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Le mercure
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Exposition par consommation de poisson

La consommation de certaines espèces de poissons est la plus importante voie d'absorption du méthylmercure chez l'humain. Les habitants du nord du Canada, dont le régime se compose en grande partie de poissons et de mammifères marins, ont plus de chance d'être exposés au méthylmercure que les Canadiens des régions plus au sud.

Q12. Comment les émissions de mercure se retrouvent-elles dans le poisson?
Le mercure rejeté dans l'environnement peut s'accumuler dans l'eau où des micro-organismes peuvent contribuer à le transformer en méthylmercure, une forme de mercure hautement toxique qui risque de s'accumuler, ou de se bioaccumuler, dans les tissus vivants. Les petits organismes et les végétaux absorbent le mercure en s'alimentant. Puisque les espèces supérieures de la chaîne alimentaire consomment ces végétaux et organismes, elles absorbent le méthylmercure qui se dépose de nouveau dans les tissus à des concentrations plus élevées. Ce phénomène s'accentue en aval de la chaîne alimentaire et les niveaux de mercure vont en progressant chez les espèces de plus grande taille et les prédateurs. Ce phénomène est appelé bioamplification.

Q13. Est-ce que la consommation de poisson accroît l'exposition au mercure?

  • Les personnes qui consomment beaucoup de poissons et de mammifères marins dans leur régime quotidien sont davantage exposées à cause des niveaux de méthylmercure potentiellement élevés chez certaines espèces pouvant être transmis à l'homme.
  • Des études montrent que les foetus et les nouveau-nés des mères allaitantes qui consomment de grandes quantités d'espèces de poissons prédateurs plus âgés pendant la grossesse et la période d'allaitement sont les plus susceptibles de développer des problèmes de santé (voir Q.43 & Q.46) (National Academy of Sciences, 2000).

Q14. Quelles sont les recommandations de Santé Canada aux Canadiens à l'égard de la consommation de poissons?
Santé Canada prodigue les conseils suivants à propos de la consommation de poissons :

  • On conseille aux consommateurs de ne pas prendre plus d'un repas d'espadon, de requin, de thon frais ou congelé par semaine (sauf le thon en conserve parce que les envois font régulièrement l'objet d'essais et se révèlent souvent à une concentration inférieure à la ligne directrice de Santé Canada de 0,5 ppm (voir Q.15).
  • Les femmes enceintes ou en âge de procréer et les jeunes enfants ne devraient pas consommer plus d'une fois par mois ces types de poissons.
  • En ce qui a trait au poisson de sport pêché dans les cours d'eau locaux, les consommateurs devraient prendre connaissance des avis aux consommateurs de poissons de pêche sportive des autorités provinciales et territoriales (voir Q.73 pour connaître l'adresse du site Web). Toutefois, il ne faut pas sous-estimer les avantages d'intégrer le poisson à un régime équilibré :
    Le poisson est une excellente source de protéines de haute qualité et d'acides gras oméga-3 tout en étant faible en gras saturés.
    Les consommateurs doivent tenir compte de l'important effet bénéfique pour la santé du poisson dans un régime équilibré et adopter la meilleure approche pour réduire l'exposition au méthylmercure tout en continuant de consommer du poisson.

Q15. Quelles sont les mesures prises par Santé Canada pour réduire l'exposition au mercure engendrée par la consommation de poisson?
Le Canada a établi des lignes directrices relatives au niveau de mercure présent dans le poisson produit et importé au Canada.

  • La Direction des aliments de Santé Canada a établi une concentration directrice de 0,5 partie par million (ppm) comme quantité totale de mercure présent dans le poisson importé et produit au Canada, vraisemblablement la principale source d'exposition alimentaire (voir Q.14). Le respect de ces directives est surveillé par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Le Bureau d'innocuité des produits chimiques de Santé Canada se livre présentement à l'évaluation approfondie de ces lignes directrices en vigueur depuis les années 1970.
  • Le requin, l'espadon et le thon frais ou congelé vendus au Canada, risquent de contenir des concentrations de mercure dépassant la limite de 0,5 ppm prévue par la ligne directrice. Étant donné la consommation peu fréquente de ces espèces, on croit que la consommation occasionnelle ne contribue pas de manière significative à l'exposition globale au mercure. Le thon en conserve n'est pas une source de mercure significative parce que les poissons utilisés pour la mise en conserves sont plus petits et plus jeunes; les accumulations de mercure sont par conséquent moins élevées.
  • L'ACIA vérifie sur une base régulière le poisson canadien de même que le poisson et les mollusques marchands importés, d'eau douce ou marins, en vue d'appliquer les lignes directrices sur le mercure.
  • Les résultats des tests de laboratoire de l'ACIA sur le mercure contenu dans le thon en conserve indiquent que les concentrations de mercure varient selon les espèces. Ces produits respectent néanmoins les lignes directrices de façon constante et les plus bas niveaux de mercure se retrouvent dans le thon léger en conserve (albacore et bonite à ventre rayé) (voir Q.14).

Q16. Est-ce que certaines espèces de poissons sont exemptes des restrictions quant à la teneur en mercure?
La directive de Santé Canada en ce qui a trait au contenu en mercure total dans les espèces commerciales de poissons est de 0,5 ppm mais les espèces de poissons prédateurs de grande taille tels que l'espadon, le requin et le thon frais ou congelé (pas le thon en conserve) ont été exemptés de la directive sur le mercure. Cela signifie que la directive ne s'applique pas à ces poissons; Santé Canada a plutôt élaboré une limite maximale de consommation de poissons pour ces espèces.

Bien que l'espadon, le requin et le thon frais ou congelé (pas le thon en conserve) soient exemptés de la directive de 0,5 ppm, l'ACIA contrôle ces espèces dans le cadre de son programme global de surveillance des contaminants. Les résultats ainsi obtenus sont communiqués à Santé Canada pour permettre l'examen continu des lignes directrices et des exemptions (voir Q.14 & Q.73 - Avis de Santé Canada: Renseignements sur la concentration de mercure dans le poisson).

Q17. Quelles sont les limites d'ingestion actuelles de Santé Canada en ce qui concerne le méthylmercure?
Le Comité mixte d'experts sur les additifs alimentaires (JECFA) de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture et de l'Organisation mondiale de la Santé a établi en 1972 que la dose journalière admissible (DJA) temporaire de méthylmercure était de 0,47 microgramme par kilogramme de poids corporel par jour, une norme adoptée par Santé Canada. Ce niveau a été confirmé en 1989 pour la population en général. Cependant, à la lumière d'études plus poussées, le JECFA a confirmé que les femmes enceintes et les mères allaitantes avaient plus de chance de présenter un risque élevé aux effets nocifs du méthylmercure (OMS, 1989). Cette préoccupation est partagée par le Bureau d'innocuité des produits chimiques à la Direction des aliments de la Direction générale des produits de santé et des aliments de Santé Canada et, en 1998, la Direction des aliments de Santé Canada a examiné de nouvelles études à la lumière desquelles elle a réduit la limite maximale de la DJA temporaire du méthylmercure à 0,2 microgramme par kilogramme de poids corporel par jour chez les femmes enceintes, les femmes en âge de procréation et les jeunes enfants. Une évaluation récente du JECFA (OMS, 2003) propose une valeur similaire au DJA temporaire de Santé Canada, soit 1,6 microgramme par kilogramme de poids corporel par semaine ou 0,23 microgramme par kilogramme de poids corporel par jour.