E. coli est un indicateur certain de contamination fécale récente dans les réseaux de distribution de l'eau potable; il est donc un bon indicateur de la présence possible de pathogènes entériques constituant un risque pour la santé humaine. Par conséquent, la détection d'E. coli dans un réseau d'eau potable, quel qu'il soit, est inacceptable.
Il faut déterminer la concentration résiduelle de désinfectant et la turbidité au moins une fois par jour dans l'eau qui sort d'une usine de traitement. Ces recommandations ne s'appliquent pas aux systèmes alimentés par des eaux souterraines d'excellente qualité dans lesquels on pratique la désinfection pour augmenter la marge de sécurité. Dans la mesure du possible, en plus de l'analyse quotidienne visant à déterminer la concentration résiduelle de désinfectant et la turbidité, il faut effectuer au moins une fois par semaine des analyses de détection d'E. coli pour confirmer la salubrité microbiologique de l'eau. Dans les réseaux publics de distribution d'eau potable, le nombre d'échantillons prélevés aux fins de la détection d'E. coli doit tenir compte de la taille de la population desservie, avec un minimum de quatre échantillons par mois. La fréquence de l'échantillonnage et de l'analyse pour la détermination de la présence d'E. coli, de la concentration résiduelle de désinfectant et de la turbidité dans l'eau traitée qui entre et passe dans les réseaux de distribution sera décidée par les autorités compétentes.
Si la présence d'E. coli est détectée dans un système public d'approvisionnement en eau potable, le propriétaire de ce système doit prévenir immédiatement les autorités compétentes et répéter l'échantillonnage et l'analyse aux endroits qui donnent des résultats positifs. On suggère pour la nouvelle analyse d'utiliser une méthode quantitative plutôt que la méthode présence-absence (P-A) qu'on emploie souvent au début, car elle fournit des renseignements utiles sur l'ampleur de la contamination. Si le nouvel échantillonnage et l'analyse confirment la présence d'E. coli dans l'eau potable, le propriétaire du système d'eau doit, après avoir consulté les autorités compétentes, diffuser immédiatement un avis* d'ébullition de l'eau, prendre les mesures correctives décrites ci-dessous et collaborer avec l'autorité compétente locale pour repérer d'éventuelles éclosions de maladies d'origine hydrique (voir l'annexe A : Arbre décisionnel relatif à l'analyse microbiologique régulière des réseaux publics). Selon l'ampleur de la contamination par E. coli révélée par le premier échantillonnage - par exemple, résultats positifs dans plus d'un endroit du réseau de distribution - le propriétaire du réseau ou les autorités compétentes peuvent décider de demander aux consommateurs de faire bouillir leur eau potable ou d'utiliser une autre source sûre, et prendre des mesures correctives sans attendre des résultats de confirmation.
Si la présence d'E. coli dans l'eau potable est confirmée, le propriétaire du réseau d'adduction et de distribution doit prendre les mesures correctives qui s'imposent, notamment :
Il faut annuler un avis d'ébullition de l'eau seulement après qu'au moins deux séries d'échantillons prélevés à 24 heures d'intervalle ont donné des résultats négatifs démontrant l'intégrité du réseau au complet (y compris une qualité microbiologique, une turbidité et des concentrations résiduelles de désinfectant acceptables). L'autorité locale compétente peut exiger des résultats négatifs supplémentaires. Le document de Santé Canada intitulé Conseils pour l'émission et l'annulation des avis d'ébullition de l'eau (Santé Canada, 2001) contient d'autres renseignements sur les avis d'ébullition de l'eau. Seules des données historiques et la vérification du caractère convenable de la conception du réseau, de son fonctionnement et de son entretien peuvent servir à confirmer l'intégrité à long terme d'une source d'approvisionnement.
Sauf les exemptions spécifiques à des systèmes, il faut désinfecter tous les approvisionnements publics pour produire une eau potable salubre sur le plan microbiologique, et maintenir une concentration résiduelle de désinfectant dans tout le réseau de distribution en tout temps. En outre, tous les approvisionnements publics alimentés par des sources d'eau de surface ou des eaux souterraines assujetties à l'influence directe des eaux de surface devraient être traités conformément au document technique de la recommandation sur la turbidité (Santé Canada, 2003).
La fréquence d'analyse de l'eau dans les systèmes semi-publics d'approvisionnement est déterminée par l'autorité compétente et doit inclure les périodes où le risque de contamination est le plus élevé, à savoir le dégel de printemps, les fortes pluies et les périodes sèches. Il faut encourager les propriétaires de systèmes d'approvisionnement privés à faire analyser leur eau pendant ces mêmes périodes. L'eau des puits nouvellement créés ou réhabilités doit également être analysée avant l'utilisation du puits, pour confirmer sa salubrité microbiologique.
