Le but principal des programmes de radioprotection examinés dans le cadre des études NEXT était au départ de réduire au minimum la dose de rayonnement. Or, la réduction accomplie ces vingt dernières années a été remarquable si l'on tient compte de l'amélioration de la qualité de l'image qui s'est produite pendant la même période. Il convient de noter, d'après la figure suivante, que dans l'ensemble des protocoles NEXT la dose administrée est devenue passablement stable depuis à peu près 1980, tandis que la qualité de l'image continuait de s'améliorer(4).

Pour un radiographe sur film avec écran donné et exploité de façon optimale, il faut, si l'on veut augmenter la densité optique de l'image radiographique, appliquer une dose plus élevée de rayonnement. La dose de rayonnement requise pour un film d'une densité optique particulière, laquelle densité est en relation avec la qualité de l'image, constitue un indice de l'optimalisation du fonctionnement des appareils. Les données des études américaines NEXT et MQSA de 1985 à 1995(5) montrent que les tendances se sont accentuées dans le cas de la dose administrée comme dans celui de la densité optique; le prolongement pointillé qui a été ajouté à la courbe de dose au-delà de 1992 (sur le graphe ci-avant) est basé sur cette constatation. Si l'extrapolation se concrétise, cela voudra dire qu'on ne cesse d'améliorer le fonctionnement des mammographes.
Les données concernant le traitement des films présentées dans les figure 7, figure 8, figure 9 apportent les informations suivantes.
Dans une étude préliminaire portant sur la relation entre le contraste du film, la densité optique et la qualité de l'image(8), on a conclu que les limites réglementaires proposées par les États-Unis (3,0 mGy pour la dose de rayonnement et 1,2 pour la densité optique)(9) n'empêcheront pas le mammogramme sur film avec écran d'être de la meilleure qualité possible. Le rapport concluait également que même si les parasites quantiques sont moins importants pour les images de fantômes à densité supérieure, le fait que la qualité de l'image du fantôme soit en corrélation étroite avec le contraste du film (dérivée mathématique de la courbe de noircissement du film) et que la cote de qualité de l'image finisse par diminuer lorsque la densité augmente explique que le contraste est probablement le facteur dominant. De plus, pour les films étudiés (MinR-M et Microvision), les valeurs de densités associées aux dix premiers points de percentile des cotes comprenaient les valeurs des doses inférieures ou égales à 2,0 mGy. La densité optique moyenne pour l'ensembles des cliniques était de 1,3 unités optiques, valeur considérée comme étant acceptable dans la pratique courante.
La dose glandulaire moyenne révélée par l'étude était de 1,13 mGy, ce qui est significativement inférieur au maximum proposé de 2,0 ou de 3,0 mGy ou à d'autres valeurs courantes rapportées de 1,5 mGy environ(6). On peut mettre la faiblesse de cette dose glandulaire sur le compte de l'usage plus répandu du traitement prolongé et de la diminution des densités optiques.
Le but des programmes d'assurance de la qualité des cliniques de mammographie devrait être de faire en sorte que le fonctionnement des appareils soit optimal. Ainsi, l'équilibre entre les risques et les avantages (dose de radiation et qualité de l'image) reposera sur un choix conscient de la part du radiologiste.