Santé Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Santé de l'environnement et du milieu de travail

Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada - Tableau sommaire

Préparé par le
Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable du
Comité fédéral-provincial-territorial sur la santé et l'environnement

Décembre 2010

Si vous avez besoin d'aide pour accéder aux formats de rechange, tels que Portable Document Format (PDF), Microsoft Word et PowerPoint (PPT), visitez la section d'aide sur les formats de rechange.

Table des matières

Introduction

Les Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada sont publiées par Santé Canada au nom du Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable (CEP). Le tableau sommaire est régulièrement mis à jour et affiché sur le site internet de Santé Canada (www.santecanada.gc.ca/eauqualite). Il remplace les versions précédentes ainsi que le livret publié de la sixième édition des Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada.

Les recommandations sont issues de considérations opérationnelles et de la recherche scientifique actuelle publiée qui porte sur les effets sur la santé, les effets esthétiques et les considérations opérationnelles. Les recommandations fondées sur des critères de santé sont établies en fonction de l'examen exhaustif des effets connus de chaque contaminant, des niveaux d'exposition et de la disponibilité des technologies de traitement et d'analyse. Les effets esthétiques (p. ex. le goût, l'odorat) sont pris en compte quand ils jouent un rôle dans la décision des consommateurs de juger l'eau buvable ou non. Les considérations opérationnelles sont prises en compte quand la présence d'une substance peut nuire à un traitement ou à une technologie (p. ex. la turbidité interférant avec la chloration ou la désinfection aux rayons UV) ou avoir un effet néfaste à l'infrastructure de l'eau potable (p. ex. la corrosion des tuyaux).

Le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable établit les Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada pour les contaminants qui répondent à tous les critères suivants :

  1. l'exposition au contaminant pourrait entraîner des effets néfastes sur la santé;
  2. le contaminant est souvent détecté, ou l'on pourrait s'attendre à le trouver, dans un grand nombre de systèmes d'approvisionnements en eau potable du Canada;
  3. la concentration à laquelle il est détecté ou à laquelle on pourrait s'attendre à le détecter est susceptible d'avoir des effets sur la santé.

Si un contaminant d'intérêt ne satisfait pas à tous ces critères, le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable peut décider de ne pas établir de recommandation numérique ou de document technique. Dans ce cas, un document de conseils peut être élaboré.

Le processus d'élaboration des documents de conseils est sensiblement le même que pour les documents techniques et comprend également des consultations publiques au moyen du site internet de Santé Canada. Ces documents permettent de fournir des renseignements aux autorités en matière d'eau potable et, dans certains cas, peuvent aider à orienter les interventions en cas de déversement ou d'autres situations d'urgence. Les documents de consultations, les documents techniques de recommandations et les documents de conseils sont disponibles sur le site internet de Santé Canada (www.santecanada.gc.ca/eauqualite).

Dans l'ensemble, les recommandations prioritaires sont celles qui ont trait aux contaminants microbiologiques, comme les bactéries, les protozoaires et les virus. Toute mesure visant à réduire les concentrations de contaminants chimiques ne devrait pas compromettre l'efficacité de la désinfection.

Les demandes de renseignements peuvent être acheminées à : water_eau@hc-sc.gc.ca

Membres du Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable

Représentants des instances de compétence

Alberta
Department of Environment
M. Donald Reid
Colombie-Britannique
Ministry of Health Services
M. Barry Boettger
Île-du-Prince-Édouard
Department of Environment and Energy
M. George Somers
Manitoba
Ministère de la gestion d'eau
Mme Kim Philip
Nouveau-Brunswick
Ministère de la Santé et du Mieux-être
Mme Karen White
Nouvelle-Écosse
Department of Environment and Labour
Mme Judy MacDonald
Ontario
Ministère de l'Environnement
M. Satish Deshpande
Québec
Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs
Mme Caroline Robert
Saskatchewan
Department of the Environment
M. Sam Ferris
Terre-Neuve et Labrador
Department of Environment and Conservation
M. Haseen Khan
Territoire du Nunavut
Department of Health and Social Services
M. Peter Workman
Territoire du Yukon
Department of Health and Social Services
Mme Patricia Brooks
Territoires du Nord-Ouest
Department of Health and Social Services
M. Duane Fleming
Canada
Ministère de la Santé
M. John Cooper


