Santé Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Santé de l'environnement et du milieu de travail

Rapport sur la biosurveillance humaine des substances chimiques de l'environnement au Canada

Résultats de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé Cycle 1 (2007 à 2009)

Août 2010
ISBN : 978-1-100-94440-1
No cat. : H128-1/10-601F

Si vous avez besoin d'aide pour accéder aux formats de rechange, tels que Portable Document Format (PDF), Microsoft Word et PowerPoint (PPT), visitez la section d'aide sur les formats de rechange.

Erratum

Table des matières

  • 8.8.2 Acide cis-3-(2,2-dibromovinyl)-2,2-diméthylcyclopropane-1-carboxylique (cis-DBCA)

Références

  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec). (2010). Réponses et commentaires en appui aux questions de Santé Canada par rapport au dosage du bisphénol A, des métabolites des phthalates ainsi que des PBDEs. Enquête canadienne sur les mesures de santé, Cycle 1. Centre de toxicologie, 6 mai 2010. Communication à l'interne.

Tableau 8.1.5a

Manganese - Moyennes arithmétique (MA) et géométrique (MG) et certains percentiles des concentrations de manganese dans le sang (µg/L) pour la population canadienne âgée de 6 à 79 ans, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 1, 2007 à 2009.

Tableau 8.1.12a

Vanadium - Moyennes arithmétique (MA) et géométrique (MG) et certains percentiles des concentrations de vanadium dans l'urine (µg/L) pour la population canadienne âgée de 6 à 79 ans, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 1, 2007 à 2009.

8.1.13 Zinc (no CAS 7440-66-6)

Le zinc a été mesuré dans le sang et l'urine de tous les participants à l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé âgés de 6 à 79 ans; les valeurs obtenues sont exprimées en mg/L dans le sang et en µg/L et µg/g de créatinine dans l'urine et sont présentées aux tableaux 8.1.13a, 8.1.13b et 8.1.13c. La présence d'une quantité mesurable de zinc dans le sang ou l'urine est un indicateur d'une exposition au zinc, mais ne signifie pas forcément qu'il en résultera des effets nocifs sur la santé. Comme le zinc est un élément nutritif essentiel, sa présence est normale. Ces données définissent les intervalles de référence des concentrations de zinc dans le sang et l'urine de la population canadienne.

Tableau 8.1.13a

Zinc - Moyennes arithmétique (MA) et géométrique (MG) et certains percentiles des concentrations de zinc dans le sang (mg/L) pour la population canadienne âgée de 6 à 79 ans, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 1, 2007 à 2009.

Tableau 8.3.17b

2,2',3,3',5,5',6-Heptachlorobiphényle (BPC 178) (BPC 170) (ajusté en fonction de lipides*) - Moyennes arithmétique (MA) et géométrique (MG) et certains percentiles des concentrations de BPC 178 dans le plasma (µg/kg de lipides) pour la population canadienne âgée de 20 à 79 ans, Enquête canadienne sur les mesures de la santé, cycle 1, 2007 à 2009.

8.4 Ignifugeants polybromés
No UICPA Nom du composé No CAS
PBDE 100 2,2',4,4',6-Pentabromodiphényléther 189084-64-8

8.8.2 A cide cis-3-(2,2-dibromovinyl)-2,2-diméthylcyclopropane-1-carboxylique (cis-DBCA)

Annexe B - Limites de détection (LD) pour les substances chimiques de l'environnement mesurées dans le cadre de l'ECMS

Métaux et éléments traces dans l'urine

Mercure (inorganique) 0.20 µg/L

Biphényles polychlorés

Aroclor 1260* 0.1 µg/L

Composés perfluorés

PFOS 0,3 µg/L

PFOA 0,3 µg/L

PFHxS 0,3 µg/L

Annexe C - Facteurs de conversion
MM
(g/mol)
FC
(µg/L → µmol/L)
Composés perfluorés
PFOS500,130,00200
PFOA414,070,00242
PFHxS400,110,00250

Remerciements

Le développement et la mise en place de la composante sur la biosurveillance de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé ont été rendus possibles grâce à la grande contribution des divers programmes et des employés de Santé Canada et de Statistique Canada. Un merci très spécial est transmis aux participants de l'enquête sans qui cette étude n'aurait pu être rendue possible.

Table des matières

  1. Introduction
  2. Objectifs
  3. Conception de l'enquête
  4. Travail sur le terrain
  5. Analyses de laboratoire
  6. Analyse des données statistiques
  7. Considérations pour l'interprétation des données de biosurveillance
  8. Résultats par groupe chimiques
  9. Annexes

1. Introduction

Le Rapport sur l'exposition humaine aux substances chimiques de l'environnement au Canada présente les données de référence nationale sur les concentrations de différentes substances chimiques de l'environnement mesurées chez les Canadiens. Ces données ont été recueillies dans le cadre du cycle 1 de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS), la plus vaste enquête nationale menée à ce jour au Canada pour recueillir des mesures directes sur la santé. L'ECMS a été mise en oeuvre par Statistique Canada, en partenariat avec Santé Canada et l'Agence de la santé publique du Canada, pour recueillir des données sur la santé et le mieux être ainsi que des échantillons biologiques auprès d'un groupe représentatif de l'ensemble de la population canadienne. La collecte des données a été réalisée entre mars 2007 et février 2009 auprès de quelque 5600 Canadiens âgés de 6 à 79 ans, dans 15 sites répartis dans tout le Canada, de Moncton à Vancouver. La collecte de données dans le cadre du Cycle 2 de l'ECMS a débuté en septembre 2009 et les enfants agés d'aussi peu que 3 ans y sont compris. On prévoit compléter le Cycle 2 en 2011 et la planification des cycles à venir est en cours.

Dans le cadre de la composante sur la biosurveillance de l'ECMS, la première étude en son genre au Canada, plusieurs substances chimiques différentes de l'environnement ou leurs métabolites (ou les deux) ont été mesurés dans le sang et l'urine des participants. Aux fins du présent rapport, une substance chimique de l'environnement s'entend d'une substance chimique d'origine anthropique ou naturelle, qui est présente dans l'environnement et à laquelle les humains peuvent être exposés dans différents milieux, notamment l'air, l'eau, les aliments, le sol, la poussière ou les produits de consommation.

Ce rapport présente d'abord une description générale de la conception et de la conduite de l'ECMS, en insistant plus particulièrement sur la composante de biosurveillance. Suivent des résumés sur chacune des substances chimiques, qui décrivent l'identité de la substance, ses utilisations courantes, sa présence dans l'environnement, sa toxicocinétique dans l'organisme et ses effets sur la santé, ainsi que les sources potentielles d'exposition pour la population humaine. Enfin, des Tableaux de données spécifiques de chaque substance chimique sont présentés, étayés de statistiques descriptives sur la répartition des concentrations dans le sang et l'urine de la population échantillonnée.

2. Objectifs

Le but premier du Rapport sur l'exposition humaine aux substances chimiques de l'environnement au Canada est de fournir des données de biosurveillance que les scientifiques et les responsables de la santé et de l'environnement pourront utiliser pour évaluer l'exposition aux substances chimiques de l'environnement et évaluer les politiques visant à réduire l'exposition aux substances chimiques afin de protéger la santé des Canadiens.

L'information présentée dans ce rapport pourrait également servir à d'autres usages précis, notamment les suivants :

  • déterminer les intervalles de référence des concentrations de substances chimiques mesurées dans le sang et l'urine des Canadiens, afin de pouvoir établir des comparaisons entre diverses sous populations du Canada et avec d'autres pays;
  • déterminer les niveaux de référence des substances chimiques afin de suivre l'évolution temporelle des niveaux d'exposition chez les Canadiens;
  • recueillir des données pour étayer l'établissement des priorités et l'adoption de mesures visant à protéger la santé des Canadiens et à protéger ces derniers contre l'exposition aux substances chimiques de l'environnement;
  • évaluer l'efficacité des mesures mises en place dans les domaines de la santé publique et de l'environnement pour réduire l'exposition des Canadiens à certaines substances chimiques de l'environnement;
  • aider à orienter les futurs efforts de recherche sur les liens entre l'exposition et la santé;
  • Contribuer aux programmes internationaux de surveillance tel que La Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants.

3. Conception de l'enquête

L'ECMS est une enquête transversale qui a été conçue afin de combler les importantes lacunes et limites de l'information en matière de santé qui est actuellement disponible au Canada. Son objectif principal est de recueillir des données de référence et de déterminer des intervalles de référence à l'échelle nationale sur d'importants indicateurs de l'état de santé des Canadiens, y compris des indicateurs liés à l'exposition aux substances chimiques présentes dans l'environnement. Cette information est importante pour comprendre les facteurs de risque de santé, dégager les nouvelles tendances relatives aux facteurs de risque et aux expositions, faire avancer la surveillance de la santé et la recherche dans ce domaine et évaluer l'efficacité des mesures prises par le gouvernement et les autres au Canada. Des descriptions détaillées sur les justifications de l'ECMS, la conception de l'enquête, la stratégie d'échantillonnage, les aspects opérationnels et logistiques de la clinique, ainsi que les considérations éthiques, juridiques et sociales sont présentées dans Tremblay et coll. (2007), Giroux (2007), Day et coll. (2007), Bryan et coll. (2007) et Statistique Canada (2010).

