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Santé de l'environnement et du milieu de travail

Les algues bleues (cyanobactéries) et leurs toxines

Ce numéro de Parlons d'eau aborde une vase gamme de sujets touchant les cyanobactéries et leurs toxines ainsi que leur incidence sur votre santé :

Contexte

Que sont les cyanobactéries?

Cyanobactéries est le nom scientifique que l'on donne aux algues bleues qui flottent à la surface des étangs. Les premières espèces identifiées étaient de couleur bleue, et c'est de là que les algues tiennent leur nom. Les espèces identifiées depuis sont de diverses couleurs, allant du vert olive au rouge.

Les cyanobactéries se forment dans les eaux peu profondes, tièdes et calmes ou immobiles. Elles sont composées de cellules, qui peuvent contenir des poisons, les toxines cyanobactériennes. Une masse de cyanobactéries dans l'eau est appelée fleur d'eau ou parfois prolifération. Lorsque cette masse monte à la surface de l'eau, on l'appelle écume bleue. L'étendue des proliférations cyanobactériennes au Canada est inconnue, il est cependant établi qu'elles surviennent généralement pendant les mois chauds d'été et sont plutôt répandues dans les prairies.

Que sont les toxines cyanobactériennes?

Les toxines cyanobactériennes sont les poisons naturels qui sont emmagasinés dans les cellules de certaines espèces de cyanobactéries. Ces toxines peuvent être séparées en différentes catégories : certaines d'entre elles peuvent attaquer le foie (hépatotoxines) ou le système nerveux (neurotoxines), alors que d'autres ne font qu'irriter la peau. Ces toxines sont normalement libérées dans l'eau lors de la rupture ou de la mort des cellules. Les scientifiques de Santé Canada sont plus préoccupés par les hépatotoxines que par les neurotoxines, parce que les neurotoxines ne sont pas considérées être aussi répandues que les hépatotoxines dans les approvisionnements d'eau. Très peu de toxines cyanobactériennes ont été isolées et caractérisées à ce jour. On développe de meilleures méthodes de détection pour nous permettre d'en apprendre plus à leur sujet, notamment afin de déterminer lesquelles causent des problèmes au Canada et les conditions qui encouragent leur production.

Que sont les microcystines?

Un groupe de toxines produites et libérées par les cyanobactéries sont appelées microcystines, parce qu'elles ont été isolées à partir d'une cyanobactérie ayant pour nom Microcystis aeruginosa. Les microcystines sont les toxines cyanobactériennes que l'on retrouve le plus fréquemment dans l'eau, et ce sont aussi celles qui sont le plus souvent la cause d'intoxication chez les animaux et chez les humains qui entrent en contact avec des fleurs d'eau toxiques. Les microcystines sont extrêmement stables dans l'eau grâce à leur structure chimique qui leur permet de survivre dans les eaux tièdes et froides et de tolérer des changements importants dans la composition chimique de l'eau, notamment le pH. Jusqu'à présent, les scientifiques ont trouvé environ 50 différentes sortes de microcystines. L'une d'entre elles, la microcystine-LR, semble être l'une des plus répandues dans les approvisionnements d'eau du monde entier. Pour cette raison, elle a fait l'objet de la majeure partie des recherches dans ce domaine.

La présence d'une prolifération cyanobactérienne indique-t-elle toujours que l'eau est contaminée?

Non. Les chercheurs sont généralement d'avis que de 30 à 50 p. cent des proliférations cyanobactériennes ne présentent aucun danger parce qu'elles ne renferment que des espèces non-toxiques de cyanobactéries d'eau douce. Les fleurs d'eau qui renferment ne serait-ce qu'une seule espèce de cyanobactérie toxique seront empoisonnées et potentiellement dangereuses. Étant donné qu'il n'existe aucun signe évident de la toxicité d'une fleur d'eau donnée, des échantillons doivent être analysés en laboratoire avant qu'une étendue d'eau puisse être déclarée sûre.