Agents de liaison

Comité fédéral-provincial-territorial sur la santé et l'environnement
M. Peter Workman
Environnement Canada/Conseil canadien des Ministres de l'Environnement
M. Doug Spry


Secrétaire du Comité

Santé Canada (Bureau de l'eau, de l'air et des changements climatiques, Direction de la sécurité des milieux, Direction générale de la santé environnementale et de la sécurité des consommateurs)

Mme Anne Vézina

Recommandations nouvelles, révisées, confirmées et à venir

Les recommandations relatives à plusieurs paramètres chimiques, physiques et microbiologiques sont nouvelles ou modifiées depuis la publication de la sixième édition des Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada en 1996. Ces recommandations sont présentées dans le tableau 1.

Tableau 1. Recommandations nouvelles et révisées
Paramètre Recommandation
(mg/L)
Recommandation
antérieure
(mg/L)
Approbation du CSE

aVoir la section concernant les paramètres microbiologiques.

bTraitement conventionnel/filtration lente sur sable ou la filtration à diatomées/filtration sur membrane.

cIl s'agit d'une valeur opérationnelle recommandée, conçue pour être utilisée dans le cas des usines de traitement qui utilisent des coagulants à base d'aluminium. La valeur opérationnelle recommandée de 0,1 mg/L est applicable aux usines de traitement conventionnel, alors que la valeur de 0,2 mg/L est applicable aux autres systèmes de traitement.

dLa recommandation séparée pour le BDCM a été abolie suite à la publication de nouvelles études scientifiques. Voir l'addendum du document sur les THM.

Paramètre microbiologiquesa
Bactériologique   0 coliformes/100 mL  
Bactéries hétérotrophes Pas de recommandation numérique   2006
Bactéries pathogènes émergentes Pas de recommandation numérique   2006
E.coli 0 par 100 mL   2006
Coliformes totaux 0 par 100 mL   2006
Protozoaires Pas de recommandation numérique Aucune 2004
Virus entériques Pas de recommandation numérique Aucune 2004
Turbidité 0,3/1,0/0,1 NTUb 1,0 NTU 2004
Paramètres chimiques et physiques
Acide méthyl-2 chlorophénoxy-4 acétique (MCPA) 0,1 Aucune 2010
Acides haloacétiques - totaux (AHA) 0,08 Aucune 2008
Aluminium 0,1/0,2c Aucune 1999
Antimoine 0,006 Aucune 1997
Arsenic 0,010 0,025 2006
Benzène 0,005 0,005 2009
Bromate 0,01 Aucune 1999
Chlorate 1,0 Aucune 2008
Chlore Pas de recommandation numérique Aucune 2009
Chlorite 1,0 Aucune 2008
Fluorure 1,5 1,5 1996
Formaldéhyde Pas de recommandation numérique Aucune 1998
Éther de méthyle et tert-butyle (MTBE) 0,015 None 2006
Toxines cyanobactériennes-sous forme de microcystine-LR 0,0015 Aucune 2002
Trichloroéthylène (TCE) 0,005 0,05 2005
Trihalométhanes - totaux (THMs)d 0,1 0,1 2006
Uranium 0,02 0,1 2000
Paramètres radiologiques
Césium-137 (137Cs) 10 Bq/L 10 Bq/L 2009
Iode-131 (131I) 6 Bq/L 6 Bq/L 2009
Plomb-210 (210Pb) 0,2 Bq/L 0,1 Bq/L 2009
Radium-226 (226Ra) 0,5 Bq/L 0,6 Bq/L 2009
Strontium-90 (90Sr) 5 Bq/L 5 Bq/L 2009
Tritium (3H) 7000 Bq/L 7000 Bq/L 2009

Dans certains cas, le comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable peut choisir d'élaborer des documents de conseils : pour les contaminants qui ne rencontre pas les critères établis pour l'élaboration d'une recommandation, et pour les questions spécifiques pour lesquelles des conseils visant l'exploitation ou la gestion s'avèrent nécessaires.

