Au cours des dernières décennies, l'exposition des gens aux polluants de l'air intérieur s'est accrue à cause d'une variété de facteurs incluant :
D'autres facteurs comme l'éclairage, le bruit et les champs électromagnétiques (CEM) peuvent aussi avoir un impact sur l'environnement intérieur. Bien qu'on doive reconnaître ces facteurs, on ne s'y adresse pas typiquement comme s'ils faisaient partie d'une évaluation de la QAI.
Dans un contexte plus vaste, la QAI est le résultat des interactions complexes entre les immeubles, les systèmes d'immeubles et les gens. Quatre facteurs de base ont des conséquences sur la QAI :
On doit soigneusement tenir compte de tous ces facteurs quand on évalue un immeuble. Une approche rationnelle et équilibrée conduira à la performance la plus saine, la plus efficiente et la plus efficace de l'immeuble.
Les contaminants de l'air intérieur peuvent provenir de l'établissement scolaire ou être tirés de l'extérieur. Si les sources de pollution ne sont pas contrôlées, des problèmes de QAI peuvent surgir, même si le système de CVC et les autres composantes de l'immeuble sont bien utilisées et entretenues.
Les polluants de l'air se composent d'infimes particules (comme la poussière, le pollen, la suie ou les spores fongiques), de fibres, de buées, d'aérosols et de gaz. Dans le tableau suivant, on présente certains exemples typiques :
On trouve plusieurs polluants potentiels dans l'environnement intérieur. Les contaminants peuvent provenir d'une seule source ou d'une combinaison de sources.
De plus, les niveaux de polluants de l'air intérieur peuvent varier selon le temps et l'endroit à l'intérieur de l'école ou même à l'intérieur d'une seule salle de classe. Les polluants peuvent n'être présents qu'une fois par semaine par exemple, lors du nettoyage de plancher ou continuellement lorsque la moisissure se développe dans le système de distribution d'air. Les polluants peuvent être émis dans des endroits spécifiques comme les salles d'entreposage de laboratoire ou dans des salles où le matériel de plancher a nouvellement été installé ou refait ou dans des salles où les surfaces ont fraîchement été peintes. Chaque école devrait penser à développer, en consultation avec les autorités provinciales et territoriales, des politiques sur l'usage de parfum.
Les systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) incluent tout l'équipement de chauffage, de circulation et de ventilation desservant une école. Un système de CVC bien conçu et qui fonctionne bien :
Les systèmes de CVC ne sont pas tous conçus pour accomplir toutes ces fonctions. Certains immeubles plus vieux se fient seulement à la ventilation naturelle. D'autres manquent d'équipement mécanique de refroidissement, et plusieurs immeubles ont peu ou pas de contrôle d'humidité.
Voici certaines caractéristiques clés d'un système de CVC qui fonctionne bien :
Plusieurs systèmes unitaires, centraux et hybrides différents peuvent fournir une performance adéquate s'ils sont bien conçus, installés, entretenus et opérés.
L'enveloppe de l'immeuble est conçue pour fournir une barrière entre les environnements extérieur et intérieur. Comme ces environnements varient souvent, l'enveloppe de l'immeuble sera soumise à des charges de la température, du vent, de l'humidité, des forces mécaniques et d'autres facteurs.
Une enveloppe d'immeuble efficace peut résister à ces charges et fournir une performance durable, de longue durée. Cependant, une enveloppe d'immeuble qui ne peut résister aux charges auxquelles elle fait face - à cause de la conception ou de l'entretien inadéquats - échouera et pourra causer des problèmes de qualité de l'air intérieur.
Certains exemples de manques dans l'enveloppe d'immeuble (et leurs causes premières) sont :
Dans bien des cas, un problème de qualité de l'air intérieur est le résultat d'un certain nombre de problèmes de performance interreliés de l'immeuble.
Les modes de circulation d'air dans les immeubles résultent des forces combinées des systèmes de ventilation mécanique, de l'activité humaine et des effets naturels comme le vent et la température. Les différences de pression d'air créées par ces forces déplacent les polluants transportés par l'air, de zones de plus haute pression à des zones de plus basse pression, à travers toute ouverture disponible dans les murs de l'immeuble, les plafonds, les planchers, les portes, les fenêtres et le système de CVC.
Il est important de tenir compte de ces principes lorsqu'on évalue la façon dont l'air contaminé des zones de travail, de l'équipement, de l'extérieur ou du sol peut pénétrer et circuler dans l'enveloppe de l'immeuble. Ils identifient aussi des stratégies de contrôle possibles, par exemple le scellage adéquat contre l'air, réduire les ouvertures intentionnelles ou non intentionnelles, bien équilibrer la pression d'air et utiliser l'équipement de ventilation mécanique.
Les occupants des écoles incluent le personnel, les étudiants, les usagers hors des heures de classe et les autres personnes qui passent beaucoup de temps dans l'école. Les occupants peuvent contribuer aux problèmes de qualité de l'air intérieur par leurs activités, ce qu'ils apportent à l'école, ce qu'ils portent et la façon dont ils utilisent l'immeuble. La mauvaise qualité de l'air peut affecter tous les occupants. Les problèmes de QAI causent souvent des symptômes non spécifiques plutôt que des maladies clairement définies.
Les symptômes souvent attribués aux problèmes de QAI incluent :
Tous ces symptômes, cependant, peuvent aussi être causés par d'autres facteurs, et ne sont pas nécessairement dus aux insuffisances de la qualité de l'air. Les éléments stresseurs de l'environnement comme le mauvais éclairage, le bruit, la vibration, le surpeuplement, la mauvaise ergonomie et les problèmes psychosociaux (comme le stress de l'emploi ou du foyer) peuvent produire des symptômes similaires à ceux qu'on associe à la mauvaise qualité de l'air, mais ils exigent des solutions différentes.
Si ces symptômes se manifestent chez les occupants d'école, il est important de consulter un médecin pour qu'il fasse une évaluation médicale et en détermine les causes.
Vu que la sensibilité varie parmi les gens, un individu peut réagir à un problème de QAI en particulier alors que ceux qui l'entourent n'éprouvent pas de conséquences négatives. Dans d'autres cas, les plaintes peuvent être très répandues. En plus des différents degrés de réaction, un polluant ou un problème d'air intérieur peut provoquer différentes réactions chez différentes personnes.
Les groupes particulièrement susceptibles aux contaminants de l'air intérieur incluent, sans se limiter toutefois aux :
Il existe six méthodes de contrôle de base pour abaisser les concentrations de polluants de l'air intérieur et minimiser l'exposition des occupants de l'école. Des applications spécifiques de ces stratégies de contrôle fondamentales sont notées dans les listes de contrôle de la Trousse d'action - QAI.
Comme occupant d'une école, vos activités et décisions ont une influence sur la qualité de l'air intérieur. Vous pouvez aider à vous assurer que l'école fournisse la meilleure qualité d'air possible en appliquant les connaissances de ce chapitre et en utilisant les listes de contrôle qui suivent.
La Trousse d'action - QAI inclut des listes de contrôle pour les systèmes et zones scolaires suivants :
Des problèmes de QAI peuvent être présents si les occupants de l'école éprouvent des symptômes spécifiques ou s'il y a des indicateurs basés sur l'installation, qui suggèrent des problèmes potentiels.
Le diagnostic de symptômes ayant trait à la QAI est complexe. Les symptômes graves (à court terme) de problèmes de QAI sont habituellement semblables aux symptômes de rhumes, d'allergies, de fatigue ou de grippe.
Les signes qui peuvent indiquer un problème de QAI incluent :
Quelquefois, il y a des indicateurs de problèmes de QAI dans une école, basés sur l'installation. Certains indices pouvant indiquer un problème potentiel de qualité de l'air incluent :
On doit avoir en place des programmes pour contrôler ces contaminants qui, sans avoir tendance à causer des effets irritants à court terme, peuvent causer des effets à long terme sur la santé. On devrait mettre en place des plans pour contrôler des contaminants comme l'asbestos et le radon. Ces plans seraient normalement séparés d'une stratégie sur la QAI et incluraient des inspections périodiques.
Le bon contrôle de la QAI exige le développement et l'utilisation d'une approche systématique. Si vous recevez des plaintes qui semblent indiquer un problème potentiel de QAI, et si le problème est bien évident, essayez de le corriger au niveau de l'école. S'il ne peut être corrigé ou si la plainte semble indiquer un problème de QAI qui pourrait être grave, vous devriez communiquer immédiatement avec le coordonnateur de la QAI. Certains problèmes peuvent exiger de l'aide professionnelle. Les actions devraient être propices, approfondies et suivies pour être sûr de résoudre le problème. Conservez un dossier complet écrit de toutes les actions que vous posez.
Les problèmes de qualité de l'air intérieur peuvent mettre la santé des étudiants et du personnel en danger. C'est pourquoi les parents et le public peuvent réagir vivement aux rapports de mauvaise qualité de l'air intérieur d'une école. On recommande que des actions de suivi soient prises rapidement et que l'équipe de la QAI suive les directives de communication établies par le coordonnateur de la QAI. Habituellement, ceci exigera de référer les questions du public et des médias à une source centrale, le coordonnateur de la QAI. De cette façon, les étudiants, les parents, le personnel et le public ne seront pas confus par l'information conflictuelle ou inexacte, et auront une source d'information constante et complète sur la qualité de l'air intérieur dans l'école