Pourquoi les fleurs d'eau apparaissent-elles parfois pendant la nuit?

Une prolifération cyanobactérienne pourrait être présente, même si on ne la voit pas flotter sur la surface de l'eau - elle pourrait être en suspension à différentes profondeurs dans l'eau, à l'abri des regards.

La profondeur à laquelle les fleurs d'eau flottent dépend de plusieurs facteurs. Les facteurs les plus importants sont la lumière et la présence de phosphore et d'azote, qui sont nécessaires à la survie de la cyanobactérie. Puisque la disponibilité de ces éléments peut varier rapidement selon le moment de la journée et le climat, la plupart des cyanobactéries ont évolué de façon à contrôler leur flottabilité. Cette propriété leur permet de se déplacer vers l'endroit optimal pour les éléments nutritifs et la lumière.

Afin d'activer le mécanisme leur permettant de se déplacer, les cyanobactéries ont besoin de lumière. La nuit, en l'absence de lumière, les cellules ne peuvent pas ajuster leur flottabilité et flottent fréquemment à la surface de l'eau, formant ainsi une écume de surface. Ces fleurs d'eau apparaissent donc pendant la nuit, et ne disparaissent que lorsque le vent et les vagues dispersent les cellules dans l'eau.

Ces proliférations cyanobactériennes sont-elles nouvelles?

Non. Le premier rapport fiable d'une prolifération cyanobactérienne date du douzième siècle; les effets nocifs des cyanobactéries sur le bétail sont reconnus depuis plus de cent ans. Puisque la formation de ces proliférations cyanobactériennes semble être liée à des étendues d'eau riche en éléments n utritifs (p.ex.: l'eau qui contient beaucoup de phosphates, provenant de détergents et de fertilisants au phosphate), le problème ne disparaîtra probablement pas dans un proche avenir.

Effets sur les humains et les animaux

Les toxines cyanobactériennes peuvent-elles me tuer?

Même si beaucoup de personnes ont été malades à la suite d'une exposition à des toxines cyanobactériennes d'eau douce, la mort est une conséquence improbable, puisque les ressources hydriques sont généralement gérée efficacement pour contrôler le goût, l'odeur et d'autres problèmes liés aux algues. Il est cependant possible qu'une exposition prolongée à de faibles niveaux d'hépatotoxines cyanobactériennes puisse avoir des effets à long terme ou chroniques sur les humains.

Comment saurai-je que j'ai été en contact avec des toxines cyanobactériennes?

Si vous avalez de l'eau, du poisson ou des produits à base d'algues bleues présentant des taux élevés de toxines, vous pourriez présenter des maux de tête, de la fièvre, de la diarrhée, des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements. Si vous nagez dans de l'eau contaminée, vous pourriez avoir les yeux et la peau qui piquent et qui sont irrités, ou d'autres réactions allergiques ressemblant à la fièvre des foins. Si vous soupçonnez avoir été en contact avec des toxines cyanobactériennes et présentez certains de ces symptômes, rincez votre peau et consultez un médecin immédiatement.

Les enfants sont-ils plus vulnérables que les adultes?

Oui, les enfants risquent plus que les adultes de présenter de graves lésions hépatiques s'ils ingèrent des quantités importantes de microcystines, parce que leur poids corporel est comparativement plus faible.

Devrais-je permettre à mes animaux domestiques ou d'élevage de consommer de l'eau contenant des proliférations cyanobactériennes?
Non. Les animaux pourraient devenir extrêmement malades et même en mourir. Le premier cas rapporté d'empoisonnement d'un animal par des cyanobactéries a eu lieu en Australie en 1878. Depuis ce temps, ce genre d'intoxication est largement répandu, affectant un grand nombres d'espèces animales, tant sauvages que domestiques. Les animaux ne sont pas plus sensibles aux effets des toxines que les humains, ils sont simplement peu préoccupés par l'apparence ou l'odeur de l'eau qu'ils boivent.