Tableau 2. Documents de conseils
Paramère ou sujet Approbation du CSE
Avis d'ébullition 2009
Avis de non-consommation de l'eau potable 2009
Contrôle de la corrosion 2009
Hydrate de chlorale 2008
Potassium provenant des adoucisseurs d'eau 2008

Le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable (CEP) a créé un processus scientifique permettant d'examiner de façon systématique les recommandations plus anciennes afin d'évaluer la nécessité de les mettre à jour. Le tableau 3 fournit la liste des paramètres dont les recommandations demeurent adéquates et qui ont été confirmées à la suite de cet examen. Santé Canada et le CEP continueront de surveiller la recherche sur ces paramètres et de recommander toute modification jugée nécessaire.

Tableau 3. Recommandations réaffirmées (2005)

  • Amiante
  • Argent
  • Azinphos-méthyle
  • Bendiocarbe
  • Benzo(a)pyrène
  • Bromoxynil
  • Cadmium
  • Calcium
  • Carbaryl
  • Carbofurane
  • Chlorure
  • Couleur
  • Cyanazine
  • Diazinon
  • Dicamba
  • Dichloro-2,4 phénol
  • Diclofop-méthyle
  • Dimethoate
  • Diquat
  • Diuron
  • Éthylbenzène
  • Essence
  • Fer
  • Glyphosate
  • Goût
  • Magnésium
  • Malathion
  • Méthoxychlore
  • Métribuzine
  • Odeur
  • Paraquat
  • Pentachlorophénol
  • Phorate
  • Piclorame
  • Température
  • Terbufos
  • Tétrachloro-2,3,4,6 phénol
  • Toluène
  • Trichloro-2,4,6 phénol
  • Trifluraline
  • Xylènes
  • Zinc

Le tableau 4 présente les documents formulés ou en cours de formulation et qui attendent d'être approuvés grâce au processus fédéral-provincial-territorial.

Tableau 4. Documents à venir (en attente de finalisation ou d'approbation)
Paramètre ou sujet Type de documents
(Document technique ou
Document de conseils)
État actuel

aDocument technique de la recommandation en préparation.

bLe document technique ou le document de conseils est en préparation pour la consultation publique.

Ammoniac Document technique En préparationb
Chlorure de vinyle Document technique En préparationb
Chrome Document technique En préparationb
Coliformes totaux Document technique En préparationb
Dichloroéthane, 1,2- Document technique En préparationb
Dichlorométhane Document technique En préparationa
E. coli Document technique En préparationb
Fluorure Document technique En préparationa
Nitrate/nitrite Document technique En préparationb
N-Nitrosodimethylamine (NDMA) Document technique En préparationa
Numérisation des bactéries hétérotrophes Document de conseils En préparationb
Protozoaires Document technique En préparationb
Sélénium Document technique En préparationb
Tétrachloroéthylène Document technique En préparationb
Tétrachlorure de carbone Document technique En préparationa
Turbidité Document technique En préparationb
Virus entériques Document technique En préparationa

Recommandations pour les paramètres microbiologiques

Les méthodes de détection dont on dispose à l'heure actuelle ne permettent pas l'analyse régulière de tous les micro-organismes qui pourraient être présents dans une eau potable inadéquatement traitée. Elles consistent plutôt à déterminer la qualité microbiologique en analysant l'eau potable afin d'y détecter Escherichia coli, une bactérie qui se trouve en permanence dans les intestins des humains et des animaux et dont la présence dans l'eau indique une contamination par des mati ères fécales.

Recommandations bactériologiques

Escherichia coli

La concentration maximale acceptable (CMA) d'Escherichia coli dans les systèmes publics, semipublics et privés d'approvisionnement en eau potable est d'aucun micro-organisme détectable par 100 mL.

Des analyses visant à détecter la présence d'E. coli doivent être effectuées dans tous les systèmes d'approvisionnement en eau potable. La fréquence de l'échantillonnage, le nombre et le lieu de prélèvement des échantillons varient selon le type et la taille du réseau, ainsi que selon les exigences des secteurs de compétence concernés.

Coliformes totaux

La CMA de coliformes totaux dans l'eau sortant d'une usine de traitement dans les systèmes publics, semi-publics et privés d'approvisionnement en eau potable est d'aucun coliforme détectable par 100 mL.