3.1 Public visé

L'ECMS vise les personnes âgées de 6 à 79 ans vivant à domicile dans les dix provinces et les trois territoires du pays. Ont été exclus de l'enquête les personnes vivant dans les réserves et autres territoires autochtones des provinces, les personnes vivant en établissement, celles vivant dans certaines régions éloignées et régions à faible densité de population, ainsi que les membres à temps plein des Forces canadiennes.

3.2 Taille et répartition de l'échantillon

Afin d'obtenir des estimations nationales fiables par groupe d'âge et par sexe, un échantillon d'au moins 5 000 personnes réparties également entre cinq groupes d'âge (6 à 11 ans, 12 à 19 ans, 20 à 39 ans, 40 à 59 ans et 60 à 79 ans) et chaque sexe a été utilisé pour l'ECMS, pour un total de dix groupes.

3.3 Stratégie d'échantillonnage

Une stratégie d'échantillonnage à plusieurs degrés a été utilisée pour satisfaire aux exigences de l'ECMS.

3.3.1 Échantillonnage des sites de collecte

Les participants à l'ECMS devaient également se présenter à un centre d'examen mobile dans un délai raisonnable. Le cadre d'échantillonnage de l'Enquête sur la population active (EPA) a été utilisé pour créer 257 sites de collecte répartis dans l'ensemble du pays. Un site de collecte se définit comme une région géographique d'au moins 10 000 habitants, choisie de manière à ce que les participants n'aient pas à parcourir plus de 100 kilomètres (km) pour s'y rendre (50 km dans les régions urbaines et 100 km en régions rurales). Les régions qui ne satisfaisaient pas à ces critères ont été exclues. Malgré ces restrictions, l'ECMS couvre 96,3 % de la population canadienne âgée de 6 à 79 ans (Statistique Canada, 2010).

Même si l'utilisation d'un nombre plus élevé de sites de collecte avec peu de répondants aurait optimisé la précision des estimations, il a fallu limiter à 15 le nombre de ces sites à cause de contraintes logistiques et budgétaires inhérentes à l'utilisation de centres d'examen mobiles. Les 15 sites ont été choisis à l'intérieur des cinq régions correspondant aux limites régionales types utilisées par Statistique Canada (Région de l'Atlantique, Québec, Ontario, Prairies [incluant Yellowknife] et Colombie Britannique [incluant Whitehorse]), le nombre de sites dans chaque région étant proportionnel à la taille de la population. Bien qu'il n'y ait pas de sites de collecte dans toutes les provinces et tous les territoires du Canada, les sites pour l'ECMS ont été choisis de manière à représenter la population canadienne, d'est en ouest, en incluant des régions plus et moins densément peuplées. Les sites de collecte sélectionnés pour le cycle 1 de l'ECMS sont indiqués au Tableau 1 (Statistique Canada, 2010).

Tableau 1
Sites de collecte pour le cycle 1 de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé
Région de l'Atlantique Québec Ontario Prairies Colombie-Britannique
  • Moncton (Nouveau-Brunswick)
  • Québec
  • Montréal
  • Montérégie
  • Sud de la Mauricie
  • Clarington
  • North York
  • Don Valley
  • St. Catharine's-Niagara
  • Kitchener-Waterloo
  • Comté de Northumberland
  • Edmonton (Alberta)
  • Red Deer (Alberta)
  • Vancouver
  • Williams Lake et Quesnel

3.3.2 Échantillonnage des logements et des répondants

Le Recensement du Canada de 2006 a servi de cadre pour la sélection des logements. À chacun des sites, les logements pour lesquels la composition du ménage était connue au moment du Recensement de 2006 ont été stratifiés en fonction de l'âge des occupants au moment de l'enquête, entre les cinq strates d'âge correspondant aux groupes d'âge de l'ECMS (6 à 11 ans; 12 à 19 ans; 20 à 39 ans; 40 à 59 ans et 60 à 79 ans). Un échantillon aléatoire simple de logements a été sélectionné dans chaque strate, à chacun des sites. On est entré en communication avec les occupants de chacun des logements sélectionnés afin d'établir une liste des membres actuels du ménage et cette liste a ensuite été utilisée pour la sélection des répondants à l'enquête. Selon la composition du ménage, une à deux personnes ont été sélectionnées par logement.

3.4 Sélection des substances chimiques de l'environnement

Les substances chimiques de l'environnement visées par l'ECMS ont été sélectionnées sur la base des consultations menées auprès des responsables de divers programmes de Santé Canada, de Statistique Canada, ainsi que des résultats d'un atelier d'experts sur la biosurveillance humaine des substances chimiques de l'environnement organisé par Santé Canada en 2003. Cet atelier avait réuni des représentants du gouvernement canadien, du milieu universitaire, d'organismes de la santé publique, de laboratoires de santé publique, de laboratoires médicaux et des Centers for Disease Control des États-Unis. Les substances ont été choisies à partir d'une liste initiale de plus de 220 substances et groupes de substances chimiques présents dans l'environnement. La sélection a été faite en fonction des risques pour la santé, des données probantes disponibles sur l'exposition humaine, des lacunes actuelles des données, des obligations en vigueur en vertu de traités, conventions et accords nationaux et internationaux, de la disponibilité de méthodes d'analyse normalisées, ainsi que des politiques en matière de santé actuellement en vigueur ou prévues.

Les substances chimiques de l'environnement sélectionnées pour la biosurveillance dans le cadre de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé ont été choisis en fonction d'un ou plusieurs des critères suivants :

  • gravité des effets connus ou présumés de la substance sur la santé;
  • nécessité d'adopter des mesures de santé publique à l'égard de la substance;
  • niveau de préoccupation du public au sujet des expositions à la substance et de ses effets possibles sur la santé;
  • données disponibles sur l'exposition de la population canadienne à la substance;
  • faisabilité de recueillir des spécimens biologiques dans le cadre d'une enquête nationale et fardeau en résultant pour les répondants à l'enquête;
  • disponibilité et efficacité des méthodes d'analyse en laboratoire;
  • coûts d'exécution des analyses;
  • adéquation entre les substances chimiques sélectionnées et celles visées par d'autres enquêtes et études nationales et internationales.

La liste a ensuite été réduite en fonction du volume d'échantillons biologiques recueillis auprès des participants pour les analyses. Ainsi, moins de substances chimiques de l'environnement ont été mesurées dans le sang que dans l'urine, car le volume de sang est généralement limité et que ces échantillons devaient aussi servir à l'analyse de biomarqueurs de maladies chroniques et infectieuses et de biomarqueurs nutritionnels. Certaines méthodes d'analyse - notamment la spectrométrie de masse avec plasma à couplage inductif (ICP-MS) utilisée pour le groupe des métaux - ont toutefois permis de mesurer d'autres analytes et de fournir des résultats sur d'autres substances chimiques, en n'augmentant que de peu ou pas le volume d'échantillonnage et en engendrant peu sinon aucuns frais supplémentaires. Ce fut le cas du cuivre, du molybdène, du sélénium et du zinc, qui sont des éléments nutritifs essentiels au maintien d'une bonne santé. Le Tableau 2 présente la liste complète des substances chimiques mesurées dans le cadre de l'ECMS (2007 à 2009).

Tableau 2

Substances chimiques mesurées dans le cadre du cycle 1 de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (2007 à 2009)

Métaux et éléments traces

  • Antimoine
  • Arsenic
  • Cadmium
  • Cuivre
  • Manganèse
  • Mercure
  • Molybdène
  • Nickel
  • Plomb
  • Sélénium
  • Uranium
  • Vanadium
  • Zinc

Organochlorés

  • Aldrine
  • Chlordanes
    • α-Chlordane
    • γ-Chlordane
    • cis-Nonachlor
    • trans-Nonachlor
    • Oxychlordane
  • DDT
    • p,p'-DDT (p,p'-Dichlorodiphényltrichloroéthane)
    • p,p'-DDE (p,p'-Dichlorodiphényldichloroéthylène)
  • Hexachlorobenzène
  • Hexachlorocyclohexane
    • β-Hexachlorocyclohexane
    • γ-Hexachlorocyclohexane
  • Mirex
  • Toxaphène
    • Toxaphène parlar 26
    • Toxaphène parlar 50

