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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Étude nationale des cliniques de mammographie canadiennes

6. Examen de la question/Interprétation

Le but principal des programmes de radioprotection examinés dans le cadre des études NEXT était au départ de réduire au minimum la dose de rayonnement. Or, la réduction accomplie ces vingt dernières années a été remarquable si l'on tient compte de l'amélioration de la qualité de l'image qui s'est produite pendant la même période. Il convient de noter, d'après la figure suivante, que dans l'ensemble des protocoles NEXT la dose administrée est devenue passablement stable depuis à peu près 1980, tandis que la qualité de l'image continuait de s'améliorer(4).

Qualité de l'image / Année de l'étude graphique

Pour un radiographe sur film avec écran donné et exploité de façon optimale, il faut, si l'on veut augmenter la densité optique de l'image radiographique, appliquer une dose plus élevée de rayonnement. La dose de rayonnement requise pour un film d'une densité optique particulière, laquelle densité est en relation avec la qualité de l'image, constitue un indice de l'optimalisation du fonctionnement des appareils. Les données des études américaines NEXT et MQSA de 1985 à 1995(5) montrent que les tendances se sont accentuées dans le cas de la dose administrée comme dans celui de la densité optique; le prolongement pointillé qui a été ajouté à la courbe de dose au-delà de 1992 (sur le graphe ci-avant) est basé sur cette constatation. Si l'extrapolation se concrétise, cela voudra dire qu'on ne cesse d'améliorer le fonctionnement des mammographes.

Les données concernant le traitement des films présentées dans les figure 7, figure 8, figure 9 apportent les informations suivantes.

  • Pour les cliniques dans lesquelles on a mesuré les niveaux de voile en chambre noire (168 cliniques sur 338), approximativement 50 % ont présenté des niveaux dépassant 0,05 unités de densité optique, ce qui est la limite supérieure généralement acceptable. Les niveaux de voile extrêmes dépassant 0,10 ont été mesurés dans approximativement 25 % des cliniques, ce qui indique que l'entrée de lumière dans les chambres noires n'a probablement jamais été prise en considération dans les programmes d'assurance de la qualité.
  • Pour les cliniques ayant recours au traitement normalisé, l'indice moyen de vitesse de traitement (valeur STEP) était de 108, ce qui représente une valeur acceptable. Toutefois, les données montrent que 6 % des cliniques présentent un indice variant de 140 à 170, ce qui semble indiquer que le traitement prolongé était utilisé sans être fidèlement rapporté. Une valeur STEP de 100 indique que le film a été traité conformément aux recommandations du fabricant; des valeurs situées entre 80 (sous-traitement) et 120 (sur-traitement) étaient considérées comme acceptables(2).
  • Pour les cliniques ayant recours au traitement prolongé, l'indice de vitesse moyenne était de 144, ce qui constitue une valeur typique. Les déclarations faites par les cliniques peuvent de nouveau être remises en question, puisque 6 % des cliniques présentaient un indice variant de 90 à 110, ce qui correspond à la valeur type du traitement normalisé.

Dans une étude préliminaire portant sur la relation entre le contraste du film, la densité optique et la qualité de l'image(8), on a conclu que les limites réglementaires proposées par les États-Unis (3,0 mGy pour la dose de rayonnement et 1,2 pour la densité optique)(9) n'empêcheront pas le mammogramme sur film avec écran d'être de la meilleure qualité possible. Le rapport concluait également que même si les parasites quantiques sont moins importants pour les images de fantômes à densité supérieure, le fait que la qualité de l'image du fantôme soit en corrélation étroite avec le contraste du film (dérivée mathématique de la courbe de noircissement du film) et que la cote de qualité de l'image finisse par diminuer lorsque la densité augmente explique que le contraste est probablement le facteur dominant. De plus, pour les films étudiés (MinR-M et Microvision), les valeurs de densités associées aux dix premiers points de percentile des cotes comprenaient les valeurs des doses inférieures ou égales à 2,0 mGy. La densité optique moyenne pour l'ensembles des cliniques était de 1,3 unités optiques, valeur considérée comme étant acceptable dans la pratique courante.

La dose glandulaire moyenne révélée par l'étude était de 1,13 mGy, ce qui est significativement inférieur au maximum proposé de 2,0 ou de 3,0 mGy ou à d'autres valeurs courantes rapportées de 1,5 mGy environ(6). On peut mettre la faiblesse de cette dose glandulaire sur le compte de l'usage plus répandu du traitement prolongé et de la diminution des densités optiques.

Le but des programmes d'assurance de la qualité des cliniques de mammographie devrait être de faire en sorte que le fonctionnement des appareils soit optimal. Ainsi, l'équilibre entre les risques et les avantages (dose de radiation et qualité de l'image) reposera sur un choix conscient de la part du radiologiste.