Dans les réseaux de distribution où l'on prélève moins de 10 échantillons au cours d'une période d'échantillonnage donnée, aucun échantillon ne doit contenir de coliformes totaux. Dans les réseaux de distribution où l'on prélève plus de 10 échantillons au cours d'une période d'échantillonnage donnée, il ne faut pas détecter la présence de coliformes totaux dans deux échantillons consécutifs prélevés au même endroit ni dans plus de 10 % des échantillons prélevés.

Des analyses de détection de la présence de coliformes totaux doivent être effectuées dans tous les systèmes d'approvisionnement en eau potable. La fréquence de l'échantillonnage, le nombre et le lieu de prélèvement des échantillons varient selon le type et la taille du réseau, ainsi que selon les exigences des secteurs de compétence concernés.

Bactéries hétérotrophes

Aucune CMA n'est spécifiée pour les bactéries hétérotrophes présentes dans l'eau fournie par des systèmes publics, semi-publics ou privés d'approvisionnement en eau potable. On considère plutôt comme indésirable toute augmentation des concentrations de bactéries hétérotrophes au-dessus des niveaux de référence.

Bactéries pathogènes émergentes

Aucune CMA n'a été établie pour les bactéries pathogènes d'origine hydrique courantes ou émergentes. Les bactéries pathogènes d'origine hydrique courantes comprennent celles qui ont été associées dans le passé à des maladies gastro-intestinales chez les humains. Les bactéries pathogènes d'origine hydrique émergentes comprennent, mais sans s'y limiter, Legionella, le complexe Mycobacterium avium, Aeromonas hydrophila et Helicobacter pylori.

Protozoaires

Bien que la Giardia et le Cryptosporidium puissent être responsables de maladies gastrointestinales graves, voire fatales dans certains cas, il n'est pas possible pour le moment d'établir des CMA de ces protozoaires dans l'eau potable. Les méthodes dont on dispose actuellement pour la détection systématique des kystes et des oocystes ne fournissent pas d'informations sur leur viabilité ou sur leur infectiosité pour les humains et elles présentent un faible taux de récupération. Cependant, jusqu'à ce qu'on dispose de plus amples informations et de meilleures données de surveillance sur la viabilité et l'infectiosité des kystes et des oocystes présents dans l'eau potable, il est nécessaire de prendre des mesures pour réduire le plus possible le risque de maladie. Si on soupçonne ou si on établit la présence dans la source d'eau de kystes ou d'oocystes infectieux pour les humains, ou si la Giardia ou le Cryptosporidium se sont avérés responsables d'éclosions de maladies d'origine hydrique dans une collectivité, il est nécessaire d'instaurer un programme spécial pour le traitement et la distribution de l'eau potable, ainsi qu'un plan de protection du bassin versant et des têtes de puits (lorsque cela est réalisable) ou d'autres mesures permettant de réduire le risque de maladie. Les techniques de traitement doivent produire une réduction et/ou une inactivation des kystes et des oocytes d'au moins 3 log, sauf si la qualité de l'eau de la source d'approvisionnement exige une réduction ou une inactivation plus importantes.

Virus entériques

Même si les virus entériques reconnus pour infecter les êtres humains peuvent causer des maladies graves et parfois mortelles, il est impossible pour le moment d'en déterminer les CMA dans l'eau potable. Il faudrait mettre en oeuvre des techniques de traitement et des mesures de protection des bassins hydrographiques ou des puits reconnues pour réduire le risque d'éclosions d'origine hydrique et les maintenir lorsque la source d'eau est sujette à la contamination par des matières fécales ou a déjà causé des éclosions d'origine hydrique attribuables à la présence d'entérovirus. Lorsqu'un traitement est nécessaire, les techniques de traitement devraient réduire ou inactiver la charge virale dans une proportion d'au moins quatre log.

