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Pandémie de grippe : Fiche d'information et plans de soins

2. Fiche d'information sur la pandémie de grippe

(i) Connaissances et hypothèses actuelles

On définit une pandémie comme une épidémie qui se propage à un territoire étendu, et une épidémie comme l'éclosion d'une maladie infectieuse qui fait de nombreuses victimes. Une pandémie se déclare lorsqu'un virus de la grippe survient et peut infecter la population et se transmettre efficacement parce que les gens n'ont pas d'immunité préexistante. Toutes les pandémies de grippe connues à ce jour ont été causées par un virus de la grippe appartenant au type A (et non des virus de types B ou C). Le virus de type « A » se subdivise en deux sous-types, désignés par les lettres H et N, qui représentent les protéines se trouvant en surface.

Le XXe siècle a connu trois pandémies de grippe. La pandémie de grippe espagnole de 1918, causée par le virus A H1N1, a tué 40 millions de personnes et s'est répandue dans le monde entier, touchant aussi les jeunes adultes en santé. La pandémie de grippe asiatique de 1957 a été causée par le virus A H2N2, qui a pour ainsi dire disparu de la carte. Le virus était originaire d'Asie et s'est propagé en quatre à cinq mois, infectant surtout les nourrissons et les personnes âgées et entraînant le décès de un à deux millions de personnes dans le monde entier. La pandémie de grippe de Hong Kong de 1968 a été causée par le virus A H3N2; elle s'est propagée de Hong Kong en l'espace de deux à trois mois, frappant surtout les nourrissons et les personnes âgées et causant environ 700 000 décès dans le monde entier.

Les scientifiques estiment que c'est de l'Asie du Sud-Est que viendra la prochaine pandémie et ont donc concentré leur surveillance sur cet endroit. Cette opinion est fondée sur certains facteurs. Tout d'abord, les oiseaux sauvages abritent une quinzaine de sous-types différents du virus de la grippe A, les populations humaines et animales sont très denses en Asie du S.-E., et les humains, les oiseaux domestiques et sauvages et les porcs (que l'on croit être un vecteur vers l'humain) vivent en étroit voisinage dans cette région. Cette situation engendre des conditions favorables à la mutation des virus en de nouvelles formes, qui peuvent être transmises de l'animal à l'humain, et d'un humain à l'autre. Autre préoccupation majeure : un virus de la grippe humaine pourrait se mêler à un virus de la grippe aviaire, p. ex. H5N1, pour produire un nouveau virus, encore plus puissant.

À l'heure actuelle, les scientifiques croient que le virus de la grippe A H5N1 sera la source la plus probable d'une prochaine pandémie, car il s'est transmis de façon limitée des oiseaux à l'humain sans l'aide des porcs. Identifié pour la première fois en 1997, il a décimé des volées complètes d'oiseaux sauvages et domestiques et on a observé, depuis 2003, qu'il pouvait se transmettre, quoique de façon limitée, des oiseaux affectés aux humains qui avaient des contacts étroits avec eux. Dans toute l'Asie du Sud-Est, plusieurs centaines de personnes, suffisamment malades pour attirer l'attention des hôpitaux, ont obtenu des résultats positifs pour le H5N1; parmi ces personnes, environ la moitié sont décédées. Toutefois, les scientifiques font remarquer qu'il n'existe aucune information sur le nombre de personnes infectées par le virus qui auraient pu se rétablir. Ils ont également souligné que le taux de transmission du virus de l'animal à l'humain a été assez faible jusqu'à maintenant, ce qui veut dire que le virus n'a pas encore atteint la facilité de transmission nécessaire à une pandémie.

À la lumière des pandémies antérieures et de la modélisation statistique, les Le lien suivant vous amène à une autre site Web Centres for Disease Control des États-Unis ont proposé des scénarios sur la façon dont une nouvelle pandémie pourrait se dérouler. Ces modèles ont été adoptés par le Le lien suivant vous amène à une autre site Web U.S. Department of Health and Human Services, Le lien suivant vous amène à une autre site Web l'Agence de santé publique du Canada, le Le lien suivant vous amène à une autre site Web ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario et le Le lien suivant vous amène à une autre site Web ministère de la Santé de la Colombie-Britannique, entre autres, dans la formulation de leurs plans d'intervention en cas de pandémie.

