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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Le mercure
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Exposition

La présente section couvre les différentes sources de danger potentiel d'exposition au mercure comme la consommation de poisson, l'utilisation de certains produits de consommation, l'amalgame dentaire et les vaccins à base de thimérosal. On peut être exposé au mercure lors d'activités quotidiennes comme par le contact avec l'eau et le sol, l'exposition à des produits contenant du mercure, voire l'air que l'on respire.

Q7. Quelles sont les principales sources d'exposition au mercure?
Puisque le mercure se retrouve à l'état naturel dans l'environnement à de faibles niveaux, chacun est exposé, à un degré plus ou moins élevé, au mercure présent dans l'air, l'eau et la nourriture.

  • Dans la population en général, les principales sources d'exposition au mercure sont la consommation d'espèces de poissons de plus grande taille (voir Q.12 & Q.17) et l'amalgame dentaire (voir Q.28 & Q.29).
  • On peut également être exposé au mercure chez soi ou au travail, quand les produits qui en contiennent cassent et que le mercure se répand (voir Q.22 & Q.25).
  • Une autre source potentielle d'exposition est l'utilisation du mercure pour différentes activités culturelles comme la bijouterie, la confection de pendentifs en verre et certaines peintures destinés aux artistes (voir Q.20).
  • La manipulation de terre contaminée ou la consommation d'eau potable contaminée peuvent mener à des expositions mineures au méthylmercure (voir Q.55).

Q8. Les Canadiens sont-ils à risque d'exposition au méthylmercure?
En règle générale, la population canadienne n'est pas sujette à une augmentation de l'exposition au méthylmercure mais certaines personnes sont susceptibles d'être exposées à un degré plus élevé que d'autres :

  • Les personnes qui consomment beaucoup de poissons et de mammifères marins dans leur régime quotidien sont davantage exposées en raison des niveaux potentiellement élevés de méthylmercure dans certaines espèces qui peuvent ensuite le transmettre à l'humain.
  • Des études scientifiques montrent que le foetus et le nouveau-né des mères allaitantes et qui consomment de grandes quantités de poissons de grande taille pendant la grossesse et la période d'allaitement sont les plus susceptibles de développer des problèmes de santé (voir Q.43 & Q.46 ).

Q9. Quelles sont les utilisations du mercure sous forme métallique (élémentaire) qui augmentent l'exposition au mercure chez soi?
Toute utilisation de mercure métallique (élémentaire) chez soi risque d'être dangereuse. Un certain nombre d'usages ménagers non sécuritaires ont été identifiés, notamment :

  • Répandre ou renverser du mercure chez soi ou dans la voiture;
  • Mélanger du mercure à de l'eau ou d'autres liquides et utiliser le mélange comme solution nettoyante;
  • Faire brûler du mercure sur des chandelles contre bonne fortune (magie blanche);
  • Passe-temps : chauffer le mercure au four pour purifier l'or ou l'argent;
  • Commercialisé sous le nom « azogue », on a vendu du mercure métallique dans un pendentif qui servait à le saupoudrer chez soi, à le mélanger à l'eau du bain, à du parfum ou à le déposer sur des objets de piété;
  • Remède populaire : ingérer du mercure (azogue) pour traiter la constipation, les coliques ou les brûlures d'estomac (empacho);
  • Jouer avec du mercure comme article de fantaisie ou le porter comme porte-bonheur.

Q10. Quels types de milieux de travail accroissent l'exposition au mercure?
Certains milieux de travail et certaines professions exposent davantage au mercure élémentaire, notamment :

