Une irradiation qui assure un radiogramme de qualité suffisante pour un bon diagnostic, tout en maintenant au strict minimum la dose de rayonnement reçue par le patient, ne dépend pas seulement des paramètres de charge et du film utilisé, mais aussi de la manipulation et du développement de la pellicule. Une bonne qualité d'image nécessite une chambre noire bien conçue et bien équipée, le recours à des méthodes de développement appropriées et le respect attentif des directives et des recommandations du fabricant, que le film soit développé manuellement ou à l'aide d'appareils automatiques.
S'il y a erreur dans le développement des films radiographiques, on risque d'obtenir un cliché de qualité médiocre, insuffisante pour permettre un diagnostic exact, et de devoir répéter les examens radiographiques. Qu'on utilise une technique manuelle ou automatique, pour réaliser le développement convenable d'un film, il est essentiel d'utiliser un révélateur chimiquement frais et de respecter les règles de température et de durée de façon que la réduction de l'argent renfermé dans les cristaux d'halogénure d'argent soit complète. Si on utilise un révélateur oxydé ou détérioré, le noircissement de la couche sensible risque d'être insuffisant et il devient alors nécessaire de prolonger l'exposition au rayonnement pour obtenir une image de la densité voulue. D'autres facteurs influent également sur la qualité du cliché, par exemple, la propreté de l'appareillage de développement, la durée de l'immersion de l'émulsion dans le bain révélateur, l'agitation de la pellicule, l'efficacité du lavage et le maintien de la température.
L'utilisation d'appareils de développement automatique pour les films radiographiques ordinaires permet d'obtenir des clichés présentant une densité plus uniforme exigeant, en moyenne, une exposition moins longue pour le patient que le développement manuel. Le développement manuel des films radiographiques ordinaires n'est pas recommandé, en particulier dans les installations où la charge de travail est élevée. Le développement manuel est acceptable pour les installations où la charge de travail est très faible, soit quelques films par jour.
Pour assurer la qualité du développement, il faut observer les recommandations suivantes :
Pour le développement manuel des films, il est important d'avoir une chambre noire bien équipée. Bien que les détails puissent varier d'une installation à l'autre, certaines caractéristiques sont essentielles.
Le lieu où sont entreposées les émulsions doit comporter un blindage suffisant pour qu'elles ne soient pas exposées au rayonnement. Aucun film entreposé ne doit recevoir plus de 1,75 µGy (0,2 mR) de rayonnement avant d'être utilisé. L'épaisseur du blindage nécessaire pour isoler l'élément de rangement des films est fonction de la durée de l'entreposage et de l'utilisation des appareils de radiographie. Pour la plupart des installations, un blindage de 1,5 mm de plomb est considéré parfaitement acceptable. Pour plus d'information sur l'épaisseur du blindage pour le rangement des films, veuillez consulter l'Annexe III. Les films doivent être entreposés dans un lieu frais et sec.
Il est recommandé de vérifier régulièrement l'état des visionneuses. Les conditions dans lesquelles les dentistes et les autres professionnels de la santé examinent les radiogrammes peuvent influer sur la précision du diagnostic. Il faut éliminer les problèmes d'éclairage causés par les différences de luminosité des tubes fluorescents et la décoloration de la surface de visionnement. Il est préférable d'utiliser un seul type de tube fluorescent dans une installation. Ces tubes doivent être remplacés lorsqu'ils montrent des signes d'usure. Il faut également prendre soin de bien nettoyer la surface de visionnement de sorte qu'aucune saleté ne puisse entraîner une erreur de diagnostic.
Les installations utilisant des appareils panoramiques ou céphalométriques utilise des films avec écrans faisant partie du récepteur d'image. Les cassettes ou les écrans en mauvais état peuvent produire une image dont la qualité est insuffisante pour l'établissement d'un diagnostic. Certains des problèmes sont causés par des écrans sales ou endommagés, des cassettes tordues, la perte d'élasticité de la mousse ou le mauvais fonctionnement du mécanisme de fermeture, la pénétration de la lumière et un mauvais contact écran-film. Il est recommandé de vérifier régulièrement le degré d'usure et de propreté des cassettes et d'utiliser les produits recommandés par les fabricants pour nettoyer les écrans. Les films ne doivent jamais être laissés à l'intérieur des cassettes munies d'écrans au-delà d'un certain temps. Les films laissés dans les cassettes s'obscurcissent beaucoup plus rapidement que les films qu'on laisse dans leur emballage car ils sont exposés à la lumière produite par les écrans.