Le chapitre sur la méthodologie est divisé en trois sections. On présente d'abord des informations sur l'échantillon, puis on discute, dans la section 2.2, des procédures utilisées pour la collecte des données. La section 2.3 présente les méthodes statistiques utilisées dans le rapport.
Les répondants de l'Enquête nationale sur le conflit entre le travail et la vie personnelle sont issus de 100 organisations canadiennes de 500 employés et plus. Quarante de ces organisations sont exploitées dans le secteur privé, 22, dans le secteur public et 38, dans le secteur sans but lucratif. L'échantillon est constitué d'entreprises privées du secteur des télécommunications, de la haute technologie, de la vente au détail, du transport, de l'industrie pharmaceutique, des services financiers, du divertissement, des ressources naturelles et de la fabrication. Du côté du secteur public, sept administrations municipales, sept ministères provinciaux et huit ministères ou organismes fédéraux ont participé à l'enquête. Quant aux organismes sans but lucratif, l'échantillon comprend quinze établissements hospitaliers ou conseils régionaux de santé, dix conseils scolaires, huit universités et collèges et cinq organismes « autres » qui entrent dans la catégorie des organismes sans but lucratif ou de services publics en général (p. ex. services sociaux, oeuvres de charité, services de protection).
En tout, 31 571 employés ont participé à l'enquête. L'échantillon est distribué comme suit :
On trouve la description complète de l'échantillon dans les rapports 1 (évolution des effectifs, exigences), 2 (nature et répercussions du conflit entre la vie personnelle et le travail), 3 (répercussions du conflit entre la vie personnelle et le travail sur le système de santé) et 4 (variables prédictives du conflit entre la vie personnelle et le travail) de la présente série (consulter l'annexe A pour des détails sur la bibliographie). On trouvera ci-dessous des précisions importantes qui pourraient intéresser les lecteurs.
Le sondage de 2001 est représentatif quant aux aspects suivants : âge, zone géographique de résidence, taille de la collectivité, type de travail, scolarité, revenu personnel et revenu du ménage. L'âge moyen des répondants est de 42,8 ans. Environ la moitié des répondants au sondage sont considérés comme des travailleurs du savoir (c.-à-d. gestionnaires ou professionnels). La majorité des répondants sont mariés ou vivent avec un conjoint (75 %) et font partie de familles à double revenu (69 %). Onze pour cent élèvent seuls leurs enfants. Douze pour cent habitent une région rurale. Le quart disent que leur budget est serré, ce qui concorde avec le fait que 29 % gagnent moins de 40 000 $ par an. Un répondant sur trois a tout au plus un diplôme d'études secondaires.
La plupart des répondants ont des responsabilités autres que professionnelles. Environ 70 % sont des parents (moyenne de 2,1 enfants par parent); 60 % ont la responsabilité de soins aux aînés (moyenne de 2,3 personnes à charge); 13 % ont la responsabilité d'un parent handicapé; 13 % ont la double responsabilité des soins aux enfants et aux aînés (font partie de la « génération sandwich »). Le fait que les caractéristiques démographiques de l'échantillon correspondent étroitement aux données nationales fournies par Statistique Canada (Higgins et Duxbury, 2002) laisse supposer qu'il est possible de généraliser les résultats du sondage.
L'étude examine quatre types de conflit entre le travail et la vie personnelle, à savoir : la surcharge de rôles, l'interférence du travail dans la famille, l'interférence de la famille dans le travail et la pression sur le fournisseur de soins. La surcharge de rôles survient quand les exigences totales en matière de temps et d'énergie associées aux activités à entreprendre sont trop importantes pour qu'une personne remplisse ses obligations adéquatement ou sans inquiétude. La majorité des employés de notre échantillon (58 %) sont aux prises avec des niveaux élevés de surcharge de rôles. Trente pour cent font état de niveaux modérés de surcharge de rôles. Seulement 12 % des répondants de cet échantillon mentionnent des niveaux faibles de surcharge de rôles. Notre recherche révèle que la proportion de la population active aux prises avec des niveaux élevés de surcharge de rôles a augmenté de façon significative de 1991 à 2001 (c. à d. d'environ 11 %).
L'interférence du travail dans la famille survient quand les exigences et responsabilités professionnelles rendent difficile l'exécution des responsabilités familiales. Un répondant sur quatre indique que ses responsabilités professionnelles entravent sa capacité à remplir ses responsabilités familiales. Près de 40 % des répondants font état de niveaux modérés d'interférence. La proportion de l'effectif canadien aux prises avec des niveaux élevés d'interférence du travail dans la famille n'a pas changé de façon notable de 1991 à 2001.
L'interférence de la famille dans le travail se produit quand les exigences et responsabilités familiales rendent difficile l'exécution des responsabilités professionnelles. Seulement 10 % des répondants signalent des niveaux élevés d'interférence de la famille dans le travail, tandis qu'un tiers signalent des niveaux modérés d'interférence de ce genre. Les données que nous avons examinées semblent indiquer qu'au cours de la dernière décennie, le nombre de travailleurs canadiens ayant subi cette forme d'interférence a doublé.
Environ une personne sur quatre subit des niveaux élevés de pression à titre de fournisseur de soins, soit le stress physique, financier ou mental découlant de la responsabilité d'un aîné à charge. La majorité des répondants de cette étude (74 %) sont rarement confrontés à cette forme de conflit entre le travail et la vie personnelle, mais 26 % en signalent des niveaux élevés.
Qui a le plus de mal à concilier le travail et la vie personnelle? La preuve présentée dans cette recherche ne laisse guère de doute : il s'agit des employés responsables de personnes à charge. En effet, ces personnes signalent des niveaux plus élevés de surcharge de rôles, d'interférence du travail dans la famille, d'interférence de la famille dans le travail et de pression sur le fournisseur de soins que les autres. Le fait que les parents et les employés responsables d'un aîné à charge aient davantage de difficulté à concilier travail et vie familiale concorde avec la recherche effectuée dans ce secteur et peut être attribué à deux facteurs : des demandes non professionnelles plus nombreuses et des niveaux plus faibles de contrôle de l'emploi du temps.
Le type d'emploi est associé à toutes les mesures du conflit entre le travail et la vie personnelle examinées dans cette étude, sauf une. Les gestionnaires et les professionnels sont plus susceptibles que les employés qui occupent des emplois « autres » de connaître des niveaux élevés de surcharge de rôles et d'interférence du travail dans la famille. Cette conclusion concorde avec le fait que les gestionnaires et les professionnels de l'échantillon consacrent beaucoup plus de temps au travail rémunéré et sont plus susceptibles de faire des heures supplémentaires non payées que leurs collègues qui occupent des emplois de bureau, administratifs, techniques ou de production. Ceux qui occupent des postes « autres » sont toutefois plus susceptibles de mentionner des niveaux élevés de pression sur le fournisseur de soins en raison du stress financier associé aux soins aux aînés.
Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de signaler des niveaux élevés de surcharge de rôles et de pression sur le fournisseur de soins. Cette affirmation concorde avec le constat que les femmes de l'échantillon consacrent plus d'heures par semaine que les hommes à des activités non liées au travail, comme les soins aux enfants et aux aînés, et sont plus susceptibles d'avoir la responsabilité principale de tâches non liées au travail.