Biphényles polychlorés

  • BPC 28 (2,4,4'-Trichlorobiphényle)
  • BPC 52 (2,2',5,5'-Tétrachlorobiphényle)
  • BPC 66 (2,3',4,4'-Tétrachlorobiphényle)
  • BPC 74 (2,4,4',5-Tétrachlorobiphényle)
  • BPC 99 (2,2',4,4',5-Pentachlorobiphényle)
  • BPC 101 (2,2',4,5,5'-Pentachlorobiphényle)
  • BPC 105 (2,3,3',4,4'-Pentachlorobiphényle)
  • BPC 118 (2,3',4,4',5-Pentachlorobiphényle)
  • BPC 128 (2,2',3,3',4,4'-Hexachlorobiphényle)
  • BPC 138 (2,2',3,4,4',5'-Hexachlorobiphényle)
  • BPC 146 (2,2',3,4',5,5'-Hexachlorobiphényle)
  • BPC 153 (2,2',4,4',5,5'-Hexachlorobiphényle)
  • BPC 156 (2,3,3',4,4',5-Hexachlorobiphényle)
  • BPC 163 (2,3,3',4',5,6-Hexachlorobiphényle)
  • BPC 167 (2,3',4,4',5,5'-Hexachlorobiphényle)
  • BPC 170 (2,2',3,3',4,4',5-Heptachlorobiphényle)
  • BPC 178 (2,2',3,3',5,5',6-Heptachlorobiphényle)
  • BPC 180 (2,2',3,4,4',5,5'-Heptachlorobiphényle)
  • BPC 183 (2,2',3,4,4',5',6-Heptachlorobiphényle)
  • BPC 187 (2,2',3,4',5,5',6-Heptachlorobiphényle)
  • BPC 194 (2,2',3,3',4,4',5,5'-Octachlorobiphényle)
  • BPC 201 (2,2',3,3',4,5',6,6'-Octachlorobiphényle)
  • BPC 203 (2,2',3,4,4',5,5',6-Octachlorobiphényle)
  • BPC 206 (2,2',3,3',4,4',5,5',6-Nonachlorobiphényle)
  • Aroclor 1260

Ignifugeants polybromés

  • PBB 153 (2,2',4,4',5,5'-Hexabromobiphényle)
  • PBDE 15 (4,4'-Dibromodiphényléther)
  • PBDE 17 (2,2',4-Tribromodiphényléther)
  • PBDE 25 (2,3',4-Tribromodiphényléther)
  • PBDE 28 (2,4,4'-Tribromodiphényléther)
  • PBDE 33 (2',3,4 -Tribromodiphényléther)
  • PBDE 47 (2,2',4,4'-Tétrabromodiphényléther)
  • PBDE 99 (2,2',4,4',5-Pentabromodiphényléther)
  • PBDE 100 (2,2',4,4',6-Pentabromodiphényléther)
  • PBDE 153 (2,2',4,4',5,5'-Hexabromodiphényléther)

Composés perfluorés

  • PFOS (perfluorooctane sulfonate)
  • PFOA (acide perfluorooctanoïque)
  • PFHxS (perfluorohexane sulfonate)

Herbicides du type phénoxy

  • 2,4-D (acide 2,4-dichlorophénoxyacétique)

Chlorophénol

  • 2,4-DCP (2,4-dichlorophénol)

Tabac

  • Cotinine

Phénols environnementaux

  • Bisphénol A

Insecticides organophosphorés (métabolites)

  • DMP (diméthylphosphate)
  • DMTP (diméthylthiophosphate)
  • DMDTP (diméthyldithiophosphate)
  • DEP (diéthylphosphate)
  • DETP (diéthylthiophosphate)
  • DEDTP (diéthyldithiophosphate)

Pyréthroïdes (métabolites)

  • 4-F-3-PBA [acide 4-fluoro-3-phénoxybenzoïque]
  • cis-DBCA [acide cis-3-(2,2-dibromovinyl)-2,2-diméthylcyclopropane carboxylique]
  • cis-DCCA [acide cis-3-(2,2-dichlorovinyl)-2,2-diméthylcyclopropane carboxylique]
  • trans-DCCA [acide trans-3-(2,2-dichlorovinyl)-2,2-diméthylcyclopropane carboxylique]
  • 3-PBA [acide 3-phénoxybenzoïque]

Phtalates (métabolites)Note de bas de page *

  • MBzP [phtalate de monobenzyle]
  • MBP [phtalate de mono-n-butyle]
  • MEP [phtalate de monoéthyle]
  • MCHP [phtalate de monocyclohexyle]
  • MiNP [phtalate de monoisononyle]
  • MMP [phtalate de monométhyle]
  • MOP [phtalate de mono-n-octyle]
  • MCPP [phtalate de mono-3-carboxypropyle]
  • MEHP [phtalate de mono-2-éthylhexyle]
  • MEOHP [phtalate de mono(2-éthyle-5-oxohexyle)]
  • MEHHP [phtalate de mono(2-éthyle-5-hydroxyhexyle])

En raison du coût élevé des analyses de laboratoire, certaines substances chimiques de l'environnement ont été mesurées dans des sous-échantillons choisis parmi les répondants à l'ECMS. Comme les sous-échantillons devant servir à l'analyse de substances chimiques spécifiques ont été choisis séparément, il est possible qu'un même répondant ait été sélectionné pour la mesure d'une ou de deux substances chimiques de l'environnement ou même de l'ensemble de ces substances. C'est ce qui explique que la plage d'âge pour laquelle une substance chimique a été mesurée varie selon la substance analysée (Tableau 3). Une méthode d'échantillonnage « colloqué » (collocated sampling) a été utilisée pour réduire au minimum la possibilité que deux personnes d'un même ménage (du groupe des 6 à 11 ans et autres groupes d'âge) soient choisies pour la mesure de la même substance chimique de l'environnement et maximiser ainsi la représentativité de l'échantillon de la population (Giroux, 2007). Pour plus de détails sur le sous échantillonnage des substances chimiques de l'environnement, consulter le Guide de l'utilisateur des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) : cycle 1 (Statistique Canada, 2010).

Tableau 3

Substances chimiques de l'environnement mesurées par groupe d'âge
Mesure Matrice Taille de l'échantillon cible Groupe d'âge (ans)
6 à 11 12 à 19 20 à 39 40 à 59 60 à 79
Métaux et éléments traces Urine et sang 5600 Oui Oui Oui Oui Oui
Organochlorés Plasma 1500 Non Non Oui Oui Oui
BPC Plasma 1500 Non Non Oui Oui Oui
PBDE Plasma 1500 Non Non Oui Oui Oui
Composés perfluorés  Plasma 1500 Non Non Oui Oui Oui
Bisphénol A Urine 5600 Oui Oui Oui Oui Oui
Composés organophosphorés (insecticides)  Urine 5600 Oui Oui Oui Oui Oui
Pyréthroïdes (insecticides) Urine 5600 Oui Oui Oui Oui Oui
Herbicides du type phénoxy Urine 5600 Oui Oui Oui Oui Oui
Chlorophénols Urine 5600 Oui Oui Oui Oui Oui
Tabac Urine 5600 Oui Oui Oui Oui Oui

3.5 Considérations éthiques

Les renseignements personnels recueillis dans le cadre de l'ECMS sont protégés en vertu de la Loi sur la statistique du Canada. En vertu de cette Loi, Statistique Canada a l'obligation de protéger l'information que lui transmet la population du Canada. Statistique Canada a donc mis en place un ensemble exhaustif de politiques, de procédures et de pratiques - incluant des mesures d'ordre physique, organisationnel et technologique - pour protéger les renseignements confidentiels contre la perte, le vol, l'accès non autorisé, la divulgation, la copie ou l'utilisation. Les mesures prises par Statistique Canada pour protéger l'information recueillie dans le cadre de l'ECMS sont décrites dans Day et coll. (2007).

Le Comité d'éthique de la recherche de Santé Canada a attesté que toutes les composantes de l'ECMS étaient conformes à l'éthique. Pour le volet clinique de l'ECMS, un consentement éclairé écrit a été obtenu des répondants âgés de 14 ans et plus; pour les enfants plus jeunes, le consentement écrit a été obtenu d'un parent ou du tuteur légal et l'enfant a donné un assentiment écrit. La participation était volontaire et les répondants pouvaient en tout temps refuser de participer à quelque partie de l'enquête.

Une stratégie a été élaborée pour communiquer les résultats aux répondants de l'enquête, conformément aux conseils et aux avis des experts du Comité consultatif des laboratoires et du Comité consultatif des médecins de l'ECMS, et du Comité d'éthique de la recherche de Santé Canada (Day et coll., 2007). En ce qui a trait aux substances chimiques de l'environnement, seuls les résultats pour le plomb, le mercure et le cadmium ont été communiqués systématiquement aux répondants. Les répondants qui en faisaient la demande à Statistique Canada pouvaient cependant obtenir tous les autres résultats d'analyse. On trouvera plus d'information sur la déclaration des résultats aux répondants dans Haines et coll. (2010).

4. Travail sur le terrain

Le travail sur le terrain aux fins de l'ECMS s'est échelonné sur une période de deux ans, de mars 2007 à février 2009. La collecte des données a été faite de façon séquentielle dans les 15 sites répartis dans l'ensemble du Canada, l'ordre de collecte dans les différents sites ayant été établi de manière à tenir compte des fluctuations saisonnières propres à la région et de l'effet temporel, sous réserve des contraintes opérationnelles et logistiques. L'effet temporel signifie que le nombre de sites dans chaque région a été réparti également entre les première et deuxième années, sauf dans la région de l'Atlantique où il n'y avait qu'un seul site (Giroux, 2007).

Les participants ont reçu par la poste une lettre et une brochure de Statistique Canada, pour les prévenir que cette dernière communiquerait avec eux en vue d'une participation à l'enquête.

