L'évaluation du risque pour les lieux contaminés fédéraux au Canada - Partie I : L'évaluation quantitative préliminaire des risques (ÉQPR) pour la santé humaine
1.3 Évaluation quantitative préliminaire des risques comparée à une évaluation plus complexe et spécifique au site
L'évaluation quantitative préliminaire des risques et l'évaluation plus complexe et spécifique à un site ne sont pas indépendantes, mais représentent les limites extrêmes d'un continuum de complexité dans l'évaluation du risque. Une comparaison de l'évaluation préliminaire et l'évaluation spécifique est présentée au tableau 1. L'évaluation préliminaire n'est pas censée remplacer une évaluation spécifique. Une évaluation spécifique convient mieux dans les situations où il y a un grand degré de variabilité sur le site selon l'utilisation du terrain, des types et des concentrations de contaminants, des caractéristiques du sol, des récepteurs et de leurs interactions avec le site, etc.
De façon générale la complexité accrue de l'évaluation spécifique diminuera
le degré d'incertitude associée à l'évaluation préliminaire, résultant en une quantification des risques plus exacte, précise, réaliste, fiable et défendable. L'évaluation spécifique peut également servir d'outil majeur dans le choix de mesures correctives complexes et de la gestion du risque. Quand l'évaluation préliminaire détermine que, pour des expositions maximales, des risques potentiellement inacceptables pour la santé humaine peuvent exister, il peut être approprié d'entreprendre une évaluation plus détaillée et plus complexe avant de définir des options de réhabilitation ou de gestion du risque.
Des directives pour compléter une évaluation spécifique sont présentement en cours d'élaboration par Santé Canada et seront publiées lorsque terminées.
Tableau 1: Comparaison des caractéristiques spécifiques d'une évaluation quantitative préliminaire des risques (ÉQPR) et d'une évaluation du risque spécifique à un site (ÉRSS)
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ÉQPR |
ÉRSS, palier 2/3 |
| Milieu environnemental échantillonné |
Généralement le sol seulement; occasionnellement l'eau souterraine si préoccupante |
Comprend généralement le sol, l'eau souterraine, la végétation, l'air intérieur, l'air extérieur (matières volatiles et/ou particules), la poussière intérieure, et autres milieux environnementaux au besoin |
| Quantité dedonnées |
Limitée, généralement restreinte aux données récoltées dans les zones importantes lors de ÉES palier 2/3 pour confirmer la contamination et une délimitation restreinte des points chauds |
Extensive, palier 2/3 d'une ÉRPL comprend généralement un plan d'échantillonnage conçu pour offrir une quantification fidèle et représentative du ou des contaminants de chaque milieu environnemental et voies d'exposition |
| Statistiquesutilisées pour représenter le ou les niveaux des CP |
Généralement, la concentration la plus élevée (maximum) |
Généralement, la moyenne arithmétique ou 95 % de la limite supérieure de confiance de la moyenne arithmétique |
| Utilisation de modélisation |
Extensive, puisque les concentrations de CP dans tous les milieux, sauf le sol (et possiblement l'eau souterraine) sont habituellement évaluées à partir de modèles. |
Limitée, généralement des données actuelles sont recueillies pour tous les milieux environnementaux potentiels de contamination et/ou de contribution considérable à l'exposition. |
| Caractérisation du site |
Limitée aux CP dans le sol (et possiblement l'eau souterraine) |
Extensive, physique (dimension du grain du sol, profondeur de la nappe phréatique, etc.) et chimique (pH, contenu de carbone organique, pouvoir de tamponnement, etc.) caractérisation du sol et de l'eau souterraine du site; mesure précise de la distance des structures du site (maison, etc.) aux sources de contamination (points chauds) ; autres caractéristiques au besoin |
| Caractérisationdes récepteurs |
Limitée à la norme, hypothèses prudentes disponibles dans les publications |
Pourrait être propre au site, particulièrement à l'égard de la nature et de la mesure de l'utilisation du terrain ainsi que le profil des usages temps/activité (quand et comment le terrain est utilisé par les récepteurs) ; la quantification des caractéristiques de récepteur tend vers une précision plus approfondie et moins conservatrices |
| Caractérisation du risque |
Pour les non-cancérogènes, basée sur 20 % de la dose journalière acceptable puisque l'exposition aux sources de fond (sans relation au site) n'est pas quantifiée
Pour les cancérogènes, basée sur 100 % de la valeur du risque acceptable de 1 x 10-5 puisque le RAC est indépendant des sources de fond |
Basée sur 100 % de la dose journalière acceptable puisque l'exposition aux sources de fond est quantifiée
Pour les cancérogènes, basée sur 100 % de la valeur du risque acceptable de 1 x 10-5 puisque le RAC est indépendant des sources de fond |
1.4 Hydrocarbures de pétrole et contaminants radiologiques
Les directives présentées ici portent exclusivement sur les contaminants chimiques, autres que les composés d'hydrocarbures de pétrole (HP) ou des contaminants radiologiques. Pour les HP, une norme pancanadienne a été développée et publiée par le Conseil canadien des ministres de l'environnement (CCME) (2000; 2001), incluant des feuilles de calcul électronique pour aider à dériver des lignes directrices génériques sur la qualité du sol (Section 2) incorporant des données limitées propres à un site. Ces méthodes doivent être utilisées pour les sites contaminés par des HP.
Pour les sites présentant des risques radiologiques, Santé Canada doit être consulté afin d'obtenir des conseils sur les méthodes les plus appropriées et l'approche pour l'évaluation du risque en fonction du type de contaminant et du site en question.