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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Guide technique pour l'évaluation de la qualité de l'air ans les immeubles à bureaux

5. Évaluation détaillée

5.2 Évaluation des sources individuelles

La présente section porte particulièrement sur les indicateurs de QAI et les polluants. On traitera les caractéristiques, les recommandations, les concentrations idéales et les effets sur la santé correspondant à chacun. Une liste de vérification à utiliser lors de l'inspection et les méthodes de mesures spécifiques à chacun des indicateurs de QAI ou chacune des sources de contaminant sont également incluses. Celles-ci seront suivies de la présentation des stratégies d'intervention applicables.

5.2.1 Température et humidité

La température et l'humidité relative sont deux paramètres parmi plusieurs qui influent sur le confort thermique. La satisfaction que procure l'environnement thermique peut aussi être influencée par des facteurs comme la température radiante, la vitesse de l'air, le degré d'activité des occupants et les vêtements.

Dans la norme ASHRAE 55-1992 intitulée Thermal Environmental Conditions for Human Occupancy, on présente des recommandations visant à obtenir les conditions thermiques qui sont jugées acceptables et confortables par au moins 80 p. 100 des occupants.

En présence de taux d'humidité relative inférieurs à 25 p. 100, on constate un inconfort accru et un assèchement des muqueuses et de la peau qui peut provoquer des gerçures et de l'irritation. En présence d'un faible taux d'humidité relative, l'électricité statique s'accroît, ce qui cause de l'inconfort et peut perturber l'utilisation des ordinateurs et de l'équipement utilisant du papier. Par contre, si le taux d'humidité est élevé, de la condensation peut se former à l'intérieur de la structure du bâtiment et sur les surfaces intérieures ou extérieures, ce qui peut favoriser la croissance subséquente de moisissures et de champignons microscopiques. Dans la plupart des villes canadiennes, le taux d'humi-dité idéal à l'intérieur est de 35 p. 100 en hiver et de 50 p. 100 en été. La norme ASHRAE précise une plage de 25 à 60 %.

En hiver dans les gros bâtiments, l'air fourni est généralement humidifié au moyen d'un jet d'eau ou de vapeur. Les humidificateurs à jet d'eau exigent un entretien à intervalles réguliers pour contrôler la qualité de l'air. Les humidificateurs à vapeur sont plus propres et plus faciles à entretenir, mais ils consomment davantage d'électricité. En été, le système de climatisation de l'air déshumidifie l'air provenant de l'extérieur.

5.2.1.1 Liste de vérification.

Au cours de la visite préliminaire, on aura déterminé les problèmes ayant trait au confort selon les plaintes formulées par les occupants et selon les observations.

a. Température

  • Déterminer si la température est trop élevée ou trop basse. Cela est-il dû à l'intervention des occupants, p. ex. à l'installation de dispositifs de chauffage ou de nouvel équipement?
  • Rechercher des sources locales de chaleur ou de refroidissement comme des sols non isolés au-dessus d'un garage ou d'un surplomb, la charge solaire passant par les fenêtres, ou des cadres de fenêtre froids.
  • S'assurer que les thermostats fonctionnent bien, qu'ils sont étalon-nés, que leur emplacement est approprié et qu'ils ne sont pas obstrués ni enfermés.
  • Rechercher des gradients thermiques; la différence de température entre le sol et le plafond ne doit pas être supérieure à 3 °C.
  • Vérifier si le réseau de distribution de l'air est équilibré (circulation de l'air uniforme et courants d'air). Les occupants utilisent-ils des ventilateurs?
  • Déterminer si la circulation de l'air est obstruée, par exemple par des cloisons, des diffuseurs bloqués ou des unités de périmètre bloquées par du papier, des livres ou des armoires.
  • Rechercher les diffuseurs se trouvant directement au-dessus des occupants ou situés à proximité des grilles de retour d'air.

b. Humidité relative

  • Vérifier le fonctionnement de l'humidificateur, rechercher notam-ment la présence d'un excès de dépôt calcaire ou de rouille, des jets bloqués, une pompe brisée et des endroits où l'eau est stagnante ou sale.
  • Déterminer si l'humidistat situé dans la conduite de retour de l'air est défectueux ou mal étalonné.
  • Rechercher des signes de condensation causée par un excès d'hu-midité ou par une isolation thermique insuffisante sur l'enveloppe du bâtiment.
  • Vérifier si l'on utilise des additifs chimiques pour le traitement de l'eau.
5.2.1.2 Méthodes de mesure et équipement

Il existe plusieurs méthodes pour mesurer la température et l'humidité relative lesquelles varient de l'utilisation d'un simple thermomètre pour la température et d'un psychromètre pour l'humidité à celle d'appareils électroniques perfectionnés munis de détecteurs à semi-conducteur.