Les données ont été recueillies durant des interviews sur place assistées par ordinateur, ainsi qu'au moyen d'analyses physiques pour lesquelles les répondants ont dû se rendre à un centre d'examen mobile (CEM) aménagé expressément pour l'enquête. L'équipe sur le terrain était composée des intervieweurs et du personnel des CEM de l'ECMS, y compris de professionnels de la santé dûment formés pour réaliser les tests physiques. Les répondants ont d'abord répondu à un questionnaire présenté par l'intervieweur à leur domicile, puis ils ont dû se rendre, dans un délai d'environ deux semaines, dans un CEM où des professionnels de la santé ont pris des mesures de la santé physique et prélevé des échantillons de sang et d'urine. Les échantillons biologiques ont été traités et entreposés sur place avant d'être envoyés aux laboratoires de référence de l'ECMS.

Lors des visites à domicile, l'intervieweur a sélectionné au hasard un ou deux répondants et a mené avec chacun une interview distincte sur la santé d'une durée de 45 à 60 minutes. Cette interview avait pour but de recueillir des données démographiques et socioéconomiques ainsi que des renseignements sur le mode de vie, les antécédents médicaux, l'état de santé actuel, l'environnement et les conditions de logement du répondant.

Chaque CEM consistait en deux remorques reliées par une passerelle encloisonnée. Une remorque servait d'aire de réception et d'administration et l'autre contenait les salles d'examen clinique et un laboratoire. Au CEM, les professionnels de la santé ont mesuré divers paramètres physiques des répondants, notamment la taille, le poids, la tension artérielle, la fonction pulmonaire et la condition physique, et ont prélevé des échantillons de sang et d'urine.

Les CEM sont restés ouverts sept jours sur sept pour s'adapter à l'horaire des participants et permettre la tenue d'environ 350 visites à chaque site durant une période de six à huit semaines. Chaque visite à la clinique durait en moyenne 2,5 heures. Les enfants de moins de 14 ans devaient être accompagnés d'un parent ou de leur tuteur légal. Afin de maximiser les taux de réponse, une visite à domicile a été offerte aux répondants qui ne pouvaient pas, ou qui ne voulaient pas, se rendre au CEM pour la portion de l'enquête portant sur les mesures des paramètres physiques.

À leur arrivée au CEM, les répondants devaient signer le formulaire de consentement ou d'assentiment avant le début des tests, puis fournir immédiatement un échantillon d'urine. Pour des questions de logistique, des échantillons ponctuels d'urine ont été recueillis, plutôt que des échantillons sur une période de 24 heures. Les échantillons d'urine ont été recueillis dans des contenants de 120 mL.

Une série de questions de présélection ont été posées aux répondants afin de déterminer, sur la base de critères d'exclusion préétablis, si les participants étaient aptes à subir les différents tests - y compris les prélèvements sanguins. Les prises de sang ont été faites par un phlébotomiste agréé, la quantité prélevée variant en fonction de l'âge du répondant : enfants de 6 à 11 ans : environ 28 mL; jeunes de 12 et 13 ans : 38 mL; jeunes de 14 à 19 ans : 45 mL et personnes de 20 à 79 ans : 75 mL.

Le traitement de tous les échantillons de sang et d'urine prélevés aux CEM a été fait sur place, y compris la répartition en parties aliquotes et la centrifugation du sérum et du plasma. Deux congélateurs maintenus à une température de -20 °C ont été utilisés pour y conserver temporairement les échantillons biologiques jusqu'à leur expédition. Une fois par semaine, les échantillons ont été envoyés au laboratoire de référence pour y être analysés. Des procédures normalisées d'exploitation (PNE) ont été élaborées pour le prélèvement des échantillons de sang et d'urine, leur traitement et répartition en aliquotes et leur expédition, afin d'assurer la qualité des données et de normaliser la collecte des données. Une séquence prioritaire a également été établie pour définir l'ordre des analyses de laboratoire, au cas où le volume d'échantillons biologiques prélevés serait insuffisant pour effectuer l'analyse de toutes les substances chimiques de l'environnement, en plus des analyses sur les maladies infectieuses, l'état nutritionnel, le diabète et les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires. Le Tableau 4 fournit des précisions sur le laboratoire de référence, les tubes de prélèvement utilisés, les volumes aliquotes, les conditions d'entreposage temporaire et d'expédition, ainsi que l'ordre de priorité des analyses.

Tableau 4

Protocoles de collecte, d'entreposage et d'expédition des échantillons d'urine et de sang pour l'analyse des substances chimiques de l'environnement (par ordre de priorité d'analyse)
Mesure Matrice Laboratoire de référenceTableau 1 note de bas de page a Tube de prélèvement (grosseur et typeTableau 1 note de bas de page b) Volume aliquoteTableau 1 note de bas de page c Entreposage/ExpéditionTableau 1 note de bas de page d

Notes de bas de page du Tableau 1

Tableau 1 note de bas de page 1

SC = Laboratoire de Santé Canada, Bureau des sciences de la nutrition, INSPQ = Institut national de santé publique du Québec

Retour à la référence 1 de la note de bas de page du tableau 1

Tableau 1 note de bas de page 2

Des tubes Vacutainer Becton Dickinson ont été utilisés pour le prélèvement des échantillons de sang; les contenants VWR ont été utilisés pour les échantillons d'urine

Retour à la référence 2 de la note de bas de page du tableau 1

Tableau 1 note de bas de page 3

Volume aliquote = volume total de l'échantillon envoyé au laboratoire de référence

Retour à la référence 3 de la note de bas de page du tableau 1

Tableau 1 note de bas de page 4

Les congélateurs des centres d'examen mobiles ont été réglés à une température de -20 °C

Retour à la référence 4 de la note de bas de page du tableau 1

Lipides : triglycérides + cholestérol total Sérum SC 8,5 mL bouchon rouge/gris, tubes de séparation du sérum 1,0 mL congélateur/glace sèche
Métaux et éléments traces + mercure inorganique Sang entier INSPQ 6,0 mL bouchon lavande, EDTA 1,8 mL congélateur/bloc réfrigérant
BPC, organochlorés + PBDE Plasma INSPQ 10,0 mL bouchon lavande, EDTA 2,7 mL congélateur/bloc réfrigérant
Composés perfluorés Plasma INSPQ 10,0 mL  bouchon lavande, EDTA 1,8 mL congélateur/glace sèche
Créatinine + cotinine Urine INSPQ Contenant d'urine 4,5 mL congélateur/glace sèche
Métaux et éléments traces + mercure inorganique Urine INSPQ Contenant d'urine 4,5 mL congélateur/glace sèche
Bisphénol A, organophosphorés, pyréthroïdes, herbicides du type phénoxy + chlorophénol Urine INSPQ Contenant d'urine 20,0 mL congélateur/bloc réfrigérant

Afin de maximiser la fiabilité et la validité des données et de réduire le biais systématique, des protocoles d'assurance et de contrôle de la qualité ont été prévus pour tous les aspects du travail sur le terrain liés à l'ECMS. Les mesures d'assurance de la qualité applicables aux activités cliniques ont porté sur la sélection et la formation du personnel, les instructions données aux répondants (directives préalables aux tests) et les questions liées à la collecte des données. Tous les employés ont également reçu des directives et une formation adaptées à leurs fonctions particulières. De plus, afin d'assurer une cohérence entre les techniques de mesure utilisées, des manuels des procédures et des guides de formation ont été rédigés et révisés en consultation avec des spécialistes du domaine. À chaque site, les échantillons de contrôle de la qualité consistaient en un blanc de terrain (sérum bovin pour les substances perfluorées et eau désionisée pour tous les analytes) et des échantillons témoins commerciaux choisis à l'aveugle pour l'arsenic, le cadmium, le plomb et le mercure dans le sang entier. Ces échantillons de contrôle de la qualité ont été envoyés au laboratoire de référence avec l'envoi régulier des échantillons. Les résultats de ces analyses ont été envoyés au siège social de l'ECMS à Statistique Canada avec tous les autres résultats du répondant, où ils ont été analysés afin de déterminer la précision de la méthode d'analyse en regard de la concentration connue en analytes. Au besoin, une rétroaction rapide était faite au laboratoire de référence afin que les examens et les correctifs nécessaires soient effectués. Durant ce processus d'assurance de la qualité, il a été déterminé que les vacutainers utilisés pour le dosage sanguin des métaux étaient contaminés par du manganèse. Un facteur de correction de 14 nmol/L a donc été appliqué pour tous les dosages sanguins du manganèse afin de tenir compte de cette contamination.

Des descriptions détaillées des opérations cliniques et logistiques de l'ECMS figurent dans Bryan et coll. (2007) et Giroux (2007) et sont présentées dans le Guide de l'utilisateur des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) : cycle 1 (Statistique Canada, 2010).

5. Analyses de laboratoire

Les analyses en laboratoire des substances chimiques de l'environnement et de la créatinine ont été effectuées au Centre de toxicologie du Québec (CTQ) de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), à Québec. L'INSPQ a suivi pour ce faire les procédures normalisées d'exploitation définies pour chaque dosage et chaque technique exécutés dans le laboratoire. Ce laboratoire, qui est accrédité ISO 17025, a aussi recours à de nombreux programmes internes et externes de contrôle de la qualité. Les analyses visant à déterminer les taux de lipides sériques ont été réalisées dans les laboratoires de Santé Canada (Bureau des sciences de la nutrition, Division de la recherche sur la nutrition) à Ottawa. Ces laboratoires utilisent eux aussi de nombreux programmes internes et externes de contrôle de la qualité et participent à un programme de vérification de la compétence. L'annexe B présente la limite de détection (LD) pour chaque méthode.

