Le chlorobenzène (appelé aussi monochlorobenzène - le terme « monochlorobenzène » (MCB), qui est celui en usage dans la communauté scientifique, sera utilisé dans ce rapport) a diverses utilisations au Canada qui entraînent sa pénétration dans l'environnement canadien - soit directement (par l'épandage de pesticides), soit indirectement (dans les effluents, les émissions et les eaux de lixiviation). Ces rejets entraînent des concentrations de monochlorobenzène mesurables ou prévisibles - quoique faibles - dans les divers milieux auxquels les humains et d'autres organismes peuvent être exposés.
Les concentrations prévues dans les eaux de surface sont inférieures de six ordres de grandeur à celles qui peuvent avoir des effets nocifs chez l'espèce aquatique la plus sensible, l'achigan à grande bouche, en cas d'exposition à long terme. La teneur la plus élevée trouvée au cours d'une étude dans les effluents bruts d'une usine de fabrication de produits organochimiques est aussi cinq fois plus faible que cette teneur. La concentration la plus élevée signalée au cours de la même étude est aussi cinq fois moins élevée que la concentration la plus faible entraînant des effets délétères après exposition à court terme des espèces aquatiques.
Aucune étude n'a été relevée portant sur les effets à court ou à long terme d'une exposition de la faune au monochlorobenzène. Toutefois, on considère que les teneurs ayant entraîné des effets au cours d'études effectuées par inhalation chez des animaux de laboratoire s'appliquent aux mammifères sauvages. La concentration la plus élevée mesurée dans l'atmosphère au Canada, et à laquelle des mammifères sauvages pourraient être exposés, est inférieure de cinq ordres de grandeur à la teneur la plus faible signalée comme ayant un effet au cours de l'étude la plus longue effectuée sur l'exposition par voie d'inhalation à long terme d'animaux de laboratoire.
Étant donné sa faible persistance dans l'atmosphère et son taux de rejet relativement faible, le monochlorobenzène n'est pas associé à la disparition de la couche d'ozone. En outre, l'importance de tout effet potentiel indirect du monochlorobenzène sur le réchauffement mondial et la formation d'un smog photochimique ne semble pas grande, bien qu'elle soit difficile à chiffrer.
Il existe peu de données sur les concentrations de monochlorobenzène auxquelles les humains sont exposés par leur alimentation, mais il est probable que les quantités ainsi absorbées sont négligeables comparativement à celles provenant de l'air. Les données sur les concentrations de monochlorobenzène présentes dans l'air et l'eau potable ont servi à l'évaluation de la dose journalière moyenne totale de monochlorobenzène absorbée par les divers groupes d'âge de la population générale. Ces estimations sont de beaucoup inférieures (de 60 à 175 fois environ) à la quantité à laquelle une personne est supposée pouvoir être exposée pendant toute une vie sans effet délétère, c.-à-d. la dose journalière admissible (DJA) calculée à partir de l'étude en laboratoire la plus pertinente réalisée par exposition d'animaux par la voie la plus appropriée.
Étant donné ces considérations, les ministres de l'Environnement et de la Santé et du Bien-être social concluent que les concentrations de monochlorobenzène présentes dans l'environnement ne constituent pas un danger au Canada, ni pour l'environnement en général et l'environnement essentiel à la vie humaine, ni pour la santé ou la vie humaine. Par conséquent, le monochlorobenzène n'est pas considéré comme une « substance toxique » selon la définition de l'article 11 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE).