La Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE) exige que le ministre de l'Environnement et le ministre de la Santé établissent et publient la Liste des substances d'intérêt prioritaire, qui énumère des substances (produits chimiques, groupes de produits chimiques, effluents et déchets) qui peuvent être nocives pour l'environnement ou constituer un danger pour la santé humaine. En outre, la Loi exige que les deux ministres évaluent ces substances et déterminent si elles sont toxiques au sens de l'article 11 de la Loi, qui prévoit ce qui suit :
[...] est toxique toute substance qui pénètre ou peut pénétrer dans l'environnement en une quantité ou une concentration ou dans des conditions de nature à :
Les substances jugées toxiques au sens de l'article 11 peuvent être inscrites sur la Liste des substances toxiques qui forme l'annexe I de la LCPE. On peut ensuite envisager d'élaborer des règlements, des directives ou des codes de pratiques en vue de contrôler tous les aspects de leur cycle de vie, depuis la recherche et le développement jusqu'à l'élimination finale, en passant par la fabrication, l'utilisation, le stockage et le transport.
La famille de substances appelée «nickel et ses composés» figure sur la Liste des substances d'intérêt prioritaire. Pour déterminer si le nickel et ses composés sont toxiques au sens de la LCPE, on a déterminé si ces substances pénètrent ou peuvent pénétrer dans l'environnement canadien en une quantité ou une concentration ou dans des conditions qui pourraient entraîner l'exposition des humains ou d'autres organismes vivants à des concentrations susceptibles de causer des effets nocifs.
La majeure partie du nickel présent dans l'environnement se trouve sous forme inorganique, et une étude épidémiologique approfondie menée récemment a porté sur des groupes de composés du nickel; c'est pourquoi l'évaluation du nickel et de ses composés en vertu de l'alinéa 11c) de la LCPE porte principalement sur le nickel métallique et sur trois groupes de composés du nickel, à savoir les composés sulfurés (y compris le disulfure de trinickel), les composés oxygénés (y compris le monoxyde de nickel, l'oxyde de nickel et de cuivre, les oxydes de nickel silicatés et les oxydes complexes) et les composés solubles (principalement le sulfate et le dichlorure de nickel). En raison du manque de données pertinentes, il n'a pas été possible d'évaluer individuellement les composés du nickel qui appartiennent à ces groupes. Sauf indication contraire, dans le présent rapport, le mot «nickel» désigne le nickel inorganique total.
Pour déterminer si la substance d'intérêt prioritaire formée du nickel et de ses composés est toxique pour l'environnement au sens de l'alinéa 11a) de la LCPE, on a concentré la présente évaluation sur les formes inorganiques du nickel (puisque la majeure partie du nickel qui est présent dans l'environnement ou qui y pénètre est inorganique) et, en particulier, sur les formes dissoutes et sur celles qui sont susceptibles de se dissoudre avec le temps, compte tenu des valeurs du pH et du potentiel d'oxydoréduction qu'on pourrait retrouver dans l'environnement; en effet, les formes dissoutes et solubles du nickel sont les plus susceptibles d'être absorbées par des organismes. On a eu recours aux résultats de recherches effectuées à l'extérieur du Canada au sujet du nickel et de ses composés, mais on a accordé une grande importance aux données canadiennes disponibles concernant les sources, les concentrations, le devenir et les effets sur l'environnement de ces substances. Les données requises pour évaluer si le nickel et ses composés sont toxiques pour l'environnement au sens de la LCPE ont été relevées et obtenues dans des articles originaux, des articles de synthèse, des livres et des documents fixant des critères publiés jusqu'en juin 1993. Ces documents ont été obtenus au moyen de recherches effectuées dans des revues et au moyen des services de résumés et des bases de données qui suivent : Chemical Abstracts, Biological Abstracts, Pollution Abstracts, Current Contents, U.S. Environmental Protection Agency Toxic Releases Inventory, U.S. Agency for Toxic Substances and Disease Registry, MEDLINE, Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail, WAVES, AQUAREF, Aquatic Sciences and Fisheries Abstracts (ASFA), AQUIRE (de 1978 à 1992), National Technical Information Service (NTJS), ENVIROLINE et TOXLIT. Des données inédites ont été fournies par le Service canadien de la faune, par K. Winterhalder, de l'Université Laurentienne à Sudbury, et par P. Friske, de la Commission géologique du Canada. De 1991 à 1993, des rapports d'information sur le devenir et les concentrations du nickel et de ses composés dans l'environnement canadien ont été préparés par O. Kulikovsky, H. Evans, P. Outridge, L. Evans et M. Goss en vertu de marchés conclus avec Environnement Canada et par P. Doyle en vertu d'un marché conclu avec Ressources naturelles Canada. On a également obtenu de l'information dans la Liste intérieure des substances établie en vertu de la LCPE et auprès de Statistique Canada.
