Les maladies à transmission vectorielle sont transmises aux humains et aux animaux par l'intermédiaire d'arthropodes hématophages, notamment les moustiques, les tiques et les puces. Les zoonoses sont transmissibles des espèces animales aux humains. Les maladies transmises par les insectes et les tiques, par exemple, la maladie du virus du Nil occidental et la maladie de Lyme, entraînent déjà des problèmes de santé chez les humains dans certaines régions du Canada. En outre, les maladies transmises par les rongeurs (p. ex., l'hantavirus), qui peuvent entraîner la mort, sont réellement présentes, bien que rares, dans une bonne partie du sud du Canada. On craint que le changement climatique au Canada, notamment la prolongation des saisons, le réchauffement de la température et la modification de la configuration des précipitations, n'entraîne des conditions propices à l'établissement et à la prolifération de maladies à transmissions vectorielle dans certaines régions. Ces conditions pourraient entraîner des changements favorables aux espèces porteuses ou au développement des agents pathogènes eux mêmes.
Tout comme la contamination d'origine alimentaire et hydrique, les maladies à transmission vectorielle et les zoonoses ne font pas l'objet de suffisamment de recherches qui permettent de saisir l'ensemble de leurs caractéristiques écologiques; il est donc très difficile de déterminer où et comment la fluctuation des conditions climatiques pourrait modifier les dangers.
Les membres du réseau ont relevé des lacunes précises sur le plan des connaissances dans le secteur des maladies à transmission vectorielle et des zoonoses. Nous devons améliorer les connaissances touchant les maladies transmises par les tiques et le climat, les maladies transmises par les rongeurs et le climat, ainsi que le rôle du climat dans la propagation du virus du Nil occidental. Nous devons étudier les effets du changement climatique sur des maladies qui ne sont pas encore présentes au Canada, mais qui s'en rapprochent géographiquement, de même que les maladies exotiques à transmission vectorielle, en cas de déplacements et d'importation vectorielle involontaire. De plus, nous devons accroître les connaissances relatives aux zoonoses chez les espèces sauvages, y compris les mammifères marins et les ongulés sauvages, et mettre en oeuvre une surveillance accrue, car les agents porteurs révèlent un risque pour les populations humaines.
La pertinence des systèmes de surveillance actuels, à des fins de détection de modification importante de la prévalence et de la distribution des agents pathogènes chez les humains et surtout, chez les autres espèces, suscite une préoccupation particulière. Nous devons évaluer les systèmes de surveillance et améliorer la relation entre la surveillance des agents pathogènes et les renseignements climatiques, lorsque le climat constitue un indicateur de maladies éventuelles.
Nous devons sans tarder améliorer nos connaissances en ce qui a trait aux incidences des phénomènes météoro-logiques exceptionnels sur l'infrastructure de santé publique et la vulnérabilité en cas de poussée de maladies infectieuses. Par exemple, des pluies abondantes peuvent contribuer à la contamination de l'approvisionnement d'eau et fournir des aires de reproduction pour les moustiques.
Ce projet de recherche est codirigé par DreDominique Charron (Santé Canada) et DrChris O'Callaghan (Queen's University), à titre de chercheurs principaux.
La maladie de Lyme est une infection bactérienne zoonotique transmise par les tiques. Il s'agit d'une maladie rare au Canada. Cependant, elle peut se manifester lorsque des populations de tiques infectées atteignent des proportions pandémiques (dans certaines régions du sud de l'Ontario, de même que sur le littoral et dans le centre de la Colombie-Britannique); en outre, des cas sporadiques sont signalés dans l'ensemble du pays. La plupart des infections chez les humains découlent de l'exposition à des tiques durant des activités récréatives ou professionnelles, lorsque la population de tiques infectées entraîne une pandémie. Les symptômes initiaux de la maladie de Lyme sont légers; toutefois, ils peuvent mener à une maladie systémique grave qui, à défaut de soins, peut devenir chronique. Compte tenu de l'évolution du climat et de l'utilisation des terres, cette maladie pourrait représenter, à l'avenir, une menace plus importante pour la santé publique au Canada.
Le projet vise à déterminer le rôle du climat sur le plan de la répartition de la maladie de Lyme et de l'écologie au Canada, de même que les effets possibles du changement climatique, et à évaluer la capacité d'intervention canadienne en ce qui a trait aux incidences du changement climatique sur la maladie de Lyme. Ces objectifs seront réalisés à l'aide des activités suivantes :
Ce projet de recherche, fondé sur les meilleurs modèles quantitatifs accessibles, fournira aux décideurs et aux spécialistes de la santé publique du Canada les moyens nécessaires pour élaborer et évaluer des mesures d'intervention appropriées à des fins d'adaptation au changement climatique.
Pour de plus amples renseignements, consultez le site :
Eccho Database Project.
Le changement climatique en 2001 : impacts, adaptation et vulnérabilité.
Groupe d'experts environnemental sur l'évolution du climat. 2001