension approfondie de la manière dont fonctionne le bâtiment et de la nature des plaintes.
En présence du SÉH, il faut prélever divers contaminants de l'air intérieur. Si des concentrations élevées sont décelées, on peut conclure à l'existence d'un problème. Toutefois, la détection de faibles concentrations ne permet pas d'écarter la possibilité qu'il existe des problèmes de qualité de l'air subtils ou intermittents.
Il peut être souhaitable d'effectuer certaines mesures préliminaires de la qualité de l'air indicatrices de problèmes courants de QAI comme la température, l'humidité relative, le mouvement de l'air et le dioxyde de carbone.
L'échantillonnage de l'air permet :
Il existe plusieurs façons de choisir les sites à échantillonner en vue d'une évaluation de la QAI. Un bâtiment peut être divisé :
Il est préférable de mesurer les polluants produits par la structure du bâtiment, les meubles ou la ventilation (p. ex. formaldéhyde, COV, contamination microbienne) le matin si le système de ventilation est fermé pendant la nuit ou pendant la fin de semaine. Dans le cas des polluants produits par les occupants (p. ex. le dioxyde de carbone) ou par les activités des occupants (p. ex. l'utilisation de photocopieuses), il vaut mieux procéder à l'échantillonnage à la fin de la journée de travail afin de mesurer les concentrations maximales.
L'époque de l'année est également un facteur important. Si l'on utilise le cycle économique, l'apport d'air extérieur sera moins grand par temps très froid ou très chaud, ce qui fera généralement augmenter la concentration des polluants. De plus, certaines sources sont saisonnières, comme les humidificateurs et les systèmes de climatisation.
Le bon fonctionnement et l'étalonnage adéquat de l'équipement sont essentiels pour assurer le succès d'un programme d'échantillon-nage. L'étalonnage visant à assurer des mesures exactes se fait habituellement à l'aide d'un étalon connu correspondant au bas de l'échelle (zéro) et au haut de l'échelle des mesures prévues.
La stratégie d'échantillonnage doit être conçue pour évaluer le pire cas, par exemple des émissions maximales de l'équipement, une ventilation minimale ou des perturbations des surfaces contaminées. L'échantillonnage effectué dans de telles conditions peut s'avérer très utile pour caractériser l'exposition maximale des occupants.
La durée de l'échantillonnage peut varier selon le seuil de détection minimal de la méthode d'analyse, les caractéristiques d'émission de la source, le degré de variation des concentrations de polluants et les objectifs spécifiques de la mesure.
L'expérience a montré que la grande majorité des polluants chimi-ques seront présents en concentrations bien inférieures à celles qui causent des problèmes de santé. On ne sait pas très bien dans quelle mesure des concentrations traces de ces substances, seules ou mélangées, peuvent causer de l'inconfort, mais il est clair que les normes et les critères d'hygiène industrielle traditionnelle ne constituent pas une base significative pour l'évaluation et la résolution subséquente des plaintes liées à la QAI.
Il existe des méthodes de surveillance simples destinées à être utilisées par des non-spécialistes comme le responsable du bâtiment ou le gestionnaire qui reçoit des plaintes relatives à la qualité de l'air dans un bâtiment. Ces mesures se prennent facilement et rapidement.
Le fait de ne pas déceler de problème de QAI par la mesure de paramètres individuels ne signifie pas qu'il n'y a pas de problème. Il est probable que l'on ait évalué dans ce cas un paramètre non pertinent, que la mesure ait été prise au mauvais moment ou que les normes d'exposition acceptables existantes ne permettent tout simplement pas de déter-miner si un polluant ou une combinaison de polluants constituent pour certaines personnes un risque d'inconfort.
L'efficacité des mesures peut varier selon que la méthode est passive ou active, selon que l'appareil est un échantillonneur, un analy-seur, un dispositif à lecture directe et selon que les mesures sont continues ou ponctuelles. Les échantillonneurs passifs comme les dosimètres sont peu coûteux et faciles à employer; toutefois, pour déterminer la concentration de contaminant, il faut habituellement effectuer une analyse en laboratoire. Les échantillonneurs actifs comme les tubes colori-métriques sont également peu coûteux et ils fourniront sur place des mesures ponctuelles de la concentration de monoxyde de carbone, de dioxyde de carbone et d'autres polluants spécifiques. Toutefois, leur sensibilité est limitée.
Les appareils à lecture directe peuvent être utilisés pour des vérifications ponctuelles ou être installés pour assurer une surveillance continue de polluants spécifiques. Toutefois, ils coûtent cher, doivent être étalonnés et l'opérateur doit avoir suivi une formation spéciale.