Turbidité

Les réseaux de distribution utilisant une source d'eau de surface ou d'eau souterraine assujettie à l'influence directe d'eaux de surface devraient filtrer l'eau de la source afin de respecter les limites de turbidité fondées sur la santé indiquées ci-dessous pour les différentes techniques de traitement. Lorsque cela est possible, les systèmes de filtration doivent être conçus et exploités de façon à réduire le plus possible la turbidité e l'eau traitée. L'objectif visé doit être de moins de 0,1 UTN en tout temps. Lorsque cela n'est pas possible, les niveaux de turbidité de l'eau des filtres individuels doivent être :

  1. Pour la filtration avec procédé chimique, inférieurs ou égaux à 0,3 UTN dans au moins 95 % des mesures effectuées ou du temps pour chaque mois civil, et ne jamais dépasser 1,0 UTN.
  2. Pour la filtration lente sur sable ou la filtration à diatomées, inférieurs ou égaux à 1,0 UTN dans au moins 95 % des mesures effectuées ou du temps pour chaque mois civil, et ne jamais dépasser 3,0 UTN.
  3. Pour la filtration sur membrane, inférieurs ou égaux à 0,1 UTN dans au moins 99 % des mesures effectuées ou du temps pour chaque mois civil, et ne jamais dépasser 0,3 UTN. Si la filtration sur membrane est la seule technique de traitement utilisée, elle doit être suivie d'un procédé d'inactivation des virus.*

Recommandations relatives aux paramètres chimiques et physiques

Le tableau 5 fournit la liste complète de toutes les recommandations numériques pour les paramètres chimiques et physiques. Les recommandations peuvent être établies en fonction de critères de santé, et sont alors identifiées comme étant des concentrations maximales acceptables (CMA), en fonction de considérations esthétiques et identifiées comme objectifs d'ordre esthétique (OE), ou selon des considérations opérationnelles et identifiées comme des valeurs opérationnelles recommandées (VOR). Les paramètres pour lesquels les recommandations fondées sur des critères de santé ont été élaborées en fonction des concentrations maximales acceptables provisoires (CMAP) sont suivis d'un astérisque (*) dans le tableau ci-dessous. Le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable a cessé d'utiliser ces CMAP en 2003. Pour obtenir de plus amples renseignements sur des recommandations précises, veuillez consulter le document technique de la recommandation pour le paramètre visé.

Tableau 5. Recommandations en matière de santé et d'ordre esthétique pour les paramètres chimiques et physiques
Paramètre CMA
(mg/L)
OE
[ou VOR]
(mg/L)
Année d'approbation
(ou de réaffirmation)

aIl s'agit d'une valeur opérationnelle recommandée, conçue pour être utilisée dans le cas des usines de traitement qui utilisent des coagulants à base d'aluminium. La valeur opérationnelle recommandée de 0,1 mg/L est applicable aux usines de traitement conventionnel, alors que la valeur de 0,2 mg/L est applicable aux autres systèmes de traitement.

bOn devrait laisser couler l'eau du robinet avant de la consommer ou d'en faire l'analyse.

cUCV = unité de couleur vraie.

dDans le cas où la concentration mesurée des dichlorobenzènes totaux est supérieure à la valeur la plus rigoureuse (0,005 mg/L), la concentration de chaque isomère devrait être établie.

eÉquivaut à 10 mg/L d'azote sous forme de nitrate. Lorsque les nitrates et les nitrites sont dosés séparément, la concentration des nitrites ne doit pas dépasser 3,2 mg/L.

fÉquivalent à 0,007 mg/L dans le cas de l'ion paraquat.

gSans unités.

hOn recommande d'inclure le sodium dans les programmes de surveillance de routine car ses concentrations pourraient intéresser les médecins qui souhaitent prescrire à leurs patients des régimes à teneur limitée en sodium.

iUn effet laxatif peut apparaître chez certains lorsque les concentrations de sulfate sont supérieures à 500 mg/L.

jOn considère que cette recommandation protège la santé humaine contre l'exposition à toutes les microcystines qui pourraient aussi être présentes dans l'eau.

kExprimé sous forme de moyenne mobile annuelle. Cette recommandation est basée sur le risque associé au chloroforme, le trihalométhane que l'on retrouve le plus fréquemment dans l'eau potable, et aux concentrations les plus élevées.

lPour obtenir de l'information concernant les différents processus de traitement, voir la section des paramètres microbiologiques.