L'INSPQ a recours à diverses mesures internes de contrôle de la qualité, dont l'utilisation d'étalons, de blancs de laboratoire et d'autres matériaux de référence internes, ainsi qu'à des mesures externes de contrôle de la qualité qui incluent la participation à des études de comparaison interlaboratoires pour la plupart des analytes. Les données de laboratoire de chaque site ont également été soumises à des examens aux fins de l'assurance de la qualité, afin de repérer les incohérences dans les résultats, par exemple les écarts entre analyses.

Les paragraphes qui suivent décrivent les méthodes qui ont été utilisées pour l'analyse des différentes substances chimiques de l'environnement, ainsi que de la créatinine et des lipides.

5.1 Métaux dans le sang

Les échantillons de sang ont été dilués dans une solution basique qui contenait de l'éthoxylate d'octylphénol et de l'ammoniac, et leur teneur en arsenic total, en cadmium, en cuivre, en mercure total, en manganèse, en molybdène, en nickel, en plomb, en sélénium, en uranium et en zinc a été déterminée à l'aide d'un spectromètre de masse avec plasma à couplage inductif (ICP-MS) Elan DRC II de Perkin Elmer Sciex (M 572). L'étalonnage apparié à la matrice a été réalisé avec du sang prélevé d'une personne non exposée (INSPQ, 2009a).

5.2 Mercure inorganique dans le sang

Le sang a été digéré dans un bain-marie à 80 °C en présence d'un volume égal d'acide nitrique concentré. Le dosage du mercure inorganique a été fait par spectrométrie d'absorption atomique en vapeur froide, à l'aide d'un moniteur de mercure (Modèle 100 de Pharmacia). Une partie aliquote du produit de digestion a ensuite été introduite dans la chambre de réaction du système qui contenait une solution réductrice de chlorure stanneux. La vapeur de mercure produite a été mesurée. Un étalonnage en milieu aqueux a été réalisé (INSPQ, 2009b).

5.3 Métaux dans l'urine

Les échantillons d'urine ont été dilués dans de l'acide nitrique dilué (0,5 %), puis ont été analysés par ICP-MS (Elan DRC II) (M 571) pour en déterminer la teneur en antimoine, en arsenic total, en cadmium, en cuivre, en plomb, en manganèse, en molybdène, en nickel, en sélénium, en uranium, en vanadium et en zinc. L'étalonnage apparié à la matrice a été réalisé avec de l'urine de sujets non exposés (INSPQ, 2009c).

5.4 Mercure inorganique dans l'urine

La solution obtenue par minéralisation acide a été diluée et analysée à l'aide du système d'injection de flux pour l'analyse du mercure (FIMS) de Perkin Elmer (M-568), par spectrométrie d'absorption atomique en vapeur froide. Le mercure ionisé a été réduit en mercure métallique par l'ajout de chlorure stanneux. Le mercure volatil produit a été détecté dans la gamme des UV/VIS (INSPQ, 2009d).

5.5 Organochlorés, biphényles polychlorés (BPC) et ignifugeants polybromés (PBDE) dans le plasma

Des échantillons de plasma ont été enrichis d'étalons internes puis ont été dénaturés avec de l'acide formique. Les composés organohalogénés [incluant BPC 28, BPC 52, BPC 66, BPC 74, BPC 99, BPC 101, BPC 105, BPC 118, BPC 128, BPC 138, BPC 146, BPC 153, BPC 156, BPC 163, BPC 167, BPC 170, BPC 178, BPC 180, BPC 183, BPC 187, BPC 194, BPC 201, BPC 203, BPC 206, aldrine, α-chlordane, γ-chlordane, cis-nonachlor, trans-nonachlor, oxychlordane, β-HCH, γ-HCH, p,p'-DDE, p,p'-DDT, hexachlorobenzène, mirex, toxaphène parlar 26, toxaphène parlar 50, PBB 153, PBDE 15, PBDE 17, PBDE 25, PBDE 28, PBDE 33, PBDE 47, PBDE 99, PBDE 100 et PBDE 153] ont été extraits automatiquement de la matrice aqueuse par séparation en phase solide. Les extraits ont été nettoyés sur des colonnes de Florisil puis ont été analysés par chromatographie en phase gazeuse (Agilent 6890) couplée à un détecteur à capture d'électrons (DCE) (Agilent G2397A) et à un détecteur de spectrométrie de masse (Agilent 5973 Network) avec le logiciel Agilent MSD Chem. Les ions générés ont été mesurés après ionisation chimique négative. Les concentrations en analytes ont été déterminées à partir du pourcentage d'étalons internes marqués qui ont été récupérés. Le DCE a été utilisé pour vérifier les limites de détection des congénères 28 et 52 des BPC (INSPQ, 2009e).

L'INSPQ a calculé la teneur en Aroclor 1260 à partir des concentrations en BPC 153 et BPC 138 à l'aide de la formule suivante : CAroclor 1260 = (CBPC 153 + CBPC 138) x 5,2 (NIOSH, 1997; Patterson, 1991).

La contamination moyenne des blancs de laboratoire a été soustraite de chaque échantillon pour l'hexachlorobenzène, le PBDE 47 et le PBDE 99. Le degré de contamination a varié en fonction de la capacité de contrôler la source de contamination durant les analyses en laboratoire (INSPQ, 2010).

5.6 Composés perfluorés dans le plasma

Le perfluoroctane sulfonate (PFOS), l'acide perfluorooctanoïque (PFOA) et le perfluorohexane sulfonate (PFHxS) ont été extraits en présence d'éther tert-butylique méthylique par la formation d'une paire d'ions avec de l'hydrogénosulfate de tétrabutylammonium. Les extraits ont été évaporés à sec, puis ont été dissous dans 200 µL de la phase mobile. Ils ont été analysés par chromatographie liquide ultra performance (UPLC) (Waters Acquity), couplée au spectromètre de masse (SM) Waters Quattro Premier XE et au logiciel Waters MassLynx (SM) (E-453), en suivi de réactions multiples (MRM) avec une source d'ions obtenue par électronébulisation en mode négatif (INSPQ, 2009f).

5.7 Bisphénol A dans l'urine

Les échantillons d'urine ont été décongelés à 4 °C pendant la nuit, puis ils ont été agités vigoureusement. Les échantillons ont été conservés à la température ambiante durant le pipetage puis ils ont été immédiatement recongelés. Les échantillons ont été soumis à plusieurs cycles de congélation-décongélation : 77 %, 22 % et 0,8 % des échantillons ont été soumis respectivement à un, deux et trois cycles de congélation-décongélation. Une quantité de 100 µL d'urine a été enrichie de BPA marqué au 13C12 et tamponnée à un pH de 5. Les échantillons ont été hydrolysés avec l'enzyme β-glucuronidase pendant trois heures à 37 °C, puis ils ont été obtenus par dérivatisation par le pentafluorobenzyle de bromure à une température de 70 °C pendant deux heures. Les produits dérivés ont été extraits dans un mélange de dichlorométhane et d'hexane. Les extraits évaporés ont été remis en solution et analysés par chromatographie en phase gazeuse (Agilent 6890 ou 7890) couplée à un détecteur de spectrométrie de masse en tandem (Waters Quattro Micro-GC) utilisé en mode MRM après ionisation chimique négative. Les formes libre et ionisée du BPA ont été mesurées ensemble durant ces analyses. Des précautions spéciales ont été prises afin de réduire au minimum la contamination par le BPA durant l'ensemble des analyses en laboratoire et la contamination des blancs de laboratoire (eau désionisée, hydrolysée et dérivée) a été soustraite de chaque séquence d'analyse. La concentration de BPA dans les blancs de laboratoire a varié de 0,08 à 1,27 µg/L et s'est établie en moyenne à 0,41 µg/L (INSPQ, 2009g; INSPQ, 2010).

5.8 Métabolites organophosphorés, acide 2,4-dichlorphénoxyacétique (2,4-D) et 2,4-dichlorophénol (2,4-DCP) dans l'urine

Les métabolites dans l'urine du diéthylphosphate (DEP), du diméthylphosphate (DMP), du diéthylthiophosphate (DETP), du diméthylthiophosphate (DMTP), du diéthyldithiophosphate (DEDTP), du diméthyldithiophosphate (DMDTP), du 2,4-dichlorophénol et de l'acide 2,4-dichlorophénoxyacétique ont été hydrolysés avec l'enzyme β-glucuronidase. Les échantillons ont été obtenus par dérivatisation dans du pentafluorobenzyle de bromure à 70 °C pendant deux heures. Les produits dérivés ont été extraits dans un mélange de dichlorométhane et d'hexane. Les extraits évaporés ont été remis en solution et analysés par CG-SM ou CG-SM-SM. Pour la CG-SM, le chromatographe en phase gazeuse (Agilent 6890) a été couplé à un détecteur de spectrométrie de masse (Agilent MSD-5973N ou Agilent MSD-5975N) et au logiciel Agilent Chemstation, en mode SIM (suivi d'ion unique) après ionisation chimique négative ou impact électronique. La méthode CG-SM-SM a été réalisée avec le chromatographe en phase gazeuse (Agilent 6890 ou 7890) couplé à un détecteur de spectrométrie de masse en tandem (Quattro Micro GC de Waters) et au logiciel Masslynx de Waters, utilisé en mode MRM après ionisation chimique négative (INSPQ, 2009g; 2009h).