La mort est généralement causée par des lésions au foie ou au système nerveux, selon l'espèce prédominante de toxine dans l'eau. Les traitements pour neutraliser les effets des toxines cyanobactériennes chez les animaux n'ont pas encore été étudiés à fond.

Question : eau potable et eau utilisée dans la dialyse

Est-il probable que je consomme de l'eau contaminée par des cyanobactéries et/ou leurs toxines?

Pas vraiment. Relativement peu d'intoxications ont été rapportées chez les humains. Il est plutôt rare que l'on consomme de l'eau contaminée par des cyanobactéries à cause de leur aspect et de leur odeur (les nouvelles fleurs d'eau sentent le gazon fraîchement coupé; les plus vieilles sentent les ordures en décomposition). Il peut toutefois arriver que des personnes consomment, à leur insu, de l'eau contenant des cyanobactéries toxiques libérées de fleurs d'eau qui sont mortes de façon naturelle.

Si l'eau que vous consommez provient d'une source pouvant être facilement contaminée par les algues bleues (mare-réservoir, par exemple), vous devez vérifier qu'il n'y a pas formation de fleurs d'eau. Si vous observez la présence de fleurs d'eau dans votre approvisionnement en eau, sollicitez les conseils des autorités sanitaires locales.

Est-ce que je peux cuisiner avec de l'eau qui contient des algues bleues?

Non! Bouillir l'eau ne permet pas d'en éliminer les toxines. Étant donné que ni le goût, ni l'odeur ni l'apparence ne permettent de déceler la présence de toxines dans l'eau, vous devez présumer qu'elles sont présentes tant que les analyses n'ont pas été effectuées.

Puis-je utiliser l'eau contaminée pour laver?

Si une source d'eau sûre est disponible, il vaut mieux ne pas utiliser d'eau contaminée pour laver les vêtements ou la vaisselle. Si aucune autre source n'est disponible, alors utilisez des gants de caoutchouc pour éviter tout contact direct avec l'eau. Il faut éviter de prendre un bain ou une douche avec de l'eau contaminée, puisque tout contact avec les algues peut entraîner des irritations de la peau et des éruptions cutanées.

Les cyanobactéries sont-elles problématiques toute l'année dans les approvisionnements d'eau?

Non. Il est peu probable que les approvisionnements d'eau canadiens contiennent des cyanobactéries pendant l'hiver; certaines hépatotoxines peuvent toutefois rester dans l'eau plus longtemps.

Comment les usines de traitement éliminent-elles les cyanobactéries?

La plupart des usines de traitement municipales ne cherchent pas à déceler les toxines cyanobactériennes dans les approvisionnements d'eau de façon régulière. Cependant, parce que les cyanobactéries ont des odeurs et des goûts importants, et parce qu'elles peuvent nuire à certains processus du traitement de l'eau, la plupart des municipalités qui ont déjà eu des problèmes de cyanobactéries effectuent une surveillance de leurs approvisionnements d'eau de surface.

Si la présence de cyanobactéries est décelée dans les approvisionnements d'eau, les usines de traitement peuvent les éliminer de plusieurs façons. Les usines de traitement conventionnelles peuvent éliminer les cellules cyanobactériennes par l'ajout de substances chimiques qui collent les cellules ensemble. Lorsque cela arrive, les cellules deviennent plus lourdes et coulent jusqu'au fond du réservoir; il est alors facile de les filtrer.

Cette méthode permet d'éliminer les cellules, mais pas les toxines cyanobactériennes potentiellement toxiques. Celles-ci peuvent être éliminées en utilisant des procédés d'oxydation ou du charbon activé. Il est nécessaire d'effectuer plus de recherche dans ce domaine.

En général, l'utilisation de substances chimiques (comme le sulfate de cuivre) ou toute autre méthode de traitement qui détruit les cellules et libère les toxines devrait être évitée.

