Depuis sa création, le Bureau de la radioprotection administre des programmes dont le but est de protéger la santé des Canadiens. Pour ce faire, il utilise un grand nombre d'outils. La Loi sur les dispositifs émettant des radiations (loi fédérale) et le règlement connexe stipulent quelles sont les exigences en matière de sécurité applicables aux appareils émettant un rayonnement avant que ces derniers puissent être légalement vendus, loués ou importés au Canada. Une série de codes de sécurité, qui établit les exigences applicables à toutes les personnes travaillant pour le gouvernement fédéral ou pour des organismes assujettis au Code canadien du travail, traite de l'ensemble des aspects relatifs à l'installation et au fonctionne-ment de ces appareils. Ces codes de sécurité sont déjà courammment utilisés (entre autres par les gouvernements provinciaux) en tant que point de départ pour l'établissement d'exigences de sécurité en matière de rayonnement. Un programme d'inspection assure une vérification régulière de la sécurité des appareils émettant un rayonnement dont l'exploitation relève du gouvernenment fédéral et qui sont utilisés aux fins de l'application des lois, dans les transports et dans les laboratoires scientifiques. Les services d'inspection sont également fournis sur une base contractuelle aux organismes ne disposant pas sur place des ressources nécessaires.
Le Bureau de la radioprotection travaille en étroite collaboration avec ses partenaires provinciaux et territoriaux qui sont les premiers responsables de la prestation de services de santé au Canada. La présente étude, qui fait suite à la proposition du Bureau d'évaluer les cliniques canadiennes de mammographie selon un protocole d'étude normalisé, constitue un bon exemple d'une telle collaboration. La proposition du Bureau est fondée sur des études similaires menées aux États-Unis, lesquelles ont révélé des lacunes qui ont entraîné la prise d'une vaste série de mesures par le Congrès pour l'agrément des cliniques de mammographie.
Tous les ans au Canada, plus de 17 000 nouveaux cas de carcinome mammaire sont diagnostiqués et plus de 5 400 femmes en meurent. Le diagnostic précoce est l'arme la plus efficace contre cette maladie; on considère la mammographie comme le seul outil de diagnostic ayant fait ses preuves pour la détection de lésions non palpables et le dépistage au niveau de l'ensemble de la population.
Toutefois, comme toute méthode de diagnostic par radiographie, la mammographie sur film avec écran comporte des avantages et des inconvénients. Le risque d'induction de nouveaux cancers dans des tissus sains par le rayonnement ionisant doit être évalué en fonction des avantages pouvant découler du diagnostic et du dépistage. L'on sait que, lorsque les appareils sont conçus et utilisés correctement, l'information utile pour le diagnostic contenue dans un mammogramme est maximale par rapport à la dose de rayonnement utilisée, ce qui simplifie l'analyse des risques et des avantages. Toutefois, pour en arriver là, les mammographes doivent fonctionner parfaitement.
Le présent rapport traite des aspects techniques de la mammographie, à savoir toutes les étapes s'écoulant entre le moment où la patiente est installée pour subir l'examen et le moment où le film traité est remis entre les mains du radiologiste pour l'établissement du diagnostic clinique. Les résultats exposés n'ont pas été obtenus à partir de sujets humains, mais plutôt d'un fantôme mammaire en lucite contenant un ensemble d'objets test représentatifs de fibrilles, de masses d'apparence tumorale et de tachetures de microcalcification caractéristiques de l'état pathologique recherché. La dose de rayonnement a également été mesurée à l'aide du fantôme mammaire. Une telle normalisation était nécessaire à l'analyse détaillée du fonctionnement de l'équipement et à la comparaison des résultats entre les cliniques. Actuellement, on procède à la mise au point de fantômes mammaires qui imiteront plus fidèlement les conditions cliniques réelles et qui ne modifieront pas la capacité de mesure de l'équipement.