Si l'on compare la dose avec effet critique (c.-à-d. 0,8 mg/kg p.c.) et les estimations déterministes de la limite supérieure de l'exposition (c.-à-d. les mesures de l'exposition dans lesquelles la confiance est la plus élevée) pour l'apport en PBDE totaux dans le cas du groupe d'âge susceptible d'être le plus fortement exposé (2,6 µg/kg p.c./jour chez les nouveau-nés allaités naturellement), on obtient une marge d'exposition d'environ 300. Tel qu'indiqué plus haut, la dose choisie avec effet critique et les estimations déterministes de l'exposition sont jugées assez prudentes, ce qui est conforme à la nature même des évaluations préalables des effets sur la santé.
Toutefois, même si la marge d'exposition est prudente, cela ne tient pas compte de l'augmentation continue de la charge corporelle de PBDE (d'après les données sur le lait maternel) qui pourrait se produire si des profils d'utilisation semblables persistaient. Il est difficile de prédire les tendances des charges corporelles en raison des données limitées sur la toxicocinétique des PBDE chez les humains et les animaux et du transfert de ces composés entre le lait maternel humain et les nouveau-nés, de même que de l'incertitude liée aux demi-vies des PBDE qui sont éliminés des milieux naturels. Afin de déterminer si cette marge est suffisante pour permettre de tenir compte des éléments d'incertitude liés aux limites de la base de données concernant les effets sur la santé et l'exposition de la population (dans laquelle on juge que la confiance totale est modérée), des variations intraspécifiques et interspécifiques de la sensibilité, de l'extrapolation de l'exposition chronique effectuée à partir d'une exposition aiguë, de même que de la nocivité biologique ou de la gravité des effets jugés critiques, une autre évaluation en profondeur des données pertinentes s'impose. Il faut aussi obtenir d'autres renseignements plus utiles sur l'exposition de la population aux PBDE.
Toutefois, du fait que les
PBDE satisfont aux critères de l'alinéa 64a) de la LCPE 1999 associés à des facteurs environnementaux (<http://www.ec.gc.ca/substances/ese>), la priorité accordée à une évaluation plus approfondie des effets des PBDE sur la santé humaine est faible, à moins d'obtenir des renseignements montrant que les mesures recommandées pour contrôler l'exposition d'organismes du milieu naturel aux PBDE ne protégeront pas la santé humaine. Cette priorité se fonde sur le fait que l'écart entre les valeurs critiques les plus prudentes calculées pour l'exposition et les effets sur l'environnement est encore plus faible que celui établi pour la santé humaine (environ 73 par opposition à 300), de même que sur l'expérience d'autres pays, où des mesures de gestion du risque visant à protéger l'environnement ont eu pour résultat une réduction de l'exposition des humains.
3 D'après une comparaison des valeurs ayant servi à l'analyse du quotient de risque pour les espèces sauvages (c.-à-d. une DMEO de 2 mg/kg p.c./jour dans le cas du ComPeBDE avec effets sur le foie de rats [Great Lakes Chemical Corporation, 1984] et la dose ingérée par des visons consommant du poisson présentant 1,25 mg de PBDE totaux par kilogramme de poids frais [Johnson et Olson, 2001]).