5.9 Métabolites des pyréthroïdes dans l'urine

Les métabolites dans l'urine ont été hydrolysés avec l'enzyme β-glucuronidase. Les échantillons ont ensuite été acidifiés puis extraits par l'hexane. Les extraits ont été obtenus par dérivatisation et extraits une deuxième fois dans un mélange d'isooctane et d'hexane. Les extraits évaporés ont été dissous dans l'hexane et analysés par chromatographie en phase gazeuse (Agilent 6890 N) couplée à un détecteur de spectrométrie de masse (Agilent 5973 N) avec le logiciel Agilent MSD Chem utilisé en mode SIM après ionisation chimique négative (INSPQ, 2009i).

5.10 Cotinine dans l'urine

La récupération de la cotinine a été réalisée par extraction en phase solide sur des plaques 96 puits dans le poste de pipetage robotisé automatique JANUS© de Perkin Elmer (C-550). La cotinine deutérée a été utilisée comme étalon interne. L'extrait a de nouveau été dissous dans 250 µL de phase mobile, et 10 µL ont été injectés dans l'appareil de chromatographie liquide ultra performance Acquity de Waters couplé au spectromètre de masse en tandem Quattro Premier XE de Waters et au logiciel Masslynx de Waters utilisé en mode MRM avec une source d'ions en électronébulisation positive (INSPQ, 2009j).

5.11 Créatinine dans l'urine

Le dosage de la créatinine a été réalisé par la méthode colorimétrique en point final de Jaffe. La solution alcaline de picrate de sodium réagit avec la créatinine pour former un complexe Janovski rouge, en présence des réactifs de détection de la créatinine Microgenics DRI (no 917). L'absorbance a été lue à 505 nm sur un auto-analyseur chimique Hitachi 917 (C-530) (INSPQ, 2009k).

5.12 Lipides sériques

Des méthodes enzymatiques ont été utilisées pour le dosage des triglycérides et du cholestérol total (Santé Canada, 2009a; 2009b). Les triglycérides ont été mesurés par la méthode sur plaques analytiques VITROS TRIG conformément au protocole décrit par Spayd et coll. (1978), tandis que le cholestérol total a été mesuré par la méthode sur plaques VITROS CHOL proposée par Allain et coll. (1974).

6. Analyse des données statistiques

Les statistiques descriptives sur les concentrations des diverses substances chimiques de l'environnement dans le sang et l'urine des Canadiens âgés de 6 à 79 ans ont été produites à l'aide du logiciel SAS (Statistical Analysis System, SAS Institute Inc., 2002-2003) et du progiciel statistique SUDAAN (SUDAAN, version 10.0, 2008).

L'ECMS est une enquête sur échantillon, ce qui signifie que les répondants « représentent » un grand nombre d'autres Canadiens qui ne sont pas inclus dans l'enquête. Afin que les résultats soient représentatifs de l'ensemble de la population et ne se limitent pas à l'échantillon, Statistique Canada a calculé des facteurs de pondération - ou poids - et les a intégrés à l'ensemble des estimations présentées dans ce rapport (p. ex., moyennes géométriques). Ces poids d'échantillonnage permettent de tenir compte de la non-réponse et de la probabilité inégale d'être sélectionné pour l'enquête. De plus, afin de tenir compte de la complexité du plan d'enquête de l'ECMS, la série de poids bootstrap inclus avec l'ensemble de données a été utilisée pour estimer les intervalles de confiance (IC) de 95 % pour toutes les moyennes et tous les percentiles (Rao et coll., 1992; Rust et Rao, 1996).

Des Tableaux de données sont présentés pour chacune des substances chimiques mesurées. Ces Tableaux précisent la taille de l'échantillon (n), le pourcentage de résultats sous la limite de détection (% < LD), la moyenne géométrique (MG), ainsi que les 10e, 25e, 50e, 75e, 90e et 95e percentiles et les intervalles de confiance de 95 % (IC 95 %) correspondants. Le calcul des MG et des IC 95 % correspondants s'est fait en trois étapes. Le logarithme de chaque variable a d'abord été calculé. Puis la moyenne et les IC 95 % des variables calculées par transformation logarithmique ont été calculés à l'aide des poids bootstrap. Enfin, les MG et les IC 95 % correspondants ont été calculés en utilisant l'antilogarithme des moyennes obtenues par transformation logarithmique et les IC 95 % correspondants. Pour chaque substance chimique, les résultats sont présentés pour l'ensemble de la population, ainsi que par groupe d'âge et par sexe. Comme le premier cycle de l'ECMS a été conçu de manière à produire des estimations nationales, les données ne sont pas ventilées par site de collecte. Une valeur équivalant à la moitié de la limite de détection a été attribuée aux mesures qui se situaient en deçà de la limite de détection (LD) de la méthode d'analyse utilisée par le laboratoire. Lorsque plus de 40 % des résultats étaient inférieurs à la LD, les moyennes géométrique et arithmétique n'ont pas été calculées. Les percentiles estimés inférieurs à la LD sont désignés par la mention « < LD ». L'annexe B présente un Tableau des limites de détection pour chaque substance chimique. Afin de faciliter les comparaisons entre les données du présent rapport et les résultats d'autres études qui seraient exprimés dans des unités différentes, un Tableau de conversion est fourni à l'annexe C.

Les substances chimiques mesurées dans le sang entier et le plasma sont exprimées en poids de la substance chimique par volume de sang entier ou de plasma (µg de substance chimique/L de sang ou de plasma, ou dL de sang dans le cas du plomb). Les substances lipophiles (c.-à-d. les substances qui s'accumulent dans les lipides), qui ont été mesurées dans le plasma, incluant les organochlorés, les BPC et les PBDE, sont aussi exprimées en poids de la substance chimique par kilogramme de lipides totaux (µg de substance chimique/kg de lipides). Les substances chimiques lipophiles se concentrent dans les lipides de l'organisme, y compris les lipides plasmatiques et sériques. L'expression des concentrations de ces substances par rapport aux lipides vise à refléter la quantité stockée dans les tissus adipeux. Les lipides totaux (g/L) ont été estimés à partir de la formule suivante :

Lipides totaux (g/L) = 2,27 Xcholestérol total (g/L) + triglycérides (g/L) + 0,623
(Phillips et coll., 1989; Bernert et coll., 2007; Bergonzi et coll., 2009).

Lorsque le taux de cholestérol total ou le taux de triglycérides d'un répondant était manquant ou inférieur à la limite de détection (< LD), une valeur manquante a aussi été attribuée à l'estimation de la concentration de la substance chimique ajustée en fonction des lipides pour ce même répondant.

Idéalement, les lipides et les substances chimiques de l'environnement devraient être mesurés dans la même matrice (p. ex., le plasma) et le même laboratoire. Cependant, à cause de contraintes logistiques, les substances chimiques de l'environnement ont été mesurées dans le plasma à l'INSPQ, alors que les lipides (cholestérol total et triglycérides) ont été mesurés dans le sérum par le laboratoire du Bureau des sciences de la nutrition de Santé Canada. Plusieurs études ont examiné les différences entre les taux lipidiques mesurés dans le plasma et le sérum, et la presque totalité ont conclu que les taux plasmatiques sont légèrement inférieurs aux taux sériques, bien que l'ampleur de cet écart varie considérablement (de 1,3 à 6 %) selon l'étude (Grande et coll., 1964; Lab Methods Committee, 1977; Cloey et coll., 1990; Wickus et Dukerschein, 1992; Beheshti et coll., 1994). Dans le présent rapport, aucun facteur de conversion n'a été utilisé pour convertir les taux sériques de lipides en équivalents plasmatiques, car cela n'aurait pas forcément amélioré l'exactitude des concentrations finales ajustées en fonction des lipides si l'on tient compte des autres sources de variabilité qui influencent la mesure des lipides (p. ex., variabilité analytique inter- et intra-laboratoires). De fait, la variabilité des taux lipidiques mesurés peut atteindre de 10 à 15 % entre les laboratoires (INSPQ, 2008). Malgré ces considérations, les concentrations des substances chimiques de l'environnement corrigées en fonction des taux lipidiques pourraient être sous-estimées à cause des différences entre les taux plasmatiques et sériques de lipides. Il pourrait donc être justifié d'étudier plus à fond le biais systématique potentiel dû aux différences entre les taux plasmatiques et sériques de lipides.