Pour l'évaluation des données autres que celles qu'on considérait comme essentielles pour déterminer si le nickel et ses composés sont toxiques pour la santé humaine au sens de la LCPE, on a consulté des évaluations réalisées par des organismes comme le Programme international sur la sécurité des substances chimiques (PISSC, 1991), l'Agency for Toxic Substances and Disease Registry des États-Unis (ATSDR, 1988, 1991) et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, 1990), lorsqu'on a jugé utile de le faire. Une étude documentaire sur les effets du nickel et de ses composés chez les animaux de laboratoire et chez les humains a été préparée en vertu d'un marché par BIBRA Toxicology International en 1992, afin de relever les données toxicologiques pertinentes pour la préparation de la documentation à l'appui. Les renseignements qui y figurent ont été trouvés grâce à une recherche bibliographique menée dans les sources de données de BIBRA. On a également fait des recherches dans les bases de données informatiques suivantes en février 1992 : Hazardous Substances Data Bank (HSDB), Integrated Risk Information System (IRIS), CHEMID, Registry of Toxic Effects of Chemical Substances (RTECS), EMBASE, TOXLINE et TOXLIT (dans tous les cas de 1988 à 1992). G. Jenkins, Ph.D., du ministère de l'Environnement de l'Ontario, a fourni des données de surveillance sur les concentrations de nickel dans l'eau potable. On n'a pas retenu les données pertinentes pour déterminer si le nickel et ses composés sont toxiques pour la santé humaine qui ont été obtenues après la rédaction des sections pertinentes du présent rapport (c.-à-d. après août 1993).
On a consulté des articles de synthèse lorsqu'on a jugé utile de le faire. Toutefois, toutes les études originales sur les quelles on s'est fondé pour déterminer si le nickel et ses composés sont toxiques au sens de la LCPE ont été soumises à un examen critique par les employés suivants d'Environnement Canada (effets sur l'environnement) et de Santé Canada (exposition des humains et effets sur la santé humaine)
| Environnement Canada | Santé Canada |
|---|---|
| Y.K. Chau J.E. MacLatchy A.M. Scheuhammer P. Doyle |
P.K.L. Chan K. Hughes M.E. Meek L.J. Seed |
Des estimations quantitatives du pouvoir cancérogène du nickel et de ses composés ont été fournies par J. Shedden et S. Bartlett, de Santé Canada, après des consultations avec H.J. Gibb, Ph.D., de l'Environmental Protection Agency des États-Unis.
Le présent rapport comprend le synopsis concernant le nickel et ses composés qui sera publié dans la Gazette du Canada. La section 2.0 offre un sommaire détaillé des données techniques essentielles pour l'évaluation, qui sont exposées en plus grand détail dans la documentation à l'appui disponible sur demande. C'est à la section 3.0 qu'on établit si le nickel et ses composés sont toxiques au sens de la LCPE.
Dans le cadre du processus d'examen et d'approbation établi par Environnement Canada, les sections du présent rapport portant sur l'environnement ont été révisées par le professeur T.C. Hutchinson [Trent Lniversity, Peterborough (Ontario)] et par le professeur E. Nieboer [McMaster University, Hamilton (Ontario)]. Pour savoir si la documentation à l'appui rendait bien compte de toutes les études pertinentes pour l'évaluation des effets du nickel et de ses composés sur la santé humaine, on a recueilli des commentaires auprès de J.S. Warner, Ph.D. (INCO Ltée), Albert Cecutti, Ph.D. (Falconbridge Ltée), D. Sivulka (NiPERA Inc.) et G. Crawford (Nickel Development Institute). Les sections de la documentation à l'appui portant sur l'exposition des humains ont été transmises à des représentants de l'Association minière du Canada pour qu'ils ajoutent d'autres données pertinentes. Les sections de la documentation à l'appui et du rapport d'évaluation portant sur la santé ont été révisées à l'externe par F.W. Sunderman, Ph.D. (University of Connecticut Medical School), H.J. Gibb, Ph.D. (U.S. Environmental Protection Agency), H. Shannon, Ph.D. (McMaster University Medical Centre), L. Elinson, Ph.D. (Commission des accidents du travail de l'Ontario), R.A. Goyer, Ph.D. (toxicologue conseil), S.H.H. Swierenga, Ph.D. (Science Council of British Columbia) et le personnel de BIBRA Toxicology International (R.-U.). Elles ont ensuite été approuvées par le Comité de décision sur les normes et les recommandations du Bureau des dangers des produits chimiques de Santé Canada. Le rapport d'évaluation final a été révisé et approuvé par le Comité de gestion de la LCPE d'Environnement Canada et de Santé Canada.
Pour obtenir des exemplaires du présent rapport d'évaluation et de la documentation à l'appui non publiée, on peut communiquer avec l'un ou l'autre des bureaux suivants :
Direction des produits chimiques commerciaux
Environnement Canada
14e étage, Place Vincent-Massey
351, boul. Saint-Joseph
Hull (Québec)
K1A 0H3
Centre d'hygiène du milieu
Santé Canada
Pièce 104
Parc Tunney
Ottawa (Ontario)
K1A 0L2