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Le mercure
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Le présent recueil de questions et de réponses vise à donner de l'information privilégiée aux Canadiens sur le mercure, la santé humaine et l'environnement. La section suivante présente des questions d'ordre général et leurs réponses pour tenter d'expliquer comment le mercure peut poser problème.

Q1. Qu'est-ce que le mercure?
Le mercure est un métal que l'on trouve à l'état naturel dans l'écorce terrestre sous forme de dépôt de minerai rouge vermillon appelé cinabre. Le mercure se retrouve sous trois formes différentes : élémentaire, inorganique et organique.

  • Le mercure métallique ou élémentaire (Hg+ ou Hg2+) se trouve sous la forme d'un liquide argenté et luisant qui émet une vapeur incolore et inodore à la température ambiante. Les propriétés uniques du mercure élémentaire comme sa conductivité et son coefficient d'expansion le rendent utile pour une profusion d'utilisations spécialisées (p. ex., mesure de la température grâce aux thermomètres).
  • La combinaison du mercure élémentaire à certains éléments comme le souffre, le chlore ou l'oxygène peut entraîner la formation de composés inorganiques, généralement connus comme des sels de mercure.
  • La combinaison du mercure élémentaire au carbone et à l'hydrogène entraîne la formation de composés de mercure organique.

Dans l'environnement, certains micro-organismes (bactéries et champignons) de même que des processus naturels peuvent transformer une forme de mercure en une autre.

Q2. Pourquoi le mercure représente-t-il un danger pour la santé et pour l'environnement?
Les composés de mercure peuvent être très toxiques à de faibles concentrations dans l'environnement. La nature toxique et persistante du mercure ainsi que sa capacité de s'accumuler et de se concentrer dans les organismes vivants sous forme de méthylmercure chez le poisson et le prédateur du poisson comme le poisson de grande taille ou le huard le rendent dangereux pour la santé et pour l'environnement (voir Q.12). Le mercure franchit également de grandes distances dans l'air et peut ainsi se retrouver dans le sol et les rivières, les lacs et les océans, à une grande distance de la source d'émission (voir Q.12 & Q.48), ce qui augmente l'exposition de plus grandes masses.

Q3. Qu'est-ce que le méthylmercure?
Le méthylmercure est une forme organique de mercure. Certains procédés biologiques comme l'activité bactérienne dans les végétaux et les sédiments au fond des lacs, des rivières et des océans peuvent transformer le mercure élémentaire en méthylmercure, la forme la plus toxique et la plus bioaccumulative. Les niveaux de méthylmercure chez l'animal augmentent en aval de la chaîne alimentaire, du plancton aux poissons de grande taille, aux oiseaux et aux mammifères, y compris les humains. Une fois dans l'organisme, le méthylmercure peut affecter plusieurs systèmes, particulièrement le système nerveux chez l'adulte et le foetus (voir Q.35-46).

Q4. Quelles sont les principales sources d'émissions de mercure à l'état naturel?
Plusieurs sources naturelles émettent du mercure dans l'air, l'eau et le sol. Parmi celles-ci, notons les éruptions volcaniques, les zones géologiques riches en mercure et les vents géothermiques. Le mercure est mobilisé dans l'environnement par les processus d'altération naturels, les incendies de forêt et les inondations.

Q5. Quelles sont les principales sources d'émissions anthropiques (humaines) de mercure?
Le mercure est émis par une vaste gamme d'activités humaines comme la combustion de combustibles fossiles (particulièrement les usines alimentées au charbon), l'exploitation minière et la fusion des métaux de base, la production de chlore et la soude caustique utilisée dans l'industrie des piles à oxyde mercurique, la production de ciment, l'incinération des déchets municipaux et médicaux. En outre, l'élimination inappropriée des produits contenant du mercure comme les tubes fluorescents, les lampes à décharge à haute intensité, les lampes à vapeur de mercure, les thermomètres et les thermostats au mercure ainsi que les déchets d'amalgames dentaires risquent d'entraîner des émissions de mercure dans les sites d'enfouissement municipaux. Le méthylmercure peut également provenir de l'activité bactérienne des sols submergés aux nouveaux sites de barrage hydroélectrique et autres secteurs inondés pour ensuite être rejeté dans le réseau hydrographique.

Q6. Les niveaux de mercure ont-ils augmenté?
Par comparaison à l'époque préindustrielle, l'activité humaine a augmenté la quantité de mercure présente dans l'atmosphère, le sol, les lacs, les cours d'eau et les océans d'un facteur de deux à quatre. Au Canada, les émissions de mercure ont diminué depuis les années 1980 en raison des mesures antipollution, particulièrement dans le secteur de la fusion du métal de base, et la fermeture de toutes les installations de fabrication du chlore à cathode de mercure, à l'exception d'une usine toujours en activité au Nouveau-Brunswick. Bien que le Canada et plusieurs autres pays industrialisés continuent de réduire de façon importante l'utilisation du mercure et les émissions des sources ponctuelles, les niveaux de mercure dans l'environnement n'ont pas encore commencé à diminuer, essentiellement en raison de la nature persistante du mercure et de l'industrialisation accrue d'autres pays.