Les concentrations mesurées dans l'urine sont exprimées en fonction du volume d'urine (µg de substance chimique/L d'urine), ainsi qu'en fonction de la créatinine dans l'urine (µg de substance chimique/g de créatinine). La créatinine urinaire est un sous-produit chimique du métabolisme musculaire qui est souvent utilisé pour corriger la concentration (ou la dilution) dans les échantillons ponctuels d'urine, car la production et l'excrétion de la créatinine urinaire demeurent relativement constantes durant une période de 24 heures sous l'effet de l'homéostasie (Boeniger et coll.; 1993; Barr et coll., 2005; Pearson et coll., 2008). Si la substance chimique mesurée a un comportement comparable à celui de la créatinine dans les reins, les taux de filtration des deux substances seront comparables; l'expression de la concentration de la substance chimique par gramme de créatinine permet de tenir compte des effets de la dilution urinaire ainsi que de certaines différences dans la fonction rénale et la masse maigre de l'organisme (Barr et coll., 2005; Pearson et coll., 2009; CDC, 2009). Cependant, comme la créatinine est essentiellement excrétée par filtration glomérulaire, l'ajustement en fonction de la créatinine n'est peut-être pas indiqué pour les composés qui sont principalement excrétés par sécrétion tubulaire dans le rein (Teass et coll., 2003; Barr et coll., 2005). Lorsque le taux de créatine urinaire était manquant ou qu'il était inférieur à la limite de détection (< LD), une valeur manquante a également été attribuée à la concentration estimative de la substance chimique ajustée en fonction de la créatinine pour ce répondant.

L'annexe D présente les statistiques descriptives sur la créatinine (mg/dL), lesquelles incluent la taille de l'échantillon (n), le pourcentage de résultats en deçà de la limite de détection (% < LD), la moyenne géométrique (MG), ainsi que les 10e, 25e, 50e, 75e, 90e et 95e percentiles et les intervalles de confiance (IC) de 95 % correspondants, pour l'ensemble de la population ainsi que par groupe d'âge et par sexe. Une valeur correspondant à la moitié de la LD a été attribuée aux mesures qui étaient inférieures à la limite de détection (LD) de la méthode d'analyse utilisée.

En vertu de la Loi sur la statistique, Statistique Canada est tenu d'assurer la confidentialité des répondants. Les estimations fondées sur un petit nombre de répondants doivent donc être supprimées. Conformément aux règles de suppression établies pour l'ECMS, toute estimation fondée sur moins de dix répondants a été supprimée du présent rapport. Pour éviter d'être supprimées, les estimations au 95e percentile devaient être fondées sur au moins 200 répondants; celles aux 90e et 10e percentiles devaient l'être sur au moins 100 répondants; celles aux 75e et 25e percentiles sur au moins 40 répondants et celles au 50e percentile, sur au moins 20 répondants. Enfin, les estimations des moyennes arithmétique et géométrique devaient être fondées sur au moins 10 répondants.

Pour plus de renseignements sur les poids d'échantillonnage et l'analyse des données, consulter le Guide de l'utilisateur des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) : cycle 1 (Statistique Canada, 2010).

7. Considérations pour l'interprétation des données de biosurveillance

L'Enquête canadienne sur les mesures de la santé a été conçue pour fournir des estimations sur les concentrations de substances chimiques de l'environnement présentes dans le sang ou l'urine de l'ensemble de la population canadienne. Bien que l'enquête couvre environ 96 % de la population canadienne âgée de 6 à 79 ans, elle n'a pas été conçue pour permettre une ventilation des données par site de collecte. De plus, comme le plan de l'ECMS ne portait pas sur des scénarios d'exposition particuliers, aucun répondant n'a été exclu ou sélectionné en fonction de son risque d'exposition faible ou élevée aux substances chimiques de l'environnement. 

La biosurveillance peut estimer la quantité d'une substance chimique présente chez une personne, mais elle ne peut vous dire quels effets sur la santé, le cas échéant, peut résulter de cette exposition. Notre aptitude à mesurer les substances chimiques de l'environnement à des niveaux très bas s'est améliorée. La présence d'une substance chimique dans l'organisme ne signifie pas nécessairement qu'il en résultera un effet sur la santé. D'autres facteurs, dont la dose, la durée, le moment d'exposition, et la toxicité de la substance chimique sont des facteurs importants à considérer pour déterminer si un effet sur la santé pourrait se produire. Pour les substances chimiques comme le plomb et le mercure, des études ont permis de bien comprendre les risques pour la santé associés à différentes concentrations dans le sang. Cependant, pour un bon nombre de substances chimiques de l'environnement, d'autres recherches devront être menées pour comprendre les effets sur la santé, le cas échéant, de différentes concentrations retrouvées dans le sang ou l'urine. De petites quantités de certaines substances chimiques, tels que le manganèse et le zinc, sont indispensables au maintien d'une bonne santé, et on s'attend à ce que ces subtances soient présentes dans l'organisme. De plus, la façon dont un produit chimique réagira dans l'organisme diffèrera selon les individus et ne peut être prédite avec certitude. Certaines populations (femmes enceintes, les personnes âgées ou les personnes immunodéprimées) peuvent être plus susceptibles aux effets de l'exposition.

L'absence d'une substance chimique ne signifie pas nécessairement qu'une personne n'a pas été exposée. Il se peut que la technologie ne soit pas capable de mesurer de très petite quantité, ou que l'exposition a eu lieu à un point antérieur dans le temps, permettant ainsi à la substance chimique d'être éliminée de l'organisme avant même que la mesure soit prise.

La biosurveillance ne peut vous dire la source ou la route d'exposition. La quantité de substances chimiques mesurées indique la quantité globale qui pénètre dans l'organisme par toutes les voies d'exposition (ingestion, inhalation, contact avec la peau) et de toutes les sources (l'air, l'eau, le sol, la nourriture et les produits de consommation). La détection de la substance chimique peut être le résultat de l'exposition d'une source unique ou de sources multiples. De plus, dans la plupart des cas, la biosurveillance ne peut permettre de différencier si la source d'exposition et d'origine naturelle ou articielle. De nombreuses substances chimiques - le plomb, le mercure, le cadmium et l'arsenic, par exemple - sont présentes naturellement dans l'environnement mais sont également présentes dans les produits d'origine artificielle.

À l'exception des métaux, la plupart des mesures dans l'urine présentées dans cette enquête quantifient des métabolites. Pour bon nombre de substances chimiques, les composés d'origine peuvent être décomposés (c. à d. métabolisés) en un ou plusieurs métabolites. À titre d'exemple, le pyréthroïde cyfluthrine se décompose en plusieurs métabolites, dont le 4-F-3-PBA, le cis-DCCA et le trans-DCCA. Certains métabolites sont spécifiques d'un composé d'origine, alors que d'autres sont communs à plusieurs composés d'origine. Plusieurs métabolites urinaires sont également des métabolites présents dans l'environnement (p. ex., les métabolites du dialkylphosphate) et leur présence dans l'urine ne signifie pas nécessairement qu'il y a eu exposition au composé d'origine; il pourrait y avoir eu exposition au métabolite lui-même dans les aliments, l'air ou l'eau.

Divers facteurs influencent les taux mesurés dans le sang et l'urine, notamment les quantités absorbées dans l'organisme par les différentes voies d'exposition, les taux d'absorption, la répartition entre les divers tissus dans l'organisme, ainsi que le métabolisme et l'excrétion de la substance chimique ou de ses métabolites de l'organisme. Qui plus est, tous ces processus dépendent des caractéristiques de la substance chimique, y compris sa lipophilie, son pH et les dimensions des particules, ainsi que des caractéristiques du sujet (p. ex., âge, alimentation, état de santé et race) (Teass et coll., 2003). Pour toutes ces raisons, la manière dont une substance chimique réagira dans l'organisme variera d'une personne à l'autre et ne peut être prévue avec certitude.

Le présent rapport n'examine pas les tendances temporelles, puisqu'il s'agit de la première enquête du genre réalisée au Canada. Les résultats des futurs cycles de l'ECMS seront comparés aux données de référence du Cycle 1 afin d'examiner les tendances de  l'exposition des Canadiens à certaines substances chimiques de l'environnement.

L'analyse statistique plus approfondie des données de biosurveillance de l'ECMS, y compris du lien entre des substances chimiques de l'environnement, d'autres mesures physiques et les données autodéclarées, déborde du cadre du présent rapport, mais pourrait être réalisée ultérieurement. Les scientifiques peuvent avoir accès aux données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé par l'entremise des centres de données de recherche de Statistique Canada répartis dans l'ensemble du pays et pourront s'en servir pour d'autres analyses scientifiques.