Aux fins de planification, les planificateurs utilisent comme point de référence la dernière pandémie, soit la pandémie causée par le virus de la grippe de Hong Kong, qui s'est retrouvé en Amérique du Nord deux à trois mois après avoir atteint un niveau de transmission efficace; ils laissent entendre que cet intervalle sera beaucoup plus court à cause du perfectionnement des moyens de déplacement dans le monde. Les planificateurs estiment que la première d'au moins deux vagues de pandémie de grippe culminera deux à quatre mois après l'arrivée du virus au Canada, le taux de mortalité atteignant son maximum un mois plus tard. La deuxième vague pourrait survenir de trois à six mois après la première, ou à la prochaine saison hivernale de la grippe, et sera possiblement pire que la première.

Les planificateurs ont prévu qu'une nouvelle pandémie de grippe se solderait par des taux d'infection ressemblant aux taux modérés des pandémies de grippe asiatique et de Hong Kong à l'extrémité la plus faible, et à celui de la pandémie de grippe espagnole, à l'extrémité la plus forte. Alors qu'au cours d'une saison de grippe normale, de 5 à 25 % des gens tombent malades, on s'attend à ce que ce taux augmente dans une pandémie modérée à grave, pour se situer entre 15 et 35 %. Dans la population en général, le taux d'infection le plus élevé survient chez les enfants (40 % par rapport à 20 % chez les adultes), mais le taux le plus élevé de complications et de décès est enregistré chez les personnes âgées et les personnes souffrant d'affections chroniques, en particulier de troubles respiratoires chroniques. Compte tenu de ces modèles, on s'attend à ce que 4,5 à 10,6 millions de Canadiens soient malades, c'est-à-dire qu'ils soient incapables de travailler ou de vaquer à leurs activités normales pendant au moins une demi-journée. De ce nombre, on prévoit qu'un peu plus de la moitié n'aient pas besoin de soins médicaux comme tels, au-delà de soins de soutien et d'une période de rétablissement à la maison. Un peu moins de la moitié auront besoin de certains soins en clinique externe. Environ 1 % devront être hospitalisés, ce qui représente entre 46 000 et 138 000 personnes au Canada qui auront besoin de lits d'hôpitaux pendant une période de six à huit semaines. Entre 0,4 et 0,5 % mourront, à savoir entre 17 000 et 58 000 personnes d'un océan à l'autre. Au cours d'une saison de grippe normale, entre 4 000 et 8 000 Canadiens décèdent, principalement des personnes âgées et des personnes atteintes de troubles respiratoires.

Même si le virus de la grippe pandémique prévu pourrait n'infecter que 50 % ou moins de la population, la conséquence première d'une pandémie proviendrait du nombre de personnes touchées pendant une période de temps relativement courte, ce qui perturberait les commerces et les infrastructures ou exigerait une certaine forme d'isolement ou de quarantaine des malades et la restriction de l'accès aux événements et activités communautaires, afin d'endiguer la propagation du virus. Pour la population en général, le risque d'infection et le risque de perturbation sur le plan des activités sociales et des infrastructures que pourraient vivre les individus et les familles sont des facteurs auxquels ils peuvent se préparer en prenant des mesures afin de les prévenir ou les minimiser.

Dans les reportages des médias sur le risque d'une pandémie de grippe, on mentionne souvent les vaccins et les antiviraux. Les vaccins sont des médicaments qui contribuent à prévenir les maladies. Dans bien des provinces ou États, les responsables de la santé publique organisent des campagnes annuelles de vaccination contre la grippe qui ciblent les virus pour lesquels on prévoit une éclosion au cours de la prochaine saison de grippe. En disposant de six à neuf mois d'avis, les compagnies pharmaceutiques spécialisées dans la production de vaccins sont en mesure de fabriquer des vaccins et d'en produire une grande quantité afin de limiter les effets des éclosions saisonnières de la grippe. Ces vaccins ont un taux d'efficacité de 70 % à 80 %. Le Canada, qui conserve une réserve d'oeufs fertilisés (nécessaires à la fabrication de vaccins) pourra sans doute produire un vaccin efficace de deux à trois mois avant les autres pays. Ceux-ci commencent à emboîter le pas.

