1989
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La concentration maximale acceptable provisoire (CMAP) de bromoxynil dans l'eau potable est de 0,005 mg/L (5 µg/L).
Le bromoxynil et son ester octanoate sont des herbicides benzonitriles phénoliques employés pour lutter contre les mauvaises herbes dicotylédones dans les cultures céréalières. Plus de un million de kilogrammes sont utilisés chaque année au Canada, surtout dans les provinces des Prairies.1
La solubilité du bromoxynil dans l'eau est élevée, soit de 130 mg/L à 25°C, et sa pression de vapeur est faible, à 1,0 x 10-3 Pa, à 20°C.2 Le bromoxynil est relativement stable et persiste dans les sols pendant trois à 12 mois.3 Son ester octanoate est pratiquement insoluble dans l'eau, mais il est facilement hydrolisé en milieu alcalin pour donner le composé mère soluble.4L'ester octanoate est dégradé par réaction chimique et microbienne pour donner le phénol mère dont la demi-vie est de courte durée, soit de 10 à 14 jours dans le sol.4 Après une enquête du ministère de l'Agriculture du Canada,5 le bromoxynil a été classé parmi les composés qui présentent un fort risque de contamination des eaux souterraines.
Des traces (0,01 µg/L) de bromoxynil ont été décelées dans deux des 48 échantillons d'eau recueillis dans des municipalités du Manitoba (limite de détection de 0,01 µg/L) et dans l'un des 149 échantillons provenant de puits privés de l'Ontario (aucune concentration n'a été fournie) (limite de détection 0,1 µg/L).6
À partir des limites maximales de résidus tolérées par la Direction des aliments du ministère de la Santé nationale et du Bien-être social7 et selon les schèmes de consommation du Canadien moyen,8 l'apport alimentaire maximal de bromoxynil pour un Canadien adulte serait, en théorie, de 0,0056 mg/jour (0,00008 mg/kg p.c. par jour). Cette valeur est supérieure à l'apport réel, car elle est fondée sur l'hypothèse que chaque culture où la teneur en résidus est négligeable renferme la quantité maximale de 0,1 µg/g. On ne dispose d'aucune donnée sur les teneurs réelles en résidus dans les aliments, car le bromoxynil n'était inclu dans aucune enquête sur l'ensemble du régime alimentaire ni au Canada ni aux États-Unis.
Le dosage du bromoxynil octanoate peut se faire par extraction par solvant, puis chromatographie gaz-liquide suivie d'une détection par conductivité électrolytique, mode halogène. La limite de détection est d'environ 0,1 µg/L, et la limite de dosage quantitatif d'environ 0,5 µg/L.9
On n'a trouvé aucune information sur l'efficacité des techniques actuelles d'élimination du bromoxynil de l'eau potable.
Les esters du bromoxynil sont métabolisés rapidement chez les animaux et transformés en bromoxynil phénol4 qui est considéré comme la substance active (données non publiées, Direction des aliments). Le bromoxynil a une toxicité aiguë modérément élevée et agit par phosphorylation oxydative découplante.10 Sa principale action toxique s'exerce sur le foie. Les plus fortes doses peuvent également affecter les reins, la thyroïde et le thymus. Les signes d'intoxication imputable à l'exposition des êtres humains (exposition professionnelle) comprennent la transpiration, la soif, la céphalée, le vertige, le vomissement, l'amaigrissement et l'élévation des taux d'enzymes hépatiques.10
Le bromoxynil a été considéré comme non tumorigène après l'obtention de résultats négatifs dans deux études acceptables de longue durée chez la souris et le rat.11 Une dose sans effet nocif observé (DSENO) de 10 ppm (environ 0,5 mg/kg p.c. par jour) a été déterminée dans une étude de 18 mois sur le gavage de souris, où les doses plus élevées ont provoqué la formation de nodules hépatiques hyperplasiques, mais dont le nombre n'avait pas de signification statistique même à la plus forte dose de 5 mg/kg p.c. par jour. Des augmentations pondérales du foie et des reins, l'hypertrophie de la thyroïde et la tuméfaction du thymus ont été observées aux doses supérieures. On a noté une DSENO de 10 ppm (environ 0,5 mg/kg p.c. par jour) au cours d'une étude de 120 semaines chez le rat. Les principaux effets observés étaient la baisse des rapports poids du foie/poids corporel à raison de 30 et de 100 ppm (environ 1,5 et 5 mg/kg p.c. par jour).
Dans l'épreuve d'Ames, le bromoxynil n'a révélé aucun effet mutagène sur cinq souches de Salmonella. On ne dispose d'aucun autre résultat d'essais de courte durée. Aucun effet lié au traitement n'a été décelé jusqu'à la dose de 300 ppm ou 15 mg/kg p.c. par jour lors d'une étude sur la reproduction, étalée sur trois générations de rats, réalisée en 1978, mais les données histopathologiques étaient insuffisantes. Une étude sur la tératologie chez le rat a été jugée négative. Les poids corporels et le développement foetal étaient normaux, si ce n'est d'une augmentation des anomalies des côtes, qui a également été constatée chez des témoins d'études antérieures et qui, par conséquent, est considérée comme indépendante du traitement.11
Les données disponibles sur la toxicité à long terme du bromoxynil ou de ses esters pour les non-rongeurs étant insuffisantes, il n'est pas possible d'établir un apport quotidien acceptable (AQA). À partir d'évaluations de données non publiées par la Direction des aliments du ministère de la Santé nationale et du Bien-être social du Canada, un apport quotidien négligeable (AQN) de bromoxynil a été calculé comme suit : 12
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Une concentration maximale acceptable provisoire (CMAP) de bromoxynil dans l'eau potable a été calculée à partir de l'AQN comme suit :
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