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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Radioprotection dans l'exercice de la dentisterie - recommandations concernant l'utilisation des appareils de radiographie dentaire - Code de sécurité 30

9. Mesures pour réduire l'exposition du patient à la radiation

Dans la population en général, la plus grande source d'exposition au rayonnement d'origine humaine est la radiologie diagnostique médicale et dentaire. En effet, l'utilisation de la radiologie à des fins diagnostiques représente dans la population plus de 90 % de la totalité des expositions au rayonnement. Les scientifiques qui se préoccupent de la question s'accordent à dire qu'il est possible de diminuer considérablement le nombre des radiogrammes de diagnostic médical et dentaire sans que la qualité de l'information qui en découle soit touchée.

Pour chaque patient, le risque découlant d'un seul examen radiologique dentaire est faible. Cependant, dans une population donnée, le risque est plus élevé à cause de la multiplication des examens radiographiques et de l'augmentation du nombre des personnes exposées au rayonnement. Par conséquent, il faut diminuer le plus possible le nombre de radiogrammes et le nombre de personnes qui subissent des examens radiographiques et réduire la dose de rayonnement administrée à chaque examen.

Pour atteindre ces objectifs, il est essentiel de limiter les examens radiographiques à ceux qui sont absolument nécessaires et, dans les cas où ils s'imposent, d'éviter toute exposition inutile du patient au rayonnement.

Les recommandations formulées ci-dessous s'adressent aux dentistes et aux opérateurs en radiographie dentaire. Elles fournissent des moyens d'éliminer les examens qui ne sont pas absolument nécessaires et de réduire au minimum l'exposition des patients. Elles indiquent également les doses maximales admissibles pour certains examens dentaires courants.

9.1 Recommandations sur la prescription des examens radiographiques dentaires

Quand il s'agit de diminuer l'exposition des patients au rayonnement par l'élimination des examens radiographiques pour lesquels il n'y a pas d'indication clinique précise, le dentiste est en situation privilégiée. Il peut atteindre cet objectif en observant les recommandations de base énoncées ci-dessous :

  1. Le seul bût d'un examen radiographique doit être l'obtention d'une information diagnostique pour aider à l'évaluation clinique de l'état du patient et son traitement si nécessaire.
  2. Il faut éviter de prescrire tout examen de dépistage ou d'usage courant qui ne serait pas fondé sur une évaluation clinique préalable de l'état du patient. On considère qu'il est une mauvaise pratique de radiographier inutilement les patients, par exemple, à l'occasion d'examens de masse et particulièrement s'ils s'adressent à des enfants. On considère également comme une pratique condamnable de radiographier automatiquement les patients avant que le dentiste ne procède à l'investigation clinique. Ces deux pratiques constituent un abus évident de la radiologie en dentisterie.
  3. On recommande de déterminer d'abord s'il y a déjà eu des examens radiographiques, ce qui éviterait de répéter l'exposition ou permettrait de la limiter à un minimum.
  4. Lorsqu'un patient est dirigé d'un cabinet dentaire à un autre, les radiogrammes qui le concernent devraient le suivre.
  5. Le nombre des clichés doit être limité au minimum nécessaire à la réalisation de l'objectif de l'examen clinique.
  6. En prescrivant un examen radiographique à une patiente qui est ou qui croit être enceinte, le dentiste doit tenir compte des conséquences pour le foetus d'une exposition au rayonnement. Le foetus est sensible aux effets de la radiation, qui peuvent se traduire par des anomalies congénitales. Dans le cas de la radiographie dentaire, si toutes les mesures de radioprotection sont bien observées, la dose reçue par le foetus est limitée à un minimum acceptable et n'entraîne pas un risque important. On doit souligner que ces précautions doivent être prises en tout temps, étant donné qu'il y a un plus grand risque au début d'une grossesse, quand une femme qui peut avoir des enfants n'est peut-être pas au courant de son état.
  7. Lorsqu'un cliché fournit les renseignements diagnostiques nécessaires, on ne doit pas répéter le radiogramme sous prétexte que la qualité de l'image n'est pas optimale.
  8. Le dossier de chaque patient devrait contenir des renseignements sur tous les examens radiographiques subis.

9.2 Recommandations sur la protection du patient durant un examen radiographique

On peut obtenir des clichés suffisant aux besoins diagnostiques avec différents taux d'exposition selon les paramètres de charge et l'émulsion utilisés. L'opérateur de l'appareil et le dentiste doivent être au courant de la technique et savoir également comment l'appliquer afin de réaliser des examens avec un minimum d'exposition du patient. Les recommandations qui suivent s'adressent au dentiste et à l'opérateur en radiographie dentaire et visent à les aider à réduire au minimum l'exposition des patients au rayonnement.