Acide (4-chloro-2-méthylphénoxy) acétique 0,1   2010
Acides haloacétiques - totaux (AHA) 0,08   2008
Aldicarbe 0,009   1994
Aldrine + dieldrine 0,0007   1994
Aluminiuma   [0,1/0,2] 1998
*Antimoineb 0,006   1997
Arsenic 0,010   2006
*Atrazine + métabolites 0,005   1993
Azinphos-méthyle 0,02   1989 (2005)
Baryum 1   1990
Bendiocarbe 0,04   1990 (2005)
Benzène 0,005   2009
Benzo[a]pyrène 0,00001   1988 (2005)
*Bore 5   1990
*Bromate 0,01   1998
*Bromoxynil 0,005   1989 (2005)
Cadmium 0,005   1986 (2005)
Carbaryl 0,09   1991 (2005)
Carbofurane 0,09   1991 (2005)
Chloramines-totales 3   1995
Chlorite 1,0   2008
Chlorate 1,0   2008
Chlorpyrifos 0,09   1986
Chlorure   ≤250 1979 (2005)
Chlorure de vinyle 0,002   1992
Chrome 0,05   1986
Couleurc   ≤15 UCV 1979 (2005)
Cuivreb   ≤1,0 1992
*Cyanazine 0,01   1986 (2005)
Cyanure 0,2   1991
Diazinon 0,02   1986 (2005)
Dicamba 0,12   1987 (2005)
Dichloro-1,1 éthylène 0,014   1994
Dichloro-1,2 benzèned 0,2 ≤0,003 1987
*Dichloro-1,2 éthane 0,005   1987
Dichloro-1,4 benzèned 0,005 ≤0,001 1987
Dichloro-2,4 phénol 0,9 ≤0,0003 1987 (2005)
*Dichloro-2,4 phénoxyacétique, acide (2,4-D) 0,1   1991
Dichlorométhane 0,05   1987
Diclofop-méthyle 0,009   1987 (2005)
*Diméthoate 0,02   1986 (2005)
Dinosèbe 0,01   1991
Diquat 0,07   1986 (2005)
Diuron 0,15   1987 (2005)
Éther de méthyle et de tert-butyle (MTBE)   0,015 2006
Éthylbenzène   ≤0,0024 1986
Fer   ≤0,3 1978 (2005)
Fluorure 1,5   1996
*Glyphosate 0,28   1987 (2005)
Goût   Inoffensif 1979 (2005)
Malathion 0,19   1986 (2005)
Manganèse   ≤0,05 1987
Matières dissoutes totales (MDT)   ≤500 1991
Mercure 0,001   1986
Méthoxychlore 0,9   1986 (2005)
*Métolachlore 0,05   1986
Métribuzine 0,08   1986 (2005)
Monochlorobenzène 0,08 ≤0,03 1987
Nitratee 45   1987
Nitrilotriacétique, acide (NTA) 0,4   1990
Odeur   Inoffensif 1979 (2005)
*Paraquat (sous forme de dichlorure)f 0,01   1986 (2005)
Parathion 0,05   1986
Pentachlorophénol 0,06 ≤0,030 1987
pHg   6,5-8,5 1995
Phorate 0,002   1986 (2005)
*Piclorame 0,19   1988 (2005)
Plombb 0,010   1992
Sélénium 0,01   1992
*Simazine 0,01   1986
Sodiumh   ≤200 1992
Sulfatei   ≤500 1994
Sulfure (comme H2S)   ≤0,05 1992
Température   ≤15 °C 1979 (2005)
*Terbufos 0,001   1987 (2005)
Tétrachloro-2,3,4,6 phénol 0,1 ≤0,001 1987 (2005)
Tétrachloroéthylène 0,03   1995
Tétrachlorure de carbone 0,005   1986
Toluène   ≤0,024 1986 (2005)
Toxines cyanobactériennes-microcystine-LRj 0,0015   2002
Trichloro-2,4,6 phénol 0,005 ≤0,002 1987 (2005)
Trichloroéthylène 0,005   2005
*Trifluraline 0,045   1989 (2005)
Trihalométhanes-totaux (THM)k 0,100   2006
Turbiditél     2004
*Uranium 0,02   1999
Xylènes-totaux   ≤0,3 1986 (2005)
Zincb   ≤5,0 1979 (2005)

Paramètres ne faisant pas l'objet de recommandations

Il n'est pas nécessaire d'établir une valeur numérique pour certains paramètres chimiques et physiques pour lesquels un document technique de la recommandation est disponible parce que les données actuellement disponibles ne démontrent pas l'existence d'un risque pour la santé ou de problèmes d'ordre esthétique selon les concentrations habituellement trouvées dans l'eau potable au Canada.

