2001
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La concentration maximale acceptable (CMA) d'azinphos-méthyl dans l'eau potable est de 0,02 mg/L (20 µg/L).
L'azinphos-méthyl (C10H12N3O3PS2) est un insecticide ou un acaricide organophosphoré utilisé pour lutter contre divers nuisibles dans beaucoup de cultures fruitières, légumières, céréalières et fourragères. Plus de 100 000 kg de ce produit sont utilisés chaque année au Canada.1
La pression de vapeur de l'azinphos-méthyl est supérieure à 5,1 × 10-2 Pa à 20°C; sa solubilité dans l'eau est de 33 mg/L à la température ambiante.2 Le logarithme du coefficient de partage octanol-eau de l'azinphos-méthyl est de 2,69.3 Vu sa facilité d'hydrolyse, on ne considère pas l'azinphos-méthyl comme une substance ayant beaucoup tendance à la lixiviation.4 En laboratoire et dans les réseaux hydrographiques naturels, on a observé que la demi-vie de l'azinphos-méthyl variait de 30 à 70 jours entre un pH de 5,1 et un pH de 8,4.5
On a décelé aucun azinphos-méthyl dans des échantillons d'eau prélevés dans quatre provinces canadiennes (limites de détection variant entre 0,002 et 1 µg/L).6 Des traces de cette substance l'ont été dans la rivière LaSalle au Manitoba.6 On n'en a pas décelé dans les eaux de surface du bassin hydrographique de la rivière Grand, bien que l'on ait utilisé ce produit à raison de plus de 14 000 kg/année dans cette région (limite de détection : 1,0 µg/L).7
D'après la limite maximale de résidus fixée par la Direction des aliments du ministère de la Santé nationale et du Bien-être social,8 l'apport quotidien maximal d'azinphos-méthyl est, en théorie, de 0,62 mg par jour. Il faut s'attendre à ce que l'apport quotidien réel soit faible, car les concentrations d'azinphos-méthyl décelées aux États-Unis, dans seulement cinq échantillons sur 6 391, étaient inférieures à 2,0 ppm.9
Le dosage des insecticides organophosphorés peut se faire par extraction séparée à l'hexane et au dichloro-méthane, séparation par chromatographie en phase gazeuse et détection thermionique ou photométrique de flamme (limite de détection : 1 µg/L).10
Aucun renseignement n'a été trouvé concernant l'efficacité des techniques actuelles de traitement permettant d'éliminer l'azinphos-méthyl de l'eau potable.
Administré par voie orale, l'azinphos-méthyl a une demi-vie biologique de huit à neuf heures;11 90 pour cent de la dose est éliminée en 48 heures dans les urines ou les fèces.12 La fraction benzotriazine est excrétée rapidement sans être dégradée.11 Les principaux métabolites identifiés in vitro dans des tissus de souris sont, entre autres, le phosphorothioate de diméthyle et le phosphate de diméthyle, l'azinphos-méthyl déméthylé et l'azinphos-méthyloxon.11
L'azinphos-méthyl est très toxique chez l'homme; en effet, la dose létale aiguë se situe environ entre 5 et 50 mg/kg p.c.2 Chez des humains exposés volontairement à des doses quotidiennes d'azinphos-méthyl atteignant 20 mg par personne pendant 30 jours, on a observé aucun effet clinique ni aucune modification des teneurs en cholinestérase13.
Des rats Wistar ont été exposés pendant deux ans à des aliments renfermant des teneurs en azinphos-méthyl de 0, de 2,5, de 5 ou de 20 mg/kg (régime alimentaire), ou pendant 47 semaines à des aliments qui contenaient cette substance à raison de 50 mg/kg et, pour le reste de l'étude, à 100 mg/kg.14 On a constaté une diminution de la cholinestérase plasmatique chez les rats ayant reçu des aliments dont la concentration en azinphos-méthyl était supérieure ou égale à 5 mg/kg. D'après les auteurs, la dose sans effet nocif observable (DSENO) était de 2,5 mg/kg (régime alimentaire) ou de 0,125 mg/kg p.c. par jour.2
Au cours d'une étude d'une durée de deux ans pendant laquelle des chiens ont été soumis à une alimentation ayant une teneur constante ou progressivement croissante en azinphos-méthyl,14 des effets légers se sont faits sentir sur l'activité de la cholinestérase érythrocytaire chez des animaux exposés pendant 36 semaines à cette substance à raison de 20 mg/kg (régime alimentaire).14 D'après les auteurs, la DSENO était de 5 mg/kg (régime alimentaire) ou de 0,125 mg/kg p.c. par jour.2
Au cours d'une étude d'une durée de deux ans réalisée chez le rat et la souris, le National Cancer Institute (NCI) des États-Unis a évalué le pouvoir cancérogène de l'azinphos-méthyl.15 Chez le rat mâle, certaines données ont révélé la présence de tumeurs bénignes et malignes du pancréas et de la vésicule thyroïdienne; toutefois, ces données n'avaient aucune signification statistique par rapport aux témoins utilisés. Étant donné le petit nombre (neuf) d'animaux témoins utilisés, les évaluateurs du NCI ont jugé que la conception de l'étude comportait suffisamment de points faibles pour empêcher d'en tirer des conclusions définitives.
Au cours d'une étude réalisée chez trois générations de rats, l'administration d'azinphos-méthyl n'a entraîné aucun effet nocif sur la reproduction, sauf à la dose la plus élevée, soit 50 mg/kg (régime alimentaire). Aucun effet tératogène n'a été observé chez plusieurs espèces de mammifères.2
Ce composé a une neurotoxicité immédiate, mais ne provoque aucun effet neurotoxique différé connu.2 Bien qu'on ait affirmé que l'azinphos-méthyl ne s'est pas avéré mutagène envers les protocaryotes,16 des résultats positifs ont été signalés au cours d'essais sur des cellules lymphomateuses de souris.17
L'apport quotidien acceptable (AQA) d'azinphos-méthyl pour les humains a été calculé par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS)11 comme suit :

La concentration maximale acceptable (CMA) d'azinphos-méthyl dans l'eau potable a été calculée à partir de l'AQA comme suit :