Pour l'échantillonnage, éviter de choisir des endroits situés à proxi-mité de la machinerie ou chauffés directement par le soleil ou par d'autres sources de rayonnement. Si possible, l'opérateur doit se tenir face au courant d'air de sorte que l'appareil reçoive l'air en premier.

a. Psychromètres

Le psychromètre mesure le taux d'humidité relative d'après la différence de température entre deux détecteurs dont l'un est humide et refroidi par un courant d'air. Un ventilateur électrique (dans le cas d'un psychromètre électrique) ou un simple mouvement de tourbillon manuel (dans le cas d'un psychromètre à fronde) permet de produire le courant d'air.

Les psychromètres à fronde sont peu coûteux et simples à utiliser; toutefois, les résultats qu'ils fournissent ne sont pas fiables. L'appareil doit être fréquemment étalonné par rapport à un étalon primaire et la mèche doit être maintenue humide et propre. Les psychromètres électri-ques sont plus coûteux, mais ils donnent une lecture directe et plus exacte de l'humidité relative.

b. Hygromètres

Les hygromètres sont de petites unités électroniques compactes à affichage digital permettant des mesures ponctuelles ou un enregistre-ment continu de l'humidité relative. Certaines unités mesurent égale-ment la température et le mouvement de l'air.

L'hygromètre contient un détecteur dont la résistance ou la capacitance changent au fur et à mesure que l'humidité varie. Ce détecteur est habituellement un sel hygroscopique ou un petit condensateur qui absorbe l'humidité en produisant un débit proportionnel. Les hygromètres doivent être étalonnés au moins une fois par an. On peut habituellement se procurer des trousses auprès du fabricant; on peut galement faire étalonner l'unité par un laboratoire.

5.2.1.3 Stratégie d'intervention

Lorsque l'inconfort thermique suscite des plaintes, il faut déterminer si la capacité du système de CVC permet de chauffer ou de refroidir, d'humidifier ou de déshumidifier adéquatement la zone occupée. Les exigences réelles peuvent être très différentes des paramètres de conception originaux, particulièrement s'il y a eu des changements dans l'utilisation de l'espace, l'aménagement, la disposition et le nombre d'occupants ou si l'on a introduit un nouvel équipement. Il peut se révéler nécessaire de ventiler séparément l'équi-pement qui génère beaucoup de chaleur ou de l'éliminer si le système existant ne permet pas de refroidir l'espace environnant.

Le système de CVC et le système de régulation doivent être en bon état de fonctionnement, bien équilibrés et étalonnés. Bien que la régula-tion par zone soit importante pour que, par exemple, un local orienté vers le sud puisse être refroidi alors qu'un local orienté vers le nord est chauffé, une régulation individuelle par l'occupant permettrait idéalement d'assurer le confort thermique de tous, quel que soit leur emplacement, les vêtements qu'ils portent ou le degré d'activité.

Parmi les autres mesures d'intervention, mentionnons les suivantes :

  • Les surfaces chaudes ou froides peuvent être isolées pour réduire le gain ou la perte de chaleur, ce qui fait diminuer les gradients de température, les courants d'air et la condensation. On peut isoler les fenêtres en ajoutant un autre panneau, une surface réfléchissante ou un revêtement.
  • L'infiltration et l'exfiltration à travers l'enveloppe du bâtiment peuvent être réduites grâce au calfeutrage des ouvertures et des vides et par le maintien d'une différence de pression adéquate entre les étages et entre l'intérieur et l'extérieur du bâtiment.
  • Il peut s'avérer nécessaire d'accroître la ventilation et la circulation de l'air. On devra peut-être ajouter une unité de traitement de l'air (UTA), un diffuseur ou un dispositif de chauffage supplémentaire dans la zone problème.
  • Les heures de fonctionnement du système peuvent devoir être prolongées de manière à régulariser les conditions environnemen-tales. Par exemple, l'opérateur peut devoir faire fonctionner le système de climatisation le soir pendant une période de grande chaleur pour que la qualité de l'air intérieur soit acceptable le lendemain matin.