Peu de valeurs toxicologiques de référence (VTR), s'il y en a, existent pour l'exposition par voie cutanée. Ainsi, cette exposition est couramment ajoutée à la dose orale, suivant un ajustement pour tenir compte de la biodisponibilité ou de l'absorption relative pour faire une comparaison ultérieure avec le VTR oral.
Pour quelques CP, des VTR distinctes pour l'exposition par ingestion et par inhalation sont disponibles. Dans ces cas, les expositions par le biais de chacune de ces voies devraient être déterminées individuellement afin de pouvoir les comparer à des VTR spécifiques à certaines voies d'exposition.
Dans les cas où seulement une VTR par voie orale est disponible, les expositions par toutes les voies (orale, cutanée, par inhalation) devraient être additionnées pour les comparer avec la VTR orale.
Pour les CP où de multiples voies d'exposition seront additionnées pour les comparer avec une seule VTR, il sera nécessaire d'appliquer des facteurs d'absorption relative (FAR) dans les calculs de l'exposition. Les expositions par voie orale doivent toujours être considérées comme ayant une absorption relative de 100 % (FAR = 1). Au moment où les expositions d'inhalation sont additionnées aux expositions par voie orale, le FAR d'inhalation sera généralement égal à 1 par défaut, à moins qu'il y ait une bonne preuve que l'absorption respiratoire est, de façon significative, inférieure à 100 %.
Lorsque les expositions cutanées sont additionnées avec les expositions orales, les valeurs de FAR présentées dans le tableau 6 doivent être utilisées, à moins que d'autres données appropriées et justifiables aient été identifiées (avec des citations appropriées). Pour des contaminants non inscrits dans le tableau 6, d'autres sources, telles que le Risk Assessment Information System (IRIS; http://risk.lsd.ornl.gov/rap_hp.shtml), les profils toxicologiques publiés par la Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR; www.atsdr.cdc.gov/toxpro2.html) ou d'autres documents de source reconnue doivent être consultés. Lors de la consultation de sources de données supplémentaires, elles doivent être clairement citées avec une ou des références complètes.
Pour d'autres formes d'exposition cutanée, comme celles impliquant une immersion dans l'eau, l'absorption cutanée en unités de ƒÊg/cm2/h peut être exigée. La source de telles équations et hypothèses, si nécessaire, doit être clairement citée avec une ou des références complètes.
a - voir le CCME, 2000
Pour les substances cancérogènes, seule l'exposition de récepteurs adultes doit être déterminée, selon les méthodes du CCME (1996) et de Santé Canada (1995) pour la dérivation des lignes directrices pour la qualité du sol pour des substances cancérogènes. La variabilité entre l'exposition d'un adulte et l'exposition moyenne à vie est beaucoup plus petite que l'incertitude inhérente à la dérivation des facteurs de pente pour l'activité cancérogène. Donc, l'apport quotidien moyen à vie, qui est plus complexe, n'a pas besoin d'être déterminé pour une évaluation préliminaire, à moins que ne le préfère l'évaluateur.
En établissant les lignes directrices pour la qualité du sol relatives à la santé humaine, ni le CCME (1999) ni Santé Canada (voir Santé Canada, 1995, par exemple) n'ont amorti des expositions plus courtes que celle de la durée de vie sur l'espérance de vie moyenne. Par exemple, lorsque les directives pour des propriétés industrielles ont été dérivées, une moyenne de l'exposition a été faite afin de représenter les expositions professionnelles prévues à 8 heures par jour, 5 jours par semaine, 48 semaines par an (CCME, 1996). Par contre, l'exposition durant la carrière (soit 35 ans), n'a pas été répartie sur l'espérance de vie. Cependant, il est généralement considéré que l'exposition aux doses ou aux concentrations d'une substance cancérogène aux niveaux environnementaux relativement bas exige une augmentation concurrente de la durée d'exposition pour donner suite à un cancer. Aussi, les valeurs de l'activité cancérogène (DT 0,05,CT0,05, le coefficient de cancérogénicité) proviennent généralement de l'hypothèse d'une exposition à vie.
La validité et le fondement de l'amortissement de l'exposition aux substances cancérogènes sont en cours de révision par Santé Canada. Ainsi, avant que cette révision ne soit terminée, des expositions aux substances cancérogènes plus courtes que la durée de vie doivent être amorties sur la moyenne de l'espérance de vie (75 ans) si le risque du cancer est basé sur l'exposition moyenne quotidienne à vie, ou amortie sur une période de 56 ans (durée de l'âge adulte) si le risque de cancer est basé sur des estimations chez les adultes seulement. La durée d'exposition recommandée pour les différentes utilisations du sol est définie dans le tableau 4.