Tableau 6. Paramètres sans recommandation numérique

  • Ammoniac
  • Argent
  • Chlore
  • Essence
  • Magnésium
  • Amiante
  • Calcium
  • Duretéa
  • Formaldéhyde
  • Radon

aL'attitude du public à l'égard de la dureté varie considérablement. En général, une dureté qui se situe entre 80 et 100 mg/L (sous forme de CaCO3) est jugée acceptable; une dureté supérieure à 200 mg/L est jugée médiocre mais elle peut être tolérée; une dureté de plus de 500 mg/L est normalement considérée comme étant inacceptable. Lorsque l'eau est adoucie par échange d'ions sodium, il est recommandé de mettre de côté une réserve d'eau non adoucie pour la cuisine et la consommation.

Paramètres archivés

Le Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable a créé un processus scientifique permettant d'examiner de façon systématique les recommandations plus anciennes et de les archiver lorsqu'elles ne sont plus requises. Les recommandations sont archivées dans le cas des paramètres qui ne se trouvent plus dans les réserves d'eau potable du Canada à des taux qui pourraient constituer un risque pour la santé humaine, ce qui comprend les pesticides, dont l'utilisation n'est plus autorisée au Canada, ainsi que les mélanges de contaminants qui sont traités individuellement. Le tableau 7 fournit la liste des paramètres dont les recommandations ont été archivées à la suite de cet examen.

Tableau 7. Paramètres qui ont été archivésa

  • Biphényles polychlorés (BPC)
  • Carbone organique total (COT)
  • Chlordane (isomères totaux)b
  • Dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) + métabolitesb
  • Endrineb
  • Esters d'acides phthaliques
  • Heptachlore + époxyde d'heptachloreb
  • Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)c
  • Lignineb
  • Lindaneb
  • Mirex
  • Parathion-méthyleb
  • Pesticides (totaux)
  • Phénols (totaux)
  • Résiniques, acides
  • Tanin
  • Téméphosd
  • Toxaphèneb
  • Triallated
  • Trichloro-2,4,5 phénoxyacétique, acide (2,4,5-T)d
  • Trichloro-2,4,5 phénoxypropionique, acide (2,4,5-TP)b

aPublié dans la documentation de 1978 des pièces à l'appui (disponible sur demande).

bDans la pièce à l'appui de 1978 des « pesticides ».

cAutres que le benzo[a]pyrène.

dAucun document disponible.

Recommandations relatives aux paramètres radiologiques

Les sources naturelles de rayonnement sont responsables de la grande majorité des cas de radioexposition (plus de 98 %), exclusion faite de l'exposition médicale. Les recommandations pour les paramètres radiologiques visent les conditions d'utilisation normales des sources d'eau existantes et nouvelles et ne s'applique pas à la contamination durant une situation d'urgence où d'importantes quantités de radionucléides sont rejetées dans l'environnement. Elles ont été élaborées en prenant en considération les études et approches récentes, y compris des données dosimétriques publiées en 1996 par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR). Les concentrations maximales acceptables (CMA) dans l'eau potable ont été établies pour les radionucléides naturelles et artificielles qui sont fréquemment décelées dans les approvisionnements en eau potable au Canada. Les CMA sont déterminées au moyen d'équations et de principes reconnus à l'échelle internationale, et reposent exclusivement sur des considérations de santé. Elles sont calculées à partir d'une dose de référence de 0,1 mSv provenant de la consommation d'eau potable pendant un an, en supposant une consommation de deux litres par jour à la CMA.

Pour faciliter la surveillance des radionucléides dans l'eau potable, le niveau de dose de référence est exprimé sous forme d'activité volumique, qui peut être obtenue pour chaque radionucléide à partir des données radiologiques publiées. Le National Radiological Protection Board a calculé, à l'aide de modèles métaboliques et dosimétriques, des facteurs de conversion de dose (FCD) pour les radionucléides, applicables aux adultes et aux enfants. Chaque FCD donne une estimation de la dose efficace engagée de 50 ans résultant d'un apport unique de 1 Bq d'un radionucléide donné.