La meilleure façon d'éviter les problèmes associés aux proliférations cyanobactériennes est d'éviter leur formation. Pour ce faire, il est p os sible soit de réduire l'ajout d'éléments nutritifs, comme le phosphate, dans la source d'eau, soit de mélanger l'eau dans le réservoir.

Puis-je traiter mon eau à domicile pour en éliminer les algues bleues et leurs toxines?

Bien que les résultats varient, les particuliers ont accès à divers types de traitement. Toutefois, les dispositifs de traitement à domicile peuvent être très coûteux. Il est en outre difficile d'évaluer le rendement et de garantir la qualité de ces dispositifs pour la maison. Il y a lieu de mener d'autres recherches à ce sujet, et certaines sont en cours.

Que fait Santé Canada pour assurer la sûreté de notre eau potable?

Santé Canada travaille en collaboration avec les provinces et les territoires afin d'élaborer des recommandations pour la qualité de l'eau potable. Ces recommandations sont fréquemment exprimées sous forme de concentrations maximales acceptables pour les substances que l'on retrouve dans les approvisionnements d'eau potable. Dans un document de consultation sur les microcystines, rédigé par le Secrétariat du Sous-comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable, on recommande une concentration maximale acceptable de 0,0015 mg/L pour les microcystines totales dans l'eau potable, en se fondant sur la toxicité de la microcystine-LR. On estime que la limite proposée est conservatrice, car elle est fondée sur une exposition quotidienne par voie orale pendant toute une vie, même si, au Canada, les toxines ne seront probablement pas présentes dans les approvisionnements d'eau pendant plus de quatre ou cinq mois par année, en raison des conditions climatiques.

Le Sous-comité a décidé d'attendre pour adopter cette recommandation que toutes les autorités en place aient accès à une méthode commode de détection des microcystines. Santé Canada s'emploie actuellement à mettre au point une telle méthode, qui devrait être disponible sous peu. Une fois la recommandation approuvée, certaines usines de traitement municipales pourraient devoir effectuer une surveillance des approvisionnements d'eau pour y déceler la présence de la microcystine-LR, surtout si la source d'eau a tendance à renfermer des proliférations cyanobactériennes. Les stratégies de surveillance varieront d'une province à l'autre.

Pour obtenir un exemplaire de la recommandation proposée pour la microcystine-LR, ou pour en apprendre plus sur le programme sur la qualité de l'eau potable de Santé Canada, veuillez visiter notre site Web, en français à l'adresse http://www.hc-sc.gc.ca/eauqualite ou en anglais à l'adresse http://www.hc-sc.gc.ca/waterquality

Je subis une dialyse rénale. Est-ce que je cours plus de risques que les autres?

Le taux de microcystines proposé pour l'eau potable n'aura sans doute aucun effet négatif sur la santé de la plupart des gens, mais les patients en dialyse rénale pourraient être plus exposés aux risques associés à ces toxines. Étant donné que ces patients subissent une dialyse 2 ou 3 fois par semaine (exposition à plus de 300 litres d'eau par semaine), ils risquent d'être exposés à de grandes quantités de ces toxines.

Les procédés conventionels de traitement des eaux de surface suffisent généralement pour éliminer les cellules des algues, mais ils ne permettent pas de supprimer ou de détruire efficacement les toxines dissoutes, en particulier dans les approvisionnements contenant des taux élevés de matières organiques. Les procédés spécialisés de traitement des eaux de surface permettent de réduire les taux de toxines à des niveaux inférieurs à la valeur recommandée pour l'eau potable, mais ces taux (0,1 à 0,5 µg/L) demeurent préoccupants pour les patients en dialyse.