La présence d'E. coli dans un système semi-public ou privé d'approvisionnement en eau potable indique que la source ou le système ont été contaminés récemment par des matières fécales et que l'eau est donc impropre à la consommation. Il faut réanalyser immédiatement l'eau potable pour confirmer la présence d'E. coli. L'autorité compétente doit conseiller au propriétaire de faire bouillir l'eau potable ou d'utiliser entre-temps une autre source sûre. Si le nouvel échantillonnage confirme que la source est contaminée par E. coli, il faut prendre immédiatement les mesures correctives décrites ci-dessous. Des secteurs de compétence peuvent, en guise de précaution, recommander qu'on prenne immédiatement des mesures correctives sans attendre les résultats de confirmation (voir l'annexe B : Arbre décisionnel relatif à l'analyse microbiologique régulière des systèmes semi-publics et privés).
Tout d'abord, si ce n'est pas encore fait, il faut procéder à une inspection sanitaire pour vérifier la salubrité du système d'eau potable le cas échéant, y compris l'entrée d'eau, le puits, la tête de puits, la pompe, le système de traitement (y compris l'équipement d'alimentation en produits chimiques), la plomberie et la zone voisine.
Avant d'aller plus loin, il faut corriger toute défaillance repérée. Si toutes les conditions physiques sont acceptables, une partie ou l'ensemble des mesures correctives suivantes peuvent s'imposer :
Si l'on ne peut corriger le problème, il faut envisager un traitement supplémentaire ou utiliser une nouvelle source d'eau potable. Entre-temps, il faut maintenir les précautions prises au début : il faut, par exemple, continuer de faire bouillir l'eau potable ou d'utiliser une autre source d'eau sûre.
Sauf les exemptions spécifiques à des systèmes, il faut désinfecter tous les approvisionnements semi-publics pour produire une eau potable salubre sur le plan microbiologique. Les autorités compétentes peuvent également recommander la désinfection d'approvisionnements privés. Outre la désinfection, les systèmes semi-publics et privés alimentés par des sources d'eau de surface ou des eaux souterraines assujetties à l'influence directe des eaux de surface devraient être soumis à une filtration adéquate (ou utiliser des techniques permettant d'obtenir une qualité équivalente). L'eau potable provenant de sources d'eau de surface intactes peut être exemptée de filtration (Santé Canada, 2003).
Si ce n'est pas encore fait, il faut d'abord procéder à une inspection sanitaire pour vérifier la salubrité du puits, de la tête de puits, de la pompe, de la plomberie et de la zone voisine.
Avant d'aller plus loin, il faut corriger toute défaillance repérée. Si toutes les conditions physiques sont acceptables, il faut alors prendre les mesures correctives qui suivent :
Si l'eau est toujours contaminée après le choc de chlore, il faut pousser l'enquête sur la source de la contamination. Si l'on ne peut trouver la source ou corriger le problème, il faut envisager d'installer un dispositif de désinfection approprié, de reconstruire le puits ou de le remplacer. Il faut faire bouillir l'eau potable ou continuer d'utiliser entre-temps une autre source d'eau sûre.
Il convient de signaler qu'il faut annuler un avis d'ébullition de l'eau seulement après qu'au moins deux séries d'échantillons prélevés à 24 heures d'intervalle ont donné des résultats négatifs. Le document de Santé Canada intitulé Conseils pour l'émission et l'annulation des avis d'ébullition de l'eau (Santé Canada, 2001) contient d'autres renseignements sur les avis d'ébullition de l'eau. Il faut procéder à une autre analyse après trois ou quatre mois pour s'assurer que la contamination n'est pas réapparue. Seules des données historiques permettent de confirmer l'intégrité à long terme d'un système d'approvisionnement lorsqu'on les conjugue avec des inspections sanitaires. La rubrique 8.0, Échantillonnage pour la détection d'E. coli, contient de plus amples renseignements sur la surveillance régulière.
* Pour les besoins du présent document, on entend par « avis d'ébullition de l'eau »
un conseil donné à la population par les autorités compétentes lui recommandant de faire bouillir son eau potable, que cet avis soit émis par mesure de précaution ou à la suite d'une éclosion de maladies. L'utilisation de ce terme peut varier selon les secteurs de compétence. Il arrive également que le terme « ordre d'ébullition de l'eau »
soit utilisé à la place du terme
« avis d'ébullition de l'eau »
ou conjointement avec lui.
** Pour les besoins du présent document, on entend par système semi-public d'approvisionnement en eau un système sans réseau de distribution ou doté d'un réseau minimal qui fournit de l'eau au public à partir d'une installation non reliée à une source d'approvisionnement publique. Les écoles, les foyers de soins, les garderies, les hôpitaux, les puits communautaires, les hôtels et les restaurants constituent des exemples de ce type d'installation. La définition d'un système semi-public d'approvisionnement peut varier selon les secteurs de compétence.