Références

  • Allain, C., Poon, L., Chan, C., Richmond, W. et Fu, P. (1974). Enzymatic determination of total serum cholesterol. Clinical Chemistry, 20, p. 470-75.
  • Barr, D., Wilder, L.C., Caudill, S.P., Gonzalez, A.J., Needham, L.L. et Prikle, J.L. (2005). Urinary Creatinine Concentrations in the U.S. Population: Implications for Urinary Biologic Monitoring Measurements. Environmental Health Perspectives, 113(2), p. 192-200.
  • Beheshti, I., Wessels, L. et Eckfeldt, J. (1994). EDTA-Plasma vs Serum Differences in Cholesterol, High-Density-Lipoprotein Cholesterol, and Triglyceride as Measured by Several Methods. Clinical Chemistry, 40(11), p. 2088-92.
  • Bergonzi, R., De Palma, G., Tomasi, C., Ricossa, M.C. et Apostoli, P. (2009). Evaluation of different methods to determine total serum lipids for normalization of circulating organocholorine compounds. International Archives of Occupational and Environmental Health, 82(10), p. 1241-47.
  • Bernert, J.T., Turner, W.E., Patterson, D.G. Jr. et Needham, L.L. (2007). Calculation of serum "total lipid" concentrations for the adjustment of persistent organohalogen toxicant measurements in human samples. Chemosphere, 68, p. 824-31.
  • Boeniger, M.F., Lowry, L.K. et Rosenberg, J. (1993). Interpretation of urine results used to assess chemical exposure with emphasis on creatinine adjustments: a review. American Industrial Hygiene Association Journal, 54, p. 615-27.
  • Bryan, S., St-Denis, M. et Wojtas, D. (2007). Enquête canadienne sur les mesures de la santé : aspects opérationnels et logistiques de la clinique. Rapports sur la santé, numéro spécial, 18 (suppl.), p. 53-69, Statistique Canada, no 82-003-S au catalogue.
  • CDC (Centers for Disease Control and Prevention). (2009). Fourth National Report on Human Exposure to Environmental Chemicals. Atlanta (Géorgie). Consulté le 14 juin 2010 à www.cdc.gov
  • Cloey, T., Bachorik, P., Becker, D., Finney, C., Lowry, D. et Sigmund, W. (1990). Reevaluation of Serum-Plasma Differences in Total Cholesterol Concentration. Journal of the American Medical Association, 263(20), p. 2788-89.
  • Day, B., Langlois, R., Tremblay, M. et Knoppers, B.-M. (2007). Enquête canadienne sur les mesures de la santé : questions éthiques, juridiques et sociales. Rapport sur la santé, numéro spécial, 18 (suppl.), p. 37-52, Statistique Canada, no 82-003-S au catalogue.
  • Giroux, S. (2007). Enquête canadienne sur les mesures de la santé : aperçu de la stratégie d'échantillonnage. Rapports sur la santé, numéro spécial, 18 (suppl.), p. 31-35, Statistique Canada, no 82-003-S au catalogue.
  • Grande, F., Amatuzio, D.S. et Wada, S. (1964). Cholesterol measurement in plasma and serum. Clinical Chemistry, 10(7), p. 619-26.
  • Haines, D.A., Arbuckle, T.E., Lye, E., Legrand, M., Fisher, M., Langlois, M. et Fraser, W. 2010. Reporting results of human biomonitoring of environmental chemicals to study participants: a comparison of approaches followed in two Canadian studies. Journal of Epidemiology and Community Health. (sous presse).
  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec). (2008). AMAP Ring for Persistent Organic Pollutants in Human Serum. Consulté le 14 juin 2010 à www.inspq.qc.ca/ctq/paqe/amap/rapports/AMAP-2008-1.pdf
  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec). (2009a). Analytical method for the determination of metals and iodine in blood by inductively coupled plasma mass spectrometry (ICP-MS), DRC II (M-572), version condensée. Laboratoire de toxicologie, 29 avril 2009.
  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec). (2009b). Méthode pour doser le mercure sanguin inorganique par la technique de vapeur froide (M-189), version condensée. Laboratoire de toxicologie, 8 décembre 2009.
  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec).(2009c). Analytical method for the determination of metals in urine by inductively coupled plasma mass spectrometry (ICP-MS), DRC II (M-571), version condensée et pour certains éléments de sélection. Laboratoire de toxicologie, 17 avril 2009.
  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec). (2009d). Méthode pour le dosage du mercure inorganique dans l'urine par le module FIMS 100 de Perkin Elmer (M-568), version condensée. Laboratoire de toxicologie, 17 avril 2009.
  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec). (2009e). Analytical method for the determinaton of polychorinated biphenyl congeners, polybrominated congeners, toxaphene congeners, and organochlorinated pesticides in plasma by CG-MS (E-446), version condensée. Laboratoire de toxicologie, 25 mai 2009.
  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec). (2009f). Analytical method for the determination of perfluorinated compounds (PFCs) in plasma by HPLC-MS-MS (E-434), version condensée. Laboratoire de toxicologie, 26 mai 2009.
  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec). (2009g). Analytical method for the determination of bisphenol A and pesticide metabolites in urine by GC-MS-MS (E-454), version condensée pour l'ECMS avec les limites de détection de la CG-SM pour le cycle 1. Laboratoire de toxicologie, 9 décembre 2009.
  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec).(2009h). Analytical method for the determination of bisphenol A and pesticide metabolites in urine by GC-MS (E-454), version condensée pour l'ECMS. Laboratoire de toxicologie, 11 décembre 2009.
  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec).(2009i). Analytical method for the determination of pyrethroid metabolites in urine by GC-MS (E-426), version condensée pour l'ECMS. Laboratoire de toxicologie, 28 mai 2009.
  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec). (2009j). Analytical method for the determination of cotinine in urine by HPLC-MS-MS, robotic workstation method (C-550), version condensée pour l'ECMS. Laboratoire de toxicologie, 26 mai 2009.
  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec). (2009k). Méthode pour le dosage de la créatinine dans l'urine sur Hitachi 917 (C-530), version condensée. Laboratoire de toxicologie, 14 avril 2009.
  • INSPQ (Institut national de santé publique du Québec).(2010). Réponses et commentaires en appui aux questions de Santé Canada par rapport au dosage du bisphénol A, des métabolites des phthalates ainsi que des PBDEs. Enquête canadienne sur les mesures de santé, Cycle 1. Centre de toxicologie, 6 mai 2010.
  • Laboratory Methods Committee of the Lipid Research Clinics Program of the National Heart, Lung, and Blood Institute. (1977). Cholesterol and Triglyceride Concentrations in Serum/Plasma Pairs. Clinical Chemistry, 23(1), p. 60-63.
  • NIOSH (National Institute for Occupational Safety and Health. (1997). Criteria for a recommended standard. Occupational exposure to polychlorinated Biphenyl (PCBs). Rockville (MD): US DHEW, PHS, CDC, No 77-225.
  • Patterson, D.G. (1991). Method 6: Determination of specific polychlorinated dibenzo-p-dioxins and dibenzofurans in blood and adipose tissue by isotope dilution-high-resolution mass spectrometry. IARC Science Publication, 108, p. 299-342.
  • Pearson, M.A., Lu, C., Schmotzer, B.J., Waller, L.A. et Riederer, M.G. (2009). Evaluation of physiological measures for correcting variation in urinary output: Implications for assessing environmental chemical exposure in children. Journal of Exposure Science and Environmental Epidemiology, 19(3), p. 336-42.
  • Phillips, D.L., Pirke, J.L., Burse, V.W., Bernert, J.T. Jr., Henderson, L.O. et Needham, L.L. (1989). Chlorinated hydrocarbon levels in human serum: effects of fasting and feeding. Archives of Environmental Contamination and Toxicology, 18, p. 495-500.
  • Rao, J.N.K, Wu, G.F.J et Yue, K. (1992). Quelques travaux récents sur les méthodes de rééchantillonnage applicables aux enquêtes complexes. Techniques d'enquête, 18, p. 209-17, Statistique Canada, no 12-001 au catalogue.
  • Rust, K.F. et Rao, J.N.K. (1996). Variance estimation for complex surveys using replication techniques. Statistical Methods in Medical Research, 5, p. 281-310.
  • Santé Canada. (2009a). Cholesterol, Total (CHOL). NRDCHMS Laboratory Technical Manual, SOP#: NRD.CHMS.2009-2.200.
  • Santé Canada. (2009b). Tricylceride (TRIG). NRDCHMS Laboratory Technical Manual, SOP#: NRD.CHMS.2009-2.360.
  • Spayd, R., Bruschi, B., Burdick, B., Dappen, G., Eikenberry, J., Esders, T., Figueras, J., Goodhue, C., LaRossa, D., Nelson, R., Rand, R. et Wu, T. (1978). Multilayer film elements for clinical analysis: applications to representative chemical determinations. Clinical Chemistry, 24, p. 1343-50.
  • Statistique Canada. (2010). Guide de l'utilisateur des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) : cycle 1. Consulté le 13 janvier 2009 à www.statcan.gc.ca/imdb-bmdi/document/5071_D2_T1_V1-fra.htm
  • Tremblay, M., Wolfson, M. et Connor Gorber, S. (2007). Enquête canadienne sur les mesures de la santé : raison d'être, contexte et aperçu. Rapports sur la santé, numéro spécial, 18 (suppl.), p. 7-20. Statistique Canada, no 82-003-S au catalogue.
  • Teass, A., Biagini, R., DeBord, G. et DeLon Hull, R. (2003). Application of Biological Monitoring Methods. NIOSH Manual of Analytical Methods. NIOSH Publication Number 2003-154 (3e supplément).
  • Wickus, G.R.et Dukerschein, R.O. (1992). Serum-Plasma Differences in Total Cholesterol: What Correction Factor Should Be Used? Journal of the American Medical Association, 267(2), p. 234-35

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Bien que les métabolites des phtalates aient été mesurés dans le cadre du cycle 1 de l'ECMS, ces données ne sont pas présentées dans ce rapport, car le processus d'assurance-qualité portant sur la précision des étalons de mesure utilisés en laboratoire fait présentement l'objet d'une investigation.

Retour à la référence de la note de bas de page 1