En tant que patient dialysé, que puis-je faire pour réduire le risque auquel je suis exposé?
Si vous croyez que l'eau que vous consommez est de l'eau de surface, vous devriez (vous ou la personne qui effectue la dialyse) communiquer avec votre usine locale de traitement de l'eau, afin de vérifier si cette eau risque de présenter des proliférations cyanobactériennes. Si, après avoir communiqué avec le responsable de votre approvisionnement en eau, vous découvrez qu'il peut y avoir des microcystines dans l'eau, il faut prélever des échantillons afin de déterminer si les toxines sont présentes dans le dialysat (les hôpitaux et centres de traitement pourraient déjà avoir mis en place des procédés additionnels de traitement pour éliminer toutes les toxines de cette nature). Il se peut qu'un traitement supplémentaire de l'eau soit nécessaire. Ces traitements peuvent aller de la filtration sur charbon activé granulaire, suivie d'une osmose inverse, jusqu'aux système plus complexes de filtration sur membrane (p.ex.: ultrafiltration). L'ampleur du traitement dépendra entièrement de la qualité de l'approvisionnement en eau municipal.

Question : eaux utilisées à des fins récréatives

Peut-on utiliser à des fins récréatives de l'eau renfermant des proliférations cyanobactériennes?

Si les traitements sont nombreux pour régler les problèmes de contamination de l'eau potable par des cyanobactéries, très peu d'options sont disponibles une fois que ces algues se sont accumulées dans l'eau utilisée à des fins récréatives, comme la baignade, la navigation de plaisance, la planche à voile et la pêche. Dans les plans d'eau utilisés à des fins récréatives, les fleurs d'eau sont généralement associées à des odeurs désagréables et elles donnent un aspect repoussant aux rivages où elles s'accumulent et se désintègrent. Même si les toxines cyanobactériennes ne sont probablement pas absorbées par la peau, elles peuvent entraîner une irritation cutanée. Les toxines, lorsque présentes, peuvent être absorbées de l'eau soit en buvant de l'eau contaminée, ou encore par inhalation, lorsque les toxines sont en suspension dans l'air. Dans les zones où les fleurs d'eau sont abondantes, on devrait éviter aussi bien la baignade que les autres activités aquatiques.

Que devrais-je faire si je soupçonne que de l'eau a été contaminée par des cyanobactéries toxiques?

Étant donné que toutes les proliférations cyanobactériennes sont potentiellement toxiques, il vaut mieux ne pas s'approcher de toute eau qui en contient jusqu'à ce que celle-ci ait fait l'objet d'essais et qu'elle soit déclarée sûre. Même après la disparition des fleurs d'eau, il vaut mieux attendre que les autorités responsables de la santé déclare que l'eau est sûre avant de la boire ou d'y nager. Par exemple, les résul tats d'une étude dans laquelle une prolifération a été traitée avec un algicide indiquent qu'il a fallu plus de trois semaines pour que les toxines libérées par les cellules mortes disparaissent.

Que fait Santé Canada pour garantir la qualité des eaux utilisées à des fins récréatives?
Les recommandations pour la qualité de l'eau potable en ce qui concerne la teneur en microcystines ne s'appliqueront pas aux eaux utilisées à des fins récréatives. Santé Canada s'emploie à élaborer une recommandation distincte concernant la présence de la microcystine-LR dans les eaux utilisées à des fins récréatives.

Question: consommation de poisson

Puis-je consommer du poisson provenant d'eau contaminée?

Les microcystines peuvent s'accumuler dans les tissus des poissons, en particulier les viscères (foie, rein, etc.) et dans les mollusques et crustacés. Les taux décelés dans les tissus dépendent de l'importance des proliférations dans la zone de pêche du poisson ou de récolte des mollusques et crustacés. Règle générale, il faut faire preuve de prudence lorsqu'on envisage de consommer du poisson pêché dans des plans d'eau où les fleurs d'eau sont abondantes; il faut surtout éviter de consommer les viscères du poisson.

Question : produits à base d'algues bleues

D'où viennent les algues bleues qui entrent dans la composition de suppléments alimentaires?