  • Fabrication d'équipement électrique (commutateur au mercure, batterie de pile sèche, lampe au mercure, etc.), d'appareils médicaux (thermomètre, manomètre, etc.) ou de pièces pour véhicules automobiles contenant du mercure;
  • Les usines de traitement chimique qui utilisent du mercure (production de chlore, soude caustique, pesticides, biocides, myxobactéricides et fongicides, peintures antisalissures et au latex);
  • Usines de transformation du métal;
  • Usines de fabrication de détonateurs d'explosifs;
  • Usines d'incinération (municipales, déchets dangereux et médicaux), incinérateurs, sites d'enfouissement, crématorium/cimetières;
  • Sites de construction où des composantes de l'immeuble contiennent du mercure (p. ex., commutateurs électriques, thermostats, thermomètres, peintures au latex contenant des fongicides organomercuriels, installations de réparation de bateaux);
  • Installations médicales où l'équipement risque de contenir du mercure élémentaire (p. ex., certains tensiomètres, les amalgames dentaires, les thermomètres, etc.);
  • Le Canada utilise les valeurs limites d'exposition des substances chimiques déterminées par l'American Conference of Governmental Industrial Hygienists pour établir les normes nationales en matière de santé au travail (le Code canadien du travail et son règlement). La réglementation fédérale utilise la valeur limite d'exposition (VLE) ajustée sur une base annuelle alors que la plupart des provinces utilisent la VLE adoptée pour une année en particulier. Pour obtenir des renseignements au sujet des directives de limites d'exposition en milieu de travail, consulter la Q.58.

Q11. Existe-t-il une méthode permettant de mesurer l'exposition au mercure d'un individu?
Oui. On peut utiliser des échantillons de cheveux, de sang ou d'urine pour détecter des niveaux élevés de mercure dans l'organisme si l'on soupçonne une exposition. Un médecin peut aisément prélever ces échantillons. Les méthodes d'analyse permettent de détecter le mercure inorganique et la quantité totale de mercure (la différence étant le mercure organique). Le dépistage du mercure élémentaire fonctionne de la même façon que dans le cas du mercure inorganique, cependant, l'interprétation du résultat dépend du type d'exposition. Bien que ces tests soient utiles pour déterminer la concentration de mercure, ils ne permettent pas de déterminer le type d'exposition au mercure autre que l'exposition au mercure organique ou inorganique (y compris élémentaire).

Si votre médecin soupçonne un empoisonnement au mercure métallique (élémentaire), il se procurera un historique environnemental et professionnel complet et procédera à une analyse du sang et des urines pour détecter la présence de mercure élémentaire.

  • En ce qui concerne les effets aigus attribuables à une exposition à des niveaux élevés de mercure élémentaire ou inorganique, le médecin procède bien souvent à un examen du sang total. Le sang total trahit les expositions récentes au mercure. En ce qui a trait à l'exposition professionnelle, le sang total est prélevé à la fin du dernier quart de travail de la semaine de travail.
  • En cas d'exposition à de faibles niveaux de vapeur de mercure élémentaire ou inorganique sur une certaine période, on privilégie l'échantillon d'urine, prélevé avant le quart de travail.
  • Les échantillons de cheveux présentent une méthode efficace pour déterminer la variation d'absorption de mercure sur une période prolongée si le cheveu est analysé par segments.
  • La concentration de mercure décelable dans le sang et dans l'urine chez la population exposée de façon non professionnelle dépend de la méthode d'analyse utilisée pour mesurer le mercure et pour évaluer le milieu de vie du sujet.
  • Les concentrations sanguines de la population non exposée de façon professionnelle contiennent entre 0,1 et 10 microgrammes de mercure par litre de sang. Une concentration de sang total de 15 microgrammes par litre est considérée comme l'indice biologique d'exposition (IBE) de l'exposition professionnelle. Des concentrations supérieures à 15 microgrammes par litre de sang doivent faire l'objet d'un suivi médical. Normalement, aucun symptôme d'intoxication n'apparaît en cas de concentration équivalente à l'IBE. La concentration de l'IBE de 15 microgrammes par litre équivaut à 0,008 micromoles par décilitre.
  • En règle générale, les échantillons d'urine de la population exposée dans un milieu autre que professionnel présentent une concentration de mercure élémentaire ou inorganique inférieure à 3 microgrammes par litre. Dans la population exposée de façon professionnelle ou dans la population exposée à des concentrations exceptionnellement élevées dans l'environnement, la limite de concentration de l'IBE du mercure élémentaire ou inorganique est établie à 35 microgrammes de mercure par gramme de créatinine ou 20 micromoles de mercure par mole de créatinine.