Les Lignes directrices donne des recommandations fondées sur les propriétés radiologiques des MRN. Quand on détermine une option de gestion acceptable des matières, on doit prendre en compte d'autres propriétés dangereuses comme la toxicité chimique. Dans de nombreux cas, les propriétés dangereuses non radiologiques des MRN sont les critères de choix essentiels pour l'option de gestion des MRN privilégiée.
Pour aider dans la gestion des MRN, on a déterminé des limites de rejet dérivées (LRD) à partir des limites de dose de rayonnement annuelles. Les LRD donnent une estimation de la dose au public provenant des rejets mesurés de MRN. Un programme d'évaluation des rayonnements ou de gestion des matières peut comparer les résultats de mesures aux limites de rejet dérivées (LRD).
Le contrôle de l'exposition du public au rayonnement provenant de l'évacuation des MRN est réduit à moins de la limite de dose du public pour prévoir des expositions de sources multiples. Les Lignes directrices recommandent que les MRN soient rejetées sans restriction radiologique quand la dose associée est d'au plus 0,3 mSv dans une année. Le danger radioactif associé à cette dose est considéré peu important et aucun autre contrôle n'est nécessaire sur la matière en ce qui a trait à la protection radiologique. Il peut être nécessaire de consulter les organismes de réglementation provinciaux d'évacuation des déchets et d'obtenir leur approbation relativement aux propriétés non radiologiques.
On a calculé les limites de rejet dérivées pour la quantité et la concentration des MRN qui répondent à ces critères et elles sont présentées aux tableaux 5.1, 5.2 et 5.3 en tant que limites de rejet dérivées inconditionnelles.
Les quantités de MRN dépassant les limites de rejet dérivées inconditionnelles peuvent, après un examen particulier des lieux être libérées sans autre égard. Dans ces cas, la prémisse fondamentale est que la matière, dans son état final, ne transmettra pas une dose supérieure à
0,3 mSv/a à une personne. En dehors de ces situations ou conditions, la matière fait partie d'une classification MRN plus restrictive.
Les MRN diffuses sont généralement volumineuses avec une concentration radioactive relativement faible qui est répartie uniformément dans la matière. Les sous-produits de MRN diffuses provenant d'une activité industrielle sont généralement stockés près du point de production du fait que le coût du transport sur de longues distances est prohibitif. Le phosphogypse, un sous produit de production d'engrais, est un exemple de MRN diffuse.
L'évacuation de sources de MRN diffuses demande que l'on prenne en considération les effets de la dilution, de la reconcentration éventuelle de la matière dans l'environnement, et la façon dont la matière peut transmettre des doses de rayonnement au public.
Le tableau 5.1 montre les limites de rejet dérivées inconditionnelles pour les MRN diffuses. Le rejet non limité de MRN aux concentrations données transmet une dose efficace maximale de 0,3 mSv/a selon des scénarios prudents. Les calculs sont donnés à l'annexe E. Les doses efficaces réelles provenant de rejets de MRN dans des limites de rejet dérivées inconditionnelles devraient être bien inférieures à 0,3 mSv/a.
| RADIONUCLÉIDE MRN | Limite de rejet dérivée(a) | ||
| AQUEUX(b) (Bq/L) |
SOLIDE (Bq/kg) |
AIR (Bq/m3) |
|
|---|---|---|---|
| Famille uranium 238 (tous descendants) |
1 | 300 | 0,003 |
| Uranium 238 (238U, 234Th,234mPa, 234U) |
10 | 10 000 | 0,05 |
| Thorium 230 | 5 | 10 000 | 0,01 |
| Radium 226 (en équilibre avec ses descendants) |
5 | 300 | 0,05 |
| Plomb 210 (en équilibre avec le bismuth 210 et le polonium 210) |
1 | 300 | 0,05 |
| Famille thorium 232 (tous descendants) |
1 | 300 | 0,002 |
| Thorium 232 | 1 | 10 000 | 0,006 |
| Radium 228 (en équilibre avec 228Ac) |
5 | 300 | 0,005 |
| Thorium 228 (en équilibre avec tous ses descendants) |
1 | 300 | 0,003 |
| Potassium 40 | n.d.(d) | 17 000(c) | n.d. |
Notes:
(a)Voies envisagées :
| Aqueuse | Terrestre | Air |
|---|---|---|
| 1. Valeur 10X Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada. | 1. Exposition externe du sol contaminé à une profondeur infinie. 2. Ingestion de terre/lég.//ingestion de terre. 3. Inhalation de matière remise en suspension. |
1. Inhalation à la concentration se traduisant par 0,3 mSv. 2. Facteur d'exposition hypothétique de 25 %. |
Hypothèses :
Quand plus d'un radionucléide à longue période est présent dans un échantillon, la somme appropriée des rapports d'activité de chaque radionucléide à longue période et sa limite de rejet correspondante ne doivent pas dépasser 1, p. ex.
