Les particules sont des matières solides ou liquides dont le diamètre aérodynamique varie de 0,005 à 100 µm. Les poussières, les vapeurs, la fumée et les organismes comme les virus, les grains de pollen, les bactéries et les spores de champignons sont constitués de particules solides, alors que la brume et le brouillard sont constitués de particules liquides. Les particules présentes à l'intérieur peuvent provenir de sources intérieures et extérieures et elles peuvent être aspirées dans le bâtiment par infiltration et par l'intermédiaire des prises d'air extérieu-res. Le système de ventilation mécanique peut lui-même être une source de particules (p. ex. les additifs pour humidificateurs, les dépôts calcai-res, la rouille, les désinfectants, les organismes biologiques, l'isolant des conduites et des tuyaux).
Les fibres, qu'elles soient synthétiques ou naturelles, sont égale-ment considérées comme des particules. Les fibres d'amiante ne sont pas incluses dans le présent rapport car elles sont traitées en profondeur dans d'autres publications. Les feuilles d'information sur les fibres de verre respirables portent la mention suivante : « d'après des études réalisées chez des animaux de laboratoire, la laine en fibres de verre a été classée comme étant une cause possible de cancer ». Bien qu'il n'existe pas actuellement de normes de confort pour les fibres de verre respirables, il semble prudent de réduire l'exposition au minimum en appliquant des méthodes de travail sûres. Les lieux de travail en rénovation doivent être cloisonnés, les tuiles de plafond, l'isolant protégeant les tuyaux, les barrières sonores, etc., qui sont endommagés, doivent être remplacés ou réparés.
La gamme des dimensions nuisibles pour la santé humaine et la QAI s'étend de 0,1 à 10 μm. Les particules dont les dimensions sont inférieu-res à 0,1 mm sont généralement exhalées et la plupart des particules supérieures à 10 mm seront filtrées par le nez. Les particules se répartis-sent dans la catégorie des particules totales en suspension (PTS) ou dans la catégorie des particules respirables en suspension (PRS) laquelle est constituée de particules de moins de 10 μm. Les petites particules qui atteignent les régions thoraciques ou inférieures des voies respiratoires sont à l'origine de la plupart des effets nocifs sur la santé et les particules de 10 μm et moins (PM10 ) font l'objet de recommandations. La norme ASHRAE 62-1989 a adopté la norme de l'Environmental Protection Agency des É.-U., fixée pour les PM10 à 50 μg/m3 dans le cas d'une exposition annuelle et à 150 μg/m3 dans le cas d'une exposition quoti-dienne.
Dans les immeubles à bureaux, la concentration moyenne des particules dans un milieu sans fumeur est de 10 μg/m3. Dans les milieux où se trouvent des fumeurs, elle peut varier de 30 à 100 μg/m3.
Des concentrations excessives de particules peuvent causer des réactions allergiques comme la sécheresse des yeux, les problèmes de verres de contact, une irritation du nez, de la gorge et de la peau, de la toux, des éternuements et des difficultés respiratoires. Les effets de l'exposition aux particules de fumée de tabac varient des maux de tête et de l'irritation à court terme des yeux, du nez et de la gorge à l'aggravation de l'état des personnes déjà atteintes de maladies, notam-ment de maladies respiratoires et cardiaques, d'allergies à d'autres substances et de cancer.
Les zones récemment rénovées, celles qui font l'objet de plaintes et la salle réservée à l'équipement mécanique doivent être inspectées. Les questions suivantes doivent être posées lorsqu'on évalue l'éventualité d'une contamination par des particules :
On mesure la masse par volume d'air prélevé ou par le nombre de particules. La norme d'exposition est basée sur la masse.
Dans le cas de la méthode gravimétrique, une pompe d'échantillon-nage portative sert à aspirer un volume mesuré d'air à travers un filtre enfermé dans une cassette. Les matières ainsi prélevées sont déposées sur le filtre. La différence entre la masse du filtre sec avant et après le prélèvement correspond à la masse des particules. Il existe des filtres à masse appariée qui permettent de tenir compte du changement d'humi-dité dans le filtre pendant et après l'échantillonnage et d'éliminer ainsi la nécessité de peser le filtre avant le prélèvement.
Dans ce cas, on utilise un filtre de 37 mm et une pompe étalonnée pouvant assurer au moins 8 heures d'échantillonnage à raison de 2 L/min. On peut également déterminer la présence de particules ou de fibres à l'aide d'un microscope.
Pour séparer les particules en fonction de leur dimension, habituel-lement en classes de moins de 10 mm, on peut avoir recours à un cyclone en nylon. Une autre méthode consiste à utiliser une série de plaques de sélection en fonction de la taille ou un impacteur en cascade et à recueillir des particules à chaque étape sur des filtres.
La filtration est la méthode la plus simple et la moins coûteuse dont on dispose; toutefois, il faut posséder une balance précise et appliquer des mesures strictes de contrôle de la qualité. Un important volume d'air doit être échantillonné si l'on veut obtenir des mesures exactes. Le seuil de détection est de 5 μg/m3.
Dans le cas de la méthode de diffusion optique, de l'air passe à travers un sélecteur de taille pour entrer dans une cellule optique où la présence de particules produit la diffusion de la lumière. Le degré de diffusion est lié au nombre de particules. Selon l'appareil et la durée de la période d'échantillonnage, on peut mesurer des concentrations de 0,001-200 mg/m3. Les mesures sont indirectement liées aux concentrations massiques, un facteur étant utilisé pour convertir le nombre de particules en masse. Certains instruments assurent la numération des particules et la concentration suivant la dimension; ils conviennent particulièrement aux comparaisons entre intérieur et extérieur ou entre sites différents.
Ces appareils fournissent des résultats immédiats et peuvent être utilisés par du personnel sans formation spéciale, ce qui en fait un choix privilégié pour les évaluations et les visites.
Les moniteurs piézoélectriques font passer l'air à travers un sélec-teur de taille et les particules sont soumises à une précipitation électro-statique sur un détecteur à cristal de quartz. Les particules prélevées modifient la fréquence d'oscillation du cristal et ces changements sont mis en relation avec la masse des particules recueillies. Ces appareils présentent un intervalle de mesures de 0,005-20 mg/m3 et ils peuvent étre utilisés par des opérateurs ayant reçu un minimum de formation.
Les moniteurs piézoélectriques permettent d'obtenir des concentrations en masse réelle, en temps réel. Ils ne fournissent pas d'échantillons pour analyses ultérieures. Ils peuvent être utilisés avec des enregistreurs pour donner des mesures continues.
Pour réduire les concentrations de particules, on peut procéder de la manière suivante :
Pour éliminer efficacement les fortes concentrations de particules causées par les fumeurs, on peut interdire l'usage du tabac ou encore confiner cet usage dans une pièce prévue à cet effet, maintenue sous pression négative et équipée d'un système d'évacuation particulier.