Dans le passé, on a récolté les algues bleues en grandes quantités à des fins de recherche, afin d'étudier leurs propriétés, leur utilisation possible en tant qu'agents thérapeutiques et antibiotiques et leur potentiel comme denrées agricoles. Aujourd'hui, les algues bleues servant à la fabrication de produits sont récoltées dans des étangs ou des lacs naturels contrôlés. Avant ou durant la récolte, certains types d'algues produiront naturellement des substances chimiques, comme les microcystines, et ces toxines peuvent demeurer présentes dans les produits à base d'algues bleues.

Que fait Santé Canada pour régler ce problème?

Santé Canada a recueilli récemment un grand nombre d'échantillons de produits à base d'algues bleues, afin de mesurer les taux de microcystines dans les produits vendus sur le marché canadien et d'évaluer le risque qu'ils présentent pour les consommateurs. Les analyses, effectuées dans trois laboratoires distincts, n'ont pas révélé la présence de microcystines dans les produits à base d'algues bleues renfermant uniquement l'algue bleue Spirulina. Toutefois, dans le cas de nombreux autres produits renfermant des algues bleues autres que Spirulina, en particulier des algues récoltées dans des lacs naturels, l'apport quotidien de microcystines pouvant résulter de la consommation de ces produits conformément aux instructions du fabricant était supérieur à l'apport jugé acceptable par Santé Canada et l'Organisation mondiale de la Santé.

La Direction des aliments de Santé Canada a transmis les résultats de ces analyses à l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et l'a informée des répercussions possibles de ce problème sur la santé. Le Ministère a précisé que les produits offerts sur le marché canadien ne devraient pas, lorsqu'ils sont consommés conformément aux directives du fabricant, se solder par un apport quotidien en microcystines supérieur à celui jugé acceptable par l'Organisation mondiale de la Santé et par Santé Canada. Il incombe à l'ACIA de prendre les mesures d'exécution ultérieures.

Devrais-je cesser de prendre des suppléments à base d'algues bleues?

Les produits à base d'algues bleues sont vendus dans certaines pharmacies et certains magasins d'aliments diététiques en tant que suppléments alimentaires, souvent sous forme de comprimés ou de capsules. Santé Canada recommande aux consommateurs de faire preuve de prudence lorsqu'ils utilisent ces produits, tant que l'innocuité de ces derniers n'aura pas été clairement établie. En particulier, les consommateurs adultes qui choisissent de prendre des produits renfermant des algues bleues autres que Spirulina ne devraient le faire que pendant de courtes périodes. Les consommateurs peuvent cependant consommer en toute confiance les produits qui ne renferment que l'algue bleue Spirulina, étant donné qu'on y a pas décelé de microcystines.

Mon enfant prend ce genre de comprimés pour traiter un trouble déficitaire de l'attention. Que dois-je faire?

Santé Canada ne dispose d'aucune preuve scientifique satisfaisante confirmant le bien-fondé de l'allégation selon laquelle les algues bleues seraient efficaces pour traiter un trouble déficitaire de l'attention chez les enfants. Le Ministère n'a pas autorisé la commercialisation de produits à base d'algues bleues à une quelconque fin thérapeutique. La majorité des produits à base d'algues bleues vendues au Canada le sont en tant qu'aliments, et Santé Canada interdit que des substances vendues en tant qu'aliments fassent l'objet d'allégations quant à d'éventuelles propriétés thérapeutiques. Pour l'instant, étant donné que les enfants ont un poids corporel plus faible, il y a un risque potentiel qu'ils soient exposés aux effets nocifs des toxines s'ils consomment des produits à base d'algues bleues, en particulier si cette consommation est de longue durée.

Pour plus de prudence, Santé Canada recommande que les enfants ne consomment plus de produits à base d'algues bleues, tant que des mesures de suivi n'auront pas été mises en oeuvre.

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