| Concentration d'isotope MRN A | + | Concentration d'isotope MRN B | +... + | Concentration d'isotope MRN N | ≤ 1 |
| Limite de rejet dérivée A | Limite de rejet dérivée B | Limite de rejet dérivée N |
(b) Limites de rejet aqueux ~10x Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada. On suppose une dilution ultérieure du rejet. Voir la norme provinciale sur l'eau potable qui s'applique aux rejets planifiés de MRN diffuses. (Voir référence 16)
(c) Abondance naturelle de potassium 40 dans le chlorure de potassium .
(d)Aucune limite de rejet aqueux n'est nécessaire du fait que la teneur en potassium du corps est régularisée par homéostasie, et n'est pas influencée par la concentration dans l'environnement.
Les sources de MRN discrètes sont de faibles dimensions et dépassent les critères de concentration relatifs à une source diffuse. En raison de la possibilité de débits de dose de rayonnement importants près de la source, les limites de rejet dérivées inconditionnelles sont inférieures à celles des MRN diffuses.
Le tableau 5.2 donne la liste des limites de rejet dérivées inconditionnelles pour les sources de MRN discrètes. La matière doit également atteindre les valeurs de contamination radioactive de surface applicables données au tableau 5.3.
| RADIONUCLÉIDE MRN | Limite de rejet dérivée inconditionnelle (a) (Bq) |
|---|---|
| Minerai d'uranium (en équilibre avec tous les descendants) |
1 000 |
| Uranium 238 (cloisonné) (en équilibre avec le 234 et le protactinium 234) |
10 000 |
| Thorium 230 (sans descendance) |
10 000 |
| Radium 226 (en équilibre avec ses descendants) |
10 000 |
| Plomb 210 (en équilibre avec le bismuth 210 et le polonium 210) |
10 000 |
| Thorium 232 (en équilibre avec tous les descendants) |
1 000 |
| Radium 228 (en équilibre avec l'actinium 228) |
100 000 |
| Thorium 228 (en équilibre avec ses descendants à courte période) |
10 000 |
| Potassium 40 | 1 000 000 |
Notes:
(a)Les limites de rejet dérivées (LRD) inconditionnelles (activité et concentration) se rapportent au radionucléide père à longue période en équilibre avec ses descendants. On considère que le minerai d'uranium est approprié pour les substances contaminées par des MRN où l'équilibre n'a pas été altéré par le cloisonnement de la famille d'uranium. Si le cloisonnement s'est produit, l'activité de chaque radionucléide à longue période doit être déterminée et comparée à la Limite de rejet dérivée inconditionnelle. Si plus d'un radionucléide à longue période est présent dans un échantillon, la somme appropriée des rapports de l'activité de chaque radionucléide à longue période et de sa limite de rejet dérivée inconditionnelle correspondante ne doit pas dépasser 1, p. ex. :
| Activité isotope MRN A | + | Activité isotope MRN B | +... + | Activité isotope MRN N | ≤ 1 |
| LRD inconditionnelles A | LRD inconditionnelle B | LRD inconditionnelle N |
Les limites de contamination radioactive de surface sur le matériel, les outils ou la ferraille qui font l'objet d'une libération inconditionnelle sont fondées sur l'analyse des voies de radioexposition personnelle jusqu'à une dose annuelle maximale de 0,3 mSv. Les sources de MRN discrètes présentant une contamination de surface inférieure aux limites de rejet dérivées inconditionnelles de contamination de surface du tableau 5.3 peuvent être libérées sans autre enquête.
Notes :