Face à une pandémie de grippe, on pourrait fabriquer un vaccin efficace contre le virus responsable de la pandémie uniquement après en avoir identifié la forme la plus infectieuse. En raison du délai de mise au point d'un vaccin (4 à 6 mois) du temps nécessaire à sa production, il est peu probable qu'il soit disponible en quantité suffisante pour contenir la pandémie avant ou pendant la première vague. Compte tenu des limites d'approvisionnement, il est possible que les gouvernements et les autorités de la santé publique doivent contrôler la distribution de vaccins durant la deuxième vague, qui selon eux sera plus sérieuse, afin de s'assurer que les groupes prioritaires, soit les intervenants et les patients à risque, reçoivent les stocks disponibles, dans l'intérêt du public. Les gouvernements prévoient néanmoins organiser une campagne de vaccination de masse pour la deuxième vague, si les réserves le permettent. On prévoit que les personnes qui se rétabliront (soit la majorité) du virus de la grippe pandémique au cours de la première vague seront en fait immunisées pour la deuxième vague, et toute vague subséquente.

Les antiviraux sont des médicaments qui ne traitent pas particulièrement la grippe mais qui s'attaquent aux virus qui la causent ou qui causent d'autres maladies virales. Lorsqu'on les prend dans les deux jours suivant le début des symptômes, ils peuvent inhiber l'action ou la croissance du virus au point de prévenir ou d'atténuer la maladie engendrée par le virus. Même si l'on a déterminé que les antiviraux étaient efficaces pour les cas non compliqués de grippe durant la saison grippale, on ne sait pas dans quelle mesure ils seraient efficaces pour contrer les effets d'un nouveau virus pandémique. Comme dans le cas des vaccins, l'approvisionnement pose problème, ce qui signifie aussi que les gouvernements et les autorités de la santé publique procéderont au rationnement de la distribution des antiviraux de manière à avoir un stock suffisant pour les intervenants et la population à risque. Cela s'est déjà produit au Canada, alors qu'une augmentation soudaine de la demande d'antiviraux, pendant la saison de grippe 2005-2006, a eu pour résultat que les fabricants en ont limité la distribution afin d'assurer un approvisionnement adéquat aux groupes à risque.

(ii) Que faire pour éviter de contracter la grippe ou de la transmettre

Menez une vie saine, sur les plans physique et émotif

  • faites régulièrement de l'exercice et prenez beaucoup de repos;
  • adoptez un régime équilibré composé d'aliments variés comprenant des légumes, des céréales, des fruits et beaucoup d'eau;
  • pensez à votre bien-être émotif; surveillez votre niveau de stress et prenez les mesures appropriées pour le réduire ou le soulager.

Restez en santé

  • lavez-vous souvent les mains à l'eau et au savon;
  • couvrez-vous la bouche et le nez d'un mouchoir lorsque vous toussez ou éternuez. Si vous n'avez pas de mouchoir, toussez ou éternuez dans votre manche près du coude;
  • jetez les mouchoirs souillés à la poubelle;
  • lavez-vous les mains avec de l'eau et du savon ou avec un nettoyeur à base d'alcool après avoir éternué ou toussé;
  • apprenez à éviter le plus possible de toucher vos yeux, votre nez et votre bouche;
  • restez à la maison si vous avez la grippe;
  • dans la mesure du possible, tenez-vous loin des personnes qui sont malades. 

Faites-vous vacciner

  • cela vous aidera à rester en santé;
  • même si le vaccin n'empêche pas la grippe pandémique, il contribuera à vous garder en meilleure santé et plus apte à combattre des infections virales, et il contribuera également à réduire le fardeau sur le système de santé au cours d'une pandémie;
  • si vous avez plus de 65 ans ou si vous souffrez d'une maladie chronique, consultez votre médecin ou votre fournisseur de soins de santé sur l'utilité de recevoir le vaccin contre la pneumonie.

Tenez-vous informé

  • surveillez les sources d'information fiables et équilibrées sur les développements entourant la grippe pandémique.
  • Le lien suivant vous amène à une autre site Web Portail sur la Pandémie d'influenza il s'agit du site Web du gouvernement du Canada où l'on peut obtenir des renseignements sur les grippes saisonnières, les grippes pandémiques et la grippe aviaire, comprenant des liens aux sites Web en santé publique des provinces.
    1. le site Web du gouvernement des États-Unis sur les Le lien suivant vous amène à une autre site Web développements entourant la grippe pandémique.
    2. site Web des autorités de la Santé régionales et provinciales.