Les CMA des radionucléides dans les approvisionnements publics en eau sont obtenues à partir des FCD applicables aux adultes, en supposant un apport quotidien en eau de 2 L, ou 730 L/année, et une dose efficace engagée maximale de 0,1 mSv, soit 10 % de la limite fixée par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) pour l'exposition du public :

L'équation utilisée pour le calcul de la concentration maximale acceptable (CMA) dans l'eau potable d'un radionucléide donné.

Les effets radiologiques de deux ou plusieurs radionucléides dans la même source d'eau potable sont présumés additifs. Par conséquent, pour qu'il y ait conformité aux recommandations, la formule de sommation suivante doit être satisfaite :

La formule de sommation pour deux radionucléides ou plus pour qu'il y ait conformité aux recommandations.

où Ci et CMAi représentent respectivement les concentrations observées et maximales acceptables de chaque radionucléide présent. La sommation devrait uniquement inclure les radionucléides détectés avec un intervalle de confiance à 95 % au minimum. Les limites de détection de radionucléides non détectés ne devraient pas être utilisées pour remplacer les concentrations Ci, car, dans certains cas, un échantillon pourrait ne pas satisfaire au critère de sommation même s'il n'y a aucun radionucléide.

Initialement, la radioactivité présente dans les échantillons d'eau peut être analysée à l'aide de mesures permettant de déterminer l'activité alpha et bêta brute, plutôt que la concentration de chaque radionucléide. On peut conclure qu'il y a respect des recommandations si la mesure est inférieure à 0,5 Bq/L pour l'activité alpha brute et inférieure à 1 Bq/L pour l'activité bêta brute. Les émissions alpha sont généralement associées aux radionucléides naturels, alors que les émissions bêta sont généralement associées aux radionucléides artificiels. Bien que la mesure des activités brutes facilite la surveillance régulière d'un grand nombre d'échantillons, elle ne permet pas d'identifier les radionucléides contribuant à ces émissions. Ces mesures sont généralement appropriées pour le dépistage préliminaire afin de déterminer si des analyses sont nécessaires pour des radionucléides spécifiques ou, si ces analyses ont déjà été faites, pour déceler des changements dans les caractéristiques radiologiques de la source d'eau potable. L'échantillonnage et les analyses de chaque radionucléide doivent être effectués à une fréquence suffisamment élevée pour que l'on puisse caractériser avec précision l'exposition annuelle. Si l'on sait, ou si l'on prévoit, que la source de la radioactivité change rapidement dans le temps, la fréquence de l'échantillonnage devra en tenir compte. S'il n'y a aucune raison de s'attendre à ce que les concentrations varient avec le temps, l'échantillonnage peut être fait de façon saisonière, sur une base semi-annuelle ou annuelle. Si les concentrations mesurées sont stables et se situent bien en deçà des CMA, on peut envisager une réduction de la fréquence d'échantillonnage. En revanche, la fréquence d'échantillonnage doit être maintenue, voire augmentée, si les concentrations se rapprochent des CMA individuelles ou si la somme des ratios de la concentration observée par rapport à la CMA de chaque radionucléide présent est près de 1.

Tableau 8. Recommandations en matière de santé pour les paramètres radiologiques
Paramètres radiologiques
Césium-137 (137Cs) 10 Bq/L
Iode-131 (131I) 6 Bq/L
Plomb-210 (210Pb) 0,2 Bq/L
Radium-226 (226Ra) 0,5 Bq/L
Strontium-90 (90Sr) 5 Bq/L
Tritium (3H) 7000 Bq/L


* Une certaine forme d'inactivation des virus est requise pour toutes les techniques de filtration, à la différence toutefois qu'une réduction des virus, en terme de log, est attribuée à la filtration avec procédé chimique et à la filtration lente sur sable ou à diatomées, alors qu'aucun facteur de réduction n'est attribué à la filtration sur membrane.

Le becquerel (Bq) est l'unité employée pour exprimer l'activité d'une substance radioactive, soit le taux de transformation de la substance. Un becquerel correspond à une transformation par seconde et est à peu près égal à 27 picocuries (pCi).