  1. L'opérateur ne doit jamais procéder à un examen qui n'a pas été prescrit par le dentiste traitant.
  2. L'exposition du patient au rayonnement doit être réduite aux limites compatibles avec les objectifs cliniques de l'examen. À cette fin, les techniques employées doivent être appropriées aux appareils dont on dispose. Il est recommandé d'établir des graphiques des paramètres de charge lorsqu'on utilise des unités de radiographie qui ne sont pas dotées de caractéristiques anatomiques préprogrammées. Il faut établir les graphiques des paramètres de charge après avoir déterminé la meilleure technique possible de développement des films.
  3. On doit éviter d'utiliser la fluoroscopie pour les examens dentaires.
  4. La radiographie dentaire ne doit pas être pratiquée à une tension radiogène inférieure à 50 kilovolts (crête) et il est préférable de ne pas la pratiquer à moins de 60 kilovolts (crête).
  5. Il est important de veiller à l'entretien des appareils de radiographie dentaire et à la vérification régulière de leur rendement. L'exactitude du calibrage doit aussi être contrôl&ea cute;e périodiquement.
  6. La qualité des radiogrammes doit être vérifiée régulièrement dans le cadre d'un programme d'assurance de la qualité, de sorte qu'elle permette de satisfaire aux exigences diagnostiques tout en limitant le plus possible l'exposition du patient.
  7. Les gonades doivent être protégées par un tablier plombé et la thyroïde, par un protecteur thyroïdien, surtout pour l'examen radiographique de l'occlusion maxillaire. L'utilisation d'un protecteur thyroïdien est particulièrement importante chez les enfants. Le tablier et le protecteur thyroïdien doivent avoir une équivalence de plomb d'au moins 0,25 mm. Dans le cas de la radiographie panoramique, comme le rayonnement provient également de l'arrière du patient, le tablier plombé ordinaire n'est d'aucune utilité. Il est donc recommandé d'utiliser un tablier à deux pans, un pour le devant et un pour le dos.
  8. Le faisceau de rayonnement primaire doit être collimaté afin que seule la région sur laquelle porte l'examen soit irradiée.
  9. Il est recommandé d'orienter le faisceau de rayonnement primaire et de placer la tête du patient de telle façon que le faisceau ne soit pas dirigé sur les gonades et que les autres parties du corps ne soient pas inutilement irradiées.
  10. On recommande d'utiliser l'émulsion la plus rapide ou la combinaison film-écran compatible avec le résultat désiré et de choisir la méthode de développement de la pellicule qui assure un résultat optimal tout en étant conforme aux recommandations énoncées à la section 6.1. On doit éviter de développer à vue.
  11. Les films de radiologie dentaire doivent être examinés à l'aide d'une visionneuse conçue expressément pour cette fin.
  12. Bien que des doses maximales d'exposition aient été définies pour les travailleurs exposés à la radiation et la population, aucune recommandation n'a été faite jusqu'ici pour les personnes soumises aux examens radiographiques. Pour ces personnes, le risque de l'exposition doit être considéré en fonction de la nécessité de poser un diagnostic exact. On utilise les données du programme N.E.X.T pour obtenir une série de limites réalistes. Ces limites recommandées sont présentées au Tableau 4. Toute dose à la peau excédant la limite supérieure recommandée révèle l'utilisation de mauvaises techniques de développement des films ou un piètre rendement de l'équipement. Les limites inférieures indiquent le seuil où toute réduction de dose se traduira par une diminution de la qualité du film à des fins diagnostiques.

Tableau 4 Doses maximales admissibles à la surface recommandées pour les émulsions « D » et « E »

Doses maximales à la surface par irradiation pour émulsion « D »

Haute tension
radiogène (kilovolts)

Limite inférieure
(mGy) (mR)

Limite supérieure
(mGy) (mR)

50

3,49 (400)

4,80 (550)

55

3,23 (370)

4,54 (520)

60

2,79 (320)

4,15 (475)

65

2,36 (270)

3,62 (415)

70

2,01 (230)

3,14 (360)

75

1,57 (180)

2,66 (305)

80

1,40 (160)

2,27 (260)

85

1,22 (140)

2,01 (230)

90

1,05 (120)

1,83 (210)

95

0,87 (100)

1,70 (195)

100

0,79 ( 90)

1,57 (180)

Doses maximales à la surface par irradiation pour émulsion « E »

Haute tension
radiogène (kilovolts)

Limite inférieure
(mGy) (mR)

Limite supérieure
(mGy) (mR)

50

1,92 (220)

2,44 (280)

55

1,66 (190)

2,18 (250)

60

1,48 (170)

1,92 (220)

65

1,27 (145)

1,66 (190)

70

1,09 (125)

1,44 (165)

75

0,87 (100)

1,18 (135)

80

0,74 ( 85)

1,00 (115)

85

1,00 (115)

0,92 (105)

90

0,61 ( 70)

0,83 ( 95)

95

0,52 ( 60)

0,74 ( 85)

100

0,44 ( 50)

0,61 ( 70)